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Bisphénol A : l'Efsa va réévaluer les risques sur le système immunitaire

A la demande des Pays-Bas, l'Efsa a annoncé le 26 avril qu'elle allait réexaminer les effets potentiels du bisphénol A sur le système immunitaire des fœtus et des jeunes enfants, démontrés par les chercheurs français de l'Inra à Toulouse.

Risques  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
Bisphénol A : l'Efsa va réévaluer les risques sur le système immunitaire

En janvier 2015, après s'être penchés sur plusieurs centaines d'études scientifiques, les experts de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) avaient pointé "des incertitudes entourant les effets possibles" du Bisphénol A (BPA), substance chimique de synthèse, "sur la glande mammaire ainsi que sur les systèmes reproducteur, nerveux, immunitaire et métabolique chez les animaux de laboratoire". Afin de prendre en compte ces incertitudes, l'Efsa avait toutefois divisé par 12 le seuil d'exposition des consommateurs. La dose journalière tolérable (DJT) pour le BPA est passée de 50 microgrammes par kilogramme de poids corporel par jour (µg/kg pc/jour) à 4 µg/kg pc/jour. Mais même avec cette baisse, "l'exposition par voie alimentaire ou par l'intermédiaire d'une combinaison d'autres sources (alimentation, poussière, cosmétiques et papier thermique) est considérablement inférieure au niveau sans danger", avait-elle conclu.

Des risques à faibles doses, selon l'Inra

Mais deux études, menées par les chercheurs français de l'Inra à Toulouse, n'avaient pas encore été publiées, lorsque l'Efsa avait passé en revue la littérature scientifique disponible pour son évaluation des risques du BPA en 2014. Ces études, analysées par l'Institut national néerlandais pour la santé publique et l'environnement (RIVM), montrent que le BPA peut altérer le système immunitaire des fœtus et jeunes enfants "à un niveau d'exposition inférieur à celui sur lequel les normes actuelles sont fondées", a prévenu le RIVM dans un rapport. Ce dernier "recommande de promouvoir la recherche sur des alternatives au BPA et de conseiller aux consommateurs de réduire leur exposition. Une attention particulière doit être accordée à la protection des enfants en bas âge, les femmes enceintes et les femmes qui allaitent".

Les chercheurs de l'Inra à Toulouse ont en effet démontré chez des rats qu'une exposition périnatale (in utero et pendant l'allaitement) au BPA, à de faibles doses, a des conséquences sur le développement du système immunitaire et prédispose leur descendance à une intolérance alimentaire à l'âge adulte. "Les perturbations les plus importantes ont été observées à la dose de 5μg/kg poids corporel/jour, c'est-à-dire à la dose considérée sans risque pour l'Homme par l'Efsa. Ces nouvelles données soulèvent la difficulté de fixer une dose journalière tolérable sûre pour le BPA", avaient alerté les chercheurs, dans leur étude publiée en août 2014 dans "The Faseb Journal". "Ces nouveaux résultats contribuent à caractériser les effets délétères du BPA sur le système immunitaire, à de faibles niveaux d'exposition, et à des âges auxquels l'individu est particulièrement vulnérable car immature : le fœtus et le nourrisson".

Dans une autre étude parue en novembre 2014 dans "Plos One", les chercheurs ont également prouvé qu'une exposition périnatale au BPA, utilisé dans les emballages alimentaires, pouvait prédisposer, à faibles doses (5μg/kg poids corporel/jour) chez des jeunes rats une "infection parasitaire intestinale".

A la demande du ministère néerlandais de la Santé, suite à la publication du rapport par le RIVM, l'Efsa a décidé hier d'examiner la toxicité du BPA pour le système immunitaire "à la lumière de ces nouveaux éléments". Le groupe d'experts de l'Efsa devrait publier "une déclaration dans les mois qui viennent."

En fixant la DJT à 4 µg/kg pc/jour, de manière provisoire, l'Efsa s'est engagée à procéder à une réévaluation du BPA, à partir des  résultats d'une étude à long terme chez le rat, menée dans le cadre du programme national de toxicologie des Etats-Unis. Cette étude, sur deux ans, doit être publiée en 2017. L'avis scientifique final de l'Efsa est attendu pour 2018.

La France a interdit l'utilisation du BPA dans les contenants alimentaires destinés aux nourrissons en 2013 et pour tous les emballages alimentaires en 2015.

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