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Bisphénol A : l'Afssa relève des ''signaux d'alerte''

Dans un nouvel avis faisant suite à de nouvelles études, l'Afssa reconnaît l'existence ''des effets subtils'' du BPA chez des jeunes rats. Pourtant, selon elle, les conséquences sur la santé humaine ''ne sont pas clairement établies''. Détails.

Risques  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
   
Bisphénol A : l'Afssa relève des ''signaux d'alerte''
© Ramino
   
Alors qu'en 2008, l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) avait conclu, tout comme l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), à l'absence de risque sanitaire du Bisphénol A (BPA), présent dans les plastiques alimentaires, notamment les biberons, elle reconnaît aujourd'hui l'existence de ''signaux d'alerte'', dans un nouvel avis publié le 5 février.

Ce composé chimique utilisé notamment dans les plastiques alimentaires (polycarbonate et polyépoxy) est soupçonné d'être un perturbateur endocrinien, pouvant entraîner des troubles hormonaux et favoriser le développement de maladies cardio-vasculaires et de cancers du sein ou de la prostate. Outre les biberons en polycarbonate, le Bisphenol A est également présent dans les canettes, boîtes de conserve, bouteilles réutilisables, ciments dentaires, ou les appareils ménagers comme les bouilloires.

Suite à la parution courant 2009 de nouveaux articles scientifiques démontrant les effets sur la santé du BPA, l'Afssa s'est autosaisie en octobre dernier sur ce sujet, à la demande de la secrétaire d'Etat à l'écologie et du Réseau Environnement Santé (RES).

Des risques après une exposition in utero et postnatale

Dans son nouvel avis d'expertise, l'Afssa a examiné les résultats d'une cinquantaine d'articles et rapports publiés ces deux dernières années. Elle relève les ''effets subtils'' du BPA sur de jeunes rats, ''observés en particulier sur le comportement après une exposition in utero et pendant les premiers mois de vie'' des mammifères. Des effets chez l'animal qui interviennent à des doses d'exposition inférieures à la dose journalière tolérable (DJT) fixée à 50 µg/kg/j par l'EFSA.

Des ''effets subtils'' qui incitent l'agence à poursuivre son travail d'expertise pour comprendre ces ''signaux d'alertes'' chez les rats. Mais l'Afssa reste prudente sur les risques sur la santé humaine mis en évidence dans les études récentes : elle conclut que la méthodologie de ces études ne permet pas ''d'interprétation formelle des données qui remettrait en cause les précédentes évaluations du risque sanitaire''. ''Les conséquences pour la santé humaine de ces signaux d'alerte ne sont pas clairement établies'' dans les études récentes, selon l'Agence.

Elle rappelle également que les études de toxicité menées selon les normes internationales ''n'ont jusqu'à ce jour pas objectivé de risque pour la santé aux doses auxquelles le consommateur est exposé. Quel que soit le mode d'alimentation, l'exposition des nourrissons est très inférieure à la DJT fondée sur ces études''.

Définition d'une méthodologie adaptée aux perturbateurs endocriniens

Dans ce contexte, l'Agence estime nécessaire de ''poursuivre son travail d'expertise'' afin de ''comprendre la signification en terme de santé humaine de ces signaux d'alerte''. Elle préconise pour la première fois ''de définir rapidement une méthodologie adaptée à la détection d'une toxicité potentielle, chez l'homme et à basse dose, du BPA mais aussi des produits de substitution et plus largement des perturbateurs endocriniens''. Elle recommande d'acquérir des données françaises sur la présence de BPA dans le lait maternel, chez le nourrisson et dans les laits maternisés et d'étudier d'autres sources d'exposition que les matériaux au contact des aliments (eau, poussières).

En attendant ces nouvelles recherches scientifiques, elle rappelle surtout aux consommateurs ''d'éviter de chauffer à très forte température l'aliment (eau, lait, soupes…), s'ils utilisent des biberons ou des récipients en polycarbonate''.

Vers une interdiction du Bisphenol A ?

Rappelons que le Bisphénol A a été interdit en octobre 2008 dans les biberons au Canada et par plusieurs Etats aux USA. Après que les six principaux fabricants américains aient décidé en mars dernier de le supprimer de leur production, l'agence américaine La Food and Drug Administration (FDA) vient de revenir sur son avis de 2008 déclarant le BPA sans danger. La FDA a en effet rendu le 15 janvier, un nouvel avis dans lequel elle fait état d'une ''préoccupation'' sur ''les effets potentiels sur le cerveau et sur la prostate des bébés et des foetus'', sur la base d'études plus récentes. La FDA prévoit notamment de revoir les concentrations autorisées en BPA, d'aider au développement de substances alternatives.

En France, plusieurs communes à l'instar de Toulouse, Nantes, Besançon ou encore Paris ont déjà procédé au retrait des biberons au BPA dans toutes les crèches de la ville ''par mesure de précaution''. Ainsi depuis le début du mois de janvier, ''l'intégralité des biberons utilisés dans les crèches et haltes-garderies'' de la capitale est en cours de remplacement par des biberons en verre ou en plastique certifiés sans BPA.

Suite à la parution de l'avis de l'Afssa, l'association européenne des producteurs de matières plastiques PlasticsEurope, et le syndicat professionnel des emballages plastiques et des emballages souples Elipso, espèrent que ''les efforts (de l'agence) pour la définition d'une méthodologie adaptée aux perturbateurs endocriniens et reconnue par tous permettront de faire cesser les rumeurs et donc de répondre aux interrogations des consommateurs'', ont-ils indiqué le 5 février dans un communiqué commun.

De son côté, le porte-parole du Réseau Environnement Santé (RES) André Cicolella, a regretté que ''l'Afssa veuille bien reconnaître un problème mais n'en tire pas les conséquences''. Estimant qu'''il est urgent d'agir'', sans attendre comme le propose l'Afssa ''les résultats d'autres études à venir'', le RES a réitéré sa demande auprès de la Ministre de la Santé Roselyne Bachelot, d'interdire le BPA dans les plastiques alimentaires.

''Il y a urgence, car le problème principal est la contamination du fœtus par sa mère et cette contamination est principalement d'origine alimentaire : boîtes de conserve, canettes de boisson, films alimentaires, récipients, bouteilles d'eau et matériel électroménager en polycarbonate.....'', a de nouveau alerté le RES.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments doit à son tour publier en mai un nouveau rapport sur le BPA.

Réactions4 réactions à cet article

 
Agissons

Courage l'AFSSA, continuez. Allons, on va tous vous aider; pour commencer on ne va plus utiliser aucun récipient contenant un plastique quelconque pour chauffer, réchauffer, cuire... des aliments au four à micro-ondes ou au four classique (si, si, il y en a !)et on va les jeter (dans quelle poubelle au fait)
Puis on ne va plus acheter aucun de ces récipients (souvent vendus par correspondance ou sur internet)et on va revenir aux récipients en VERRE ou PORCELAINE ou FAIENCE qui (jusqu'à présent) ne posent pas de problème

tarlov | 09 février 2010 à 10h30
 
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Vilains rats!

Je ne comprends pas: la détermination de la DL50, i.e. dose létale 50, base du classement de cerrtaines substances dans les catégories T ou T+, c'est-à-dire Toxique ou Trés Toxique, se fait généralement suite à des essais sur des rats, et on extrapole à l' homme. Curieux donc, cette prise de position de l'AFSSA vis-à-vis de ces rongeurs. Cela me rappelle une certaine histoire d' amiante où les administrations diverses et variées, mais directement concernées, ont traîné des pieds avant d' être définitivement coincées par les cadavres qui commençaient à s' empiler de façon un peu trop visible.

Onésime | 11 février 2010 à 11h06
 
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poussière ?

L'afssa recommande d'étudier d'autres sources d'exposition que les matériaux au contact des aliments exmple : poussières ???
Cette remarque reflète le vrai niveau scientifique de l'Afssa, à savoir proche de zéro ! C'est une honte !!! Pensez aux mères, elles doivent mettre une pince à lingue sur le nez de leurs enfants quand ils boivent un biberon ???

bisphénol | 11 février 2010 à 14h41
 
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Re:Agissons

C'est le problème du plastique en général. C'est bien pratique mais on sait comment il est fabriqué et avec quoi. Qu'advientra t-il lorsque nous n'aurons plus de pétrole et donc plus de plastique, je doute qu'il ne nous faille pas revenir vers le verre à tous les coups!

Kent | 23 février 2010 à 15h26
 
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