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Le risque d'extinction des plantes sauvages liées aux cultures menace la sécurité alimentaire

Plus de 70 plantes sauvages apparentées à certaines cultures sont menacées d'extinction, révèle une étude scientifique publiée à l'occasion du congrès mondial de la nature. La sécurité alimentaire est en jeu.

Biodiversité  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Le risque d'extinction des plantes sauvages liées aux cultures menace la sécurité alimentaire

La sécurité alimentaire mondiale est-elle menacée du fait de l'effondrement de la biodiversité ? La réponse à cette question est malheureusement positive comme le montre une nouvelle étude scientifique portant sur les menaces pesant sur les espèces végétales sauvages apparentées aux plantes cultivées.

Les résultats de cette étude, fruit d'une collaboration entre l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et sept partenaires, sont présentés, ce mardi 7 septembre, à l'occasion du congrès mondial de la nature, à Marseille. Ils sont publiés dans la revue Plants, People, Planet.

Cette étude n'est toutefois pas isolée. Elle fait suite au rapport Planète vivante du WWF qui a mis en évidence, en septembre 2020, que le nombre d'extinction de plantes était deux fois plus élevé que celui des mammifères, des oiseaux et des amphibiens réunis. Dans son premier rapport, qui date de février 2016, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES) avait, de son côté, alerté sur les risques pour la sécurité alimentaire liés à l'extinction des pollinisateurs.

35 % des espèces menacées d'extinction

Les auteurs de la nouvelle étude ont évalué 224 espèces végétales sauvages apparentées à des cultures parmi les plus importantes au monde : maïs, pommes de terre, haricots, courges, piments, vanille, avocats, tomatilles et coton. Leurs travaux montrent que 35 % de ces espèces originaires d'Amérique centrale (Mexique, Guatemala, Salvador, Honduras) sont menacées d'extinction. En cause ? Le changement d'usage des terres au profit de l'agriculture et de l'élevage combiné à la mécanisation et à l'utilisation généralisée de pesticides, aux espèces envahissantes et aux parasites, aux prélèvements excessifs et à l'exploitation forestière.

Or, les espèces sauvages apparentées aux cultures sont une source de diversité génétique importante qui peut aider ces dernières à s'adapter aux impacts du dérèglement climatique et à des événements météorologiques extrêmes. Certaines ont déjà été utilisées à cette fin, afin de produire des pommes de terre résistantes à la sécheresse et au mildiou, des courges résistantes au froid ou encore des maïs présentant un rendement plus élevé. « La diversité génétique est essentielle pour rendre nos cultures résilientes face aux changements climatiques. Nous avons besoin de la biodiversité pour assurer des moyens de subsistance et la sécurité alimentaire durable pour la population mondiale croissante », explique Bruno Oberlé, directeur général de l'UICN.

Menace sur la sécurité alimentaire mondiale

Les menaces pesant sur les espèces liées aux cultures pourraient donc obérer la nécessaire adaptation de l'agriculture et impacter les rendements actuels. Une menace sur la sécurité alimentaire existe donc non seulement en Amérique centrale mais également dans le reste du monde. « D'autres espèces sauvages apparentées à des cultures vivrières, telles que la banane, la pomme, le prunier et le gingembre, sont également menacées », indique en effet l'UICN.

« Ces espèces doivent être protégées sur le terrain au moyen d'une production agricole durable et diversifiée », en conclut José Sarukhan, coordonnateur de la Commission nationale mexicaine pour la connaissance et l'utilisation de la biodiversité (Conabio). « Dans le même temps, la diversité génétique des espèces sauvages apparentées aux cultures doit être mieux représentée dans les banques de gènes », ajoute le spécialiste.

Une diversité d'autant plus importante à préserver que, selon le WWF, neuf espèces sur les 6 000 cultivées dans le monde fournissent les deux tiers de la production alimentaire mondiale. En cas d'atteinte à ces variétés, l'approvisionnement mondial serait très certainement compromis à défaut de solutions alternatives.

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