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La Commission européenne lance un plan d'action pour la biodiversité teinté d'économisme

Renforcer le réseau Natura 2000 mais établir aussi un lien entre protection de la nature et activités socio-économiques. C'est ce que prévoit la Commission dans son plan d'action pour la biodiversité.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com

L'avenir des directives Oiseaux et Habitats, qui servent de fondement au réseau européen Natura 2000, avait été un temps menacé par le nouvel exécutif européen. Après la réalisation d'un bilan de qualité et une mobilisation de citoyens, d'ONG et des ministres de l'Environnement de plusieurs Etats membres en faveur de leur maintien, l'exécutif européen décidait en décembre dernier de préserver ces deux outils. Quatre mois après, il présente un plan d'action destiné à les améliorer.

Constitué de quinze actions, ce plan doit être mis en œuvre dès cette année, de telle sorte que l'exécutif européen puisse présenter un rapport sur leur mise en œuvre au terme de son mandat en 2019. Bruxelles souhaite renforcer la gestion du réseau Natura 2000 mais aussi "garantir une meilleure cohérence avec des objectifs socio-économiques plus larges".

Concilier protection de la biodiversité et activités économiques

"Une application trop rigide des règles de protection des espèces, les retards et les charges administratives d'une lourdeur injustifiée touchant les procédures d'octroi de permis dans les sites protégés, et la sensibilisation insuffisante des parties prenantes peuvent susciter des tensions inutiles entre protection de la nature et activités socio-économiques", constate la Commission dans la communication qu'elle adresse aux autres institutions de l'UE.

Pour remédier à cela, elle prévoit d'établir des lignes directrices sur les procédures d'"octroi de permis dans les sites protégés (sic)", ainsi que sur la protection et la gestion des espèces. Elle établira aussi des lignes directrices spécifiques à certains secteurs tels que les parcs éoliens, l'énergie hydroélectrique et l'aquaculture. "De nouvelle lignes directrices concernant l'intégration des services écosystémiques dans la prise de décision seront également mises à disposition", ajoute l'exécutif européen. Ce dernier souhaite donc préserver la biodiversité mais pas de manière gratuite puisqu'il souhaite aussi "tirer parti des avantages économiques liés à la protection de la nature".

"Nous établissons une base solide permettant de concilier la protection de la biodiversité avec les activités économiques, notamment les investissements dans notre patrimoine naturel", a confirmé Jyrki Katainen, vice-président de la Commission européenne pour l'emploi, la croissance, l'investissement et la compétitivité.

Aider les Etats à mettre en place les mesures de conservation

En même temps, la Commission européenne prévoit de renforcer le réseau Natura 2000, dont la gestion a fait l'objet de nombreuses critiques de la Cour des comptes européenne en février dernier. Pour cela, elle souhaite combler les lacunes relatives au milieu marin et aider les Etats membres à mettre en place les mesures de conservation nécessaires pour tous les sites. Bruxelles prévoit aussi de poursuivre l'élaboration des plans d'action pour les espèces et les habitats les plus menacés, et de mettre en place des plateformes d'échange sur la coexistence avec les espèces conflictuelles telles que le loup.

Pour accompagner ces mesures, elle prévoit un soutien financier : augmentation de 10% du budget du programme Life consacré aux projets en faveur de la conservation de la nature, encouragement de l'investissement du secteur privé grâce au mécanisme de "financement du capital naturel", partenariat entre la Commission européenne et la Banque européenne d'investissement (BEI) fournissant des prêts et des investissements sur mesure, amélioration des synergies avec la politique agricole commune (PAC).

La Commission prévoit aussi d'établir des lignes directrices afin de "soutenir le déploiement d'infrastructures vertes en vue de mieux interconnecter les zones Natura 2000". Cela signifie pour la France la "mise en œuvre de la trame verte et bleue", se félicite France Nature Environnement, qui salue le plan tout en le jugeant insuffisant pour atteindre les objectifs de la Stratégie européenne pour la biodiversité d'ici 2020.

Pour y parvenir, estime la fédération d'associations de protection de la nature, il reste indispensable de rendre compatibles les politiques des transports, de la pêche et de l'énergie avec ces objectifs, et de revoir en profondeur la politique agricole commune.

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