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Actu-Environnement

L'érosion de la biodiversité fragilise les actifs financiers français

Biodiversité  |    |  David Ascher  |  Actu-Environnement.com

Parmi les actifs (actions ou obligations) que détiennent les institutions financières françaises privées et publiques dans des entreprises, 42 % le sont dans des entreprises dont l'activité serait affectée directement par l'érosion de la biodiversité du fait de leur dépendance à au moins un service écosystémique.

Tel est le résultat de l'étude exploratoire réalisée par des chercheurs de la Banque de France, de l'Agence française de développement (AFD) et de l'Office français de la biodiversité (OFB), avec le concours de CDC Biodiversité et présentée, lundi 6 septembre, durant le congrès mondial de l'UICN, à Marseille.

Si l'exposition de la finance à la perte de biodiversité avait déjà fait l'objet d'études, notamment en 2020 sous l'égide de la Banque des Pays-Bas, les parties prenantes à celle présentée hier ne cachent pas leurs ambitions : au-delà de la prise de conscience, « ce travail de recherche rend tangible le risque pour les professionnels de la finance et va leur permettre de se l'approprier », estime Sylvie Goulard, sous-gouverneur de la Banque de France. L'objectif est d'engager une démarche de long terme entre personnes de différents horizons.

À l'instar de la place accordée à la finance dans l'Accord de Paris et afin de lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, Rémy Rioux, directeur général de l'Agence française de développement (AFD) rappelle, quant à lui, que le monde de la finance a un rôle à jouer dans la lutte contre l'érosion de la biodiversité.

Alors que « ce chiffre interroge pour l'avenir et invite à la réflexion », selon Pierre Dubreuil, directeur général de l'Office français de la biodiversité, ces 42 % pourraient bien constituer l'arbre qui cache la forêt. Car, selon Paul Hadji-Lazaro, doctorant en macroéconomie au Centre d'économie et de gestion de Paris-Nord (CEPN) de l'université Sorbonne Paris-Nord qui a participé aux travaux, c'est l'intégralité des actifs qui seraient visés si l'on prend en compte les expositions indirectes, la dépendance à plusieurs services écosystémiques, mais aussi l'interdépendance entre les entreprises (fournisseurs, partenaires, etc.).

Alors que cette étude fera l'objet d'une présentation complète à l'occasion d'un webinaire qui devrait se dérouler le 15 septembre prochain, ses auteurs réfléchissent d'ores et déjà à la poursuite de leurs travaux. Objectif : prendre en compte les prêts bancaires parmi les actifs exposés et intégrer la dynamique de changements dans les portefeuilles détenus par les institutions financières.

Réactions2 réactions à cet article

 

En d'autres termes, le monde de la finance qui, fort de son obsession du court terme, était jusqu'alors enclin à dilapider tout ce qui ressemble de près ou de loin à une ressource naturelle pour le transformer en jolis dollars, réalise soudain qu'il s'évertue à scier la branche sur laquelle il est assis. Plus dure sera la chute ?...
Pas de panique toutefois, il n'est pour le moment question que d''inviter ces "bienfaiteurs" de l'humanité et de la planète, à la réflexion.

Tonton Albert | 08 septembre 2021 à 15h07
 
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Doit-on également envisager l'hypothèse que des petits génies de la finance vont trouver moyen de monétiser les espèces et les biotopes en voie de disparition car, selon la loi de l'offre et de la demande si capitale à leurs yeux, ce qui est rare et convoité est cher donc à ce seul titre digne d'intérêt ?
Plus prosaïquement, il serait logique que la finance qui dépèce depuis des centaines d'années la planète, avec une accélération sans précédent depuis la révolution industrielle, finisse par se préoccuper de la biodiversité.

Pégase | 14 septembre 2021 à 12h46
 
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