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Quand le climat chauffe en montagne, c'est la plaine qui trinque

Le réchauffement planétaire mettra à rude épreuve la gouvernance de l'eau en montagne, thème d'un congrès organisé en septembre prochain à Megève. Appelée en renfort : la directive-cadre sur l'eau, pour l'instant peu perméable à ce thème.

Eau  |    |  Victor Roux-Goeken  |  Actu-Environnement.com
   
Quand le climat chauffe en montagne, c'est la plaine qui trinque
Lac d'Aumar (Pyrénées)
© Imag'In Pyrénées
   
''Ce sont les gens de la plaine qui risquent d'être les plus concernés par le problème du changement climatique en montagne''. C'est ainsi que le directeur général de l'Office international de l'eau (OIEau) et secrétaire du Réseau international des organismes de bassin (RIOB), Jean-Francois Donzier, a résumé jeudi 1er juillet les enjeux de l'urgence d'une ''nouvelle gouvernance de l'eau en montagne''. Près de 500 personnes de toute l'Europe aborderont ce thème au cours du troisième Congrès international des hauts bassins versants organisé du 22 au 24 septembre prochain à Megève (Haute-Savoie).

Même si les conséquences du réchauffement climatique en montagne commenceront à se faire sentir à l'horizon 2040, ''le phénomène est déjà sur les rails'', selon Jean-François Donzier. En un siècle, la température moyenne des Alpes a augmenté de 1,5 à 2° C. Bien plus qu'à l'échelle planétaire (entre 0,7 et 0,8°C) ou européenne (+ 1,2°C). Depuis 1980, les glaciers ont perdu 20 à 30% de leur volume. La tendance devrait s'accroître, avec 70% de pertes supplémentaires en volume d'ici 2080.

Or, ''tous les grands fleuves européens prennent leur source en montage''. Les Alpes assurent ainsi 34% du débit moyen du Rhin, 40% de celui du Rhône et 53% de celui du Pô. D'ici 2100, le réchauffement climatique devrait faire grossir les débits de ces fleuves de 20% en hiver, les réduire de 17% au printemps, et jusqu'à -50% en été… En d'autres termes : les populations vivant dans les plaines seront soumises à des risques croissants d'inondation en hiver, de sécheresse en été.

En renfort, la directive-cadre sur l'eau

Erosion, impacts sur l'activité économique et la navigation fluviale, compétition croissante pour des usages de l'eau contradictoires - canons à neige en hiver, eau potable, refroidissement des centrales nucléaires et thermiques à flamme, irrigation, sports nautiques – seront les principaux défis que devra prendre une nouvelle gouvernance de l'eau en montagne. Obstacle supplémentaire : la plupart des fleuves européens sont transfrontaliers. Les organisateurs de ces Etats généraux de l'eau en montagne n'entendent pas se laisser submerger . Ils entendent recourir au texte fétiche des acteurs du secteur : la directive-cadre sur l'eau.

Mais le texte est d'abord destiné à résoudre des problèmes d'ordre écologique. ''Plusieurs objectifs vont se télescoper en 2012 lors de la révision de la DCE : la stratégie européenne sur la sécheresse et la rareté de l'eau, présentée fin 2007 par la Commission européenne, ainsi que l'articulation entre DCE et changement climatique. Ces thèmes pourraient être intégrés dans les plans de gestion 2015-2020'', a indiqué Claire Grisez, de la direction de l'eau au ministère de l'environnement.

Secrétaire général de l'Association européenne des élus de montagne (AEEM), Nicolas Evrard estime que ''les Alpes [pourraient être] candidates à une expérimentation européenne''. Côté français, la gouvernance de l'eau en montagne pourrait être abordée dans le cadre du renouvellement des concessions hydroélectriques d'ici 2015. ''Il sera important de considérer le poids de l'hydroélectricité dans les énergies renouvelables françaises, de la trame verte et bleue et de l'impératif qui nous est donnés par la DCE de 66% de masse d'eau en bon état écologique en 2015'', juge Henri Nayrou, président de l'Association nationale des élus de la montagne (Anem).

Réactions2 réactions à cet article

 
Projet européen en lien

Pour ceux que le sujet intéresse, il y a un projet européen qui regroupe les 5 pays de l'arc alpin visant à modéliser l'évolution de la ressource en eau dans les Alpes. Le but de ce projet étant d'anticiper une éventuelle sécheresse dans les Alpes avec la création d'outils et d'indicateurs. Pour plus d'informations.
Les acteurs de ce projet seront aussi présents à Megève pour les états généraux.

Melly | 08 juillet 2010 à 08h54
 
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Plan Marshall !

Voila une opportunité fantastique pour créer des barrages en haute altitude avec pompage d'eau de la vallée aux heures creuses et relargage aux heures critiques. Le tout associé à une vraie politique de toit 100% solaires permettrait une économie décarbonée et vraiment renouvelable avec un impact faible.
Si on ne fait rien (et c'est clairement la direction actuelle), nous aurons des déserts alpins dans 20 ans avec des régions qui se videront complètement et des mesures drastiques pour économiser l'eau. L'action est maintenant en 2011, pas en 2030, il sera trop tard

arthur duchemin | 04 mars 2011 à 10h14
 
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