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Les ''bioplastiques'', c'est pas si fantastique !

Le 3 juillet se déroulait la journée internationale contre le fléau des sacs plastiques. L'occasion de faire un point sur ce matériau omniprésent au quotidien et sur ce qui est présenté comme une alternative par les industriels : le ''bioplastique''.

Déchets  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Le plastique est omniprésent au quotidien. Dans l'industrie, ce matériau apparaît aujourd'hui indispensable. Le secteur de la construction et de l'automobile, l'industrie alimentaire et le monde médical sont parmi ses plus grands consommateurs. L'emballage constitue à lui seul 40 % des matières plastiques consommées en France et en Europe. C'est aussi l'utilisation la plus problématique : elle est éphémère. Le plastique se transforme donc rapidement en déchet et malgré l'amélioration des techniques de recyclage, l'impact environnemental de ce produit à durée de vie très courte pose problème. Sa production est également problématique : le plastique est généralement issu de l'industrie pétrochimique (4 % de la consommation de pétrole mondiale).
C'est pourquoi l'industrie s'intéresse depuis quelques années aux ''bioplastiques'', ou plutôt agroplastiques, produits à partir de matières végétales. 260.000 tonnes d'agroplastiques ont été consommés en 2007, soit 0,5 % du marché total des plastiques. Coca Cola a annoncé que 30 % de ses bouteilles seraient désormais constituées (dans certains pays) de matières végétales, Samsung propose désormais un produit constitué en partie de plastique biodégradable, Hyundai devrait habiller l'intérieur de son prochain modèle hybride d'agroplastique…
Le marché se développe, mais il est probable que, pour des raisons techniques et économiques, les agroplastiques restent secondaires à court terme au regard des plastiques traditionnels. De plus, leurs bénéfices environnementaux ne sont pas démontrés, leur utilisation devrait donc être limitée à des usages bien spécifiques. A moins que les industriels surfent sur la confusion qu'introduit le terme ''bioplastique'' pour faire du greenwashing !

Plastiques agrosourcés : à limiter à certains usages spécifiques

Les agroplastiques sont produits à partir d'agropolymères (amidon, protéines, cellulose…) issus de céréales, pommes de terre… Certains sont biodégradables, mais pas tous ! Ils ne sont pas non plus forcément écolos. Leur fabrication consomme de l'eau, même si la recherche s'oriente aujourd'hui vers les voies sèches afin d'économiser le plus possible cette ressource.
Beaucoup d'agroplastiques sont conçus avec de l'acide polyactique (PLA) qui ressemble fortement au polyéthylène téréphtalate (PET), l'équivalent du plastique. L'inconvénient : leur recyclage est généralement incompatible avec le recyclage du PET, sans adaptation coûteuse des techniques.
Autre souci et de taille : la concurrence d'usage des ressources. Produits à partir de sucre ou d'amidon, les parties nobles de la plante, ils entrent en compétition avec l'alimentation humaine. Produits à partir de paille ou de sous produits, ils entrent en compétition avec l'alimentation animale… et donc avec l'alimentation humaine. Ils peuvent également être produits à partir de plantes OGM. Les recherches s'orientent donc aujourd'hui vers les agroplastiques deuxième génération (comme pour les agrocarburants), issus de déchets agricoles ou d'algues.
De plus, l'introduction massive sur le marché de plastiques agrosourcés, en particulier pour les emballages ou sacs de caisse, aurait également des effets pervers. Ils freinent la tendance à l'éradication des sacs plastiques au profit des sacs réutilisables par exemple et n'incitent pas à la recherche de solutions alternatives pour les autres usages.

Finalement, le bénéfice environnemental des agroplastiques reste donc à démontrer. Leur intérêt serait davantage économique pour les industriels : même si leur prix est aujourd'hui 2 à 4 fois supérieur à celui de leurs homologues tirés du pétrole, à terme, avec l'augmentation du prix des hydrocarbures, ils pourraient devenir compétitifs. Ils pourraient également s'avérer utiles ou même meilleurs que les plastiques traditionnels pour certains usages spécifiques : emballages stériles (industrie pharmaceutique), usages longue durée (industrie automobile ou de la construction…).

Plastiques biodégradables : sous certaines conditions

Autre alternative aux plastiques traditionnels : les plastiques biodégradables, c'est-à-dire qu'au moins 90 % du produit sont assimilés par les micro-organismes lors de leur dégradation. Attention : ils ne sont pas forcément fabriqués à partir de matières végétales, ils peuvent être issus de la pétrochimie et avoir été produits avec des additifs qui favorisent l'oxydation. Biodégradable ne signifie pas non plus qu'ils disparaissent immédiatement après leur ''rejet'' dans l'environnement. Plus que des bénéfices, les sacs biodégradables jettent la confusion dans l'esprit des utilisateurs. D'autant que ce terme est parfois utilisé à outrance par les industriels.
Cependant, certains plastiques biodégradables, les compostables (comme la matière végétale, le sac se biodégrade à 90 % dans un laps de temps de 180 jours), présentent un intérêt dans certains usages bien spécifiques : sacs poubelles destinés au compost, paillage agricole (30.000 tonnes de plastique par an). Pour les emballages alimentaires de très courte durée de vie par exemple, un plastique qui va avec les matériaux organiques dans la filière de compostage peut s'avérer intéressant. A condition qu'il finisse sur une plateforme de compostage plutôt que dans un centre d'enfouissement

Réactions10 réactions à cet article

 
bioplastiques versus biodéchets : du Bio pourri

bravo à Sophie Fabrégat pour cet excellent article sur l'impossible rêve de l'Homme de faire du mou avec du dur, du biodégradable pour envelopper de façon durable des produits souvent humides, sans les altérer, avec du végétal destiné à rapidement pourrir.
Je pense qu'il est à mettre en perspective avec l'article de Rachida Boughriet intitulé "Biodéchets : le Parlement européen réclame une proposition de directive d'ici fin 2010" qui démontre de façon indirecte que les Français sont de gros cochons qui ne trient pas correctement leurs biodéchets comme de nombreux pays le pratiquent.
Et quid de la question du mode de collecte de ces biodéchets des ménages ? Des plastiques biodégradables indicateurs du développement durable ???

Emmanuel ADLER | 07 juillet 2010 à 10h26
 
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Un changement de consommation plutôt

Il me semble important de modifier le comportement des consommateurs plutôt que d'offrir de nouvelles prestations greenwashed. Les emballages constitue une part important de la consommation d'emballage, pourquoi ne pas prohibé la distribution de sac pour encouragé l'emploi des caisse réutilisable? Qui pourrait vérifier qu'une caisse réutilisée 1000 fois par un industriel ou un particulier ne couterait pas plus cher que des sacs ou des films plastique. Les mentalités changent mais l'usage ne change seulement quand les lois nous y contraignent.

Ptira | 08 juillet 2010 à 09h28
 
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Paillage agricole plastique dégradable, mon oeil

Bonjour
les plages sont pleines de plastiques d'origines agricoles soit disant bio dégradables
il faut se mobiliser à ce sujet
qui peut faire une analyse des déchets?
merci pour vos avis
j'ai quelques photos et des échantillons d'une pollution bien présente
merci à vous
jean francois

Trégor Env | 08 juillet 2010 à 10h23
 
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Changer nos habitudes et celles des industriels

Mon avis va dans le sens de celui de Ptira, une des solutions est de changer notre mode de consommation. Les sacs ou caisses réutilisables, arrêter le double emballage systématique de nombreux produits alimentaires quand cela n'est pas essentiel à leur conservation, travailler sur le recyclage des matières, etc... Même si je fais le tri sélectif tous les emballages sont loin d'être recyclables et parfois en regardant ma poubelle je suis quelque peu dégoutée de voir ce gaspillage.

leelou | 08 juillet 2010 à 11h34
 
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Et des sacs en papier?

pourquoi ne pas développer l'usage de sacs d'emballages en papier résistants ou de barquettes ou briques en carton paraphiné pour les produits liquides ou en sauce. Quand j'étais gamin, (il y a maintenant longtemps!) les commerçants emballaient les fruits dans des pochons en papier, les bouchers utilisaient du papier paraphiné, les yaourts et petits suisses étaient conditionnés dans des pots et boites en carton paraphiné, les verres étaient consignés, etc... Ce ne sont donc pas les solutions éprouvées qui manquent mais simplement une volonté politique d'en finir avec ce plastique d'emballage.

jojo | 12 juillet 2010 à 10h40
 
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Pas du tout d'accord avec cet article. Il existe des bio plastiques de dernière génération qui ne comportent aucun composant alimentaire, aucun additif toxique, issus de matières renouvelables avec une empreinte écologique et un eco bilan au dessus de la moyenne. A ma connaissance, le Biomiscanthus répond à ces critères, et compte tenu de ses composants, il vient en compétitivité direct avec les plastiques traditionnels car n'est pas dépendant de la hausse de matières fossiles ni de la hausse des denrées alimentaires.
Ce bio plastique de dernière génération apporte de plus un grand nombres d'innovations naturelles toutes respectueuses de notre environnement et de nos éco systèmes.

bmfh01 | 13 mai 2011 à 15h09
 
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Je pense également, comme écrit sur certains commentaires, que ce sont surtout nos habitudes de vie qui sont à changer, après tout, bon nombre des emballages plastique alimentaires ne sont pas nécessaire, alors plutôt que de nous harceler avec des pubs pour des emballages biodégradables, ils serait plus juste de ne pas en mettre du tout, ou encore valoriser la production d'emballages en carton ou papier (je pense notamment aux yaourts par exemple)...
Enfin, pas sur que ça change de si vite, on risque surtout de voir se développer un engouement de la part des consommateurs lambda pour les produits biodégradables, mais polluants.

Antirpismus | 19 avril 2012 à 17h24
 
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Le vrai problème est quantitatif. C'est la dose qui fait le poison. Et derrière tous ces débats se pose la question démographique. Tant que nous voudrons à toute force être plusieurs milliards sur la Terre (nous avons multiplié par 4 nos effectifs au cours du seul dernier siècle) nous irons à l'échec. Veut-on que tout le monde soit pauvre ? Veut-on utiliser absolument tous les espaces disponibles au détriment de tout le reste du monde vivant ? Il faudrait au contraire nous engager globalement vers une politique de forte baisse de la fécondité, sinon, nos autres efforts (sur les sacs plastiques comme sur tous les autres points) seront réduits à néant.

Didier Barthès | 18 septembre 2012 à 12h29
 
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Oui, au panier en osier pour faire ses courses.
Du plastique à partir de végétaux, au détriment de gens qui meurent de faim! Absurde!

piedsgris | 18 septembre 2012 à 12h59
 
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Avec l'augmentation irréversibles et structurelles des matériaux d'origine fossiles, réf. avec la sonnette d'arlame d'Elipso, avec la hausse irrémediable des cultures vivrières, principal composant des bio plastiques dits de 1ere génération, il existe des solutions à la fois écologiques et respectueuses de notre environnement par l'utilisation de matières renouvelables non issues de matières fossiles et non issues de denrées ou déchets de denrées alimentaires. Effectivement, le problème de la pérennité d'approvisionnement peut poser problème pour répondre à la demande mondiale tel le chanvre, le lin dont le rendement à l'hectare, sur des terres agricoles ne dépassent pas, dans des conditions optimales, 4 à 5 tonnes par hectares, sans vouloir parler de bio plastiques issus de la canne à sucre ou du coton.... Toutes sont des fausses solutions.
Actuellement, un seul bio plastique répond, par sa rupture techonologique envers ces bio plastiques actuels, par ses innovations, par la pérennité de ses approvisionnements de ses composants principaux, à une demande d'envergure mondiale tout en proposant une valorisation de la chimie vertre s'appuyant sur la biomasse et proposant une viabilité commerciale. Le Biomiscanthus.
Dès octobre 2012, il sera présent sur le marché et permettra enfin de répondre aux exigences du consommateur final sans que le problème lié à l'utilisation de produit toxique ou issu d'OGM, ne puisse se poser.
René Marchal
Président Biomiscanthus France

Biomiscanthus | 18 septembre 2012 à 13h47
 
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