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Actu-Environnement

Ecophyto : l'épidémiosurveillance n'est pas adaptée à l'objectif de baisse de l'usage des pesticides

Un rapport du ministère de l'Agriculture s'interroge sur l'impact de la veille sanitaire en vue de réduire l'usage des pesticides : il apparait que l'outil développé par la France est inadapté à l'objectif politique fixé lors du Grenelle.

Agroécologie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Mardi 28 août 2012, le Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) du ministère de l'Agriculture a rendu public un rapport d'évaluation relatif à la surveillance épidémiologique des cultures dans le cadre du plan Ecophyto 2018 (axe 5 du plan). Le document d'une vingtaine de pages estime qu'en deux ans le déploiement de l'épidémiosurveillance est une réussite. En revanche, "un approfondissement des schémas de pensée sur le conseil en agriculture est à engager" pour atteindre l'objectif politique de réduction de 50 % de l'usage des phytosanitaires en France d'ici 2018. En effet, le rapport suggère que le déploiement de l'épidémiosurveillance seule ne suffit pas.

 
L'épidémiosurveillance La surveillance épidémiologique des cultures vise à "garantir aux professionnels et aux citoyens la qualité et la disponibilité de l'analyse du risque phytosanitaire" pour mieux adapter les traitements, rappelle le document.
Ce cinquième axe du plan Ecophyto 2018 se base en particulier sur un système d'information, le Bulletin de santé du végétal (BSV) partagé entre les différents acteurs, public et mutualisé, dont l'objectif est d'améliorer la prise de décision des exploitants agricoles en les incitant à ne traiter leurs cultures que lorsque cela est nécessaire.
 
La réalité n'est pas conforme à la théorie

Globalement, l'évaluation "a mis en évidence la réussite de l'organisation régionale de la surveillance biologique du territoire avec de multiples nuances", indique le rapport, ajoutant que le diagnostic partagé de l'état de santé des cultures, mis en place il y a deux ans et diffusé par le Bulletin de santé du végétal (BSV), "a rapidement acquis une forte notoriété".

Cependant, le rapport met en avant un aspect inquiétant : la seule approche technique, l'épidémiosurveillance, ne semble pas adaptée à l'objectif de réduction de l'usage des pesticides. En effet, le contraste entre le succès du déploiement des outils de surveillance biologique et le peu d'évolution des pratiques phytosanitaires soulève la question de l'intérêt de l'approche retenue par l'Etat. "L'approche théorique centrée sur les seuls aspects sanitaires montre ses limites", admet le rapport appelant à "un renouvellement de la réflexion sur le conseil et l'information en agriculture considérés dans leur globalité technique et économique".

Une remarque qui interroge sur l'efficacité de l'approche retenue par Ecophyto 2018 dans la lignée de la directive cadre de l'Union européenne adoptée en 2009 et prévoyant que les Etats membres "s'assurent (…) que les utilisateurs professionnels aient à leur disposition l'information et les outils de surveillance des ennemis des cultures et de prise de décision, ainsi que des services de conseil sur la lutte intégrée contre les ennemis des cultures".

Une surveillance inadaptée

Parmi les raisons expliquant le faible impact de l'outil, le rapport avance tout d'abord une inadaptation de l'outil à la réalité. "A l'évidence", l'épidémiosurveillance n'est pas axée sur les sujets prioritaires en vue de réduire l'usage des pesticides, déplore le rapport. En premier lieu, "les herbicides et les mauvaises herbes [sont] totalement absents de la surveillance biologique du territoire", alors que les herbicides sont "les principaux phytosanitaires utilisés (plus de 40 % du nombre de doses unités) et sources de l'essentiel de la pollution de l'eau". Ensuite, l'outil ne tient pas suffisamment compte du fait que les méthodes alternatives nécessitent souvent un suivi et une information plus préventive que les traitements phytosanitaires habituels. Un reproche qui vaut aussi pour le peu de prise en compte par zones des phytosanitaires problématiques et des bio-agresseurs à l'origine de leur usage. "Un volontarisme, ou une discrimination positive, vers ces sujets (mauvaises herbes et méthodes alternatives) sont indispensables pour une légitimité du dispositif au financement d'Ecophyto", insiste le rapport.

L'adaptation nécessaire de l'épidémiosurveillance est-elle en bonne voie ? Le rapport semble en douter fortement. "Prendre en compte les objectifs Ecophyto, au-delà du service « classique » de diagnostic sanitaire régional, est un vrai travail technique requérant du temps et des compétences", rappelle le document, déplorant dans la foulée que les compétences "sont, et seront, de moins en moins disponibles aux niveaux régional et national de l'Etat". En effet, le document rapporte que le Comité national d'épidémiosurveillance (CNE), le contrôle des Directions régionales de l'alimentation de l'agriculture et de la forêt (Draaf) et le suivi par les experts de la Direction générale de l'alimentation (DGAL) "ne (…) satisfont pas entièrement [le travail technique nécessaire], pas plus qu'ils n'apportent la consolidation nationale des données et de l'épidémiologie".

Une vision simplificatrice issue des années soixante

Quant à l'approche elle-même, elle se baserait sur "des pratiques réelles, trop souvent idéologisées". Le rapport critique notamment une démarche basée sur une "vision simplificatrice et planificatrice" axée sur deux présupposés : "la « bonne nouvelle » annoncée qui amènerait mécaniquement la pratique vertueuse et les bons effets globaux de réduction des pesticides", ou "la mauvaise nouvelle qui agirait inversement, focalise trop sur le conseil individuel phytosanitaire « isolé » du reste de l'univers agricole".

Pour illustrer cet aspect, le rapport, même s'il "ne peut pas vraiment conclure" sur l'impact du BSV, suggère un manque d'efficacité. Il souligne notamment que 72 % des agriculteurs s'appuient sur le BSV pour prendre leurs décisions mais qu'ils ne sont qu'un tiers à déclarer qu'il permet de réduire et/ou modifier les pratiques phytosanitaires. "L'épidémiosurveillance n'exprimera ses effets qu'avec un suivi des messages relayés par les conseils (Chambres, négoces, instituts, coops, etc…)", prévient le rapport.

Il s'agit donc de changer d'approche. "Le schéma des années soixante de la « cascade» recherche-expérimentation-formation-développement est clairement à reconsidérer en 2012", estime le rapport qui ajoute que "l'étude d'Arcadia [sur laquelle il s'appuie] remet à leur place certaines idées reçues qui privilégient à l'excès la relation avec le seul vendeur et sous-estiment la dimension globale de la relation entre l‘agriculteur et ses différentes sources de conseil, d'information et d'incitation économique". "Une piste de réflexion" consiste à distinguer le conseil instantané, c'est-à-dire "la relation directe avec le commercial [qui] sera toujours prépondérante en situation de demande de sécurisation par l'agriculteur", et "le conseil plus généraliste portant sur le système d'exploitation, la rotation et la préparation de la /des campagnes". Et de rappeler que "dans tous les cas la crédibilité du conseil ne se décrète pas".

Il est donc essentiel de replacer la décision phytosanitaire dans l'ensemble du processus agricole. "Il serait contre-productif pour [l'analyse du risque phytosanitaire] de revenir à une vision uniquement centrée sur le seul conseil phytosanitaire sans considérer l'ensemble de conseils et l'univers d'information et de décision technico-économique de l'agriculteur", prévient le document, ajoutant que "cet impératif est renforcé par un contexte national et international évolutif".

Réactions13 réactions à cet article

 

Ne prend-on pas les agriculteurs pour des idiots ?

Le bulletin de santé du végétal aide les agriculteurs au diagnostic, il est donc utilisé et a acquis la notoriété relevée par le rapport.

Mais avant qu'il existe, les agriculteurs surveillaient déjà leurs cultures en y passant sans doute plus de temps.

Disposant d''un diagnostic demandant moins de temps mais de qualité égale, on ne voit pas pourquoi les agriculteurs seraient conduits à modifier leurs pratiques concernant les traitements. Ces décisions sont prises toujours avec autant de rationalité.

Laurent Berthod | 05 septembre 2012 à 10h18
 
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L'objectif de réduction des risques est légitime. Une information et une formation globale des producteurs peut être utile dans ce sens. Distinguer le conseil ponctuel et le conseil global peut y contribuer.
A condition, comme l'écrit Laurent Berthod, de ne pas prendre les agriculteurs pour des idiots...

Mais c'est l'objectif intangible de réduction des volumes qui est une "vision simplificatrice" : c'est à la réduction des risques qu'il faut s'atteler. Et élaborer les indicateurs pour.

Tant qu'on en restera à ce seul objectif de réduction des volumes, on fera de la "théorie". Pire : de l'idéologie !

JFP | 05 septembre 2012 à 11h33
 
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Je suis pleinement d'accord avec JFP.

J'ajoute que pour élaborer une politique intelligente de réduction des risques, il faut que les pouvoirs publics travaillent avec les professionnels qui connaissent le sujet, et non pas avec les ONG environnementalistes, qui ne savent pratiquer que les slogans et l'idéologie.

Laurent Berthod | 05 septembre 2012 à 13h28
 
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Surveiller c'est bien, mais si on perpétue les mono cultures intensives qui se suivent d'année en année sur les mêmes parcelles, les prédateurs sont à la fête, le réfectoire est toujours alimenté, et c'est comme cela qu'on assiste à une avalanche de dérogations aux épandages aériens de pesticides. Où est la prévention? Où
sont les conseils sur les méthodes alternatives de lutte contre les prédateurs? (rotation des cultures, diversification, auxiliaires ....

Ya basta | 05 septembre 2012 à 13h55
 
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@Ya basta : vos préoccupations sont légitimes. Mais il me semble qu'il y a une confusion et une certaine méconnaissance de la pratique du conseil agricole actuel

Confusion : l'épandage aérien concerne surtout la vigne, le maïs doux et la banane. Concernant la vigne et la banane, c'est un problème de topographie qui amène à demander des dérogations. Concernant le maïs doux, il est difficile de faire accepter au consommateur que ne serait-ce qu'un épi sur 100 contienne un "ver". Même avec une rotation convenable, il faut alors passer avec du curatif à un stade avancé du maïs...

Méconnaissance du conseil : Comme l'ensemble de la société, les producteurs et leurs conseillers sont sensibles aux arguments environnementaux. De plus, ils ont, en général, une connaissance fine des parasites et des auxiliaires utilisables. Ils les utilisent quand c'est réellement utilisable et efficace.
Les preuves ne manquent pas : confusion sexuelle en vergers et arboriculture, lutte biologique intégrée en serres, champignons entomopathogènes, etc.
Il n'en demeure pas moins que :
1) les moyens "alternatifs", qu'on devrait appeler complémentaires, ont une portée limitée : cibles très précises, efficacité irrégulière, en particulier en cas d'attaques massives, etc.
2) les moyens alternatifs nécessitent une mise en oeuvre plus complexe. Il n'est pas toujours possible de surmonter cet obstacle : organisation du travail, problèmes logistiques...

Mais le conseil prend en compte tous ces points

JFP | 05 septembre 2012 à 18h04
 
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N’oublions pas que l’oligarchie lobbyiste (FNSEA, UIPP, agro-business...) avaient lors du grenelle de l’environnement de la France forte d’en haut tirer le frein à main contre les alternatives possibles aux pesticides de synthèse pétrochimique en résument le plan Ecophyto 2018 comme " si possible ". Donc rien d’étonnant avec ce énième rapport !!!
Il aurait été plus intéressent de soulever les questions qui dérangent comme :
- Quels sont les crédits publics dégagés pour la recherche fondamentale indépendante dans les alternatives aux pesticides pétrochimique par rapport au curatif !
- dans la recherche agronomique avec des institutions publiques indépendantes des lobbys et politiciens véreux (agro-écologie, permaculture, biologique, conservation, Préparation Naturel Peu Préoccupante…) à Haute Valeur Environnementale.
Et cerise sur le gâteau, un COMPTES RENDUS DE LA MISSION D'INFORMATION SUR LES PESTICIDES en date du 22 mai 2012 qui indique que les alternatives existent depuis longtemps malgré des moyens très limités imposés par les politiciens véreux aux ordres des lobbys :

- http://www.senat.fr/compte-rendu-commissions/20120521/mci_pesticides.html

Eau Pure | 05 septembre 2012 à 21h30
 
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Une fois de plus je suis pleinement d'accord avec JFP.

A son assertion : "Même avec une rotation convenable, il faut alors passer avec du curatif à un stade avancé du maïs...", j'ajouterai seulement, pour que cela soit bien clair, qu'à un stade avancé du maïs, il n'est plus possible de passer le tracteur pour épandre.

Laurent Berthod | 05 septembre 2012 à 22h17
 
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@Eau Pure
Votre conception complotiste des faits pourrait prêter à sourire si ce n'était pas si triste...
Vous écrivez "politiciens véreux aux ordres des lobbys"
Un tel procédé vous évite de répondre sur le fond
Un tel procédé consiste à piéger le débat : soit on est d'accord avec vous malgré la faiblesse des arguments, soit on est en désaccord et alors on est forcément "véreux", "lobby", bref à rejeter par principe et sans argument.

Sur le fond : dire qu'aujourd'hui il n'y a pas de fond sur les moyens alternatifs, ou pour encourager le bio est une contrevérité flagrante !

JFP | 06 septembre 2012 à 12h34
 
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Merci à Laurent et à JFP de relever le niveau. L'agriculture soufre excessivement du fait que nous sommes tous concernés. La rationalité du débat en souffre mais le débat a lieu malgré les sempiternels anti-lobbies, dont l'obsession du complot confine au ridicule.

Albatros | 06 septembre 2012 à 15h59
 
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Changer de thermomètre fait très rarement baisser la fièvre:
Bravo pour l'adhésion de la profession agricole au BSV. J'espère que les autres actions du plan Ecophyto permettront le développement de techniques plus durables dont certaines rappellons le existent depuis des décennies mais sont boudées ou détournées des buts initiaux (modélisation des risques liés aux champignons parasites, mélanges variétaux,...). Il paraït nécessaire de changer de paradigme en terme de conseil, mais n'est-ce pas aussi difficile que de réformer un système bancaire pourtant bien défaillant. Notre phyto-dépendance française est encouragée par un conseil agricole fortement lié aux organismes distributeurs. La RGPP a récemment conduit au sabordage du service de la protection des végétaux, qui délivrait un message équilibré et reconnu, et à l'émiéttement d'une expertise totalement indépendante de la vente. Il faut se donner les moyens d'arrêter les traitements de confort et d'assurance et de réduire les interventions en réduisant les risques phytosanitaires. Mais ne devons nous pas envisager aussi de tout faire pour limiter les risques de transferts hydriques et aériens des pesticides? D'autant que cela permettrai de mieux préserver la fertilité de nos sols, fertilité qui est vraissemblablement l'une de principale richesse d'avenir de la France. Dans un contexte de prix élevés des produits végétaux, les conduites bas intrants sont moins "sexy", un volontarisme consensuel parait donc nécessaire.

Guy Le Hénaff | 07 septembre 2012 à 19h35
 
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@JFP

-" Votre conception complotiste des faits pourrait prêter à sourire si ce n'était pas si triste..."

Je comprend que vous soyez triste, c'est toujours pour vous difficile d'argumenter quand des chercheurs vendus sont découvert par l'opinion publique par l'intermédiaire de la presse grasse à des citoyens indignés !

Le plus savoureux pour moi, c'est cette personne : https://www.actu-environnement.com/ae/news/efsa-conflits-interets-ogm-diana-banati-15643.php4



Vous écrivez "politiciens véreux aux ordres des lobbys"
Un tel procédé vous évite de répondre sur le fond
Un tel procédé consiste à piéger le débat : soit on est d'accord avec vous malgré la faiblesse des arguments, soit on est en désaccord et alors on est forcément "véreux", "lobby", bref à rejeter par principe et sans argument.

Sur le fond : dire qu'aujourd'hui il n'y a pas de fond sur les moyens alternatifs, ou pour encourager le bio est une contrevérité flagrante !

Eau Pure | 25 septembre 2012 à 22h18
 
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@JFP
" Vous écrivez "politiciens véreux aux ordres des lobbys"
Un tel procédé vous évite de répondre sur le fond "

Y'a pas besoin de répondre sur le fond; l'actualité s'en charge elle même : http://blogs.mediapart.fr/blog/marie-blandin/300712/ete-2012-le-senat-rate-la-marche-de-la-transparence-sur-les-pesticide

Eau Pure | 25 septembre 2012 à 22h27
 
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" Sur le fond : dire qu'aujourd'hui il n'y a pas de fond sur les moyens alternatifs, ou pour encourager le bio est une contrevérité flagrante ! "

Bonne lecture indigeste de la part de paysans éthiques :

- Orienter la recherche vers les techniques favorables à la préservation de l’environnement

La recherche doit s’intéresser à l’agriculture biologique : variétés résistantes, techniques de luttes contre les mauvaises herbes (guidage GPS, caméras optiques), développement de solutions alternatives efficaces aux produits phytopharmaceutiques et aux médicaments vétérinaires. A cet égard, la CR a été très intéressée par les travaux sur les mélanges de semences d’une chercheuse de l’INRA, Claude Pope, qui peuvent induire dans certains cas une forte baisse d’utilisation de produits phytos. Hélas, ces travaux restent lettre morte auprès des instituts techniques et du ministère, sans doute l'effet de lobbies de l'agrochimie, des semences ou de représentants agricoles majoritaires méfiants... Mais les plus réticents finissent eux aussi par admettre la montée en puissance d’une agriculture durable, recentrée sur l’agronomie, préservant la matière organique des sols avec l’adoption de couverts végétaux et de cultures associées.

Eau Pure | 25 septembre 2012 à 22h49
 
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