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Les cancers d'origine professionnelle en progression continue depuis 2003

L'Assurance maladie – Risques professionnels vient de rendre publics les chiffres de la sinistralité 2010 en matière d'accidents du travail et de maladies professionnelles. Focus sur les cancers d'origine professionnelle.

Risques  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
   
Les cancers d'origine professionnelle en progression continue depuis 2003
   

L'analyse de la sinistralité 2010 confirme les grandes tendances observées depuis une dizaine d'années, indique l'Assurance Maladie – Risques professionnels (AM-RP) selon les chiffres communiqués le 1er décembre. C'est-à-dire un faible indice de fréquence des accidents du travail, stable en 2010 par rapport à 2009, une hausse des accidents de trajet, et une croissance moindre des maladies professionnelles (+ 2,7 % en 2010, contre + 5% en moyenne des trois dernières années).

Les cancers d'origine professionnelle connaissent toutefois une progression continue depuis 2003, même si l'année 2010 enregistre une légère diminution par rapport à l'année précédente.

Les cancers professionnels en hausse de 40% depuis 2003

Sur la période 2003-2009, le nombre de cancers professionnels a progressé de 40%. En moyenne, sur les cinq dernières années, près de 1.700 cancers professionnels sont reconnus chaque année.

Les cancers font partie des quatre risques visés prioritairement par le programme national de prévention 2009-2012 de l'Assurance maladie.

"L'objectif est de soustraire 100.000 salariés au risque de cancers professionnels d'ici à fin 2012, avec l'aide des médecins du travail. Il s'agit d'accompagner les entreprises dans l'identification du risque et de trouver des solutions concrètes de substitution des produits, ou à défaut de réduction des expositions", précise l'AM-RP.

Fin 2010, 500 entreprises avaient mis en œuvre une action de prévention. "Plus de 13.000 salariés ne sont ainsi plus exposés au risque de cancers professionnels. Il s'agit principalement de pressings et d'entreprises effectuant du traitement de surface, de l'usinage des métaux, de la mécanique et de l'ameublement", ajoute l'Assurance maladie.

Mais, si l'année 2010 enregistre une diminution de 3,3% des cancers professionnels par rapport à 2009, cette baisse est due exclusivement à celle des cancers liés à l'amiante, car les autres cancers connaissaient en revanche une hausse sensible.

Baisse de 6% des cancers liés à l'amiante

Depuis 2007, le nombre de maladies professionnelles liées à l'amiante décroît sensiblement par rapport aux années précédentes. "Cette baisse s'explique par la réduction du nombre de cas de plaques pleurales et abestoses ainsi que des tumeurs malignes et mésothéliomes qui diminuent significativement pour la première fois", indique l'Assurance maladie.

Les cancers liés à l'amiante sont effectivement en diminution de 6% entre 2009 et 2010.

Mais la part des cancers liés à l'amiante dans l'ensemble des cancers professionnels continue d'être prépondérante : elle représente 87% des cas de cancers sur la période 2003-2010.

Les cancers de l'amiante se répartissent sur la période 2003-2009, pour 36%, entre les "affections professionnelles consécutives à l'inhalation de poussières d'amiante" (tableau n° 30 des maladies professionnelles) et, pour 64%, les "cancers broncho-pulmonaires provoqués par l'inhalation de poussières d'amiante" (tableau n° 30 bis des maladies professionnelles).

Hausse de 15,6% des autres cancers

Hors amiante, les autres cancers ont augmenté de 15,6 % de 2009 à 2010.

Les trois tableaux de maladies professionnelles les plus représentés sur la période 2006-2010 sont les tableaux n° 47, 4 et 16.

Le tableau n° 47 lié aux poussières de bois ressort essentiellement pour des cancers primitifs de l'ethmoïde et des sinus de la face, avec une moyenne annuelle de 72 cancers en première indemnisation. Le tableau n° 4 lié au benzène est représenté par des leucémies dans plus de deux tiers des cas et des syndromes myéloprolifératifs dans un quart des cas, avec une moyenne annuelle de 38 cancers.

Le tableau n° 16 bis lié aux goudrons de houilles, huiles de houille… ressort avec des tumeurs malignes de la vessie dans 60% des cas et des cancers broncho-pulmonaires dans un peu moins de 30% des cas, avec une moyenne annuelle de 35 cancers. Une augmentation de 109% des cas de tumeurs malignes de la vessie a été constatée en 2010. Elle fait suite à une expérimentation sur le repérage de ces cancers lancée en 2008 en Normandie, Nors-Pas-de-Calais et Picardie, et étendue à d'autres régions courant 2010.

Réactions5 réactions à cet article

 

Charlie Chaplin a dit : Renonçant à être, nous nous sommes restreints à faire. En voici un pathétique résultat.

josenature | 02 décembre 2011 à 17h45
 
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Merci pour cette information.

Un chiffre du nb de cas de cancers professionnel déclarés aurait été un plus et donnerait une idée plus précise au lecteur de l'ampleur du phénomène

ASTER Diagnostics | 05 décembre 2011 à 12h10
 
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Je pense que la diminution du nombre de cancer de l'amiante en 2009 est illusoire et que le nombre de cancer va dans les prochaines années augmenter, car de tous les immeubles ERP et IGH confondus, mal ou imparfaitement désamiantés, le risque est devenu plus important qu'avant que l'on vienne "chatouiller"l'amiante en place. Conséquence : TOUS LES OCCUPANTS sont maintenant exposés.

L'oeil d'Horus | 08 décembre 2011 à 07h58
 
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les cancers imputables au travail sont largement sous estimés : tres tardifs par rapport aus expositions,les soignants n'ont pas la vocation ni le temps d'enqueter sur le passé professionnel , les medecins traitants ont rarement le reflex de demander une reconstitution de carrière, dont seuls les medecins du travail auraient des éléments importants ,mais ceux ci sont exceptionnellement tenus au courant ,dans les PME, car non reprise du travail ,deces ,et surtout en dehors des causes classiques , amiante , benzeniques .... les expositions sont souvent multiples ,successives chez un m^me salarié , mal repertoriées , malgré reglementation CMR , opacité par appel à la soustraitance ,dont le suivi medical n'est pas adapté , nomadisme ....le manque de communication entre medecins preventeurs et soignants ,les enquêtes Cram actuellement basées sur informations par l'entreprise ,se passent du recueil de l' avis du MDt.... ajouter un parcours du combattant tres dissuasif si cancer non inscrit dans un tableau ....confusion orchestrée entre cancers environnementaux , tabagisme , et profession , intriqués , la majorité des cancers sont d'origine plurifactorielle professionnelle ,sur predisposition génétique probable , virale associée ?? et donc non reconnus .... necessité d'enquêtes approfondies et meilleure communication entre soignants et preventeurs ...

MDT malalaise | 09 janvier 2012 à 08h51
 
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Tout à fait d'accord avec "MDT malalaise" son commentaire est très intéressant, il résume parfaitement la situation aujourd'hui, même s'il ne faut pas le nier, la situation de prise en charge est meilleure qu'avant. Il reste un travail colossal et pluridisciplinaire !!!
La nouvelle réglementation amiante à paraître courant 2012 nous permettera d'être encore plus "sévère" faut il encore que les collectivités et entreprises suivent. Pour plus d'info, consulter la DGT 2011/10 du 23 Novembre 2011. Bonne lecture...

Préventeur | 10 janvier 2012 à 08h42
 
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