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S'appuyer sur les bases de la culture sécurité comme moteur de la performance environnementale

Bruce George, Global Solutions Architect, Environmental Practice chez DuPont Sustainable Solutions, revient sur l'intérêt de conjuguer les culture de la sécurité et de gestion de l'environnement au sein des entreprises.

Avis d'expert  |  Gouvernance  |    |  Actu-Environnement.com

La culture sécurité fait souvent partie des valeurs fondamentales des entreprises de nos jours et généralement au cœur de la recherche de l'excellence opérationnelle. Or, la gestion environnementale ne fait pas toujours l'objet du même niveau d'attention. Pourquoi ?

Conjuguer environnement et sécurité

En fait, les comportements à la base de l'excellence en matière de sécurité ne concernent pas uniquement le domaine de la sécurité, ce qui n'est peut-être pas assez reconnu. Car les éléments permettant d'atteindre un engagement total en matière de sécurité peuvent être aussi utilisés, en même temps qu'un système de management environnemental solide, pour une amélioration continue de la performance environnementale. On crée les fondements organisationnels pour l'intégration de la sécurité et de la gestion environnementale en promouvant les mêmes comportements d'amélioration de la performance au sein de la direction et du personnel travaillant dans ces deux secteurs.

Pour passer à une culture dans laquelle la direction et les salariés d'une organisation sont convaincus que tout accident corporel peut être évité, il faut commencer par passer du simple respect des règles à l'attention portée sur les valeurs et les croyances. Les dirigeants d'une organisation conduisent et renforcent ses valeurs par l'intermédiaire des comportements et des attitudes, ainsi que des systèmes, des processus et des outils en aboutissant à une performance qui va au-delà du simple respect des obligations légales et réglementaires. Cette approche peut conduire une organisation à ne plus accepter que « des incidents environnementaux vont se produire un jour ou l'autre » pour adopter un modèle de fonctionnement dans lequel la performance environnementale fait partie intégrante de la conduite des affaires.

Motiver le changement de culture

Dès lors, quels sont les éléments comportementaux qui peuvent conduire à ce changement culturel et comment sont-ils utilisés pour atteindre l'amélioration de la performance que ce soit en matière de sécurité ou d'environnement ?

Un leadership fort et visibleest un des éléments essentiels pour le changement culturel. Tout comme pour la sécurité, les dirigeants doivent montrer leur engagement pour la performance environnementale dans leurs actions et leurs attentes, en exprimant les croyances et les valeurs de l'organisation par une politique et des procédures claires et significatives. Il faut qu'ils identifient des objectifs ambitieux pour définir leurs exigences en terme de performance environnementale, en faisant preuve d'un niveau élevé de performance pour les atteindre.

Un des éléments moteurs de la performance en terme de sécurité est l'engagement de la hiérarchie qui se responsabilise dans la conduite du changement et l'atteinte des résultats escomptés. Il en est de même pour la performance environnementale. Sans une attention rigoureuse de l'encadrement en tant que gardien de l'environnement, identifiant les opportunités d'amélioration, il peut s'avérer difficile de parvenir au simple respect des exigences. Il faut également que les fonctions affectées en tant que support dans la gestion des aspects environnementaux soient compétentes et engagées.

Il est important que la structure organisationnelle soit intégrée, avec une représentation transversale au niveau des fonctions et des niveaux. Les améliorations de la performance ne sauraient être menées par des départements de l'environnement ou du développement durable isolés. La mesure de la performance et la motivation jouent également un rôle critique. Il faut que les salariés comprennent qu'il leur est clairement demandé de suivre la politique et les procédures environnementales, et qu'en cas de défaillance il y aura des conséquences claires.

Pour la mise en place d'une culture sécurité d'excellence, il est essentiel que la communication sur les objectifs, les résultats, les incidents et les enseignements soit fréquente, efficace et bilatérale. Ceci est également vrai pour une prise de conscience et un engagement de l'organisation dans l'amélioration de la performance environnementale. Pour une sensibilisation aux aspects environnementaux aussi bien que pour la sécurité, une formation ciblée de développement des compétences de leadership et des connaissances des salariés est tout aussi importante. Les mêmes approches rigoureuses s'appliquant aux observations de sécurité, aux enquêtes sur les incidents, aux actions correctives et à la communication des apprentissages peuvent être appliquées aux incidents environnementaux.

Management intégré

Pour de nombreuses entreprises, l'amélioration de la gestion environnementale commence par la mise en place d'un système de management environnemental (SME) conforme à une norme, ISO 14001 par exemple. Les normes ISO en particulier représentent une bonne base pour le développement d'un système de gestion efficace, en incluant dans leur structure un cadre permettant d'incorporer la majorité des éléments comportementaux décrits ci-dessus. On pourrait arguer que cette approche est suffisante pour améliorer la performance environnementale d'une entreprise, et qu'il est superflu d'établir des parallèles avec les éléments d'une solide culture de la sécurité. Un SME isolé, toutefois, ne fournit pas les éléments spécifiques nécessaires à la performance environnementale, et n'identifie pas non plus les comportements spécifiques à son utilisation. Il existe un danger pour une organisation de succomber à la facilité en adoptant un comportement de « remplissage de formulaires » à partir du moment où la norme SME est respectée, puis de s'étonner que les difficultés pour atteindre une bonne performance environnementale ne soient pas résolues.

Chez DuPont Sustainable Solutions, nous avons appris que le succès réside dans l'application des processus – le fonctionnement ou le comportement d'une organisation au quotidien – qui est un élément clé dans la performance. DuPont a recours aux mêmes comportements permettant de stimuler les performances pour l'amélioration continue des résultats, en matière de sécurité comme en matière d'environnement. Un ensemble de comportements communs permettant d'améliorer les performances peut devenir une base puissante dans une approche commune à la sécurité et à la gestion environnementale. Or il arrive fréquemment qu'une entreprise qui a pourtant regroupé les responsabilités dans ces deux domaines au sein d'un pôle commun de « Sécurité, Santé et Environnement », fixe des priorités et des approches différentes dans la gestion de ces différents domaines.

Si la performance environnementale est une priorité tout aussi importante que la sécurité, ces deux éléments doivent faire l'objet du même niveau d'engagement.

Avis d'expert proposé par Bruce George, Global Solutions Architect, Environmental Practice, DuPont Sustainable Solutions

Réactions2 réactions à cet article

 

Tout est résumé dans la dernière phrase, malheureusement l'environnement, est une contrainte pas une priorité, question d'éducation!

lio | 31 mars 2014 à 13h37
 
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On peut aussi préciser que sécurité et environnement ne sont pas des "secteurs" distincts mais que ce sont des disciplines à prendre au sérieux dans tous les "secteurs" et fonctions opérationnelles des organisations.
Il est impératif de protéger les personnes, toutes les personnes en maintenant leur intégrité et les protégeant des risques résiduels (c'est dans le Code du travail) comme il est impératif de considérer la contribution de chacun à la protection de l'environnement, quel que soit son niveau et/ou sa fonction (ce n'est pas -pas encore- dans le Code de l'environnement).
L'approche par le management est sans doute plus efficace que celle par les étiquettes de "greenwashing" actuellement promue par les imbéciles du CGDD en France. Mais elle est plus difficile...

Albatros | 02 avril 2014 à 17h14
 
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