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Le bruit du périphérique parisien dépasse les normes réglementaires

Selon les résultats d'une campagne de Bruitparif, les niveaux sonores du périph' parisien dépassent les seuils réglementaires quand aucune protection acoustique n'a été mise en place. Les mesures montrent un bruit important dès 5 heures du matin.

Risques  |    |  Rachida Boughriet  |  Actu-Environnement.com
   
Le bruit du périphérique parisien dépasse les normes réglementaires
© Urbanhearts
   
Le bruit est considéré comme l'une des premières nuisances en Ile-de-France. Dans cette région très urbanisée, l'exposition au bruit est en grande partie induite par les infrastructures de transport terrestre et aérien. Les sources industrielles participent également à la pollution sonore. Selon des études, plus de 500.000 habitants de Paris et de la petite couronne seraient exposés le jour à des niveaux sonores dépassant 70 décibels (dB(A)1) en façade d'habitation, seuil considéré comme point noir du bruit. Des enquêtes épidémiologiques menées en Ile-de-France ont mis en évidence les liens existants entre exposition au bruit des avions et certaines pathologies. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi des valeurs guides relatives aux effets spécifiques du bruit de la santé. À l'extérieur, les nuisances sont considérées comme gênantes à partir de 50 dB(A), dans les logements à partir de 35 dB(A), dans les chambres à coucher à partir de 30 dB(A)…

Sirènes, avertisseurs sonores, passages de véhicules 2 roues motorisés, freinage de poids lourds…, 270.000 véhicules empruntent chaque jour les 35 km du Boulevard Périphérique parisien. Tandis que 100.000 personnes vivent en bordure de cet axe routier qui relie la capitale à 21 communes limitrophes des Hauts-de-Seine, de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

Lancée en mars 2009, l'observatoire du bruit en Ile-de-France, Bruitparif, a publié le 19 janvier les résultats d'une campagne de mesure de bruit menée autour des 35 kilomètres que compte le Boulevard. Pendant un mois, 8 stations fixes ont ainsi enregistré ''24 h sur 24, seconde après seconde'' le bruit généré par la circulation en bordure du périphérique tandis que d'autres mesures étaient prélevées par un véhicule laboratoire qui a au total effectué une cinquantaine de prélèvements d'une heure. Soit un point tous les 700 mètres, souligne l'observatoire francilien du bruit.

D'après les résultats, les niveaux sonores tout autour du boulevard périphérique sont particulièrement élevés. Lorsqu'aucune protection acoustique n'a été mise en place, ils excèdent ''systématiquement'' les valeurs limites réglementaires de jour (soit 68 décibels en moyenne) comme de nuit (62 décibels de 22h à 6 h). L'étude évalue en effet ''entre 68 et 72 décibels pour la nuit et entre 75 et 79 décibels pour la journée'' les nuisances sonores, a alerté Bruitparif.

Un pic entre 6 et 7h du matin

Les mesures montrent un bruit important, dès 5 heures du matin et jusqu'à minuit. La période la plus bruyante se situe entre 6 et 7h du matin, tandis que la plus ''calme'' a été enregistrée entre 2 et 4 heures du matin mais la différence de niveau sonore entre ces deux créneaux n'est que de 6 dB(A). Le bruit le long du périphérique parisien était ainsi compris entre 70 dB (A) entre 3 et 4h du matin, et 75,3 dB (A) entre 6h et 7h du matin.

''Les heures les plus bruyantes ne sont pas forcément les heures de pointe du trafic'', a expliqué à l'AFP Fanny Mietlicki, directrice de Bruitparif, en précisant que ''le bruit varie davantage en fonction de la vitesse plutôt que du nombre de véhicules''. Elle souligne également qu'entre 6 et 7 heures, les véhicules circulent plus vite que dans la journée, quand le trafic est saturé.

Globalement, il y a peu de variations du bruit moyen selon les jours de la semaine. Les niveaux nocturnes peuvent être plus importants le week-end. Les riverains exposés en façade du boulevard périphérique, ne connaissent donc ''jamais de répit, ni la nuit, ni le week-end, ni même pendant les vacances scolaires'' durant lesquelles seule une diminution de 1 dB(A) en moyenne n' a été enregistrée.

Des mesures pour réduire les nuisances sonores

Aussi afin de limiter ces nuisances sonores, Bruitparif souligne l'efficacité des écrans acoustiques installés le long du périphérique qui ''apportent un gain d'environ 7 dB(A)'' en moyenne et précise qu'une baisse de 10 dB(A) correspond à une division par deux de la sensation auditive (''le bruit paraît deux fois moins fort''). Outre la multiplication des protections acoustiques, Bruitparif recommande d'améliorer les isolements de façades et de mettre en œuvre des enrobés phoniques.

D'autres moyens peuvent être également envisagés pour que ''le bruit ne constitue pas une fatalité'', souligne l'observatoire. Bruitparif explique que ''pour assurer la tranquillité des riverains, il s'agit en priorité de faire baisser le bruit nocturne''. Il propose de diminuer la vitesse autorisée ou d'encourager les conducteurs à ne pas dépasser 50 km/h la nuit. Selon Bruitparif, une réduction de la vitesse de 30 km/h la nuit permettrait ''au cours de cette période sensible'' de diminuer le niveau sonore d'environ 4 dB(A).

Une étude au service de la cartographie du bruit

Les résultats de cette campagne doivent permettre d'enrichir les cartes de bruit réalisées par les collectivités locales qui jouxtent le Boulevard Périphérique parisien en application de la directive européenne 2002/49/CE sur la gestion du bruit dans l'environnement ambiant. Rappelons que le texte impose l'établissement, tous les cinq ans, de cartes d'exposition aux bruits et l'adoption de plans d'action en matière de prévention et de réduction du bruit dans l'environnement, sur la base de ces cartes. Toutes les agglomérations de plus de 250.000 habitants devaient établir leurs cartes du bruit des infrastructures terrestres (air, fer, route) et des industries de leur territoire avant le 30 juin 2007 et des plans de prévention de l'exposition au bruit avant le 18 juillet 2008. Pour les autres agglomérations de plus de 100.000 habitants et pour les autres infrastructures de transport concernées, l'échéance a été fixée au 30 juin 2012 pour les cartes et au 18 juillet 2013 pour les plans de prévention.

Au total, 27 millions d'habitants sont concernés en France, répartis sur 58 agglomérations. Deux ans après la première échéance, en juin dernier, le ministère du Développement durable publiait une liste des cartes réalisées. Mais seule une vingtaine de communautés de communes avait réalisé et publié les cartes… La France accuse donc un retard dans l'élaboration de ces cartes et par conséquent pour l'élaboration des plans de prévention du bruit dans l'environnement (PPBE) qui doivent définir des objectifs de réduction du bruit et les moyens pour y parvenir.

Notes

1 - Le dB(A) est utilisé pour mesurer les bruits environnementaux. Il s'agit d'un décibel pondéré A qui constitue une unité du niveau de pression acoustique.

Réactions1 réaction à cet article

 
Information connue depuis des décennies

Il semblerait que certains veulent nous dire que c'est nouveau, c'est en effet hyper bruyant et extrèmement pollué. Tout le monde le sait depuis toujours.
Quelles sont les actions qui vont être mener pour résoudre ces deux problèmes?????????????????????

arthur duchemin | 22 janvier 2010 à 10h15
 
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