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L'Anses recommande de systématiser les contrôles des émissions sonores des éoliennes

L'agence de santé environnementale n'identifie pas de lien entre les infrasons émis par les éoliennes et le mal-être de certains riverains. Elle recommande de mieux les informer et de systématiser les contrôles des émissions sonores des éoliennes.

Risques  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
L'Anses recommande de systématiser les contrôles des émissions sonores des éoliennes
Environnement & Technique N°369 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°369
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L'Agence nationale de sécurité sanitaire et environnementale vient de rendre public un rapport très attendu sur l'impact sanitaire du bruit émis par les éoliennes. En 2008, elle avait déjà publié un avis concluant que ces émissions sonores n'avaient pas de conséquences sanitaires directes. Mais plusieurs plaintes de riverains ont poussé la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) et la Direction générale de la santé (DGS) à la saisir de nouveau en juillet 2013 pour évaluer plus précisément les effets sanitaires des basses fréquences et infrasons.

 
Plusieurs études expérimentales (...) démontrent l'existence d'effets et de ressentis négatifs chez des personnes pensant être exposées à des infrasons inaudibles alors qu'elles ne le sont pas forcément  
Anses
 
Aujourd'hui, l'Anses constate bien l'émission de basses fréquences et d'infrasons mais n'arrive pas à établir un lien de cause à effet avec les problèmes sanitaires réels qui touchent certains riverains. "Il est très difficile d'isoler, à l'heure actuelle, les effets sur la santé des infrasons et basses fréquences sonores de ceux du bruit audible ou d'autres causes potentielles qui pourraient être dues aux éoliennes", conclut l'Agence.

Un manque de connaissances

Afin de compléter les données issues de la littérature scientifique, l'Anses a fait réaliser des campagnes de mesures de bruit à proximité de plusieurs parcs éoliens. Ces campagnes confirment que les éoliennes émettent des basses fréquences et des infrasons. De manière générale, les infrasons ne sont audibles ou perçus par l'être humain qu'à de très forts niveaux. Vu la distance minimale d'éloignement des habitations prévue par la réglementation (500 m), les infrasons produits par les éoliennes ne dépassent pas les seuils d'audibilité.

L'Anses a en parallèle identifié dans la littérature des effets physiologiques liés à l'exposition aux infrasons et aux basses fréquences mais les études sont peu nombreuses, peu concluantes et les résultats sont controversés dans le monde médical. Un phénomène de "nocebo" a même été observé : "Plusieurs études expérimentales, de très bonne qualité scientifique, effectuées en double aveugle et répétées, démontrent l'existence d'effets et de ressentis négatifs chez des personnes pensant être exposées à des infrasons inaudibles alors qu'elles ne le sont pas forcément", explique l'Anses.

Contrôle systématique des émissions sonores des parcs éoliens

Face à ces incertitudes, l'Anses recommande que la puissance sonore des éoliennes soit systématiquement contrôlée avant leur mise en service. Elle suggère de s'inspirer des mesures effectuées dans les aéroports en mettant en place, dès la mise en service du parc, un contrôle systématique et continu des niveaux sonores (audibles et dans la gamme des infrasons et basses fréquences) à la charge de l'exploitant. "Ce type de pratiques a contribué à une atténuation des tensions existantes autour des plateformes aéroportuaires, car elle permet d'objectiver les expositions et de mieux répondre aux demandes des riverains", justifie l'Anses.

Concernant les valeurs limites d'exposition au bruit en vigueur, l'Agence estime qu'elles "garantissent la protection des riverains de toute nuisance potentielle liée à l'audibilité des composantes basses et très basses fréquences du bruit éolien". En revanche, ces valeurs limites "ne permettent pas de protéger les riverains d'éventuels effets associés à des infrasons et basses fréquences sonores non audibles, dont l'existence reste cependant encore à démontrer".

Mieux informer les riverains

A l'heure actuelle, la réglementation appliquée aux émissions sonores des éoliennes considèrent les bandes d'octave de 125 à 4.000 Hz. Les très basses fréquences et les infrasons, plus difficiles à mesurer, ne sont actuellement pas pris en compte. Dans ses conclusions, l'Agence souligne que "les résultats ne justifient ni de modifier les valeurs limites d'exposition au bruit existantes, ni d'étendre les fréquences sonores actuellement considérées dans la réglementation".

Elle recommande par contre de renforcer l'information des riverains lors de l'implantation de parcs éoliens. "En règle générale, l'état de santé de la population dépend en partie de son degré d'information et de participation dans la mise en place d'un projet d'aménagement dans son environnement proche", fait remarquer l'Anses. Elle recommande donc de transmettre les informations sur les projets de parcs éoliens le plus tôt possible et à un large périmètre et pas seulement aux communes sur lesquelles sera implanté le parc. Face aux foisonnement d'informations sur internet, parfois contradictoires et anxiogènes, l'Anses conseille de mettre à disposition du grand public un état des connaissances régulièrement actualisé.

Réactions3 réactions à cet article

 

Le problème des infra-sons reste une réalité très mal vécue par les victimes . Les nier ne sert qu'à donner à penser que le lobby éolien dicte les conclusions négatives.
On pourrait ,par analogie, déclarer aussi que les ultra-violets sont inoffensifs .

sirius | 31 mars 2017 à 12h32
 
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La puissance sonore est déjà mesurée avant la mise en service du parc (et après sa mise en service) vu que c'est un élément majeur de l'étude d'impact.

@Sirius, quand aux infrasons, l'étude ne les nie pas, elle avoue juste l'impossibilité a l'heure actuelle de reconnaitre un lien de causalité entre des infrasons et les problèmes de santé de certains riverains.
Qui plus est, ils relèvent l'effet nocebo, qui est également constaté sur le terrain. Combien de personnes se rendent elles-memes malades, tant persuadées qu'elles sont que les éoliennes vont leur pourrir la vie, alors que vous avez d'autres riverains plus proches des éoliennes qui eux, sans nier les entendre parfois, n'ont aucun de ces problèmes.

Bref, c'est une sujet complexe, et plus encore quand on s'informe auprès de certaines sources très orientées sur le net (coucou la FED !).

Enfin, personne ne nie que l'idéal est de donner le maximum d'informations, le plus tot possible au plus d'habitants possible. Ca se complique dans la pratique, du fait de la concurrence sauvage de certains opérateurs ou tout simplement parce qu'au début d'un projet les informations disponibles et fiables sont assez limitées.

RMG | 04 avril 2017 à 09h25
 
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Infra sons

Le constat de malaise provoqué par les infra sons est bien réel même si les études ne les confirment pas -encore-
Les promoteurs éoliens préfèrent récuser ces conséquences de leur machines en les qualifiant de sensations subjectives ,voire d'illusions des sens .
L'information telle qu'ils la conçoivent n'est qu'un ensemble de procédés de manipulation de l'opinion ,on le constate au fil des réunions qu'ils animent et même sur leur littérature professionnelle .
On les comprend ,les industriels de l'amiante ont procédé de la même manière en leur temps .

sirius | 05 avril 2017 à 10h27
 
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