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La communauté internationale peine (toujours) à protéger les baleines

Après une semaine de discussion, la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI) s'est close le 7 juillet. Des reculs ont été enregistrés, mais aussi des avancées, notamment sur l'impact des forages offshore sur ces cétacés.

Biodiversité  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Un bilan mitigé, c'est la conclusion que tirent les ONG de la 64ème réunion annuelle de la Commission baleinière (CBI) qui s'est déroulée à Panama du 2 au 7 juillet. Celle-ci devait être consacrée aux questions de conservation et aux menaces qui pèsent sur ces cétacés en plus de la chasse. Si cette année, contrairement à l'année dernière, les pays pro-chasse n'ont pas claqué la porte, ils ont néanmoins réussi à faire échouer le projet de sanctuaire baleinier dans l'Atlantique Sud. En revanche, la réunion a permis de souligner les impacts négatifs des explorations minières offshore. Un groupe de travail a été créé sur le sujet.

La pêche scientifique compte un nouvel adepte

Depuis 1986, un moratoire a été mis en place sur la chasse commerciale à la baleine. Cependant, ces cétacés continuent d'être pêchés par des populations indigènes ou pour des raisons scientifiques.

Ainsi, le Japon, la Norvège et l'Islande pratiquent une pêche dite scientifique. Et lors de la réunion, la République de Corée a annoncé son intention de lancer à son tour un programme de chasse scientifique. Pour rappel, une procédure est en cours actuellement contre la Japon auprès de la Cour internationale de justice (CIJ), après une saisine de l'Australie en 2010. La CIJ devrait se prononcer d'ici 2013. (14411)

Quant aux populations indigènes d'Alaska (USA), de Chukotka (Russie), de Saint Vincent et des Grenadines, des quotas leur ont été accordés pour les six prochaines années. En revanche, le Groenland (Danemark), qui demandait une augmentation de ses quotas, n'a finalement pas obtenu raison et au contraire, a perdu son droit de chasse à partir de fin 2012.

Sur proposition de Monaco, un groupe de travail a été mis en place pour étudier la possibilité de donner aux Nations unies un rôle plus important dans la lutte contre la chasse à la baleine. "Elever les discussions sur la chasse à la baleine à un niveau diplomatique supérieur contribuerait à résoudre le problème du comportement des nations baleinières comme le Japon, qui n'hésitent pas à utiliser un simulacre de science et des tactiques procédurières pour contourner le moratoire mondial sur la chasse commerciale à la baleine", estime Patrick Ramage, directeur du Programme sur les baleines du fonds international pour la protection des animaux (IFAW).

Pas de sanctuaire baleinier en Atlantique Sud

Le projet de sanctuaire baleinier dans les eaux de l'Atlantique Sud a été rejeté. Si une majorité simple des pays présents à la CBI s'est prononcé en sa faveur, la majorité des trois quarts requise pour entériner le projet n'a pas été obtenue (38 voix pour, 21 voix contre et deux abstentions). Depuis 1999, ce sanctuaire est proposé "pour répondre aux menaces qui pèsent sur les baleines dans cette région", indique l'IFAW. En 2011 déjà, les pays pro-chasse s'étaient opposés à cette proposition. Le Brésil a annoncé son intention de présenter à nouveau cette proposition lors de la prochaine réunion de la CBI.

Plateformes offshore et pollution sonore

Une attention particulière a été portée cette année sur la population de baleines grises occidentales dans le Pacifique Nord (140 animaux, dont 26 femelles). Les aires d'alimentation de ces cétacés, menacés d'extinction, se situent à proximité de l'île de Sakhaline (Russie) où des plateformes de forage off-shore sont envisagées. Pollution de l'eau mais aussi pollution sonore sont en effet redoutées.

"Les activités d'exploration sismique pétrolière et gazière qui émettent des signaux à basse fréquence dépassant les 200 décibels ont des impacts physiologiques (stress) et comportementaux avérés sur les cétacés. Ces derniers, qui sont alors désorientés, abandonnent leur zone de nourriture ou peuvent être sujets à des « accidents de décompression » pouvant entraîner leur mort", indique le WWF, ajoutant : "Les gouvernements s'inquiètent des menaces que font peser aux cétacés les projets off-shore (pétrolier et gazier) de plus en plus nombreux. En effet, les eaux de l'Arctique où vivent de nombreuses baleines, pourraient voir le géant pétrolier Shell démarrer ses opérations de forage dès ce mois-ci alors que le groupe industriel reconnaît qu'aucune technologie n'existe à ce jour pour nettoyer les eaux en cas de fuite ou de marée noire".

Un groupe de travail sur la pollution sonore en mer et l'impact des explorations sismiques pétrolières et gazières off shore sur les cétacés, porté par les Etats-Unis et appuyé par la Mexique et l'Union européenne, a été créé à l'occasion de la réunion. "La France, particulièrement concernée par cette thématique en Méditerranée et plus récemment en Guyane, s'est laissée le « temps de la réflexion » avant d'intégrer ce groupe de travail, bien qu'elle ait été fortement encouragée à y participer", indique le WWF qui "exhorte l'Etat français à devenir un membre actif de ce groupe de travail, alors que démarrent les explorations sismiques pétrolières de Shell au large de la Guyane, en pleine saison migratoire des cétacés et tortues marines".

Réactions2 réactions à cet article

 

Est-ce qu'on pourrait m'expliquer une fois pour toute ce qu'ils entendent tous par "pêche scientifique"?? Personne ne leur demande de compte ou des détails sur cette fumisterie?! C'est proprement honteux! A quoi servent toutes ces réunions, conventions et compagnie à part à brasser de l'air et accoucher de souris? Ras le bol de tous ces pays sans gêne à qui on laisse faire n'importe quoi au nom de prétextes bidon!

Staks | 11 juillet 2012 à 13h40
 
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Encore des réunions entre gens qui ne connaissent absolument rien de la situation de terrain et dont seul les chiffres parlent...
La situation des populations animales vivant dans les océans es catastrophiques. En plus de la "chasse scientifique", de nombreuses autres menaces viennent s'ajouter.
Personne ne pense à l'avenir et ces gens ne pensent qu'à l'économie et non à la préservation.
peut être que lorsqu'il sera trop tard pour pouvoir sauver la situation, ils réaliseront...

Tess | 12 juillet 2012 à 09h55
 
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