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La biodiversité a-t-elle enfin trouvé son ange gardien ?

Face à la perte de biodiversité, les Ministères de l'écologie et de la recherche ont annoncé la création de la Fondation scientifique pour la biodiversité. L'objectif : coordonner la recherche publique et inciter au mécénat d'entreprise. Détails.

Biodiversité  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
La biodiversité a-t-elle enfin trouvé son ange gardien ?
   
La biodiversité, ou diversité biologique, représente la variabilité des organismes vivants de toute origine, des écosystèmes terrestres, marins et autres écosystèmes aquatiques et complexes écologiques dont ils font partie. Cela comprend la diversité au sein des espèces (diversité génétique) et entre espèces (diversité spécifique) ainsi que celle des écosystèmes. Chaque espèce jouant un « rôle » dans l'écosystème, l'apparition ou la disparition de l'une d'entre elles impacte sur le système dans son ensemble. Elle accompagne en outre directement l'avenir de l'Homme puisqu'elle représente 40 % de l'économie mondiale à travers les services qu'elle rend : molécules offertes par les végétaux, ressources halieutiques, eau potable, pollinisation des cultures, chauffage (haies, forêts…) , vêtements (lin, coton, laine, soie…) ou encore qualité de l'air. Outre cette valeur d'usage, la biodiversité présente également une valeur sociale et culturelle à travers les activités de loisirs, voire de tourisme. Le maintien de la biodiversité constitue donc un enjeu planétaire.

Or aujourd'hui, elle régresse dramatiquement comme le prouvent les nombreux indicateurs mis en place. Actuellement 1/4 des océans sont exploités à la limite de leur capacité de renouvellement tandis que les coraux, indispensables à la survie des écosystèmes récifaux particulièrement peuplés, se dégradent de manière alarmante. Les forêts se réduisent de manière équivalente à la surface de l'Angleterre chaque année et 1/3 des batraciens, 1/4 des mammifères, 1/8 des oiseaux et 1/4 des plantes sont également menacés. Les raisons sont multiples : réduction des espaces naturels rongés par l'aménagement, agriculture intensive, dérèglement climatique, espèces invasives, trafic, perte des zones humides et des ressources naturelles et exploitation forestière non durable.

À ce titre, la France a signé en 1992 la Convention sur la diversité biologique. N'imposant pas de cadre contraignant aux États, contrairement au Protocole de Kyoto pour le climat, elle fixait toutefois trois objectifs : la conservation de la diversité biologique, l'utilisation durable de ses composantes et le partage juste et équitable des avantages qui découlent de l'utilisation des ressources génétiques.
Ainsi, aux termes de l'article 6 de la Convention sur la diversité biologique, il a été demandé aux gouvernements d'élaborer, à l'échelon national, une stratégie et des plans d'action en faveur de la biodiversité.
En France, la Stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) dont la finalité consiste à stopper la perte de la biodiversité d'ici 2010, a été mise en place en février 2004. Elle assemble les actions déjà engagées en matière de protection de la nature et du vivant, et en propose de nouvelles autour de quatre grands axes (mobilisation de tous les acteurs, reconnaissance de la valeur du vivant, prise en compte de la biodiversité dans toutes les activités et politiques sectorielles et enfin, mieux connaître la diversité du vivant) et dix plans d'action.

Mais aux termes de quatre ans de mise en œuvre, le bilan est plutôt décevant de sorte que de nouvelles initiatives apparaissaient nécessaires. En effet, le réchauffement planétaire commence à être connu, mais la perte de pollinisateurs est à terme aussi importante et il faut la contrôler rapidement, a alerté l'astrophysicien Hubert Reeves, président de la Ligue Roc pour la protection de la Nature, lors de la présentation au Museum d'Histoire naturelle d'un nouvel organisme pour la biodiversité. Trois ministres, Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, du Développement et de l'Aménagement durables, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, et Nathalie Kosciusko-Morizet, secrétaire d'État chargée de l'Écologie ont ainsi lancé mardi la nouvelle Fondation scientifique sur ce sujet. Les objectifs : valoriser les enjeux de la biodiversité en assurant à la fois une fonction de coordination de la recherche mais aussi une mission d'information du grand public sur les enjeux de la préservation du vivant, cruciaux et pourtant probablement parmi les plus difficiles à transmettre, a estimé Jean-Louis Borloo.
Présentée comme le premier outil opérationnel du Grenelle de l'environnement, cette fondation va réunir les huit organismes publics de recherche français (Cemagref, Cirad, CNRS, Ifremer, Inra, IRD, MNHN et BRGM), les grandes ONG environnementales et les entreprises. Elle regroupe dorénavant l'Institut français de la biodiversité et le Bureau des ressources génétiques, les deux groupements d'intérêt scientifique qui fédéraient déjà ces huit organismes de recherche. Mais pour la première fois, on crée un lien entre les décideurs et ceux qui savent, les scientifiques, qui n'avaient jusqu'ici aucune écoute des milieux politiques et économiques, s'est réjoui Hubert Reeves. Sans les bénévoles, beaucoup de projets de recherche n'auraient pas été initiés, a quant à lui confié Allain Bougrain-Dubourg, le président de la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) en se félicitant que les ONG environnementales n'aient pas été ignorées dans la composition de la fondation.
Reste que pour fonctionner et pour atteindre les objectifs fixés, les moyens adéquats doivent y être associés. Il faut un financement raisonnable de l'Etat, sinon ça n'a pas de sens, a prévenu Hubert Reeves en présence des ministres.

Aussi, du point de vue du financement, les huit organismes de recherche apporteront 2,8 millions d'euros sur quatre ans (dont 70% par le CNRS et l'INRA), le ministère de la Recherche, 830.000 euros chaque année et celui de l'Ecologie, 500.000. Une équipe de 20 scientifiques issus des 8 organismes publics fondateurs sera mobilisée à plein-temps.
Si le budget ne correspond pas aux ambitions du Grenelle, qui estimait nécessaire le doublement des crédits pour enrayer la perte de biodiversité, Valérie Pécresse prévoit qu'il y aura bientôt une loi grenelle dont nous espérons tous qu'il viendra augmenter le budget du ministère de la recherche sur ces questions.

Mais, et c'est assez nouveau en la matière, le gouvernement compte surtout sur le mécénat des entreprises pour soutenir cette fondation. Aujourd'hui, seulement 5% du mécénat d'entreprise va à l'environnement. Honnêtement, c'est nul ! Le monde de l'entreprise pense d'abord culture, santé et humanitaire, a souligné Nathalie Kosciusko-Morizet. Cet argent, nous ne voulons pas le prendre aux autres, mais nous voulons qu'une nouvelle offre soit faite en direction de l'entreprise privée. Nous voulons que les responsables du mécénat des entreprises pensent que le vivant c'est moderne en adoptant une espèce en voie de disparition ou un site naturel, a-t-elle ajouté. De son côté, Jean-Louis Borloo a promis qu'une équipe d'une dizaine de personnes dédiées au mécénat, chargées d'expliquer aux entreprises l'intérêt qu'elles auraient à financer la biodiversité, sera mis en place. Mais un long chemin reste à parcourir puisque, reconnaît Elisabeth Jaskulké, la présidente de la commission Biodiversité créée par le Medef à l'occasion du Grenelle, certainement encore aujourd'hui, 80% des membres du Medef ne savent pas de quoi il retourne. J'espère encore les convaincre de la valeur économique de la nature. Six entreprises auraient déjà manifesté leur intérêt, mais aucun projet n'a encore été évoqué.

Réactions9 réactions à cet article

 
"La biodiversité a-t-elle enfin trouvé son ange g.

Comment ce fait-il que parmi les personnes composants cette fondation, il n'y ait pas des paysans. Car il n' y a pas que " les scientifiques qui savent " au sujet de la biodiversité végétale cultivée et animale élevée. N'oublions pas qu'avant la recherche agricole institutionalisée, depuis des millénaires se sont des paysans-chercheurs qui ont développé l'agriculture.

Et puis dans la bouche de madame Elisabeth Jaskulké "J'espère encore les convaincre de la valeur économique de la nature" il faut entendre et comprendre : les convaincre de la valeur marchande de la nature.

jacques Le Croquant | 28 février 2008 à 08h06
 
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Bien d'accord avec toi...

Quel aveu !
Pour le Medef, la seule valeur imaginable et digne d'intérêt est la valeur "économique"... Pour un dirigeant du Medef (tous les patrons ne sont pas sur ce modèle, heureusement !), il ne faut donc pas tout mélanger : le coeur et la raison restent à la maison. On n'emporte au bureau que la calculette et le financial times.

Je suis réellement admiratif devant les ONG environnementales qui réussissent à dialoguer avec de pareilles "têtes à claques" !

Au fait, à combien se négocie le litre d'air à Wall Street ce matin ?

LaProuj | 28 février 2008 à 09h00
 
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Gestion de la biodiversité

Stopper la régréssion de la biodiversité en 6ans (de 2004 à 2010) c'était déjà plus qu'ambitieux. Faudrai nous expliquer qui prends des décisions aussi irréalistes! 830000 et 500000 Euros offert généreusement par nos ministères, c'est ridicule, savent-ils seulement combien coutent les inventaires, et les banques de graines? Bref j'espère qu'il y aura des mécènes, comme en Grande Bretagne. La richesse biologique et la diversité d'habitat Française présente un intérêt est mondial. Le territoire compte aussi des agriculteurs qui ont le courage de cultiver des anciennes variétés. Restons positif , vigilants, et actif, la relève est là.

Emy | 28 février 2008 à 11h15
 
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à l'aide!

Il faut convaincre quelqu'un de "la valeur économique de la nature" ?!! le problème est pris à l'envers. Comment ne pas se rendre compte de l'insignifiance de l'espèce humaine pour la nature? C'est dommage qu'un expert en finance semble immanquablement abriter un attardé en biologie.. On en serait pas là à devoir inventer des commissions chargées de faire des propositions qu'elles n'auront jamais les moyens de faire appliquer... Ce qui est malade, c'est l'histoire de la place de l'humain dans l'univers.Science, Philosophie ou mysticisme? mais en tout cas l'idée d'un rapport direct avec la vie. Le respect de la nature n'est pas une conséquence de lois humaines; c'est la conscience de notre place sur cette planete dans l'espace. "Ceux qui savent" pourront aider les entreprises à redorer leur image auprès de consommateurs méfiants. Peut -on attendre une autre forme de progrès?

Anonyme | 28 février 2008 à 11h28
 
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Reabilitation des maisons actuelles qui sont mal i

Je suis un ardent defenseur de "Passivhaus", mais malheureusement, malgres 1 an de representation en france de la société Variotecà Neumark D 92318, je n'ai dégrocher aucun contact, ni d'appui du conseil général duDoubs, ni du conseil réginal de Franche Conte, qui étaient interrésses, mais rien. Alors j'ai du abandonner faute de moyen financier.
J'avais répondu a un concours à Cherbourg sur les projetsd'economie, j'ai monter mon dossier sur la réabilitation des maisons existantes, mais apparement mon projet ne leurs a pas plus. Pourtant je suis sur qu'il y a beaucoup à faire dans dans la renovation, j'ai plein d'idees mais j'aurai esoin d'ue aide financiere
Merci de me lire et de conmprendre ma démarche.
Sincéres et cordiales salutations.
Domenge Abeau Patrick

annecien | 28 février 2008 à 11h42
 
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Re:Reabilitation des maisons actuelles qui sont ma

Cher Monsieur, je ne vais pas forcément être très diplomate avec vous, mais votre commentaire me fait "légèrement" sortir de mes gonds!
Il ne faut pas toujours attendre de la société, de l'état, des patrons, des syndicats, de la sécu, bref des autres qu'ils fassent tout à votre place, y compris vous assurer votre steak de tous les jours. Plus vous vous faites "aider" plus vous perdez votre liberté de jugement et d'action. Est-ce de responsabilité que vous rêvez ou d'assistanat ? Est-ce de liberté que vous rêvez, ou d'esclavage ? Il faut choisir. On ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre.
De plus , vous pouvez toujours courir : il n'y a plus de sous dans les caisses de l'état. Vous entendez : plus-de-sous, zéro kopeck ! Et vous voudriez qu'il finance votre petite entreprise ? Continuez à rêver, si ça vous fait du bien, mais ne vous plaignez pas si le réveil est douloureux.

Cela fait 11 ans maintenant que j'ai démarré mon activité de conception de maisons. Sur mes propres fonds. Pas envie qu'un banquier me dicte ma vie.
De la bête maison bois, je suis passé petit-à-petit à la maison MINERGIE et à la maison passive. J'ai en vain essayé pendant 10 ans d'intéresser des constructeurs allemands et suisses au marché français ("Mon pauvre monsieur, pourquoi voulez-vous que nous venions perdre notre temps chez vous"). Trop tôt.
J'ai galéré, payé pour apprendre (il n'existe pas de formation gratuite et infallible pour réussir), failli y bouffer tous mes biens, pris des baffes et refusé d'abandonner même si l'idée m'a quelquefois effleurée. L'exemple de ce qui se passe chez nos voisins est suffisamment clair pour qu'on n'ait pas d'hésitation sur la voie à suivre. J'ai eu pour seul handicap d'arriver trop tôt sur un marché de la construction en retard d'un siècle. Je n'ai jamais demandé à quiconque son avis autorisé ni surtout de béquille financière. Aujourd'hui enfin je commence tout doucement à retirer les fruits de mon obstination.
Et vous voudriez avoir fait fortune en un an, d'un claquement de doigt en promotionnant (comment ?) une société allemande peut-être même inconnue chez elle (Je n'ai même pas trouvé de site internet - et ça fait 10 ans que je tourne sur internet !). Vous avez encore la naïveté de croire que parce qu'un obscur fonctionnaire d'un quelconque conseil général s'est montré "intéressé", vous avez décroché le pompom (vous vous êtes mépris sur le sens du mot "intéressé". Il voulait sans doute dire : "Tu m'intéresses. Cause toujours"). Redescendez sur terre ! La réussite n'est pas un bien de consommation qu'on achète bon marché au supermarché du coin, ou, encore mieux, auprès de l'administration !
Si au bout d'un an, vous désespérez déjà de réussir, laissez tomber et faites-vous engager comme salarié ou fonctionnaire.
Ne venez pas pleurnicher que personne ne vous a compris. Demandez-vous plutôt si votre discours et votre comportement est le bon et donne envie de vous suivre. La réponse est dans l'image que vous voyez lorsque vous passez devant un miroir.
Sans rancune et ... bon succès.

suzzarini jf | 28 février 2008 à 12h56
 
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Re:

Non, merci, Jacques, dans cette commission siègent déjà assez de gens qui n'y connaissent rien à la nature...Pas la peine d'y envoyer un agri, parce que s'il est choisi pour être représentatif de ses pairs, il va sûrement trouver que la biodiversité c'est de la saloperie, que les zones humides pourraient être utilement transformées en maïs ou en peupleraie, etc. Et oui, chez les agris, ça fait bien longtemps que les agronomes ont perdu face aux financiers, et franchement, sauf dans quelques petits terroirs-paradis de plus en plus morcelés, les champs sont tristes comme la mort...

botanion | 28 février 2008 à 13h22
 
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Re:Bien d'accord avec toi...

Et le litre d'eau polluée par les pesticides et autres pollutions de ces soit disant grands protecteurs des terres qui pour certains ne pensent qu'à faire des maïs de 3 mètres de haut et à ce que les vaches "crachent" du lait...! Désolée mais il y en a un certain nombre qui sont comme cela...

Heureusement j'en connais de plus consciencieux et soucieux de la vie...! Il y a encore de vrais amoureux de la terre et de leur métier !

Quant à la forêt... dans bien des endroits on la transforme en sylviculture et ce n'est plus de la forêt dans laquelle on fait une vraie préservation de la biodiversité: çà on en parle.... mais en réalité rentabilité, exploitation forestière et location pour la chasse dominent...!

Lancelot du Rallye des Preux.. | 28 février 2008 à 19h53
 
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encore une commission !

Je suis certes interessée par cette information de création d'une commission, réunissant politiques, scientifiques et secteur associatif ,visant à mettre la bio diversité au coeur du projet sociètal mais,par exemple, avec l'autorisation de mise sur le marché du CRUIZER qui va continuer à décimer les abeilles ( voir les dégâts en Italie et ailleurs) et ce malgré la mobilisation des apiculteurs ,j'aimerai voir le MEDAD mobilisé ! mais il n'y a comme toujours qu'un grand silence sur l'essentiel.

Anonyme | 01 mars 2008 à 18h31
 
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