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Actu-Environnement

Les altermondialistes réunis au contre-sommet de Cancon

Dans le cadre de l'appel "Mille Cancúns pour une justice climatique!", lancé par la Via Campesina, s'est tenu le contre-sommet de Cancon (Lot-et-Garonne) afin de débattre des propositions environnementales du mouvement altermondialiste.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

À l'occasion de la conférence de la Conférence-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) qui se tient à Cancún (Mexique) jusqu'au 10 décembre, la Via Campesina organise Mille Cancúns pour une justice climatique!. L'appel est relayé par le collectif international Climate Justice Now et, en France, par l'Association pour la taxation des transactions financières et pour l'action citoyenne (ATTAC), les Amis de la Terre, la Confédération Paysanne et Bizi!.

Dans son appel, la Via Campesina estime que "La COP 15 à Copenhague a démontré l'incapacité des gouvernements à s'attaquer aux réelles causes du chaos climatique actuel" et que "les négociations sur le climat ressemblent de plus en plus à un énorme marché." Via Campesina appelle donc à "l'application de mille solutions [issues] de la société civile" et l'établissement d' "engagements clairs et contraignants pour réduire drastiquement les émissions de gaz et changer radicalement leurs modes de production et de consommation." Rappelant la tenue de la Conférence des peuples sur le changement climatique de Cochabamba (Bolivie), l'organisation paysanne demande à la CCNUCC "de reprendre à son compte" les propositions adoptées Cochabamba et "de rejeter toutes solutions fausses."

Rejet des outils financiers du protocole de Kyoto

Tout d'abord, la Via Campesina s'oppose à l'initiative de Réduction des émissions liées à la déforestation et de la dégradation des forêts dans les pays en développement (REDD+). Elle estime en effet que la protection des forêts est "une obligation de tous les gouvernements" et qu'elle ne doit pas servir "d'excuse pour que d'autres pays et entreprises puissent continuer à polluer et à planter des monocultures." En lieu et place, le mouvement paysan propose que "les droits territoriaux et culturels des peuples autochtones et des paysans [soient] explicitement reconnus dans tout accord sur le climat."

Le rejet de la géo-ingénierie, c'est-à-dire les techniques visant à modifier le climat afin de contrer le réchauffement climatique, est la deuxième revendication de la Via Campesina. Elle considère que ces technologies "entraînent uniquement de nouveaux problèmes ingérables" et que ce "n'est qu'un exemple parmi d'autres de la façon dont les transnationales cherchent à jouer avec l'avenir de la planète et de l'humanité afin de générer de nouvelles sources de profit."

Sur le plan financier, le mouvement paysan s'oppose aux systèmes d'échange de quotas d'émission de gaz à effets de serre (GES) et au Mécanisme de développement propre (MDP). Il considère que "le marché du carbone s'est avéré extrêmement lucratif en termes de création de dividendes pour les investisseurs mais a complètement échoué à l'heure de réduire les émissions de GES." Toujours sur le plan financier, il rejette "toute participation de la Banque mondiale à la gestion des fonds et des politiques ayant trait au changement climatique."

S'agissant des propositions, la Via Campesina s'appuie sur "des recherches [qui] ont démontré que les paysans et les peuples autochtones peuvent réduire de 75% les émissions globales actuelles en récupérant les matières organiques du sol, en remplaçant la production industrielle de la viande par une production alimentaire diversifiée à petite échelle, en développant les marchés locaux, en stoppant le déboisement et en pratiquant une gestion intégrée de la forêt." Pour le mouvement paysan, il s'agit de s'appuyer sur l'agriculture familiale et paysanne, qui "non seulement contribue positivement à l'équilibre du carbone de la planète, mais permet également de créer de l'emploi pour 2 milliards 800 millions de personnes." Il s'agit notamment de réduire les émissions de GES et de combattre la crise alimentaire actuelle. Pour cela il appelle, entre autres, au respect du droit à la terre, de la souveraineté alimentaire, de l'accès à l'eau et du droit d'utiliser, conserver et échanger les semences.

Le contre-sommet de Cancon met en avant les initiatives locales

En France, l'appel de la Via Campesina a donné lieu à un contre-sommet sur le Climat à Cancon (Lot-et-Garonne) organisé le samedi 4 novembre avec pour slogan "Changer le système pas le climat, de Cancún à Cancon pour une transition écologique".

Il visait tout d'abord à "rendre visibles les luttes et expériences, qui, au niveau local, répondent à la crise écologique et climatique." Le deuxième but poursuivi par la rencontre était la construction d'un "mouvement pour la justice écologique" à partir d'expériences concrètes. Enfin, les débats portaient aussi sur "les fausses solutions (nucléaire, agrocarburants, etc.) posent de nombreux problèmes environnementaux sans contribuer à la baisse des émissions."

S'agissant de la mobilisation citoyenne, le contre-sommet cherchait à mobiliser les mouvements sociaux dans la perspective de la conférence de le CCNUCC qui se tiendra en décembre 2011 à Durban (Afrique du Sud) et du sommet de la Terre en 2012. Sur le plan national, la mobilisation concernait le G20, organisé en France en novembre 2011.

Le député européen José Bové (Europe Ecologie) et la secrétaire nationale d'Europe Ecologie - Les Verts, Cécile Duflot, ont participé à la rencontre de Cancon. Ils ont notamment regretté le désengagement des chefs d'Etats. "Il y a un an […] tous les chefs d'Etat étaient [à Copenhague] et c'était la bousculade pour savoir qui allait sortir la belle phrase" a indiqué José Bové, selon l'AFP, ajoutant qu' "à l'arrivée il n'y a rien eu car les égoïsmes nationaux, surtout des pays riches, sont passés sur le devant et à Cancun on va sur un deuxième échec." Pour Cécile Duflot, les négociateurs réunis à Cancún "sont dans un jeu de poker avec des mandats donnés par leurs états, notamment pour l'Union européenne, qui ne leur permettent pas d'avancer."

Au-delà de la rencontre organisée à Cancon, d'autres événements ont eu lieu en France samedi 4 décembre dont, notamment, une vélorution organisée à Paris sous le slogan "voitures individuelles = problèmes collectifs". Mardi 14 décembre se tiendra une soirée bilan de la Conférence de Cancún à la mairie du 10e arrondissement de Paris. Organisée par le Réseau action climat, 4D, la Coordination Sud et Une planète une seule, le débat rassemblera des représentants de la société civile et un membre de la délégation officielle française.

Réactions2 réactions à cet article

 

ce qui est fou c'est le désengagement des chefs d'état par rapport a copenhague! plus on avance vers le réchauffement plus on recul politiquement. drole de tactique

lionel | 07 décembre 2010 à 08h58
 
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Cet article ainsi que celui de Pierre RABHI la semaine dernière laisse place à des réflexions pertinentes avec un brin d'humanisme...Merci à Actu-environnement d'avoir permis le temps de parole à des mouvements alter-mondialistes.

Harvey | 14 décembre 2010 à 10h35
 
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