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Bruno Le Maire souhaite faire de la France « le leader mondial de l'hydrogène vert »

En septembre 2020, le gouvernement dévoilait sa Stratégie nationale de développement de l'hydrogène vert. Un an plus tard, il présente le bilan des dispositifs de soutien et sa vision sur l'avenir de la filière.

Energie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Bruno Le Maire souhaite faire de la France « le leader mondial de l'hydrogène vert »

« Notre ambition, elle doit être très simple : la France doit être le leader mondial de l'hydrogène vert. » Tel est le quatrième des quatre piliers de la stratégie énergétique française (avec le nucléaire, la réforme du marché européen de l'énergie et les énergies renouvelables, dans cet ordre), selon Bruno Le Maire. Le ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance s'est adressé en ces termes aux membres du Conseil national de l'hydrogène (CNH), réunis à Bercy, le jeudi 30 septembre, afin de dresser un premier bilan annuel de la Stratégie nationale de développement de l'hydrogène décarbonée (SNDHD). Dévoilée en septembre 2020, elle prévoit de consacrer, sept milliards d'euros de soutien public au déploiement d'une puissance d'électrolyseurs à hydrogène de 6,5 gigawatts (GW) d'ici à 2030.

 
L'hydrogène va nous permettre de remplir deux objectifs stratégiques qu'aucune autre forme énergétique ne nous permet de remplir  
Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, des Finances et de la Relance
 
« Je ne dis pas que l'hydrogène est la solution à tout, a complété Bruno Le Maire. Je dis juste que l'hydrogène va nous permettre de remplir deux objectifs stratégiques qu'aucune autre forme énergétique ne nous permet de remplir (…) : la décarbonation des industries (et) le transport de masse. » Le ministre mise en effet sur l'hydrogène, mais aussi sur le « mécanisme d'ajustement carbone aux frontières », pour décarboner les cimenteries et les aciéries. Par ailleurs, il entrevoit l'hydrogène comme la « parfaite solution » pour le train et même « l'avion totalement décarboné (…) pour des portées plus limitées de l'ordre de 1000 kilomètres, pour des avions avec une capacité d'emporte de 80 à 100 personnes ».

Près de 300 millions d'euros en 2021

Le gouvernement a présenté les premiers résultats des dispositifs de soutien mis en œuvre, dans cette optique. « À date, 286 millions d'euros ont déjà été engagés depuis le début de l'année, correspondant à un investissement total de 952 millions d'euros, indique le gouvernement dans un communiqué. D'ici la fin de l'année, 1,7 million d'euros supplémentaires devraient être engagés ou en passe de l'être. » Cette aide publique a été distribuée à 42 projets de recherche et développement dans le cadre d'appels à projets de filière du plan de relance (51 millions d'euros), mais aussi à des laboratoires de recherche (55 millions). Dans le cadre du Programme des investissements d'avenir (PIA), quatre régions – Occitanie, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes et Grand-Est – ont été accompagnées (à hauteur de 132 millions) dans l'acquisition de quatorze trains à hydrogène, à l'essai fin 2023.

 
Création d'un nouveau pôle français de recherche consacré à l'hydrogène L'aide publique du gouvernement, accordée à travers ses divers appels à projets, ne sera pas la seule à encourager la recherche d'innovations en matière d'hydrogène « vert ». Le 30 septembre 2021, la branche « Gas Power » de General Electric, GRT Gaz, l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris), la société McPhy et le réseau des universités de technologie françaises (qui regroupe les universités de Belfort-Montbéliard, de Compiègne et de Troyes) ont signé un mémorandum d'accord. Ce dernier vise à créer un pôle français de recherche et d'enseignement supérieur s'intéressant plus particulièrement à l'hydrogène comme carburant de centrales à gaz. « En associant des fleurons industriels français et des institutions académiques de premier plan, le mémorandum d'accord de recherche ambitionne d'accélérer l'innovation autour de l'hydrogène pour tous les usages, incluant les projets bas carbone pour la production d'électricité au gaz et les applications industrielles », déclarent les signataires du mémorandum dans un communiqué commun.
 
À travers des appels à projets de l'Agence de la transition écologique (Ademe), le gouvernement a aussi partagé 48 millions d'euros à dix projets « d'écosystèmes territoriaux d'hydrogène ». « Ce déploiement dans les territoires crée les premiers débouchés pour les industriels et fait émerger une infrastructure pour la mobilité, avec plus de 30 stations de recharge et environ 300 véhicules routiers (bus, bennes à ordures ménagères, véhicules utilitaires) à hydrogène à venir. » En outre, la France a prénotifié 15 projets de gigafactories de production d'électrolyseurs ou d'équipements pour la mobilité à la Commission européenne, au sein du Projet important d'intérêt européen commun.

Qui plus est, en parallèle de ce soutien public, plusieurs acteurs du secteur de l'hydrogène décarboné lui consacre désormais un nouveau fonds d'investissement mondial. Créé par EDF Pulse Ventures (le fonds d'investissement du groupe EDF), accompagné par Total Énergies, Air Liquide (tous deux, partenaires pour « décarboner l'hydrogène »), Vinci et Aéroports de Paris (ADP), ce fonds se dote déjà d'une enveloppe de 800 millions d'euros, vouée à grossir jusqu'à 1,8 milliard à l'avenir. Il permettra « de financer des projets d'une valeur totale de 15 milliards d'euros, ce qui en fera le plus grand fonds dédié à l'hydrogène décarboné dans le monde » énoncent les investisseurs dans un communiqué.

Se focaliser sur sept bassins industriels

   
Les sept bassins industriels majeurs pour l'hydrogène en France, selon le gouvernement. © France Hydrogène
 
   
Dans les années à venir, la SNDHD envisage de focaliser le développement de l'hydrogène dans « sept bassins industriels majeurs en France » concentrant 85 % de la demande potentielle du pays(voir ci-contre). À moyen-terme, elle prévoit de les relier par des infrastructures de transport dessinées dans le cadre de futurs « schémas multirégionaux de déploiement de la chaîne d'approvisionnement d'hydrogène. »

En amont, les ministères de la Transition écologique et de l'Économie comptent faire « évoluer la règlementation des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE), relative aux rubriques de la nomenclature ICPE traitant de la distribution, du stockage et de la production d'hydrogène ». Une première réunion de travail avec le syndicat France Hydrogène s'est déjà tenue, le 28 mai dernier, dans cette intention.

Réactions4 réactions à cet article

 

Comme toujours il nous faut mettre en balance les avantages et les inconvénients mais c'est probablement une piste à suivre.

Est-il réaliste de produire de l'hydrogène rapatrié par bateau avec des éoliennes loin du rivage ?

Sagecol | 05 octobre 2021 à 09h40
 
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L'hydrogène n'est pas une énergie mais un moyen de stockage qui en plus n'est pas très performant ... Bruno Lemaire n'a strictement aucune formation scientifique, les lobbys peuvent lui faire croire tout et n'importe quoi ... le véritable "petrole vert" c'est le méthane !

laurent | 05 octobre 2021 à 10h01
 
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on considère possible le rendement d'électrolyseurs d'hydrogène 70% et 50% la pile à combustible, ce qui fait un rendement hyper faible de 20 à 30%.
Ca me semble plus tenir du fantasme d'ingénieurs que du bon sens.
A moins de trouver un usage de l'oxygène produit pour rentabiliser, de l'ozone (o3) par exemple je ne suis pas chimiste, il doit bien éxister quelque chose.
pour moil'avenir est l'accu au graphène qui pourrait même vu le faible prix, faire partie des stocks de courant des bornes de recharge: intensité instantanée non dépendante du réseau en direct qui chargerait 24/24 7j/7 le container d'accus.

pemmore | 05 octobre 2021 à 13h17
 
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L'Oxygène est un élément oxydant... il peut donc, à mon sens, avoir son utilité à ce titre. Ne traite-t-on pas l'eau (potable) à l'ozone par exemple?

nimb | 06 octobre 2021 à 14h51
 
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