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Centrale hydroélectrique au barrage de Vichy : des associations saisissent la justice

Biodiversité  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Centrale hydroélectrique au barrage de Vichy : des associations saisissent la justice

Un collectif d'associations annonce saisir la justice pour que le projet de centrale hydroélectrique sur l'Allier, à Vichy (Auvergne-Rhône-Alpes), intègre mieux des mesures de protection de la souche Loire-Allier du saumon. « Le saumon de Loire, espèce emblématique de la Loire et de l'Allier, les deux derniers grands fleuves sauvages d'Europe, est en grand danger d'extinction, pointent les associations dans un communiqué. Depuis maintenant plusieurs décennies, les effectifs de saumon stagnent à un niveau alarmant, l'année 2021 ayant été catastrophique, avec seulement 350 saumons ayant remonté jusqu'à Vichy, soit à peine 5 % des effectifs estimés d'une population viable à long terme. »

Le projet, porté par la société Shema, vise l'installation d'une centrale hydroélectrique en rive gauche du pont barrage de Vichy, sur la commune de Bellerive-sur-Allier. Les associations considèrent que les mesures envisagées ne sont pas suffisantes pour assurer la migration du salmonidé. Des réserves également exprimées par la commissaire enquêteur dans ses conclusions à la suite de l'enquête publique. « La centrale est projetée en dérivation d'un cours d'eau classé en liste 1 et en liste 2 au titre de l'article L214-17 du Code de l'environnement ; tout nouvel ouvrage y est donc interdit s'il fait obstacle à la continuité piscicole, a-t-elle rappelé. L'amélioration de la continuité piscicole n'est pas démontrée pour l'ensemble des espèces piscicoles. Elle est validée à la montaison pour le saumon et pour l'anguille, la non-dégradation de la continuité piscicole à la dévalaison n'est pas unanime. »

Pour donner suite à l'autorisation du projet par le préfet, les associations avaient déposé un recours gracieux pour que ce dernier intégre dans son arrêté des mesures complémentaires pour le saumon. Sans grand succès. « La ministre de l'Écologie enjoint au préfet d'ouvrir une réflexion pour réduire les impacts du barrage et de la retenue sur l'environnement », se réjouissent toutefois les associations. Elles demandent dans cette nouvelle action une ouverture du barrage quatre-vingt-dix jours par an, pendant la migration des saumons à Vichy, de réduire la durée de l'autorisation à dix ans, mais également l'effacement des barrages des Lorrains, sur l'Allier, au titre de la compensation des impacts négatifs du projet de Shema.

Réactions3 réactions à cet article

 

Il faut intégrer à la réflexion que la souche Loire-Allier du saumon est génétiquement unique contrairement aux autres souches françaises qui sont génétiquement mélangées et peuvent se renouveler naturellement par des fleuves côtiers voisins ou par le fait que le retour à la rivière de naissance n'est pas strict. Perdre la souche Loire-Allier, c'est la perdre définitivement, surtout si on continue le programme d'alevinage via la pisciculture de Chanteuges, qui bien qu'à partir de saumons capturés à Vichy produit des saumons d'élevage ayant acquis des caractères génétiques et épigénétiques (expression des gènes) d'inadaptation au milieu naturel. Et ces poissons font concurrence aux natifs à tous les stades de leur croissance pour le peu de ceux pour qui elle a lieu. C'est ainsi qu'après des dizaines de millions d'alevins déversés on a moins de retours d'adultes qu'il y a vingt ans. Mais le déversement de ces ersatz fait de belles images à la télé, dans les magnifiques paysages du Haut-Allier. Et cette pratique continue à donner l'illusion que l'on a pris en main le problème alors qu'il faudrait se préoccuper du milieu et de tous les obstacles à la montaison que les saumons rencontrent depuis la mer. Vichy en est un, un de plus, pour une production électrique aussi faible que fortement subventionnée : 110 euros le mégawatt/heure pour un prix du marché de 45 en moyenne. La bonne aubaine d'énergie "verte"! Au contribuable de payer la différence.

petite bête | 27 janvier 2022 à 12h13
 
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Merci de vos explications, on ne peut plus, précises et éclairées sur le constat local, petite bête.
Il y a quand même une question que je me pose : A chaque source potentielle d'énergie, qu'elle soit renouvelable ou non, on oppose systématiquement un grief relatif à la biodiversité. Que ce soit le charbon, le pétrole, le gaz, le nucléaire, les éoliennes, l'hydraulique, le bois.... rien, absolument rien n'est parfait, et surtout, tout est visiblement condamnable.
J'aimerai bien qu'on me dise exactement ce qu'il reste de vertueux au niveau énergétique.
Peu importe que ce soit une question de contribuable, là n'est pas la question principale.
Je pose la question PRAGMATIQUE de savoir sur quelle base énergétique peut-on se poser... parce que je rappelle quand même qu'on est de plus en nombreux sur terre, et qu'on a tous besoin (de beaucoup) d'énergie pour vivre, à commencer par ici chez nous, les occidentaux.
Merci de vos réponses éclairées.

nimb | 28 janvier 2022 à 22h37
 
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Nimb, Vous avez raison sur un point essentiel : il n'y a pas d'énergie "propre" ou "verte". Toute production d'énergie a un impact sur le milieu. On doit donc en déduire qu'il faut faire la balance entre toute production et l'impact qu'elle génère. Prenons quelques exemples. Les grands barrages malgré leurs nombreux défauts résultant d'une gestion qui se contrefiche de l'environnement avec des marnages dévastateurs et dangereux, ces barrages en stockant de l'eau stockent aussi de l'énergie immédiatement disponible et des puissances considérables, alors que les petites microcentrales au fil d'eau l'eau ont des effets sur le transfert des sédiments et le fractionnement des habitats qui sont sans commune mesure avec leur ridicule production, par ailleurs très fortement subventionnée à nos frais.
Pour moi il n'y a pas une seule "base énergétique", mais selon les circonstances et le milieu environnant, différentes options. Le photovoltaïque sur les toitures de villes ou sur des friches industrielles, pourquoi pas? Mais sur des terres agricoles, c'est plus douteux. Un champ d'éoliennes autour, disons, du Mont St Michel ou défigurant un site magnifique, non. Mais dans la Beauce ou une grande étendue céréalière, cela ne me gène pas. Bien sûr il y a là aussi un impact, mais si on veut continuer à pouvoir regarder des petites vidéos rigolotes ou admirer dans les transports en commun le comportement compulsif des crétins connectés, il faudra bien trouver une solution. (à suivre)

petite bête | 31 janvier 2022 à 10h52
 
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