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Les secteurs ''verts'' enregistreraient une baisse des emplois

La création d'emplois verts ralentie depuis 2009 ? C'est en tout cas l'analyse que dresse le cabinet de veille Trendeo. Une tendance qui se confirmerait début 2011, après des suppressions de postes liées à ''l'effondrement de la filière solaire''.

Gouvernance  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com
   
Les secteurs ''verts'' enregistreraient une baisse des emplois
   

Les filières ''vertes'' prometteuses seraient-elles déjà en perte de vitesse ? Les emplois dans ces secteurs, ''encore émergents,'' enregistrent une tendance à la baisse amorcée depuis mi-2009, d'après les chiffres de l'Observatoire de l'Investissement de la société Trendeo publiés le 27 avril. Ce ralentissement marqué en 2009 avait déjà été observé par le Service d'observation et statistiques (SOeS) du Ministère de l'Ecologie, dans une note parue en janvier 2011.

Dans son Observatoire, le cabinet de veille a passé au crible 9 secteurs ''verts'' : solaire, éolien, recyclage et dépollution, écoconstruction et biomatériaux (plastiques et composites végétaux), méthanisation et biomasse, bois-énergie, biocarburants (à base d'algues ou de céréales), pompes à chaleur géothermiques et aérothermiques et véhicules électriques (vélos, camions ou automobiles).

Plus de 11.600 emplois nets créés en 2009-2010

Résultats : si Trendeo a recensé 7.240 emplois nets créés en 2009 dans ces éco-filières, seuls 4.383 emplois nouveaux ont été enregistrés en 2010. Soit -40% en un an ! 1.609 postes ont néanmoins été supprimés courant 2009-2010, note le cabinet.

   
Solde net des emplois créés ou supprimés de janvier 2009 à mars 2011 © Trendeo
 
   

Outre la crise économique, ce recul en 2010 s'explique principalement par une baisse de 85% des emplois créés dans l'éolien (par rapport à 2009) et dans le solaire thermique et photovoltaïque (-50%), rappelle David Cousquer, directeur de Trendeo. Les emplois liés au secteur éolien terrestre (fabrication de matériel et de production et d'exploitation) ont été divisés par ''un facteur proche de dix, en une année''. Seuls 166 emplois nets ont été créés alors que des projets ''ont été freinés", indique le cabinet. Ce que craignaient les professionnels du secteur depuis notamment le classement en mai 2010 sous le régime des installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) des éoliennes dans la loi Grenelle 2. Autre mesure votée dans la loi et pouvant rendre plus difficile leur implantation: l'interdiction d'une éolienne à moins de 500 mètres d'une zone destinée à l'habitation.

Deux autres secteurs ''verts'' connaissent également une baisse de moitié des embauches en 2010 : les filières ''écoconstruction et biomatériaux'' (-51,5% par rapport à 2009) et la ''méthanisation et biomasse'' (-49,2% par rapport à 2009). S'agissant des autres filières : les PAC ont généré 0,3% d'emplois nets en 2010, les biocarburants (0,6%) et le bois chauffage (8,4%) .

L'emploi plombé en 2011 par le photovoltaïque ?

Concernant le solaire : le nombre de création d'emploi est passé de 3.258 à 1.640 en 2010 alors que le photovoltaïque avait déjà connu deux baisses successives de son tarif d'achat l'an dernier. Ce recul se confirme déjà ce premier trimestre 2011, après l'impact du moratoire de 3 mois dans le secteur PV qui connaît une nouvelle chute de son tarif d'achat depuis mars.

"Ce premier trimestre a vu Photowatt annoncer 95 suppressions d'emplois à son site de Bourgoin-Jallieu tandis que la société de panneaux solaires Aehlios, a été liquidée, entraînant la suppression de 120 emplois", cite l'étude. Le projet d'investissement de First Solar à Blanquefort est aussi gelé alors qu'il devait entraîner la création de 300 emplois, rappelle Trendeo.

Or, l'association professionnelle solaire Enerplan estime que près de 25 000 emplois sont menacés en France depuis le nouveau dispositif de soutien gouvernemental.''L'effondrement de la filière solaire, qui était le premier moteur des créations d'emplois depuis 2009'' entraîne une perte des embauches générées par les filières vertes, selon l'observatoire. Résultats : 173 emplois ont déjà été supprimés en mars 2011 dans ces secteurs.

''Si ce nombre est encore faible, il s'inscrit dans une tendance de baisse régulière et continue'', prévient le cabinet alors que le Boston Consulting Group (BCG) chiffrait en juin 2009 une création de 600.000 emplois ''verts'' d'ici 2020 via le Grenelle (dont la moitié dans le bâtiment). On en est encore très loin…

Recyclage et dépollution : des filières créatrices d'emploi

En revanche, les activités de recyclage et de dépollution continuent à créer des emplois (+ 23,8% en 2010), avec même une légère progression au premier trimestre 2011, précise Trendeo.

Autre secteur prometteur, celui des véhicules électriques qui a connu une hausse de 145% de créations d'emplois en 2010 (soit 638 postes l'an dernier contre 260 en 2009). Alors que les constructeurs automobiles livreront dès cette année leurs premières voitures tout électriques, ces emplois devraient ''croître dans les années à venir, au fur et à mesure que le marché se développera'', projette le cabinet. Quant à l'éolien, le développement de la filière éolienne en mer ''pourrait notamment faciliter un redémarrage'', selon Trendeo qui attend les  résultats de l'appel d'offres offshore, lancé en mai de 3GW en 2015. Pour rappel, le gouvernement promet plus de 10.000 emplois directs créés à l'horizon 2020 dans cette filière. A suivre…

S'agissant du solaire, ''certains acteurs maintiennent leur confiance dans son développement'', indique cependant David Cousquer. ''La société France Panneaux Solaires recrutera une soixantaine de téléprospecteurs à Vannes. Ce dernier exemple montre que la filière solaire n'a pas disparu'', souligne-t-il.

Réactions1 réaction à cet article

 

En France, les bonnes décisions en matière énergétique ne sont pas prises.
En effet, le coût réel des centrales nucléaires est très fortement minimisé. On ne tien aucun compte des démantèlements à venir.
On soustraite de plus en plus la maintenance car les outils vieillissent et sont sujets à risques que EDF ne veut pas prendre.
On fabrique de la centrale EPR alors même que le Thorium est sur le point d'arriver sur le marché et est 200 fois supérieur à l'uranium en qualité de valeur fossile et de quantité incomparable.

A cela il faut y ajouter les éoliennes qui ne gênent à mon avis en rien dans l'esthétique d'un paysage dès lors qu'elles sont une douzaine maxi par site. Ce que EDF veut justement faire interdire (EDF souhaite des fermes d'éoliennes qui elles, en regrouperaient beaucoup plus et qui elles, dégraderaient le paysage).

A cela il faut y ajouter l'énergie hydraulique qui peut si l'on est beaucoup plus raisonnables sur les retenues (grandeur des barrages) être multiplier par 8 au moins en France.

Ce n'est pas tout, notre sous-sol, s'il était foret avec un matériel performant, dans le but final de chauffer de l'eau, pourrait à lui seul assurer le chauffage de la totalité des immeubles de France.

Pour le photovoltaïque je suis sur une position d'attente, car les matériels mis en œuvre ne sont pas encore performant : captation 1 couleur de rayonnement au lieu 3 minimum pour assurer une bonne restitution donc rentabilité de l'installation.

Enfin, en mati

patrick4263 | 30 avril 2011 à 05h07
 
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