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Cargo échoué à Bonifacio : aucune pollution « n'est constatée à ce stade »

Transport  |    |  Rachida Boughriet Actu-Environnement.com

Lundi 14 octobre, la ministre de la Transition écologique et solidaire, Élisabeth Borne, s'est rendue en Corse-du-Sud pour « faire le point » après qu'un cargo transportant des bobines d'acier, se soit échoué, dans la nuit du 12 au 13 octobre, dans la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio. Le cargo, nommé Rhodanus, est un navire d'environ 90 mètres de long, qui transporte 2 600 tonnes de bobines d'acier, selon la préfecture maritime de Méditerranée. Il devait faire escale le 14 octobre à Port-Saint-Louis du Rhône (Bouches-du-Rhône). Mais, selon la préfecture, « malgré les appels répétés pendant près de 50 minutes » du Centre Régional Opérationnel de Surveillance et de Sauvetage (CROSS) en Corse, du sémaphore de Pertusato et de la station italienne de La Maddalena, le cargo s'est échoué à proximité des Bouches de Bonifacio. Le navire « n'a pas viré à temps et a poursuivi sa route vers la côte », a ajouté la préfecture dans un communiqué, dimanche 13 octobre.

« Un défaut de veille »

De son côté, le ministère de la Transition écologique et solidaire a assuré, lundi soir, qu'« aucune pollution n'est constatée à ce stade, mais des moyens antipollution ont été immédiatement déclenchés par précaution ». Dans un communiqué, le ministère annonce qu'il a saisi le Bureau enquête accident maritime (BEA-mer), « afin d'analyser les causes de cet accident et les enseignements à en tirer ». Le ministère estime déjà qu'un « défaut de veille a été déterminant » dans la survenue de l'échouement du cargo. Élisabeth Borne a « [confirmé] la détermination du Gouvernement à assurer la sécurité maritime en Corse ». La ministre prévoit de « renforcer l'encadrement de la circulation dans les Bouches de Bonifacio », notamment en demandant « l'interdiction du transport de matières dangereuses dans les Bouches de Bonifacio », aujourd'hui applicable uniquement aux navires français ou italiens. « Ces mesures appellent une étroite collaboration avec l'Italie et doivent s'inscrire dans le droit applicable aux détroits internationaux », indique le ministère. Il entend aussi « conforter » la disponibilité des matériels de lutte antipollution en Corse, ainsi que les moyens d'assistance et de remorquage (intervention et lutte anti-pollution).

La préfecture maritime estime que le déséchouement du cargo « ne peut être mené sans avoir préalablement allégé le navire ». « La priorité est de sécuriser le site afin de préserver l'environnement marin », a-t-elle souligné le 14 octobre dans un communiqué. La préfecture a pris un arrêté pour interdire la navigation et les activités nautiques dans un rayon de mille mètres autour du cargo. « Il est trop tôt pour lever tout risque de pollution consécutive à l'échouage à pleine vitesse du Rhodanus sur un substrat rocheux. L'allègement du navire est considéré comme un préalable à la tentative de remise à flot », selon l'association environnementale Robin des Bois. « Cette opération délicate dans un environnement aussi fragile et dangereux en cas d'aggravation des conditions météorologiques prendra plusieurs jours ou semaines. Le Rhodanus contient encore 150 tonnes de carburant », a prévenu, hier, Robin des Bois.

Réactions3 réactions à cet article

 

Les enjeux de risques liés aux routes maritimes de transport international de matières dangereuses dans un environnement marin de plus en plus fragilisé et sensible sont essentiels. Faut-il attendre les catastrophes avérées ou frôlées d'un fil pour y sensibiliser les citoyens par ailleurs consommateurs et demandeurs de bas coûts ?

isaloup | 16 octobre 2019 à 10h07
 
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@isaloup
Le problème que je vois, c’est que reporter ce transport maritime en transport aérien, routier ou ferroviaire, ou même sous forme d’oléoducs ou de gazoducs n’empêchera en rien des catastrophes de se produire. Votre deuxième partie de message est la clef. Prioriser les trajets de marchandises courts, ou tout simplement ne pas en créer en supprimant le besoin.

Cela n’arrivera jamais mais la décroissance semble être une bonne option pour ce problème précis de transport maritime.

pulsar | 16 octobre 2019 à 22h13
 
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Au delà des enjeux de protection des milieux marins que isaloup et pulsar soulignent, ne pas oublier non plus que c'est via le transport maritime que nombre d'espèces colonisent d'autres régions du monde et deviennent ainsi envahissantes (cas célèbre du frelon asiatique qui a débarqué en France via le port de Bordeaux). Il faut donc également veiller à cette sécurité biologique. Et comme cela n'a rien de simple avec les centaines millions de tonnes de marchandises échangées chaque années, la réduction du trafic par une baisse de la demande est incontournable. Autant dire mission impossible !

Pégase | 18 octobre 2019 à 22h20
 
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