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La biodiversité européenne s'effondre sous les coups de boutoir de l'agriculture intensive

Au moment où le Parlement européen se prononce sur la nouvelle PAC, le rapport de la Commission sur l'état de la nature révèle la responsabilité de l'agriculture intensive dans l'effondrement de la biodiversité.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
La biodiversité européenne s'effondre sous les coups de boutoir de l'agriculture intensive

La Commission européenne a publié le 19 octobre son nouveau rapport sur l'état de la conservation de la nature sur le continent. Cette analyse, étayée par une évaluation technique réalisée par l'Agence européenne pour l'environnement (AEE), porte sur les données et les tendances de conservation de 233 types d'habitats, 460 espèces d'oiseaux sauvages et 1 400 autres plantes et animaux sauvages d'intérêt européen protégés par les directives Oiseaux et Habitats. Il s'agit de l'exercice de collecte de données « le plus vaste et le plus complet jamais entrepris sur l'état de la nature en Europe », indique l'exécutif européen.

Après l'évaluation mondiale de la biodiversité publiée en mai 2019 par l'IPBES, qui montrait qu'un million d'espèces étaient menacées d'extinction, l'Union européenne établit à son tour un état des lieux alarmant de l'état de la nature sur le continent. « Nous sommes en train de perdre notre système (...) de soutien à la vie », alerte Virginijus Sinkevičius, commissaire chargé de l'environnement, des océans et de la pêche. Parmi les différentes pressions rapportées par les États membres, l'agriculture intensive arrive en tête, suivie par la modification des régimes hydrologiques, puis par l'urbanisation et la pollution. Le rapport régional pour l'Europe de l'IPBES, publié en mars 2018, avait aussi pointé l'agriculture conventionnelle et la sylviculture comme facteurs déterminants.

Seulement 15 % des habitats en bon état de conservation

« L'Union européenne n'a pas encore réussi à enrayer le déclin des espèces et des types d'habitats protégés dont l'état de conservation est préoccupant », conclut le rapport de la Commission européenne. Et ce, alors que l'UE s'était fixé pour 2020 l'objectif d'enrayer et d'inverser de manière mesurable la dégradation de l'état de conservation des espèces et des habitats.

 
Nous sommes en train de perdre notre système de soutien à la vie.  
Virginijus Sinkevičius, commissaire chargé de l'environnement
 
Concernant les oiseaux, seulement 47 % des espèces sont jugées dans un état favorable, en baisse de cinq points par rapport à l'évaluation précédente qui datait de 2015. Sur la période 1980-2018, 32 % des populations d'oiseaux nicheurs sont en déclin, alors que 29 % sont en augmentation. « Les oiseaux qui sont étroitement associés à l'agriculture continuent d'enregistrer un déclin », constate la Commission.

Pour les autres espèces, 27 % des évaluations indiquent un état de conservation favorable (contre 23 % en 2015). Les groupes qui enregistrent le pourcentage le plus élevé d'évaluations favorables sont les reptiles et les plantes vasculaires, mais ces chiffres sont, là aussi, inférieurs à la moyenne (36 et 40 %).

Quant aux habitats, seulement 15 % des évaluations montrent un état de conservation favorable. Les types d'habitats qui enregistrent la plus forte proportion d'évaluations médiocres sont les tourbières, les dunes et les pelouses. Si on s'intéresse aux tendances, seuls 9 % des habitats affichent une tendance à l'amélioration, tandis que 36 % enregistrent une dégradation continue.

Quelques améliorations sont toutefois constatées dans les États membres. Au niveau des habitats, la Commission cite les prairies côtières de la Baltique en Finlande. En termes d'espèces, elle met en avant, parmi les mammifères, les castors, les phoques gris et les phoques communs. Quant aux oiseaux, des espèces comme le pygargue à queue blanche, la grue cendrée, le milan royal ou la grande aigrette connaissent une tendance à l'amélioration.

La biodiversité des terres agricoles poursuit son déclin

Le rapport n'établit pas seulement un état des habitats et des espèces, et de leurs tendances. Il analyse également les pressions subies par le milieu naturel à partir de 67 000 relevés établis par les États en utilisant une liste de 203 pressions réparties en quinze catégories. Les pressions les plus fréquemment signalées proviennent de l'agriculture. « Depuis les années 50, une agriculture plus intensive et spécialisée a progressivement contribué à l'appauvrissement continu de la biodiversité », constate l'exécutif européen.

« Les habitats semi-naturels tributaires de l'agriculture, tels que les pelouses, sont particulièrement menacés et leur état de conservation est nettement plus mauvais que celui des autres types d'habitats qui ne dépendent pas de l'agriculture », constate le rapport. De plus, la tendance est toujours mauvaise. Le rapport fait état d'une « dégradation générale de l'état de conservation » des habitats agricoles : 45 % d'entre eux connaissent une dégradation, contre 8 % seulement qui s'améliorent. « De nombreuses espèces d'oiseaux, de reptiles, de mollusques, d'amphibiens, d'arthropodes et de plantes vasculaires sont également touchées et la biodiversité des terres agricoles poursuit son déclin », pointe la Commission.

Même à travers les autres pressions importantes que sont la modification du régime des eaux et la pollution, l'agriculture intensive pointe son nez. Les activités de drainage agricole représentent ainsi 14 % des pressions liées à l'hydrologie. Pire, les activités agricoles se révèlent responsables de 48 % des pressions liées à la pollution. Seules celles liées à l'artificialisation des terres ne lui sont pas imputables. On en déduit qu'une conversion à l'agroécologie serait le principal moyen pour restaurer la biodiversité.

Un tel constat avait déjà été opéré par la Cour des comptes de l'UE en juin dernier. La juridiction financière avait relevé que ni la stratégie de l'Union en faveur de la biodiversité, ni la politique agricole commune (PAC) n'étaient parvenues à enrayer cette dégradation. Un double avertissement à prendre en compte de façon urgente alors que le Parlement européen se prononce ce mardi 20 octobre sur la nouvelle PAC et que la Commission européenne doit mettre en œuvre sa nouvelle stratégie biodiversité à horizon 2030.

Réactions30 réactions à cet article

 

Ce nième constat n'a rien d'une surprise : cela fait au moins deux grosses décennies que les suivis de terrain en secteurs agricoles intensifs le montrent sans ambiguïté.
Le modèle agricole que défend bec et ongles à Bruxelles le syndicat COPA-Cogeta, présidé par Mme LAMBERT (qui tient également les rênes de la FNSEA tricolore) envoie biodiversité sauvage, climat, eau, sols et humains (en premier chef les agriculteurs) dans le mur. Il est donc plus que temps que l'UE cesse d'accepter docilement d'être intoxiquée par les discours mensongers de ce syndicat et redessine une trajectoire agricole enfin au service de tous les européens et plus uniquement à la solde des gros actionnaires de l'agro-industrie et des banques qui se sont un temps prétendues "vertes".

Pégase | 20 octobre 2020 à 22h25
 
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les sécheresses de plus en plus longues ont des conséquences monstrueuses qui entraînent l’effondrement accéléré des pollinisateurs, des insectes, des oiseaux, impactent l’ensemble du vivant, y compris la santé humaine ! les néonicotinoïdes sont uniquement l'arbre qui cache le désert ... 1.1 millions d'hectares de prairies en Nouvelle Aquitaine avec des haies et des arbres, sans labour et sans pesticide pourtant tous les étés ce sont des cimetières de biodiversité, même les vieux arbres sèchent ...
Une sécheresse c'est juste un manque d'eau l'été, un comble quand on a passé l'hiver les pieds dans l'eau sans faire de réserve ... en France ce sont les écologistes qui s'opposent systématiquement à la construction de réserve et qui vont même jusqu'à en faire détruire .... Cherchez l'erreur !

laurent | 21 octobre 2020 à 08h51
 
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il faut verdir la France et vite, mais au rythme des saisons et donc des forets de feuillus !

Les surfaces végétales baissent l’albédo des sols, évacuent la chaleur (chaleur latente), absorbent du CO2, libèrent de l’oxygène, nourrissent et protègent toute la biodiversité sur les continents … En ayant stigmatiser la consommation d’eau des plantes (et donc de l’agriculture) on détruit la vie sur terre !

La caractéristique d'un désert c'est justement l'absence de végétation et donc de photosynthèse !

laurent | 21 octobre 2020 à 09h07
 
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Les coups de boutoir de l'Agriculture Intensive qui fait s'effondrer les habitats tels que tourbières, dunes et pelouses sèches ????
Soit je n'habite pas le même pays que vous, soit c'est un méli mélo de chiffres mis bout à bout pour arriver à une conclusion déjà faite...
A ma connaissance l'Europe a tout de même permis une protection efficace des habitats: on ne pose plus de drain les tourbières, on ne laboure plus les dunes et pelouses sèches, non?
Par contre oui la réduction de l'agriculture dans ces zones, pastoralisme en particulier, fait disparaitre la fonctionnalité de certain habitats.

Marcel | 21 octobre 2020 à 11h29
 
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"L'agriculture ... depuis 1950...cause de l'appauvrissement de la biodiversité" c'est certain, mais dans le même temps la France et d'autres se sont relevés de la guerre et ont pu assurer l'alimentation pour les populations, sur demande des états. Merci à ceux qui ont fait les efforts demandés. Si maintenant il est nécessaire à l'agriculture de se refonder, aidons la! Chacun son tour. Cet article permettra à certains écolos de regarder leurs parents (nés après guerre) de les remercier de les avoir nourris, et ensuite de penser à ce qui serait nécessaire pour l'avenir. Mais critiquer les causes en ignorant les motifs de cette cause, n'est pas honnête.
Autre point: la chasse est bien loin des destructions dénoncées dans cette article.

jmf | 21 octobre 2020 à 12h05
 
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"en France ce sont les écologistes qui s'opposent systématiquement à la construction de réserve et qui vont même jusqu'à en faire détruire .... Cherchez l'erreur !" : c'est vous laurent qui faites erreur, car ce sont des décisions de justice qui bloquent certains projets et exigent la destruction d'autres (exceptionnellement) au motif de leur illégalité face à la loi et non des "écologistes". La nuance est pourtant de taille !
C'est curieux mais j'ai souvent déjà entendu cet d'argumentaire fallacieux dans la bouche de représentants de la FNSEA à diverses occasions. Cela impressionnait - ou plutôt arrangeait bien - certains représentants de l'Etat et des élus locaux sensibles aux affabulations - et accessoirement au bon déroulement de leurs carrières. Mais cela fonctionne de moins en moins, notamment dans les prétoires...

Pégase | 21 octobre 2020 à 14h14
 
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Paradoxalement, le meilleur service que peut rendre l'agriculture à la biodiversité c'est d'être le plus productive et intensive possible, en utilisant au maximum les intrants et les techniques disponibles, en réduisant au minimum l'impact environnemental.
Cela permet de produire un max sur un minimum de surfaces, laissant ainsi disponibles davantage de surfaces pour la biodiversité.
C'est ce que parvenait à réaliser l'Europe jusque là, cf. l'augmentation des surfaces en forêts, jusqu'à un certain obscurantisme condamnant sans appel possible l'agriculture.
Bravo.
Brésiliens et Nord-Américains se réjouissent de l'attrition programmée de l'agriculture européenne. Importons donc !
Excellente journée tout de même.

Albatros | 21 octobre 2020 à 14h28
 
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Il faut être objectif, avec la raréfaction des terres, du bétonnage explosif, il n'y a pas d'autres solutions que de faire de la culture semi industrielle.
Aux bourgeois (habitants des villes) de commencer à avoir un usage frugal des terres arables.
Regardez l'attaque conjointe de Leclerc et Ikéa au Mans contre des terres arables à bon niveau hydrique les plus recherchées .
(voir sur google map street view autour du lidl d'Yvré l'évêque)
Un constat qui va sans doute vous étonner, la ville de st Hilaire de Riez liée à ma famille, années 30 80% de terres agricoles, 2020 10%, et il n'y a aucun emploi sur st Hilaire et la ville est presque 2 fois la surface de Paris, une agression écologique inutile; l'été dure 6 semaines c'est tout.
Alors c'est trop facile de critiquer les autres et se balader dans des centres commerciaux car les villes sont devenues interdites aux non bourgeois.
Si on n'optimise pas la culture il n'y aura plus rien à bouffer, c'est aussi simple que ça.

pemmore | 21 octobre 2020 à 14h39
 
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Les commentaires donnent le sentiment d'un dialogue de sourds. Il faudrait d'abord se mettre d'accord sur le constat, ce n'est même pas le cas. La disparition des zones humides tant en forêt qu'en agriculture et ailleurs est un fait documenté pourquoi le nier?
L'appauvrissement de la biodiversité dans les grandes cultures aussi. Sur les moyens, je suis d'accord, il vaut mieux aider à la mutation plutôt que de stigmatiser une profession, ce qui peut être contreproductif, chacun campant sur ses positions. La mutation concerne chacun, à commencer par la consommation à belle dent des meilleures terres agricoles par l'urbanisation galopante au profit des citadins se proclamant pourtant écolos ; l'agro-industrie n'est pas seule responsable

SAGITTE | 21 octobre 2020 à 14h50
 
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Bonjour,

le lien du rapport de la commission semble défectueux.

Cordialement

bIBU | 22 octobre 2020 à 08h39
 
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@Marcel vous êtes un troll. Votre commentaire ne cache pas plus de sens que de bonnes intentions.
@jmf vous l'êtes probablement aussi mais votre commentaire a malgré tout un peu de valeur. Ce rapport n'est pas un procès d'intentions centré sur l'agriculture mais bien un constat sur la cause de la perte de la biodiversité et habitat.
Mais s'il faut parler de l'après guerre, ca fait belle lurette qu'on est sorti de l'impératif famine pour passer à celui de la mondialisation et la loi des marché et cela fait tout autant de temps qu'on a réalisé que ce modèle agricole n'était pas durable. Aujourd'hui on paye sans surprise le résultat de 40 ans de déni (pour ne pas dire avarice) de ceux qui profitent des agriculteurs.
Je n'ai vu aucunement la chasse cité dans cet article.

bIBU | 22 octobre 2020 à 09h15
 
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C'est la première fois que je me fais traiter de troll... J'essaie juste de partager un certain esprit critique vis à vis de chiffres et d'affirmations qui peuvent paraitre trop évidentes.
Cela ne plaît généralement pas à ceux qui ont déjà des idées arrêtées. C'est peut être ça être un troll?
Plus précisément, quand je vois aujourd'hui les règles, les contrôles et les moyens mis en œuvre pour protèger les éléments de la biodiversité "banale" agricole (haies et talus par exemple), je ne vois pas comment des habitats d'intérêt communautaire et référencés comme tel peuvent être détruits pour en faire des plaines de grandes cultures, comme le sous-entend l'article!

Marcel | 22 octobre 2020 à 13h00
 
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En relisant l'article attentivement, moi je trouve que tout ce qui est dit ne nous concerne pas,
Je vis dans les pays de la loire, on a des haies, des forêts, des espaces protégés, de nombreuses rivières et étangs, beaucoup de prairies et vaches allaitantes , en bord de mer les dunes sont interdites au piétinement, paradoxalement, sauf évidement les barres de hlm face à la mer, un désastre pour la biodiversité, les villas avec leurs haies et de nombreux arbres sont des refuges méconnus des insectes et oiseaux divers.
Ces infos catastrophiques se limitent en France dans la Beauce ou la Brie un univers sinistre comme en Allemagne ou au Danemark.

pemmore | 22 octobre 2020 à 13h10
 
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Bonjour,

Le lien vers le rapport a été rétabli.

Laurent Radisson Laurent Radisson
22 octobre 2020 à 13h57
 
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biBu, merci de considérer que l'avis d'un autre peu avoir un peu d'importance sur cet article, même si votre acceptation est très vite limitée.
Le modèle agricole peut et doit évoluer, mais cela ne peut se faire aussi vite que le peu de temps que vous avez mis pour le rejeter. Ce qui est certain, c'est que plus on est éloigné de ce monde, plus il est facile de demander son changement. Si le consommateur veut une évolution, il peut dès demain (selon ses finances) changer ses achats. Ce sera bien plus long pour changer un moyen de production sur son exploitation agricole.
Quant à la chasse, les critiques qui lui sont faites sur la disparition de certaines espèces animales, tombent rapidement au regard du résultat des destructions du paysage. Comme certains l'évoquent, les constructions d'habitat, de commerces,... sont aussi des destructions irrémédiables de la biodiversité.

jmf | 22 octobre 2020 à 14h15
 
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On assiste sur ce fil à un véritable festival de déni de faits parfaitement avérés ! Même si cela dérange certains, c'est bel et bien en secteur agricole intensif que l'on perd le plus de biodiversité, phénomène de plus en plus aggravé par d'autres causes comme l'urbanisation, le transport routier, les lignes électriques, le changement climatique, ...
Les causes sont connues depuis belle lurette : pesticides (dont la vocation est d'invalider certaines fonctions biochimiques vitales donc de tuer), mécanisation de plus en plus grosse, rapide et diversifiée (je laisse à tout sceptique le loisir de se coucher dans un champ en cours de labour, d'épandage de lisier ou d'engrais ou de moisson et d'évaluer sans bouger ses chances de survie à cette expérience...), disparition du système de polyculture extensif si favorable à beaucoup d'espèces de flore et de faune, destructuration du paysage, suppression des zones refuges que sont les haies, les bosquets, les mares (et pas qu'en Beauce ou en Brie !), etc.
La Commission européenne semble quant à elle enfin accepter de voir la triste réalité en face. Avec une PAC totalement réorientée vers une prise en compte sincère et véritable de l'environnement et de la santé des européens, il est encore possible de renverser progressivement la sinistre tendance et de retrouver un niveau de biodiversité sauvage conforme aux exigences des directives Oiseaux, Habitats Faune Flore et Eau.

Pégase | 22 octobre 2020 à 14h52
 
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@Marcel Votre commentaire ne cache pas plus de sens que de bonnes intentions.
@jmf votre commentaire a malgré tout un peu de valeur. Ce rapport n'est pas un procès d'intentions centré sur l'agriculture mais bien un constat sur la cause de la perte de la biodiversité et habitat.
Mais s'il faut parler de l'après guerre, ca fait belle lurette qu'on est sorti de l'impératif famine pour passer à celui de la mondialisation et la loi des marché et cela fait tout autant de temps qu'on a réalisé que ce modèle agricole n'était pas durable. Aujourd'hui on paye sans surprise le résultat de 40 ans de déni (pour ne pas dire avarice) de ceux qui profitent des agriculteurs.
Je n'ai vu aucunement la chasse cité dans cet article.

bIBU | 22 octobre 2020 à 15h25
 
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Merci à Pemmore de resituer l'article. On y parle bien évidemment de territoire européen, pas que français, même si celui national n'est sans doute pas en reste. On recommence à se soucier des haies après les avoir retirées (merci pour retenir le vent et les coulées de boues), etc..... mais je ne connais pas non plus le paysage agricole espagnol (du côté de leurs serres maraichères par exemple) ou ceux allemands ou polonais, qui ne valent sans doute pas mieux. L'agriculteur y a sans doute une part dans le constat européen puisque c'est lui qui utilise ses terres pour produire (pour sa population) puis pour les vendre (pour loger sa population). En fait, c'est un peu le dindon de la farce puisque sur tous les tableaux, on lui demande de se tirer une balle dans le pied.... dans ces conditions, c'est vrai que le bipolarisme habituel (pro/anti écolos ou urbains/ruraux) à ses limites pour résoudre cette équation.

nimb | 22 octobre 2020 à 17h41
 
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Merci M. RADISSON pour le lien, cela permet de se faire une idée plus précise du rapport. Il faut parfois s'accrocher pour suivre les listes de chiffres et de pourcentages! Un article est le bienvenu pour rendre cela un peu plus digeste.
Mais très honnêtement, j'estime que votre article, et surtout son titre, reflète assez mal la situation présentée.
Certes il est expliqué que l'intensification et la spécialisation de l'agriculture dans certains secteurs peut en modifier la gestion, voire l'hydrologie de quelques habitats.
Toutefois le mot "intensive" n'apparait qu'une seule fois dans le rapport de 28 pages et cinq fois dans votre article...curieux!

Marcel | 22 octobre 2020 à 23h47
 
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@pégase : arrêtez de nier les évidences ! les sécheresses de plus en plus longues ont des conséquences monstrueuses qui entraînent l’effondrement accéléré des pollinisateurs, des insectes, des oiseaux, impactent l’ensemble du vivant, y compris la santé humaine ! les néonicotinoïdes sont uniquement l'arbre qui cache le désert ... 1.1 millions d'hectares de prairies en Nouvelle Aquitaine avec des haies et des arbres, sans labour et sans pesticide pourtant tous les étés ce sont des cimetières de biodiversité, même les vieux arbres sèchent ...
les sécheresses et les inondations ne sont pas des fatalités mais le résultat logique d'une très mauvaise gestion des eaux de surface

Pendant des millénaires les humains ont construit pour retenir l'eau douce sur les continents, il aura fallu quelques années à l'administration pour détruire le réseau hydrologique français au nom d'une continuité écologique qui n'existe plus puisque le résultat est conforme au plan d’actions : les rivières sont ravagées par des crues de plus en plus fortes et les poissons migrateurs vont apprendre à marcher pour remonter les rivières sèches l’été.. Tous les ans les indemnités sécheresses et inondations nous coutent des milliards (sans parler des vies humaines ... ) alors qu'avec quelques millions on résoudrait en même temps les deux problèmes. Sans oublier l'énergie propre que peut fournir une turbine associée à une retenue, en France nous avons largement de quoi doubler notre production hydroélectrique !

laurent | 23 octobre 2020 à 17h51
 
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Bonjour Marcel,

La lecture du chapitre sur les pressions, de même que la conclusion de l'étude permettent d'établir que je ne l'ai pas trahie. Le mot "intensive" n'est effectivement pas celui privilégié par la Commission qui, usant d'un langage des plus diplomatiques, définit le type d'agriculture en cause a contrario, d'où l'emploi plus fréquent du mot "extensive" avec une négation.

Ces mots de la Commission permettent de l'illustrer :

"Les pressions les plus fréquemment signalées, tant pour les habitats que pour les espèces, proviennent de l’agriculture, ce qui témoigne de l’importance relative de l’utilisation des terres agricoles et de la modification des pratiques agricoles (intensification et abandon de l’agriculture extensive)".

Laurent Radisson Laurent Radisson
24 octobre 2020 à 21h40
 
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La photo pour illustrer le topo est intéressante, inutile de dire que ça ne se passe pas en France, à aucun endroit de France n'existe cet épouvantable désert vert.
C'est quelquepart de la culture extensive, on rase les haies, on s'empare de chemins pourtant dessinés sur le cadastre et on s'étale comme une grosse bouse et personne ne dit rien.
Ce n'est pas forcément intensif car le bio est rentable surtout si on gagne de la place.
Mais tout évolue, les paysans comme mon voisin ont découvert les bienfaits du BRF et consomment les haies avec leurs broyeuses comme tout un chacun, les oiseaux eux sont déjà repartis ou reviendront, il vient de passer et tout le monde est content.
La haie d'espace encombrant gràce à la mécanisation devient producteur de richesses agricoles. Avant on brûlait!
Plus qu'à obtenir une fiscalité forestière pour ces surfaces.
Cette année sous les conseils de mon dernier fils j'ai même pas sorti la bêche, tout sous brf, j'ai jamais récolté autant de tomates ni jamais déherbé. Le futur c'est de ne rien faire, vive la permaculture.

pemmore | 24 octobre 2020 à 22h27
 
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75% des de la population habite en ville, on a fait des grands champs parce qu'il y a des grandes villes et plus personne dans les campagnes pour produire autant de nourriture !
C'est mathématique, un agriculteur doit produire à lui tout seul de quoi nourrir 70 personnes 3 fois par jour, il bosse au minimum 70 heures par semaine et quelques fois sans salaire ... c'est mignon de planter des haies mais il n'aura ni le temps ni l'argent pour les entretenir ! Il faut planter des arbres mais il faut rester cohérent sur le cout d'entretien.

laurent | 25 octobre 2020 à 16h40
 
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Euh, de ce que je connais des paysages que je traverse assez régulièrement, et notamment ceux entre Vitry le François et Reims, je peux dire qu'il existe quand même de grandes étendues de champs sans beaucoup de haies. Et l'une des rares fois où j'ai traversé la Beauce, entre Chartres et Pithiviers (en plein mois d'Août sous un temps de cagnard), çà ne respirait pas beaucoup les haies non plus.
Le futur est de ne rien faire? C'est un peu ce que j'avais entendu, lors d'une interview accordée par un agriculteur au salon de l'Agriculture en 2018 : grosses surfaces de céréales à cultiver, peu d'employés (çà coûte cher!) : monsieur ne passait plus la charrue et y trouvait des bienfaits de sauvegarde des bactéries du sol. Il utilisait "juste d'infimes" passages de Roundup pour ralentir la végétation en surface .... ainsi, peu de travail de la terre, peu d'utilisation des machines donc moins de consommation de carburant donc moins de CO2.... en gros, le paysan écolo est avare d'efforts et consommateur de pesticides (mais s'il les maitrise, après tout!!??)... étant petit fils d'agriculteurs (de petites exploitations) j'avais trouvé çà stupéfiant et aberrant... mais ce genre de comportement est aussi à l'image de la vie actuelle des non-agriculteurs (urbains). Par contre, je lisais un article sur la culture des salades à la Réunion, selon un procédé hors sol, c'était surprenant, quand bien même selon des méthodes naturelles.

nimb | 27 octobre 2020 à 11h40
 
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@ laurent : des prairies de ray-grass intensif sont effectivement bien souvent des cimetières de biodiversité. Car il s'agit d'une monoculture intensive d'herbe, implantée un peu comme un blé, débarrassée d'un maximum d'adventices et récoltée deux ou trois fois par an par des faucheuses ou des ensileuses qui hachent menu également au passage insectes, oiseaux et mammifères qui auraient eu la mauvaise idée de chercher refuge dans une parcelle ainsi couverte.
Les vraies prairies naturelles (bien au-delà des 5 ans de la définition règlementaire) conduites en extensif, fauchées tardivement et du centre vers la périphérie ou pâturées avec un chargement < 1 UGB / ha sont à l'inverse très souvent des réservoirs de biodiversité sauvage ainsi que des lieux de séquestration de CO2 et d'eau dans le sol (bonne capacité d'infiltration efficace des pluies). Hélas de plus en plus rares, elles cochent a priori toutes les cases du verdissement que vous réclamez à longueur de post. Pourtant, fort curieusement, vous ne les défendez pas et ne semblez vouloir que des bassines à côté des forêts...
Quant à l'énergie hydroélectrique que pourrait soit-disant fournir ces mêmes bassines, l'argument de fond de tiroir de think-tank agricole a vraiment de quoi faire sourire ! Pourquoi pas, tant qu'à faire dans le greenwashing, vanter une réflexion solaire des plans d'eau artificiels qui détournerait une partie de la chaleur solaire et ainsi contribuerait activement à la réduction de l'effet de serre ?!

Pégase | 27 octobre 2020 à 22h33
 
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Effectivement, nimb, on trouve ce genre de paysage figurant sur la photo d'illustration de l'article dans pas mal de secteurs céréaliers 100 % français (Champagne crayeuse, Bas-Poitou, Beauce, Champagne berrichonne, Landes, Vexin, Brie, Flandre, Picardie, etc.).
@ pemmore : de fait, prétendre que "à aucun endroit de France n'existe cet épouvantable désert vert" témoigne a minima d'une grande méconnaissance des réalités du pays...
En Europe, la France a longtemps été première consommatrice de de pesticides et engrais de synthèse (elle est désormais au coude à coude avec l'Espagne) et cela saute aux yeux quand on regarde ses contrées agricoles céréalières.

Pégase | 28 octobre 2020 à 10h39
 
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@pégase : une prairie sèche c'est une prairie morte, un sol sec c'est un sol mort, les villes sont en train dé végétaliser et vous vous battez pour laisser crever les camapagnes, sortez un peu de votre béton ... sur la planète les saisons chaudes sont humides, en France les étés deviennent de plus en plus secs à cause des sécheresses ! un comble quand on a passé l'hiver les pieds dans l'eau ! je travaille avec Konrad Schreiber, le spécialiste des sols vivants , vous devriez l'écouter et prendre du recul.

si tout le monde avait le bon sens de faire de faire comme les agriculteurs, des réserves d'eau l'hiver (particuliers, villes, industriels, etc ...) pour épargner les nappes phréatiques l'été on ne parlerait jamais de sécheresse !

laurent | 28 octobre 2020 à 14h40
 
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Pégase, La monoculture est toujours un signe de destruction de la biodiversité(en culture annuelle, comme en sylviculture, ....)mais la polyculture-élevage des années précédant 1970, a été mise en défaut par une demande des consommateurs en abondance et pris bas. C'est encore le cas aujourd'hui. Si demain on n'achète plus de viande bovine, la production s'arrêtera, si on n'achète que du bio, les producteurs qui resteront ne feront que du bio. Nous aurons alors d'autres problèmes de "conservation" du territoire, mais passons. Pourquoi toujours en vouloir uniquement aux producteurs, ceux-ci étant en fait à la merci du consommateur. Ne continuez pas à tirer sur eux, mais contraignez les à changer en modifiant vos achats. (NB 1 UGB/ha avec des prairies "naturelles" comme vous les entendez ne peut pas se réaliser sur la majorité du territoire)
Pour ce qui est de l'utilisation des pesticides et engrais, une enquête de terrain serait utile depuis que chaque agriculteur note précisément par culture et parcelle ce qu'il emploie. Une comparaison, pour une exploitation donnée, des consommations serait plus parlante que la somme des achats nationaux, tous ne terminant pas dans une ferme. Cette comparaison devrait aussi mettre en avant les volumes de production, ce qui permettrait d'apprécier la technicité des producteurs Français!

jmf | 28 octobre 2020 à 15h16
 
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@ pégase : le soleil et la pluie tombent pour tout le monde de la même façon, comparez le bilan climatique d'un hectare de ville en béton et celui d'un hectare de champs irrigué ... il serait bien que les citadins balaient devant leur porte avant de piétiner l'agriculture ! ce sont les villes qui détruisent massivement la planète mais c'est plus pratique de toujours taper sur les mêmes ...

laurent | 28 octobre 2020 à 17h54
 
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@ jmf : voilà belle lurette que j'oriente au mieux mes achats vers des circuits courts (marchés de producteurs, colis de producteurs fermiers de viande, paniers de légumes, vente directe à la ferme, etc.), le plus possible labellisés en AB bien évidemment en ce qui me concerne. Je n'en veux donc nullement aux producteurs qui me garantissent une qualité environnementale, sanitaire et un prix qui satisfasse les deux parties.
@ laurent : il est drôle, votre poncif du méchant citadin versus le gentil rural ! Car, voyez-vous, je réside sur une commune (hélas largement dominée par la céréaliculture intensive) de moins de 2 000 habitants. Une sacrée mégalopole, non ?! Il faut donc que vous sachiez que de plus en plus de ruraux souhaitent que la page de l'agriculture intensive soit tournée au plus vite. Ça tousse aussi dans les campagnes !
Focalisez-vous sur moi si ça vous chante pour tenter de faire diversion mais permettez-moi de vous rappeler que le sujet de l'article est bien "le rapport de la Commission sur l'état de la nature révèle la responsabilité de l'agriculture intensive dans l'effondrement de la biodiversité". Il va donc bien falloir vous habituer à entendre de plus en plus et un peu partout ce constat des conséquences avérées d'un modèle agricole dévastateur.

Pégase | 28 octobre 2020 à 18h43
 
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