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Un car qui roule grâce au marc de raisin, en toute légalité

Le carburant ED 95 séduit. Peu polluant, homologué pour les camions et les bus, ce biocarburant issu du marc de raisin est produit localement. Des attraits qui ont conduit la région Occitanie à ouvrir une nouvelle ligne avec un premier car spécifique.

Reportage vidéo  |  Transport  |    |  Baptiste Clarke Actu-Environnement.com

C'est entre les communes de Vauvert et Vergèze, dans le Gard (30), qu'une nouvelle ligne de car vient d'être créée pour améliorer les correspondances entre plusieurs gares de trains régionaux. Un réel intérêt, notamment pour les personnes qui souhaitent se rendre au travail à Montpellier, la plus importante ville à proximité, sans prendre la voiture. Objectif de la région Occitanie : réduire la pollution liée aux transports en développant des offres multimodales et en innovant. Ici, le car qui opère depuis le 1er avril 2019 roule avec du bioéthanol. Pas celui, issu des cultures, qui entraîne d'importants risques de déforestation ou de concurrence avec la nourriture, mais un bioéthanol issu des résidus de l'activité viticole. Une activité très présente localement. Il s'agit de transformer le marc de raisin en carburant.

Une distillerie est aussi basée sur la commune de Vauvert. Elle fait partie du groupe UDM (Union des Distilleries de la Méditerranée) qui compte une dizaine de distilleries en France. Cette dernière reçoit sur son site près de 45 000 tonnes de marc par an.

Il peut trouver différents débouchés : de l'huile de pépins de raisin, du vin doux naturel, de l'amendement organique, de l'aliment pour le bétail, de la valorisation énergétique et du biocarburant.

Généralement le bioéthanol est mélangé au carburant classique pour donner le fameux SP95-E10 que l'on trouve à la pompe. Il est composé à 10 % seulement d'éthanol d'origine végétale. Ici, il s'agit de produire du ED 95, un carburant essentiellement composé d'éthanol et d'eau. Mais pour cela, il faut un moteur adapté, et seul le constructeur suédois Scania commercialise depuis plusieurs décennies de tels véhicules : "On part d'une motorisation diesel qui va être adaptée à ce carburant, cela consiste à faire remonter le taux de compression. Il y a une dizaine de pièces mécaniques qui sont changées", précise Jérôme Budua de Raisinor, un organisme qui promeut l'ED 95 en France.

Problème : ce car coûte près de 40 % plus cher que son équivalent diesel. Du coup, pour équilibrer l'investissement, l'ED 95 est proposé à 0,85 centimes d'euro le litre avec, en prime, un prix fixé sur trois ans. Autre contrainte : le véhicule consomme deux fois plus que du diesel. Concernant la pollution évitée, elle serait de moins 95 % pour le CO2, si on prend en considération la croissance de la plante. Quant aux émissions de particules, tant décriées pour le diesel, elles seraient inexistantes pour l'ED 95.

Réactions2 réactions à cet article

 

Excellente piste pour réduire les pollutions d'émission de moteurs thermiques, tout en valorisant du marc de vignes autrement destiné à devenir fumier, à moins qu'on le valorise ds un méthaniseur...
Par contre, en voyant tous les surcoûts engendrés sur les moteurs des bus et engins pouvant utiliser l'EB95 (on parle de + 40%) et avec surconsommation de 20 à 60% (!?), ne pourrait-on envisager de faire du E85 à partir du marc, à utiliser ds des bus et engins avec moteurs essence?
Faudrait comparer les différentes pistes et filières potentielles,
CH4 issu de méthanisation des résidus de marc, EB95, E85....
A creuser pour optimiser
Salutations
Guydegif(91 et 30)

Guy | 08 avril 2019 à 14h49
 
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C'est pas mal aussi d'utiliser le marc de raisin pour amender les terres. Depuis des décennies qu'elles sont maltraitées par des techniques culturales qui n'ont rien d'agronomique, d'immenses superficies ont faim d'apports carbonés et azotés à diffusion lente afin de restaurer leur fertilité. Et le coût d'exploitation d'un compost correctement conduit est plutôt faible, non ? Alors, ne passons pas à côté d'une ressource éprouvée et vitale pour les sols exploités par l'agriculture.

Pégase | 23 avril 2019 à 09h38
 
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