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Actu-Environnement

Charbon : BNP Paribas et la Société Générale réduisent leurs financements

BNP Paribas et la Société générale s'engagent à réduire leurs financements au charbon. Les centrales des pays à haut revenu ne pourront plus en bénéficier tout comme les projets miniers. 20 novembre 2015

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Mercredi 18 novembre, la Société Générale a annoncé "[s'engager] en faveur du climat et se [doter] d'une politique climat conforme au scénario de limitation à 2 degrés du réchauffement climatique de l'Agence internationale de l'énergie". Le lendemain, BNP Paribas a fait de même et annoncé qu'elle allait "renforcer son dispositif de gestion du risque carbone". A chaque fois, les banques communiquent sur de multiples volets de leur politique d'investissement. Mais un point retient toute l'attention : les nouvelles procédures de financement des projets liés au charbon.

A quelques jours de la COP21, le charbon est devenu difficilement défendable, d'autant que certains acteurs publics accréditent le plaidoyer des ONG en réduisant leurs soutiens. Ainsi, le 10 septembre dernier, le Premier ministre Manuel Valls a annoncé la suppression immédiate des aides publiques françaises à l'exportation de centrales au charbon non dotées de système de captage et séquestration de carbone (CSC). Le 17 novembre l'OCDE a adopté un accord qui limite les aides publiques à l'exportation de centrales à charbon "les plus polluantes".

Trente-deux pays à haut revenu

Dans ce contexte, la Société Générale entend "mettre en cohérence" les différentes actions entreprises pour financer la transition énergétique et réduire l'empreinte carbone de ses activités. Concrètement, la banque s'engage à arrêter de financer les projets de centrales thermiques à charbon "dans les pays de l'OCDE à revenus élevés", soit 32 pays. Parmi les dix plus gros consommateurs mondiaux de charbon, selon le BP statistical review, la moitié est visée : les Etats-Unis (classé au deuxième rang en 2014), le Japon (4ième rang), la Corée du Sud (7ième rang), l'Allemagne (8ième rang) et la Pologne (9ième rang). La Chine, de loin le premier pays consommateur avec 50,6% de la consommation mondiale, l'Inde (3ième rang), l'Afrique du Sud (5ième rang), la Russie (6ième rang) et l'Indonésie (10ième rang) pourront bénéficier des financements de la banque française pour leurs centrales aux charbon.

Du côté de la BNP Paribas, la "gestion du risque carbone" passe par la systématisation progressive de l'utilisation d'un prix interne au carbone. L'expression est surtout synonyme d'une réduction des financements accordés aux centrales à charbon. Comme son homologue, elle met un terme aux financements des centrales des pays à haut revenu. Cependant, la banque de la rue Chaussée d'Antin va plus loin que la Société Générale en proposant trois conditions à la poursuite du soutien aux centrales à charbon : le pays hôte devra avoir pris un engagement de limiter ses émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le cadre de la COP21, le projet devra faire l'objet d'une consultation des populations locales potentiellement impactées, leur dédommagement devra être prévu si nécessaire et elles devront avoir accès à un mécanisme de recours, et, enfin, la centrale devra être conçue pour réduire au maximum ses émissions de GES. "Ces critères limiteront les financements aux centrales super critiques et devraient encore réduire le nombre de projets financés", explique la banque contactée par Actu-Environnement, précisant qu'au cours des dernières années elle a refusé de financer 25 projets pour onze acceptés. Enfin, la banque ne financera que les électriciens s'engageant à réduire leur consommation de charbon plus rapidement que leur pays.

Assèchement des financements des projets miniers

Parallèlement, la Société Générale indique arrêter de financer "les projets de développement de mines de charbon". Ce point est repris par BNP Paribas qui met un terme aux financements accordés à "l'extraction de charbon (…) via les projets miniers", qu'il s'agisse de nouveaux projets ou d'extension de projets existant. Concernant le volet "financement corporate", c'est-à-dire le financement des entreprises et non plus de projets spécifiques, BNP Paribas renonce à financer "les sociétés minières spécialisées dans le charbon qui n'ont pas de stratégie de diversification". Un point sur lequel la Société Générale ne s'engage pas.

Détail intéressant, BNP Paribas justifie ces annonces en reprenant l'un des arguments phares des ONG militant pour l'abandon du charbon : "Il est acquis (sic) que seul un tiers des réserves existantes d'énergies fossiles pourra être utilisé si l'on souhaite limiter l'augmentation de la température à 2°C", estime BNP Paribas. "Cela signifie que BNP Paribas a compris et accepte le message des scientifiques", explique le représentant de la banque interrogée par Actu-environnement.

Du côté des ONG, justement, l'annonce de la Société Générale est accueillie avec circonspection : "Les Amis de la Terre et BankTrack notent la faiblesse des mesures annoncées au regard des enjeux et regrettent que la banque ne s'attaque qu'aux financements de projets qui ne représentent qu'une part infime de ses soutiens au charbon", indiquent les deux associations qui plaident de longue date contre le financement des énergies fossiles. En revanche, elles "saluent" les mesures annoncées par BNP Paribas, même si elles "restent toutefois loin de répondre à l'urgence climatique". "BNP Paribas fait un peu mieux que Société Générale et s'aligne sur Crédit Agricole, mais se place derrière Natixis qui est la seule à avoir passé le test en ayant arrêté tous ses financements de projets charbon partout dans le monde", justifient les deux ONG.

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