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Biodiversité : le ministre de l'Agriculture à contre-courant ?

Selon FNE, Bruno Le Maire a décidé une révision à la baisse des contraintes environnementales liées à la protection de la biodiversité pour les exploitations agricoles, au moment où cet enjeu est souligné par tous les acteurs.

Agroécologie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Biodiversité : le ministre de l'Agriculture à contre-courant ?
Paysage d'Aveyron
© Uolir
   

Selon France nature environnement (FNE), le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a annoncé par courrier à la FNSEA ''une révision à la baisse des contraintes environnementales à respecter pour toucher les aides de la politique agricole commune (PAC) : la part de l'exploitation dédiée à la biodiversité, qui devait passer à 5 % en 2012, restera à 3 % comme en 2011''.

La mise en place de zones dédiées à la biodiversité sur les exploitations (haies, mares, bosquets, bandes enherbées...) compte parmi les mesures permettant de bénéficier du dispositif de la conditionnalité des aides de la PAC (environnement, santé-productions végétales et bonnes conditions agricoles et environnementales). Cette mesure, décidée lors du bilan de santé de la PAC, devait être introduite progressivement avec des parts de zones dédiées à la biodiversité de 1 % en 2010, 3 % en 2011 et 5 % en 2012.

''FNE s'étonne d'apprendre par voie de presse que cet accord est remis en cause sans aucune concertation, ni même information préalable'', alors que l'association avait participé à la concertation en aval du projet. D'autant que, pour l'association, cette mesure avait déjà été prise a minima : ''selon les règles officielles de calcul, une haie, pour être convertie en surface, a une largeur fictive de 100 m. Autrement dit, pour atteindre l'objectif de 5 % de surfaces de biodiversité, une exploitation agricole de 100 ha peut se contenter d'implanter 500 m de haies !'', explique Marie-Catherine Schulz, chargée de mission agriculture.

Un cadeau aux céréaliers ?

Selon FNE, ce recul bénéficie avant tout aux céréaliers, dont les exploitations ''sont très pauvres en biodiversité'', tandis que dans les zones d'élevage, l'objectif ''est déjà largement atteint''. ''En plus d'être un recul pour l'environnement, cette mesure est particulièrement injuste quand on voit les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les exploitations d'élevage tandis que les céréaliers sont les principaux bénéficiaires de la PAC. En pleine négociation à Bruxelles sur l'avenir de la PAC après 2013, ce très mauvais signal va à l'encontre de tous ceux qui se battent pour redonner une légitimité à ces subventions européennes'', dénonce Jean-Claude Bévillard, responsable des questions agricoles à FNE.

La biodiversité, enjeu clé

Pourtant, la protection de la biodiversité est au cœur de la démarche de certification environnementale des exploitations agricoles, lancée le 21 juin par le ministère de l'Agriculture. Pour bénéficier de cette certification, les exploitations doivent, entre autre, identifier et protéger les zones les plus importantes pour le maintien de la biodiversité. Pour atteindre la haute valeur environnementale, la protection de la biodiversité fait partie des quatre indicateurs clés.

Le maintien et la restauration des écosystèmes et de leurs services notamment dans le domaine agricole fait également partie des six objectifs clés adoptés par le Conseil environnement le 23 juin dans le cadre de la Stratégie européenne de la biodiversité pour 2020. Cette mesure devrait être mise en œuvre en allouant des fonds de la PAC, avaient alors souligné les ministres européens de l'Environnement.

Réactions17 réactions à cet article

 

Décidément, les ministres de l'agriculture se suivent et se ressemblent, sans jamais évoluer.
En tant que particulier, j'ai planté 330 mètres linéraires de haie sauvage pour une surface de 1 hectare (surface inconnue d'ailleurs de l'actuel ministre de l'agriculture). L'évolution de la faune est sidérante au fil des ans.

Constater dès lors que l'on abaisse le seuil des 5%, si facile à réaliser, me laisse pantois, n'ayant qu'un seul mot pour décrire cette attitude : médiocrité.

Sam | 03 août 2011 à 19h59
 
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La PAC est un hérésie, elle ne profite qu'aux gros,producteurs et déstabilise l'intégralité du monde paysan. Il n'est pas étonnant de voir le ministre se rétracter face à du lobbying de la part de la FNSEA. Déjà que nouvelles conditions semblent dérisoire face au besoin, les gros céréalier veulent faire toujours plus de bénéfice. Capitalisme quand tu nous tiens. Et sinon à quand des hommes politiques intègres?

florian | 04 août 2011 à 08h13
 
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Dans une conjoncture 100% Economique,de hausse des prix du foncier,on pourra difficilement voir l'usage des sols à planter des haies même si celles ci peuvent avoir un interet environnemental positif. Dans un contexte de "dureté" économique, les orientations des exploitations ont un soucis de "court terme" et de rentabilité immédiate...

bertrand | 04 août 2011 à 09h19
 
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Que certains agriculteurs n'arrivent pas à joindre les deux bouts parce qu'ils sont écrasés par les grosses exploitations, je peux comprendre : c'est partout pareil, dans tous les secteurs.

Mais de là à grapiller sur les petites choses qu'on a réussi à mettre en place en faveur de la biodiversité... Je ne suis pas sûr qu'installer quelques haies soit le plus gros manque à gagner pour les cultivateurs.

Et si la protection des petites bébêtes semble être le cadet des soucis des céréaliers (le Cruiser est toujours utilisé sur le colza, non ?), ils n'ont qu'à se dire, entre autres avantages, qu'une partie des phytosanitaires est filtrée par les bandes enherbées avant de se retrouver dans l'eau du robinet, et que les haies évitent que la pluie creuse des rigoles au milieu des champs.

Alors ce minimum syndical qu'on leur incite à respecter (ils n'y sont même pas obligés finalement), c'est pas seulement pour satisfaire les "écolos extrêmistes". Et puisqu'ils ne se contentent que de ce strict nécessaire pour toucher les aides (j'en connais pas beaucoup qui font 10% au lieu de 3%par convictions écologiques), il est logique d'augmenter un peu ce strict nécessaire.

Quentin | 04 août 2011 à 10h05
 
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Je possède un petit jardin .
Aucun traitement et une tonte de l'herbe minimale.
Des endroits pour les insectes,oiseaux, herissons et autres bestioles.
Jamais ce jardin n'a été aussi plein de vie.

juste à coté (10 km) les grands champs de ble,orge,colza
Les bestioles se font de plus en plus rares au fil des 30 dernières années
dans ces champs.

Bruno le Maire ne merite que notre mépris et notre dégout.
l'ump parti des riches agriculteurs est une catastrophe pour notre pays

jms | 04 août 2011 à 11h07
 
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On ne fera pas avancer les choses tant qu'on opposera politiques et agriculteurs. La décision de Bruno Lemaire est tout aussi déplorable que le comportement de la FNE dont l’extrémisme ferme la porte à toutes les négociations.

Plutôt que de parler chiffres, de contraintes, de règlements... Peut-être faudrait-il expliquer posément aux agriculteurs qu'un peu de haies dans leur exploitation est un outil bon marché et efficace pour se protéger de l'érosion, de la sécheresse et réduire les coûts d'intrants chimiques via les auxiliaires de culture. Peut-être faudrait-il présenter les bénéfices de la haie comme un atout pour l'agriculture et pas seulement comme un caprice d'écologistes.

Il n'y a pas que les céréaliers qui méprisent les arbres, ce sont tout une partie des agriculteurs, riches et pauvres. Pourquoi ? A cause d'un manque de pédagogie, et d'une appropriation politique de lobbys écologistes qui méprisent le monde agricole. L'arbre y est vécu comme une contrainte, alors que c'est tout le contraire, mais a-t-on fait ce qu'il fallait pour les convaincre ?

Le manque de nuance flagrant de la FNE ne fait qu'acculer les agriculteurs. Les préconisations environnementales telles que la plantation de haie ne devraient pas être sous forme d'ultimatum mais sous forme d'encouragement, en leur présentant l'arbre comme un allié, en leur montrant que l'herbe est plus verte au pied des haies, que les blés sont plus hauts et que les maladies sont plus rares.

Thomas | 04 août 2011 à 12h13
 
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(à thomas)

Tout comme les résistants ne faisaient pas de compromis avec les Nazis et leurs sbires, je ne vois pas pourquoi FNE devrait en faire avec ceux qui aujourd'hui sacrifient notre environnement sur l'autel de la guerre économique marchande !

les appels aux compromis, sont le propre des collabos qui cherchent à rendre acceptable ce qui par définition ne l'est pas !

Nous sommes en pleine 4éme guerre mondiale, prends en conscience mon vieux, et choisit ton camp !

la démocratie cachant ses vices derrière de prétendus vertus humanistes, n'est qu'une illusion et un cheval de troie dissimulant la véritable logique et finalité de toute volonté de puissance incarné dans l'hydre politique ! prends en également conscience !

et au lieu d'affubler FNE d'un prétendue "extrêmisme", je t'invite à tenter de mettre en application ce que tu leurs reproches...

anton

anton | 04 août 2011 à 12h59
 
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Mais La Démocratiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiie alors ??!!!!

J'entends déja d'ici les habituels discours "humanistes" des adeptes du "vivre ensemble", et qui aujourd'hui comme hier résonnent comme autant d'appels à la collaboration.

D'autant que le fameux "vivre ensemble" s'apparente en réalité à un "crever ensemble" ...!

Nous sommes en pleine quatrième guerre mondiale, il est temps que chacun se décide à ne plus se voiler la face, et à choisir son camp !

Autrement dit celui de la résistance refusant tout compromis avec les mensonges politiques cachants leurs vices derrière de prétendus vertus, ou celui du compromis et de la collaboration !

Pour imager encore un peu plus mon propos je dirais la chose suivante : "DeGaulle ou Pétain il faut choisir !"

anton

anton | 04 août 2011 à 13h18
 
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@ Anton : Je ne partage pas vos fantasmes de 4ème guerre mondiale. Heureusement sur le terrain (j'y suis), la réalité n'est pas blanche, ni noire, elle est grise. Les agriculteurs ne sont pas des nazis, mais des êtres humains qui par définition sont capables de compréhension et de bon sens pour peu qu'on prenne le temps de comprendre leurs difficultés.

Comme tout être humain, certains d'entre eux sont indécrottables, d'autres sont certains du contraire, d'autres sont entre deux eaux et demandent à être convaincus. Ils sont la majorité. Ils souhaiteraient faire une agriculture plus tenable, il faut leur montrer qu'ils peuvent aller dans cette voie sans nécessairement prendre de risques.

Paradoxalement je partage bon nombre de convictions avec la FNE, mais ces derniers ont dernièrement opté pour la provocation et le manichéisme, sapant tout le travail des acteurs de terrain qui s'efforcent de réconcilier agriculteurs et environnement. Alors oui la FNE sont des extrémistes, car la définition de l’extrémisme c'est s'évertuer à penser et à défendre que le monde est blanc ou noir.

Je pense qu'il est important de distinguer le pragmatisme de l'idéologie, chose que ne fait pas (plus..) France Nature Environnement. La réalité de tous les jours m'apprend qu'à défaut de compromis, on obtient rien du tout.

Thomas | 04 août 2011 à 14h23
 
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"La réalité de tous les jours m'apprend qu'à défaut de compromis, on obtient rien du tout."


Tiens c'est marrant ça ressemble exactement aux discours des collobos sous Pétain... "faire des compromis", "la réalité n'est ni blanche ni grise" et autres conneries..

Quant à moi, saches que je ne partage pas ton illusion de liberté et tes prétendus valeurs humanistes du "tous crever ensembles", cherchants à cacher leurs vices derrière de prétendus "vertus", et qui de la part des idiots politiques de droite comme de gauche, sont autant d'invitations au compromis avec le mensonge !

racontes tes salades à d'autres ! mais pas à moi !

La guerre économique marchande tout comme la guerre purement militarisé, reste une guerre pour l'appropriation des ressources et des populations, donc je maintiens que nous sommes bel et bien en pleine quatrième guerre mondiale !

que cette idée t'empêche de te voiler la face, j'en ai strictement rien à foutre mon vieux !!!!

bonne nuit ! et continue à faire de beaux rêves...

anton | 04 août 2011 à 16h22
 
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Point Godwin atteint dès la première ligne de la première contribution !!!!
Record pulvérisé.
Quant à l'application des mesures PAC, ça va prendre du temps, c'est indéniable. Beaucoup d'exploitants ne demandent qu'à être convaincus, certes, on le constate sur le terrain. Mais en attendant, le lobby intensif prend la commission et les citoyens pour des trompettes, comme d'hab'.

Greg | 04 août 2011 à 16h39
 
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S'il est légitime qu'un tel sujet suscite passion et réactions quelque peu vives, je suis néanmoins surpris par le manque de connaissance de ce qu'est aujourd'hui la réalité du terrain, non seulement en matière de biodiversité mais en matière d'évaluation globale et objective des problèmes environnementaux liés à certaines formes d'agriculture.
Ce n'est pas un problème que d'aucun voudrait qualifier d'écologisme primaire mais simplement de bon sens, d'observation et d'évaluation.
Ramener ce sujet à un problème de guerre économique n'est pas plus sérieux sachant par ailleurs ce que pèsent les condamnations et autres astreintes européennes dans le budget de l'Etat auquel nous contribuons tous (cf rapport de Fabienne Keller qui, il me semble, n'est pas écologiste).
Savez-vous par ailleurs ce qu'il nous en coûte collectivement dans les budgets d'interventions des agences de l'eau ? La facture est salée et les résultats absents ! Combien de temps alllons nous remettre à demain les actions nécessaires et indispensables, certes à la biodiversité mais surtout à l'intérêt général.
Une fois encore et c'est inacceptable de la part d'un ministre, on se trompe de moyens ! A moins de déplorer l'absence de toute niotion d'objectivité politique au profit d'intérêts politiciens.
Ce qui manque cruellement dans ce dossier, c'est un vrai courage politique ! Comme celui qui s'exprime aujourd'hui dans d'autres dossiers et qui sont loin d'emporter l'adhésion collective...

salmo61 | 04 août 2011 à 20h02
 
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salut greg

Et si j'ajoutes que le nazisme, n'est qu'un des nombreux enfants bâtards mais légitime de la Terreur et du culte exarcerbé de la Patrie instaurés par la révolution française de 1789, puis je obtenir un autre point Godwin pour enrichir ma collection ?

anton | 04 août 2011 à 20h58
 
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Tout cela est dérisoire puisque ce ne sont pas les nitrates agricoles qui sont responsables des marées vertes. Voir mon blog.

Laurent Berthod | 04 août 2011 à 21h50
 
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Un représentant d'association de chasseurs de petit gibier me faisait remarquer, hier, lors d'une exposition, que l'on subventionne la replantation de haies bocagères tandis que dans le même temps, des agriculteurs continuaient d'arracher des haies ! ... ça se passe dans la Nièvre (Bourgogne). Bien entendu, les chasseurs de petit gibier déplore autant ces pratiques que le remembrement outrancier que nos campagnes ont subies.

Marjolaine | 08 août 2011 à 13h17
 
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Et on en trouve encore pour dire que les nitrates ne sont pas responsables des marées vertes? S'il y a pourtant bien une chose sur laquelle les scientifiques neutres s'accordent, c'est bien celle-la! Qu'il s'agisse de l'IFREMER ou de l'INRA, ou des environnementalistes, les études sont concordantes. C'est vrai qu'on en trouve aussi pour croire que la terre a été ''créée'' en 7 jours pile-poil! On ne connaît toutefois pas la durée des premiers (jours? nuits?), le soleil n'étant censé être ''créé'' que le quatrième jour...

Petite bête | 10 août 2011 à 10h52
 
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BRUNO LE MAIRE un seul mot : DÉGAGE

GFP | 14 août 2011 à 14h47
 
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