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Captage et stockage carbone : l'Agence internationale de l'énergie veut démultiplier les investissements

L'Agence internationale de l'énergie a réuni les leaders de l'énergie et les représentants des pays les plus émetteurs pour accélérer les investissements dans le captage et stockage carbone. 60 milliards de dollars sont nécessaires d'ici 2025.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

"Le sous-investissement dans le captage et le stockage du carbone (CSC) est profondément préoccupant. Nous savons que nous devons relever un défi sans précédent dans la réalisation des objectifs climatiques. Sans CSC, ce défi sera infiniment plus grand", a déclaré Fatih Birol, le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). C'est pourquoi l'agence a réuni, le 7 novembre, un sommet de haut niveau avec les représentants des principaux pays émetteurs ainsi que des poids lourds de l'énergie. L'objectif est de donner une impulsion aux investissements dans le CSC.

 
La principale barrière [au] déploiement [du CSC] n'est pas technologique, mais politique et commerciale  
AIE
 
Selon l'AIE, en 2016, seulement 0,1% des investissements mondiaux dans l'énergie bas carbone a été orienté vers le CSC. Soit 1,2 milliard de dollars, contre 297 Mds$ dans les énergies renouvelables et 231 Mds$ dans l'efficacité énergétique. Ces investissements sont largement insuffisants au regard des enjeux climatiques, souligne l'AIE. Soixante milliards de dollars sont nécessaires d'ici 2025 pour lancer cette technologie et abaisser ses coûts. L'agence rappelle que 760 gigatonnes de CO2 doivent être évitées dans le seul secteur énergétique d'ici 2060, soit l'équivalent des trente années les pires en termes d'émissions. Dans son scénario pour limiter le réchauffement climatique à 2°C, le CSC contribue à 14% des efforts de réduction des émissions, contre 35% pour les ENR et 40% pour l'efficacité énergétique. "La principale barrière à son déploiement n'est pas technologique, mais politique et commerciale", analyse l'AIE.

17 sites CSC et de nombreux projets en construction

Aujourd'hui, 17 sites sont équipés de CSC, dont dix ont été mis en service au cours des cinq dernières années, notamment dans la production d'électricité au charbon, le traitement des sables bitumineux et la production d'acier. "Alors que les Etats-Unis ont été des pionniers du CSC et continuent à être leaders, notamment avec la mise en service récente des projets de Petra Nova et d'Illinois Industrial, les projets sont désormais beaucoup plus diversifiés. Un véritable effort mondial est en cours", note l'AIE. Des projets sont en construction en Australie, au Brésil, au Canada, en Chine, en Arabie saoudite, aux Emirats arabes unis et en Norvège. D'autres, à plus petite échelle, sont également lancés en Corée, en Europe, en Indonésie, au Japon et au Mexique.

A ce jour, plus de 80% des investissements réalisés proviennent du secteur privé, bien que les pouvoirs publics aient joué un rôle croissant ces dernières années. Or, pour accélérer le déploiement du CSC, l'AIE estime qu'il est nécessaire de compter sur un plus grand soutien public. Cela passe par la mise en place de politiques incitatives, d'un revenu pour le CO2 capturé, d'une expertise sur le stockage, d'une taxe carbone spécifique ou de normes d'émissions et d'une réglementation limitant les risques. L'AIE rappelle que, pour un projet développé ces dernières années, deux ont été abandonnés, faute d'un cadre favorable. Développer les débouchés et réduire les coûts en déployant des infrastructures de stockage et de transport (notamment des réseaux) apparait primordial, estime l'agence.

Créer des débouchés pour le CO2 capturé

"La conversion du CO2 en produits commerciaux de valeur et accessibles pourrait créer de nouvelles opportunités de revenus pour les installations de CSC", analyse l'AIE, qui estime la demande mondiale en CO2 à environ 200 millions de tonnes par an. La production d'urée, de boissons gazeuses, le traitement de l'eau et les procédés pharmaceutiques font partie des débouchés actuels. "Les nouveaux marchés ou les marchés en croissance pourraient inclure l'utilisation du CO2 comme matière première ou comme fluide de travail dans certains processus (y compris dans la production d'électricité), la conversion en polymères ou carbonates, le durcissement du béton et la carbonatation minérale", indique l'AIE. Des travaux de R&D planchent également sur la possibilité de transformer le CO2 en carburants de transport.

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