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Programmes présidentiels : et la biodiversité dans tout ça ?

Cinq candidats se sont soumis aux questions des spécialistes du sujet mobilisés par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité. L'agence française, la protection des milieux ou encore la législation européenne ont été abordés. Tour d'horizon.

Biodiversité  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Cinq candidats à l'élection présidentielle ont été invités à débattre par la Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB). Son conseil d'orientation stratégique leur a lancé un appel afin que l'Etat renforce son action dans la stratégie nationale pour la biodiversité, soutiennent le travail de l'IPBES et apporte à la recherche les moyens humains et financiers nécessaires. Les représentants de François Fillon, Benoît Hamon, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont tenté de convaincre un auditoire de chercheurs, d'ONG, d'agriculteurs mais aussi d'entreprises et de chasseurs...

À la grande satisfaction de Sandrine Bélier, la directrice d'Humanité et Biodiversité, "les candidats n'ont pas réduit la biodiversité à la protection des fleurs et des oiseaux". La question de la protection des espèces menacées n'a même pas du tout été évoquée. Les candidats n'ont pas non plus répondu point par point à l'appel de la FRB. Ils ont surtout abordé la biodiversité via des sujets connexes qui l'impactent comme l'aménagement du territoire, la fiscalité et la législation.

Comment réduire l'artificialisation des sols ?

Le représentant du candidat Fillon, le député Bertrand Pancher (UDI, Meuse), a résumé le programme de la droite en matière de biodiversité en trois orientations : verdissement de la fiscalité, correction du système de production agricole et lutte contre l'artificialisation des sols. Sur ce sujet précisément, le député promet de "mettre en place un outil plus contraignant dans les plans d'urbanisme". Une mesure moins marquée que celle d'Eric Coquerel. Le conseiller régional d'Ile-de-France et représentant du candidat Mélenchon évoque "l'arrêt de l'artificialisation des sols et la sanctuarisation des milieux naturels et agricoles" car "l'aménagement du territoire est aujourd'hui trop gourmand". Le représentant du candidat Hamon se veut moins catégorique : le député européen Yannick Jadot évoque la création d'un conservatoire des terres agricoles et la tenue d'une "conférence de consensus" pour annuler les grands projets en cours comme l'aéroport de Notre-Dame des Landes, le centre de stockage Cigéo à Bure (Meuse) ou encore la ligne ferroviaire Lyon-Turin. Le représentant de Macron, et député des Français établis hors de France, Arnaud Leroy est plus prudent : "Il faut tout d'abord tirer les enseignements de la trame verte et bleue et du mécanisme de compensation". Si le candidat dénonce "l'incontinence législative", il estime néanmoins nécessaire de mettre au point un texte législatif pour protéger les sols puisque les débats européens sur la question sont au point mort.

Faut-il accentuer la protection des milieux ?

Presque tous s'accordent pour mettre en place de nouvelles aires de protection marines : "La politique actuelle d'extension est plutôt bonne. Nous ne souhaitons pas de ruptures politiques en la matière", a expliqué Philippe Murer, représentant de Marine Le Pen. "Il faut d'abord mettre en place ce qui est prévu par la stratégie nationale de la biodiversité en matière d'aires protégées terrestres et marines et ensuite relever les objectifs à l'horizon 2030", prévient pour sa part Bertrand Pancher.

Yannick Jadot estime que la France doit prendre le leadership international au regard de son domaine maritime. S'il est élu, Benoit Hamon a d'ores et déjà prévu d'être présent à la conférence de l'ONU sur les océans qui se tiendra début juin aux Fidji. "Nous y défendrons l'inscription de l'océan comme bien commun et la création d'un conseil international de l'Océan". Le candidat Mélenchon se projette lui aussi à l'international en promettant d'interdire l'exploitation des hydrocarbures en haute mer et en défendant la création d'une aire de protection en Arctique comme c'est le cas pour l'Antarctique.

L'AFB confortée dans ses statuts mais pas dans son budget

La récente loi sur la biodiversité et son agence phare - l'Agence française de la biodiversité (AFB) – est également un sujet d'inquiétude. Va-t-elle être maintenue ? Oui répondent tous les candidats. "La loi sur la biodiversité sera mise en oeuvre", assure Arnaud Leroy, fervent défenseur du "faisons déjà ce qui est prévu". Bertrand Pancher compte toutefois rouvrir le sujet de l'intégration de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) dans l'agence : "Il faut arrêter la guerre entre ONG, chasseurs, agriculteurs et relancer le débat à la façon du Grenelle". Sur ce sujet Yannick Jadot est moins diplomatique : "Il faut que les offices de chasse soient soumis à l'agence", estime-t-il.

L'Agence est dotée d'un budget de 225 millions d'euros, soit l'addition des crédits des organismes fusionnés (Onema, Aten, Agence des aires marines, Etablissement public des parcs nationaux), malgré des missions et des compétences plus larges. Son budget sera-t-il renforcé ? Rien n'est moins sûr. Les cinq candidats promettent une réforme fiscale. Pour certains (Fillon, Hamon, Mélenchon), ce sera l'occasion de réorienter les financements. L'AFB en bénéficiera peut-être. Pour d'autres, la priorité n'est pas là : "Je ne prends aucun engagement aujourd'hui mais nous ferons le nécessaire pour voir si le budget peut être augmenté, déclare prudemment Arnaud Leroy. Philippe Murer espère "sortir de l'austérité budgétaire" mais est opposé à la mise en place d'une fiscalité propre à l'AFB : "Nous ne sommes pas d'accord pour que les agences de l'Etat aient une fiscalité propre", prévient-il.

Réforme du droit européen ?

Le droit environnemental français est principalement issu des directives européennes. En matière de biodiversité, la France se contente d'appliquer les directives Habitats et Oiseaux. La FRB a donc interrogé les deux candidats les plus opposés à l'Union européenne : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. "Si les Français décident de sortir de l'Europe suite à notre référendum, nous ne remettrons pas en cause le droit européen, les normes européennes seront maintenues", rassure Philippe Murer. "Nous appliquerons à l'Union européenne le principe de non-régression du droit social et écologique", explique Eric Coquerel. "Mais nous romprons nos relations avec les pays qui ne nous suivrons pas sur ce point", ajoute le représentant de Jean-Luc Mélenchon.

Réactions2 réactions à cet article

 

Significatif ,mais peu surprenant venant des politiques ,alors que le sujet semblerait porter sur le thème de la protection de la nature ,le mot n'apparait jamais !

sirius | 27 mars 2017 à 11h55
 
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Juste une précision, JLM (attention, je ne soutien aucunement ce candidat, mais j'aime que les choses soient claires) n'est pas opposé à l'UE, mais à l'UE telle qu'elle est. Au contraire, Jacques Généreux et lui pensent bien sur que l'union est essentielle au regard des défis contemporains, mais ils ne veulent pas de l'Europe du dumping social, fiscal...

AGB | 28 mars 2017 à 14h19
 
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