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Les biocarburants de première génération ne suscitent pas la confiance

Selon un sondage de l'UICN et de la Banque Mondiale réalisé auprès d'experts et de décideurs du secteur climatique, les biocarburants sont la technologie la moins efficace à mettre en œuvre pour réduire les émissions de CO2.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
Alors que les négociations sur le climat se poursuivent à Bali, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et la Banque mondiale ont publié en début de semaine les résultats d'une étude sur les solutions à apporter au problème du changement climatique. Réalisé en novembre et décembre 2007 auprès de 1.000 experts, représentants de gouvernement, du secteur public, des ONG, provenant de plus de 100 pays, le sondage dresse un portrait des technologies ou politiques qui recueillent le plus d'approbation. Il s'avère que sur les 18 technologies proposées, les biocarburants sont relégués au bas du classement. Seules 21% des personnes interrogées croient au potentiel des biocarburants de première génération, comme l'éthanol et le biodiesel, pour réduire les émissions de carbone dans l'atmosphère au cours des 25 prochaines années. En revanche, les énergies renouvelables recueillent tous les suffrages. Le solaire thermique est en tête avec 74% de personnes convaincues. Le solaire photovoltaïque (73%), l'éolien off-shore (62%) et l'éolien terrestre (60%) cristallisent également beaucoup d'espoir. Certaines solutions comme les énergies marines, l'hydrogène, le nucléaire de nouvelle génération et les biocarburants de seconde génération apparaissent au centre du classement entre 44% et 34% d'approbation. Ce qui peut s'expliquer par le fait qu'elles sont pour la plupart encore en phase de recherche. En revanche, les technologies déjà maîtrisées à l'heure actuelle comme le nucléaire, l'hydroélectricité de grande échelle, le gaz naturel et les biocarburants de première génération ne sont pas envisagées par les personnes interrogées pour participer à la lutte contre le changement climatique au cours des 25 prochaines années.

Malgré tout, le développement des agrocarburants se poursuit et inquiète l'association Les Amis de la Terre Europe. Selon l'ONG, qui s'est procuré le projet de directive européenne sur les énergies renouvelables, l'Europe s'apprête à introduire dans le droit européen, l'objectif obligatoire de 10% d'agrocarburants d'ici 2020. Or, après examen de ce texte, l'association estime que la directive ne prend pas en compte l'inquiétude croissante concernant les impacts des agrocarburants sur l'environnement et la sécurité alimentaire. La Commission propose juste d'observer la situation et ne fournit aucun critère pour protéger les populations dans les pays en voie de développement, des effets négatifs de la production d'agrocarburants, explique l'association. Les Amis de la Terre reproche à ce projet de n'introduire que des critères de durabilité de portée limitée. L'ONG attend également de la Commission qu'elle précise les gains de gaz à effets de serre qu'un agrocarburant doit atteindre par rapport à un carburant à base d'énergie fossile pour être soutenu par l'Union européenne. Pour l'instant, dans la copie qui nous est parvenue, ce chiffre manque, ce qui montre bien qu'il y a désaccord persistant au sein de la Commission, souligne-t-elle.

Cette directive prévue pour début 2008 doit traduire le triple objectif européen fixé en mars 2007 lors du conseil européen à savoir : réduire les émissions de gaz à effet de serre de 20% par rapport à 1990 à l'horizon 2020, gagner 20% en termes d'efficience énergétique et faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie à 20% d'ici à 2020. Elle devrait fixer pour tous les États membres un objectif précis d'énergie renouvelable à atteindre d'ici 2020 avec des étapes intermédiaires en 2014, 2016 et 2018. Chaque état membre devrait présenter un plan d'action permettant d'atteindre son objectif mais serait libre du choix des énergies à mettre en œuvre du moment qu'elles sont renouvelables. L'objectif national pourrait en revanche être divisé entre les grands secteurs notamment dans les domaines de l'électricité, du chauffage, du refroidissement et du transport.

Avec cette directive, l'Union européenne se veut exemplaire dans la lutte contre le changement climatique et tente actuellement de convaincre les gouvernements réunis à Bali quant aux suites à donner au protocole de Kyoto. Si suite il y a, car les négociations semblent difficiles. À ce sujet, l'étude de l'UICN ne donne que peu d'espoir puisque seul 27% des personnes interrogées estiment qu'un accord post-kyoto sera trouvé en 2009.

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