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552 scientifiques se réunissent à Paris pour arrêter leurs prévisions sur le changement climatique

Le Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat a débuté ses travaux lundi à l'UNESCO à Paris pour approuver le chapitre scientifique de son quatrième rapport d'évaluation destiné à l'ensemble des décideurs de la planète.

Gouvernance  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
   
552 scientifiques se réunissent à Paris pour arrêter leurs prévisions sur le changement climatique
   
Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), mandaté par l'ONU, se retrouve depuis ce matin et ce, durant 4 jours à l'UNESCO pour publier vendredi le chapitre scientifique de son quatrième rapport. La mission du GIEC* est clairement définie : cet organe intergouvernemental mettant à contribution plusieurs centaines de chercheurs a pour vocation d'apporter à la communauté scientifique, aux décideurs et à tous les représentants des Etats réunis lors des conférences internationales sur le climat, l'évaluation la plus complète et la plus impartiale possible des connaissances scientifiques et techniques mondiales relatives au changement climatique. Le monde est tourné vers cette salle, a déclaré lors de la cérémonie d'ouverture, Patricio Bernal, le directeur général adjoint de l'UNESCO.

Le Rapport du Groupe de travail I du GIEC, co-présidé par l'Américaine Susan Solomon et le Chinois Dahe Qin apportera des progrès considérables par rapport aux précédentes éditions, a souligné Dr Rajendra K. Pachauri, président du GIEC. On a réduit les incertitudes, on a une meilleure idée des changements passés et des lacunes ont été comblées. Les 552 chercheurs qui ont participé à la rédaction du rapport ont pris en compte plus de 30.000 contributions, a indiqué Susan Solomon, co-présidente du groupe de travail scientifique du GIEC tout en soulignant que 75 % de ces chercheurs participaient au GIEC pour la première fois afin de garantir un regard neuf.

Ce 4e rapport sera accompagné d'un résumé technique et d'un résumé à l'intention des décideurs, synthèse d'une dizaine de pages à comparer avec les mille pages de leur rapport. Il sera négocié ligne après ligne avant d'être adopté par consensus et présenté le 2 février prochain**.

Après la réunion du Groupe de travail I, le Groupe de travail II (conséquences des changements climatiques, analyse de la vulnérabilité des systèmes socio économiques et adaptation) se réunira à Bruxelles, du 2 au 5 avril. Le Groupe de travail III (examen des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre) se retrouvera pour sa part à Bangkok, du 30 avril au 3 mai. Une synthèse de l'ensemble sera faite dans le cadre d'une réunion plénière, à Valence en Espagne, du 12 au 16 novembre. L'ensemble des travaux livrera les derniers enseignements scientifiques concernant le changement climatique et s'attardera, notamment sur les conséquences de celui-ci en matière de développement durable. Ce quatrième Rapport, auxquelles ont participé plus de 2 500 scientifiques internationaux, devrait également fournir des observations plus fines et plus approfondies sur les différents aspects régionaux du changement climatique.

Le GIEC, créé en 1988 par les Nations unies et l'Organisation météorologique mondiale a procédé, à intervalles réguliers, à une évaluation de l'état des connaissances relatives au changement climatique. Le premier rapport d'évaluation du GIEC, publié en 1990 jetait la base scientifique, a expliqué le Dr Jeremiah Lengoasa, Secrétaire général adjoint de l'Organisation météorologique mondiale (OMM). Il a amené l'Assemblée générale des Nations Unies à décider d'élaborer une Convention-Cadre sur les changements climatiques (CCNUCC). Le deuxième, publié en 1995, a débouché sur l'adoption du Protocole de Kyoto, a poursuivi le Dr Jeremiah Lengoasa et le troisième rapport de 2001 a confirmé le rôle de l'homme dans le réchauffement constaté au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Les scientifiques expliquent en outre que ces activités humaines vont continuer à modifier la composition de l'atmosphère tout au long du XXIe siècle et que le réchauffement moyen à la surface, attendu d'ici 2100, devrait se situer dans une fourchette comprise entre 1,4 °C et 5,8 °C selon les scénarios socio-économiques envisagés***. Le troisième Rapport précise en outre ses observations en détaillant les conséquences du réchauffement climatique dans différentes régions du monde. Le 4eme rapport devrait affiner cet intervalle et pousser les gouvernements à renforcer les mesures visant à réduire les rejets de gaz à effet de serre dans l'atmosphère, responsables du réchauffement. En tout cas, on l'espère !


* Voir notre dossier sur le GIEC

**Actu-environnement publiera les résultats complets la semaine prochaine.

***Au total, les scientifiques ont imaginé 35 scénarios d'émissions, regroupés en quatre grandes familles. La première (A1) s'appuie sur l'hypothèse d'une croissance économique très rapide, d'une population mondiale arrivée au maximum au milieu du siècle et de l'arrivée de technologies – énergétiques en particulier – plus efficaces. La seconde famille de scénarios (A2) décrit un monde très hétérogène, avec des disparités locales importantes en termes de développement économique et un accroissement continu de la population mondiale. Dans les scénarios de la troisième famille (B2), on assiste à des évolutions plus rapides vers une économie de services et d'information et à une meilleure gestion des ressources de la planète. Enfin, la dernière série de scénarios (B2) évoque une orientation vers des solutions locales où se mêlent viabilité économique, sociale et environnementale.

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