En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Comment la France compte développer sa bioéconomie

Le gouvernement a présenté un plan d'actions en faveur de la bioéconomie assorti d'un calendrier de mesures pour les trois prochaines années. L'objectif est de faire émerger une économie basée sur les ressources végétales plutôt que fossiles.

Agroécologie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Comment la France compte développer sa bioéconomie

Quel est le lien entre une raquette de tennis dont le cadre est en lin, une capsule de café en amidon de maïs ou une bouteille de gaz partiellement remplies de bio-isobutène fabriqué à partir de sucre de betterave ? Ce sont tous des produits issus de la bioéconomie. Et la France veut le faire savoir et le développer. A l'occasion du salon de l'agriculture, le gouvernement a présenté son plan d'actions en faveur des domaines non-alimentaires de la bioéconomie pour les trois prochaines années. Une cinquantaine de mesures permettront de recenser le potentiel et les co-bénéfices économiques et environnementaux de la bioéconomie, accompagner les projets (recherche et financement) et assurer un débouché à ces produits. "La bioéconomie doit permettre de passer d'une économie fondée sur des ressources fossiles à une économie compétitive et durable fondée sur du carbone renouvelable, résume Stéphane Travert, ministre de l'Agriculture. Son développement est l'occasion de rappeler que les agriculteurs, les forestiers, les pêcheurs nous nourrissent mais qu'ils peuvent aussi nous chauffer, nous vêtir, nous fournir de l'électricité et des matériaux !".

2018, mettre en relation producteurs, industriels et financeurs

   
© Ministère de l'Agriculture
 
   
La première année du plan d'actions sera consacrée à la mise en place de conventions d'affaires entre des producteurs de bioressources et des industriels. L'objectif est de permettre aux industriels de mieux appréhender les ressources qu'ils peuvent transformer et aux producteurs de mieux comprendre les exigences techniques pour valoriser leurs produits. Le pôle de compétitivité IAR est chargé de cette mesure. Avec ses 370 membres, IAR rassemble déjà l'ensemble de la chaine de valeur, depuis l'amont agricole jusqu'à la mise sur le marché de produits finis : coopératives agricoles, établissements de recherche et universités, entreprises de toutes tailles, acteurs publics. Depuis 2005, IAR a accompagné plus de 250 projets pour un investissement total de plus de 1,7 milliard d'euros. Le Pôle entend poursuivre sur cette voie et voit dans ce plan d'actions gouvernemental "une nouvelle étape majeure" pour "renforcer la bioéconomie sur le territoire français."

Le gouvernement compte sur 2018 pour sensibiliser les investisseurs (banques, assureurs, fonds d'investissement) à ce sujet afin qu'ils intègrent la bioéconomie dans leurs stratégies. Les ministères de l'Agriculture, de l'Environnement et de l'Economie organiseront prochainement une réunion avec ces acteurs et BPI France. La bioéconomie sera également intégrée dans les dispositifs d'appui à l'innovation notamment le programme des investissements d'avenir. Seront ciblés en priorité les équipements de production, de récolte et de transformation de la biomasse. Une cartographie des outils d'appui à l'innovation sera réalisée pour garantir leur complémentarité.

Pour 2018, le plan d'actions prévoit par ailleurs la publication du décret relatif à la prise en compte du caractère biosourcé des produits dans les marchés publics, prévu par la loi de transition énergétique. Le gouvernement planche également sur les moyens de faciliter le recours aux carburants 100% biosourcés dans les flottes captives.

2019, donner de la visibilité aux produits biosourcés

Pour 2019, le plan d'actions prévoit une série d'évènements et d'outils visant à faire connaître les produits biosourcés : colloque scientifique biannuel, campagne de communication, création d'une base de données (Agrobiobase), exposition itinérante, portes ouvertes dans les entreprises concernées... Un label "produit biosourcé" sera créé. Il s'appuiera sur la norme européenne CEN/TC/411. Un seuil par famille de produit sera fixé, au-delà duquel le produit sera considéré comme biosourcé. La grande distribution sera également mise à contribution pour faire connaître ces produits.

D'ici 2019, le gouvernement entend réaliser une étude prospective centrée sur la bioéconomie bleue, son potentiel et ses impacts environnementaux : pêche, aquaculture, macro et micro-algues...

Il se penchera également sur la question des cultures intermédiaires à vocation énergétique (CIVE). Contrairement à l'Allemagne, la France veut limiter l'utilisation de cultures alimentaires pour la production d'énergie par méthanisation. Mais elle autorise les CIVE. Outre leur intérêt en termes de couverture des sols, les intercultures constituent une source complémentaire de biomasse. Selon le plan d'actions, les modalités de soutien à ces intercultures pourront être examinées dans le cadre des réflexions sur la PAC post 2020.

2020, vérifier la durabilité des filières et des produits

L'échéance 2020 sera celle de l'analyse de ces filières et des outils nécessaires. Ainsi, le plan d'actions prévoit un renforcement des méthodes d'analyse de cycle de vie pour les produits et les filières de la bioéconomie en prenant en compte les services environnementaux rendus. Ces analyses seront complétées par des travaux sur les impacts environnementaux, sociétaux et économiques et comparées avec les mêmes méthodes aux solutions non biosourcées. De même, sera évalué l'effet de la bioéconomie sur la création de valeur ajoutée dans le secteur agricole. Des guides d'évaluation de la durabilité d'un projet ou d'une filière seront édités afin de s'assurer que la mobilisation de la biomasse respecte la préservation de la biodiversité.

Ce sera aussi le moment de donner confiance et d'encourager les industries de l'aval à utiliser ces produits biosourcés en garantissant leur assurabilité. Des plateformes de démonstration, des laboratoires et des études de faisabilité pourront inciter les industriels à les tester et au final à les adopter.

RéactionsAucune réaction à cet article

 

Réagissez ou posez une question au journaliste Florence Roussel

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- disposant d'un porte-monnaie éléctronique
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partagez sur…