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Biogaz : un marché qui s'avère prometteur malgré des projets encore peu rentables

Si aujourd'hui les projets de méthanisation restent tributaires des aides de l'Etat, le cabinet Xerfi prévoit un triplement du marché à l'horizon 2020 et une hausse du nombre d'installations surtout dans le secteur agricole.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com

Ces derniers mois, le contexte réglementaire lié aux déchets organiques et à leur valorisation matière, par méthanisation notamment, a évolué positivement. En 2011, plusieurs textes ont été publiés afin d'encadrer l'injection du biogaz dans le réseau de gaz naturel : déchets acceptés, conditions à respecter pour les fournisseurs, tarif d'achat, conditions des contrats d'injection, mise en place de garanties d'origine, etc.

En parallèle, la loi impose désormais aux gros producteurs de déchets organiques de les valoriser garantissant un approvisionnement suffisant aux acteurs du marché du compostage et de la méthanisation. Dans une étude intitulée "Le marché du biogaz à l'horizon 2015-2020 – Dynamique par filière et décryptage du modèle économique d'un projet", le cabinet Xerfi estime ce nouveau gisement de biodégradables à plus de 425.000 tonnes par an et constate "[qu'il] attise les convoitises des spécialistes de la méthanisation et du biogaz". Toutes les conditions semblent ainsi réunies pour "booster" le secteur. Les experts de Xerfi prévoient ainsi un triplement du marché à l'horizon 2020 et une hausse du nombre d'installations.

Un décollage du marché prévu pour 2013

Si le marché européen du biogaz est actuellement concentré autour de la Suède et de l'Allemagne, la France est l'un des marchés les plus prometteurs. Il sera surtout tiré par la méthanisation agricole selon Xerfi : "la méthanisation agricole est entrée dans une nouvelle phase de croissance depuis le milieu des années 2000. 30 projets sont actuellement en construction". L'Etat a en effet mis en place plusieurs dispositifs pour favoriser cette pratique et notamment le fonds chaleur et le plan de performance énergétique des exploitations agricoles.

Le développement du marché du biogaz s'appuiera également mais de manière moins marquée sur les centres de stockage de déchets et les stations d'épuration qui s'équipent d'unité de valorisation énergétique du biogaz, et, dans une moindre mesure, sur la méthanisation des ordures ménagères. Le cabinet Xerfi semble convaincu que "bien que bénéficiant d'un potentiel énergétique important, le nombre d'installation de ce type sur le territoire français ne décollera pas. Seulement 2 installations verront le jour à l'horizon 2013, et il n'y avait que 5 sites à l'état de projets en 2011", rappelle-t-il.

Des projets encore tributaires des subsides publics

Pour l'instant et en attendant le développement du marché, le secteur semble encore avoir besoin des dispositifs de soutien public. Dans son étude le cabinet Xerfi constate que les projets sont encore peu rentables : "le retour sur investissement d'une usine de méthanisation agricole reste long. Il est en moyenne de 3 à 5 ans grâce aux aides publiques" et de 8 ans sans ces aides. Une situation qui peut s'expliquer par des coûts de construction 1,7 à 2,3 fois plus élevés qu'en Allemagne pour cause de manque de maturité de la filière par rapport au voisin outre-Rhin et d'équipementiers français.

Réactions3 réactions à cet article

 

C'est déplorable en France d'être aussi en retard malgré les avantages du biogaz sur les plans énergétiques comme de la dépollution et la valorisation de tous les déchets et sous produits organiques de toutes origines. En plus compte tenu du potentiel bien plus important qu'en Allemagne où il y a déjà quelques 7000 installations ou en Grande Bretagne etc.

Pour info étude détaillée de l'Observatoire du biogaz en Europe :

http://www.energies-renouvelables.org/observ-er/stat_baro/observ/baro200b.pdf

Energie+ | 19 juillet 2012 à 00h52
 
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Le développement allemand est basé sur un modèle maïs ayant fortement recours aux cultures énergétiques à fort pouvoir méthanogène. Les projets français sont effectivement plus coûteux mais traitent souvent des substrats moins nobles ce qui engendre des investissements plus importants en ayant des productions de biogaz moindre. Voilà une réalité!
Pour comparer des filières, il serait judicieux de présenter l'ensemble des paramètres: les substrats en est un. Cet article ne précise pas non plus la différence de tarif de rachat de l'énergie plus favorable en Allemangne qu'en France ni les contraintes imposées sur l'énergie thermique là la valorisation du biogaz est réalisé par cogénération.
Nous somme tous en faveur du développement de la filière méthanisation en France! Donc présentons l'ensemble des aspects et insistons pour que le tarif de rachat atteigne un niveau comparable au tarif allemand: les projets se développeront et la production énergétique sera plus verte!

cc | 20 juillet 2012 à 11h21
 
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Bonjour,
Il faut encourager les projets territoriaux : agri/agro/déchets ménagers et de restauration et surtout apprendre à trier finement à la source. La fin des contrats de concession d'exploitation des incinérateurs est l'occasion de revoir entièrement sa copie en la matière. Tenter de continuer à gaver les fours d'es incinérateurs est une ineptie qui peut coûter cher car grâce au recyclage il n'y a plus assez de matière sèche pour assurer la combustion... Les agglomérations sont obligées de faire venir des déchets de très loin, ce qui aggrave la pollution...
Paysagement vôtre.

Saint-Fiacre Loire-Baratte | 10 octobre 2012 à 10h56
 
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