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Les producteurs de biogaz peuvent désormais bénéficier d'une double valorisation

Bénéficier à la fois du dispositif de soutien à la production d'électricité à partir de biogaz et de celui relatif à l'injection de biométhane dans le réseau est désormais possible. Explications.

Energie  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°334 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°334
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Le nouveau dispositif réglementaire de soutien à la production de biogaz, composé d'un décret et de deux arrêtés, est paru au Journal officiel du 28 février. Il devrait permettre de débloquer un certain nombre de projets qui ne pouvaient bénéficier simultanément des aides pour la revente d'électricité et de celles pour l'injection de biométhane dans le réseau.

La Commission de régulation de l'énergie (CRE) avait rendu, le 27 septembre 2012, un avis favorable sur les projets de textes, sous réserve de la prise en compte d'un certain nombre d'observations. Parmi celles-ci, l'augmentation de la durée du contrat d'achat de 15 à 20 ans, que la commission assortissait d'une baisse des tarifs et primes de 5%, n'a toutefois pas été suivie par le Gouvernement.

 
Visualiser le potentiel d'injection de biométhane sur le réseau de GRTgaz GRTgaz, principal gestionnaire des réseaux français de transport de gaz, a présenté le 27 février son nouvel outil Réso'Vert à destination des producteurs de biométhane. Il s'agit d'une carte interactive permettant de localiser la canalisation de transport de gaz la plus proche d'un projet d'injection, d'en calculer la distance et d'en connaître le potentiel d'injection. Selon les estimations, 3 à 9 TWh de biométhane pourraient être injectés dans les réseaux de gaz à l'horizon 2020, rappelle l'entreprise.
 
"Double bénéfice des dispositifs de soutien"

"Le nouveau dispositif permet aux producteurs de biogaz de valoriser simultanément leur production sous forme d'électricité et sous forme de biométhane injecté dans les réseaux de gaz naturel, en leur accordant le double bénéfice des dispositifs de soutien existants pour la production d'électricité à partir de biogaz (tarif d'obligation d'achat) et pour la production de biométhane injecté (tarif d'achat garanti)", explique Delphine Batho, la ministre de l'Ecologie.

Alors que, jusque-là, les producteurs de biogaz étaient contraints de choisir l'une ou l'autre forme de valorisation. "Cette exclusivité avait pour conséquence d'empêcher la réalisation de certains projets de méthanisation ou bien d'en limiter la taille", explique le ministère de l'Ecologie. En cause ? Des contraintes locales comme l'absence de débouchés suffisants pour la chaleur produite ou la saturation des réseaux de distribution de gaz naturel.

Dans un tel cas, "la double valorisation permet d'injecter une quantité de biométhane moins importante, pour ne pas saturer le réseau de gaz naturel de la zone, et de valoriser une proportion plus importante de la vapeur produite par l'installation de cogénération, augmentant ainsi son efficacité énergétique et le montant de la prime qui lui est associée", indique la CRE.

"L'injection s'avère plus difficile en été", précise Olivier Théobald, ingénieur à l'Ademe. Autoriser la double valorisation permet de "basculer sur la valorisation énergétique la plus performante en fonction de la demande du réseau".

Le signal du décollage ?

"Le nouveau cadre tarifaire permettra l'émergence de nouveaux projets de méthanisation et l'utilisation de nouveaux gisements de déchets comme source de production d'énergie", se félicite Delphine Batho.

Le premier centre de valorisation de biodéchets à bénéficier du dispositif de soutien devrait être le projet Methavalor à Morsbach (Moselle), indique le ministère. Le site pourra désormais valoriser simultanément sa production de biogaz sous forme d'électricité et de chaleur (cogénération), sous forme de biométhane injecté dans les réseaux ou sous forme de biométhane carburant.

Mais au-delà de ce projet qui était dans les starting-blocks, la modification du dispositif permettra-t-elle un véritable décollage de la filière ? "Cela va débloquer une minorité de projets en cours concernés par la double valorisation, admet Caroline Marchais, déléguée générale du Club Biogaz, en particulier pour des stations d'épuration ou des décharges". Mais, selon la spécialiste, la double valorisation nécessite aussi un double investissement que les tarifs d'achat actuels ne permettent pas de couvrir.

Les 300 projets de sites de production de biométhane identifiés sur le territoire métropolitain, selon une récente circulaire de la ministre de l'Ecologie, ne devraient donc pas tous éclore demain. D'une part, parce que cette réforme ne les concerne pas tous. D'autre part, parce que le délai de réalisation d'un projet va de trois à cinq ans. La vague d'injections de biométhane dans le réseau ne sera donc pas immédiate. A moins que le plan national biogaz, qui sera présenté dans le cadre du débat national sur la transition énergétique, permette d'accélérer le calendrier…

Réactions6 réactions à cet article

 

Le biogaz, ça devrait être avec les déchets fermantiscibles et les stations d'épuration, pas avec les céréales alors que des millions de personnes vivent famines et malnutrition !

Lionel | 01 mars 2013 à 12h05
 
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Avec des algues alors?
La photo semble être prise en Allemagne, pays vertueux tellement en avance sur la France, avec son lignite bien caché derrière les zéoliennes et ses émissions par habitants quatre fois supérieures à celles des français...

Albatros | 05 mars 2013 à 11h04
 
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Encore une fois, il apparaît nécessaire que les décideurs de ces projets arrêtent de prendre leurs décisions à partir de coûts valorisés en monnaie courante. Celle-ci fluctue pour des raisons purement subjectives. On ne peux donc faire un choix rationnel sur ces bases.
Toute la problématique de l'énergie doit être traitée en unités d'énergie. Les comparaisons pourront garder leur pertinence dans l'espace et dans le temps.

Jean-Claude Herrenschmidt | 03 mars 2014 à 11h58
 
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@Lionel : "Le biogaz, ça devrait être avec les déchets fermantiscibles et les stations d'épuration, pas avec les céréales alors que des millions de personnes vivent famines et malnutrition !"

Vous avez vu ça où, que le biogaz était fait avec de la nourriture, au lieu des déchets ? (allant à l'encontre du bon sens...? )

La photo est une illustration, pas une explication... ;)

Yakamoneye | 03 mars 2014 à 15h18
 
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@Lionel et Yakamoneye
J'ai pourtant lu en de nombreux endroits que les biocarburants (dont le biogaz fait partie) sont fréquemment obtenus à partir de ressources agricoles (betterave, canne à sucre, blé, maïs, pommes de terre, huile de colza, huile de tournesol, etc.).
Il paraîtrait effectivement préférable de n'utiliser que des déchets pour développer cette activité. Mais si la transformation de blé, ou autre, en carburant est plus profitable que sa vente pour l'alimentation humaine ou animale, pourquoi voulez-vous que les producteurs n'en profitent pas ?
Ce n'est guère "moral", mais c'est bien le monde dans lequel nous vivons.
J'ai cru comprendre que les écolos - pour faire court - s'indignent à juste titre de cette aberration.

Jean-Claude Herrenschmidt | 03 mars 2014 à 16h04
 
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@Jean-Claude Herrenschmidt

Le biogaz est un bio-carburant, certes, mais pas obtenu comme ceux dont vous faites allusion:

Ici on parle de méthanisation, qui correspond, synthétiquement, à la fermentation des déchets. Pas de problèmes pour ce qui est des aliments, donc.

Yakmoneye | 03 mars 2014 à 17h00
 
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