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Intrusion dans les centrales nucléaires : François Fillon lance un audit de sécurité

Prenant acte de l'insuffisance des mesures de sécurité des installations nucléaires françaises révélée par la récente opération de Greenpeace, le Premier ministre lance un audit complémentaire de sécurité.

Risques  |    |  Laurent RadissonActu-Environnement.com
   
Intrusion dans les centrales nucléaires : François Fillon lance un audit de sécurité
   

L'intrusion de militants de Greenpeace dans deux centrales nucléaires le 5 décembre dernier a montré l'insuffisance des dispositifs de sécurité existants. A l'occasion d'une visite du site de l'IRSN à Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine), François Fillon a annoncé le lancement d'un audit des dispositifs anti-intrusion.

Les premières conclusions de l'audit pour le 31 janvier 2012

 
Sécurité ou sûreté nucléaire ? La définition de la sûreté nucléaire selon l'AIEA est la suivante : "Obtention de conditions d'exploitation correctes, prévention des accidents ou atténuation de leurs conséquences, avec pour résultat la protection des travailleurs, du public et de l'environnement contre des risques radiologiques indus".
La sécurité nucléaire se définit, quant à elle, de la manière suivante : "Mesures visant à empêcher et à détecter un vol, un sabotage, un accès non autorisé, un transfert illégal ou d'autres actes malveillants mettant en jeu des matières nucléaires et autres matières radioactives ou les installations associées, et à intervenir en pareil cas".
Il résulte de ces définitions, selon l'IRSN, que "si la finalité commune de la sûreté et de la sécurité nucléaires est la protection de l'homme et de l'environnement à l'égard des effets des rayonnements ionisants, la sûreté s'attache à la maîtrise des risques induits du fait même de l'exploitation des équipements ou installations nucléaires ou des transports de matière radioactive, tandis que la sécurité vise à se protéger d'actions d'origine malveillante résultant de l'utilisation de matières radioactives ou nucléaires, pouvant conduire à des conséquences radiologiques ou à des effets dévastateurs".
De fait, chaque opérateur nucléaire est concerné aussi bien par la sûreté que par la sécurité.
 
L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) doit rendre le mois prochain ses conclusions sur l'audit de sûreté des centrales nucléaires françaises, décidé après l'accident de Fukushima. Toutefois, celui-ci ne prend pas en compte les risques de malveillance mis en lumière par les opérations de Greenpeace.

Aussi, dans un courrier daté du 16 décembre dernier, le Premier ministre demande aux ministres chargés de l'écologie et de l'industrie, ainsi qu'au ministre de l'Intérieur, de mener à bien des audits de sécurité des installations nucléaires, dont les premières conclusions devront lui être rendues pour le 31 janvier 2012 et le rapport définitif pour… le 30 juin 2012.

"L'audit portera sur les installations nucléaires qui ont fait l'objet en 2011 d'une évaluation complémentaire de sûreté. Il examinera l'adéquation des dispositions de protection physique aux scénarios de menace prévus dans la directive nationale de sécurité du secteur nucléaire", indique François Fillon dans son courrier.

"Une inspection interministérielle de la sécurité de tous les sites, et en particulier un audit de ces dispositifs anti-intrusion" a été lancé, a confirmé le Premier ministre à Fontenay-aux-Roses. A son issue, sera examinée "l'opportunité d'apporter des modifications à la directive nationale de sécurité du secteur nucléaire".

Elargir l'audit aux risques non-naturels

"Les militants de Greenpeace ont fait la preuve que l'audit des installations nucléaires françaises était complètement insuffisant, et c'est bien ce que reconnaît (…) le Premier ministre", a déclaré Sophia Majnoni d'Intignano, chargée de campagne nucléaire pour Greenpeace France. "En élargissant le périmètre de l'audit à tous les risques non-naturels, le gouvernement va être obligé d'admettre qu'il est impossible de sécuriser totalement une installation nucléaire".

L'ONG demande à ce que les risques de chute d'avion, accidentelle ou terroriste, d'intrusion et d'attaque informatique soient pris en compte dans l'audit.

Pour le Premier ministre, si les tentatives d'intrusion des militants de Greenpeace "n'ont à aucun moment compromis la sécurité des installations nucléaires et la sûreté de leur fonctionnement", elles conduisent toutefois "à s'interroger sur les procédures en vigueur, une action terroriste pouvant être masquée par des dehors pacifiques".

Pour Greenpeace, il n'est toutefois pas nécessaire d'attendre les résultats de l'évaluation complémentaire de sûreté diligentée par l'ASN, ni ceux de cet audit complémentaire de sécurité, pour savoir que "la seule manière d'assurer la sécurité des Français est de sortir du nucléaire".

"Quelles qu'elles soient, le Gouvernement les respectera !" a déclaré de son côté le Premier ministre à propos des décisions qui seront proposées par l'ASN, "y compris, si c'est une fermeture de centrale".

"Je suis convaincu que le nucléaire doit rester le cœur de notre production électrique", a cependant ajouté François Fillon. "Une sortie précipitée du nucléaire ne peut pas être financièrement et écologiquement neutre ; elle ne peut donc qu'être irresponsable".

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