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Actu-Environnement

Le Canal Seine-Nord pourrait être abandonné faute de financements

Le canal Seine-Nord risque d'être le premier grand projet d'infrastructure abandonné par le nouveau gouvernement, faute de financements. L'enveloppe initiale semble intenable. Bouygues Construction et l'Etat se renvoient la balle.

Transport  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

"L'opération d'attribution du partenariat public privé (PPP) pour la construction et la maintenance [du canal Seine-Nord] est suspendue", a affirmé à l'AFP, Yves Gabriel, président directeur général de Bouygues Construction, interrogé en marge d'une conférence de presse, mercredi 29 août 2012. Il a précisé que "Bouygues, comme le groupement concurrent Vinci-Eiffage, n'a pas reçu de Voies navigables de France (VNF) les règles du jeu pour la prochaine étape de l'attribution du contrat, le dialogue compétitif".

Bouygues et Vinci-Eiffage devaient présenter leurs offres à l'automne avant un choix final d'ici à la fin de l'année 2012. L'AFP rapporte que pour les protagonistes du dossier, l'abandon de cette voie d'eau à grand gabarit de 106 kilomètres de long apparaît désormais inévitable, même si les pouvoirs publics ne veulent pas encore l'officialiser. L'objectif du canal est de connecter le bassin de la Seine au Nord-Pas-de-Calais et aux 20.000 km du réseau grand gabarit d'Europe du Nord.

Défaut des financeurs privés ?

Dans un communiqué publié ce matin, le ministère de l'Ecologie renvoie la balle à Bouygues Construction. "Compte tenu du contexte financier international actuel, les candidats semblent rencontrer des difficultés à progresser sur le financement bancaire de leur partie du projet et à stabiliser des annuités acceptables par VNF et l'Etat", annonce le ministère, précisant que "sur la partie financière, les offres initiales [présentées en réponse au lancement du dialogue compétitif] dépassaient significativement l'enveloppe retenue au départ par les porteurs du projet".

"La communication du groupe Bouygues ne fait que confirmer les difficultés de bouclage du projet", assène le ministère qui estime que "cela nécessite d'engager un dialogue avec la commission européenne, la BEI, d'étudier les possibilités de recours aux « project bonds » pour ce projet et de se rapprocher des collectivités publiques pour des financements complémentaires". Des solutions qui excluent de fait une augmentation de l'enveloppe apportée par l'Etat.

Audit ministériel

Le budget total du projet est estimé à 4,3 milliards d'euros, selon les chiffres avancés en 2009 par Voies navigables de France (VNF), rappelle par ailleurs le ministère de l'Ecologie. Une subvention publique de 2,2 milliards d'euros devait participer au financement dans le cadre d'un PPP.

Etant donnés les difficultés de financement, "l'Etat a souhaité confier au Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) et à l'Inspection générale des finances (IGF), une mission d'analyse et de proposition portant sur la faisabilité financière du projet dans le cadre de la procédure en cours d'attribution d'un contrat de partenariat", annonce le ministère de l'Ecologie, précisant que "cette mission analysera la capacité des candidats à réunir les financements privés nécessaires à la réalisation de l'opération".

En avril 2009, le ministère de l'Ecologie avait lancé l'avis d'appel public à concurrence pour le canal à grand gabarit Seine-Nord Europe entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac, près de Cambrai (Nord). Deux ans plus tard, Nicolas Sarkozy avait lancé le dialogue compétitif pour l'attribution du contrat lors d'une visite à Nesle (Somme).

Le canal, inscrit dans le cadre du Schéma national d'infrastructures de transport (Snit), n'est pas finançable sans participation publique. Or le budget total, estimé à près de 250 milliards d'euros sur 25 ans, a fait l'objet de diverses évaluations soulevant des doutes sur la possibilité de mobiliser de telles sommes. "C'est une charge insoutenable en termes de financement public", avait indiqué à l'AFP Gilles Savary, député PS (Gironde), ajoutant que "cela impose de faire des choix et donc frustrer de nombreux élus". Choix qui reviennent au gouvernement, avait-il rappelé.

Réactions4 réactions à cet article

 

C'est bien dommage de chipoter sur un projet de transport alternatif de cette ampleur.. On chipote moins avec les autoroutes et autres connexions routières... !!

Roland | 02 septembre 2012 à 20h38
 
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depuis le temps que l'on se bat contre ce projet
pharaonique , non rentable , et qui détruiera , l'environnement
favorisons le ferroutage , plus rapide et avec des infrastructures existantes

micot | 05 septembre 2012 à 12h10
 
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Il faut arrêter de croire que le fer peut répondre à tous les besoins de transport de marchandises.
Lisez les études sur les projets et vous verrez qu'il ne peut absorber qu'une infime part de ce transport, en raison des limites de l'infrastructure qui ne peut accueillir qu'un nombre limité de "sillons" (portion de voie * horaire attribué à un train). Ces sillons sont limités pour des raisons de sécurité. Il faut faire passer les TGV (qui ont priorité, mais est-ce normal ???), les TER, les trains SNCF classiques, et les trains de marchandise : c'est forcément compliqué. Cependant, cela qui ne signifie pas qu'il ne puisse pas y avoir des progrès (autrement dit : les marges de progression de l'offre existent si ...), si la SNCF veut bien s'en donner la peine...
D'autre part, il faut tenir compte du bilan énergétique des différents modes de transport. Je ne crois pas me tromper en disant que le fluvial "tient la route" sur ce plan (j'ai participé aux réflexions sur l'amélioration du transport fluvial sur la Seine (du Havre à Paris).
De plus, les infras ferroviaires coûtent elles aussi très cher !!! On ne pourra pas toutes les réaliser, il faudra donc là encore faire des choix, ce qui limitera les possibilités de ce mode de transport.
Par ailleurs, les voies nouvelles ont également des impacts sur l'environnement, mais elles permettent de régler pour une bonne part les pb de trafic signalés plus haut.
Tout ça, ce sont des choix techniques + politiques avant d'être financiers

perigo | 13 septembre 2012 à 16h00
 
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On n'hésite pas à bétonner "durablement" des sites agricoles exceptionnels (Plaine de France, Brie, Saclay, vallée de Seine, triangle de Gonesse ...), tout ça bien souvent au profit d'énièmes centres commerciaux ou sites dits de loisirs superflus.
Le Canal Seine Nord devait être un outil exceptionnel, utile pour tous les rouages de l'économie. C'est incompréhensible, depuis le temps que cet ouvrage était "à l'étude" ! Est-ce par "défaut de financement" ou par ... incompétence que ces grands travaux sont interrompus ? Permettez que nous ayons des doutes ...

Esteban80 | 21 septembre 2012 à 08h48
 
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