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Carburants alternatifs : le déploiement des infrastructures de recharge prend du retard en Europe

Les plans nationaux de développement des points de recharge électrique et gaz naturel pour le transport manquent d'ambition et sont mal mis en œuvre, déplore la Commission européenne.

Transport  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

"L'Europe ne peut plus se permettre un patchwork de solutions d'infrastructure pour les carburants alternatifs", prévient la Commission européenne qui craint que "certaines régions et certains consommateurs ne soient délaissés". Le constat de l'exécutif européen est sans appel : les programmes de développement des points de recharge électrique et des stations de ravitaillement en gaz naturel pour le transport ne sont pas à la hauteur de l'enjeu. Telle est la principale conclusion de la communication de la Commission européenne sur les plans d'action des Etats membres pour le développement infrastructures de carburants alternatifs. Publié dans le cadre du nouveau paquet mobilité, présenté le 8 novembre, le document propose aux pays européens de relever le niveau de leur ambition, d'augmenter les investissements et de renforcer l'adhésion des consommateurs.

Investir 5,2 milliards d'ici 2020

 
Les lacunes concernent en particulier les points de recharge pour les véhicules électriques et, dans certaines zones, les points de ravitaillement pour les poids lourds utilisant du gaz naturel liquéfié (GNL)  
Commission européenne
 
En septembre 2017, l'Union européenne comptait quelque 118.000 points de recharge électrique, 3.458 points de ravitaillement en gaz naturel liquéfié (GNL) ou en gaz naturel pour véhicule (GNV) et 82 points de ravitaillement en hydrogène. Ces chiffres montrent que les infrastructures de recharge en carburant alternatif commencent à se développer. Toutefois, le mouvement doit être accéléré pour créer l'épine dorsale du réseau européen et équiper les zones urbaines et péri-urbaines. "Les lacunes concernent en particulier les points de recharge pour les véhicules électriques et, dans certaines zones, les points de ravitaillement pour les poids lourds utilisant du gaz naturel liquéfié (GNL)", pointe la Commission européenne.

Pour les seules infrastructures de recharge électrique, l'exécutif européen estime que pour atteindre les objectifs d'électrification du parc automobile européen, il faudrait disposer de 440.000 points publics en 2020 (pour un investissement de prés de 4 milliards d'euros) et d'environ 2 millions en 2025 (soit un investissement de l'ordre de 3 milliards d'euros par an à partir de 2020). "Au total, les besoins d'investissement estimés pour les infrastructures de carburants alternatifs accessibles au public dans l'UE s'élèvent à environ 5,2 milliards d'euros d'ici à 2020 et entre 16 et 22 milliards d'euros supplémentaires d'ici 2025", alerte la Commission européenne. 

Manque d'ambition des Etats membres

La Commission a évalué à l'aune de ces besoins les "cadres d'action nationaux" pour 2020, 2025 et 2030 que les Etats membres devaient réaliser en application de la directive de 2014 relative aux infrastructures pour les carburants alternatifs (dite Cabal). Seulement huit des 25 feuilles de routes étudiées satisfont pleinement aux exigences de la directive, critique Bruxelles. Les stratégies des Etats membres manquent de cohérence aussi bien en terme de priorité que d'ambition. Pire, "seuls quelques cadres d'action nationaux fixent des cibles et des objectifs clairs et suffisants, et suggèrent des mesures de soutien". Une des feuilles de route ne contient aucun objectif et deux Etats, Malte et la Roumanie, n'en ont pas encore réalisée.

Globalement, ces cadres nationaux ne prévoient pour 2020 que 200.000 points de recharge électrique. Les objectifs de développement du gaz naturel sont eux aussi insuffisants, à l'exception de quelques rares pays, comme l'Italie. Quant à l'hydrogène, qui n'est qu'optionnel dans la directive, seule la moitié des Etats membres l'évoquent. "En outre, ajoute la Commission, il existe un risque que de nombreux objectifs et cibles des plans nationaux ne soient pas atteints, même lorsque l'ambition est faible". Un échec remettrait en cause l'atteinte des objectifs européens en matière de réduction des émissions de CO2 des transports, prévient-elle.

Coup de pouce financier de 800 millions d'euros

Pour y remédier, la Commission propose une série de mesures. Les premières visent à accélérer l'achèvement et la mise en œuvre des plans nationaux. L'UE envisage notamment de favoriser l'échange de bonnes pratiques via son Forum pour le transport durable. Un groupe d'experts sera créé en mars 2018 et des conférences annuelles seront organisées, la première étant annoncée pour la fin de l'automne 2018. Autre mesure : la Commission examinera comment refléter au mieux les priorités des plans nationaux dans l'attribution des financements de projets de l'UE.

Bruxelles propose d'augmenter son soutien de 800 millions d'euros. Aujourd'hui, le Connecting Europe Facility (CEF) accompagne 60 projets dans le domaine des carburants alternatifs pour le transport routier pour un total de 600 millions d'euros. Au printemps prochain, 350 millions d'euros supplémentaires y seront consacrés. Le complément de 450 millions d'euros sera constitué de redéploiements des fonds non dépensés issus du dispositif NER300 financé par la mise aux enchères de quotas d'émission de CO2. Les autres mesures prévues par la Commission sont dédiées aux zones urbaines, avec l'étude d'éventuelles aides financières pour les flottes de véhicules fonctionnant avec un carburant alternatif, mais aussi à l'incitation des consommateurs et l'intégration des véhicules électriques dans le système électrique européen.

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