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Objectif chlordécone : aucune trace détectable dans l'alimentation d'ici 2025

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

Lors de sa visite en Martinique en septembre 2018, Emmanuel Macron avait fixé l'objectif de tendre vers le « zéro chlordécone dans l'alimentation ». Cet objectif a été inscrit dans la feuille de route interministérielle qui l'a suivie et qui a complété le troisième plan chlordécone. Dans un rapport publié le 29 juillet, une mission d'inspection interministérielle fait le point sur cet objectif et formule des recommandations pour l'atteindre.

Les hauts fonctionnaires préconisent de renforcer les contrôles de traçabilité et d'assurer, au plus tard en 2025, que « les aliments produits localement et mis à la consommation via les circuits contrôlés ne contiendront aucune trace détectable de chlordécone ». Ils demandent aussi de communiquer aux habitants qui consomment leur propre production les « itinéraires techniques » leur permettant de produire des aliments sans trace de l'insecticide organochloré.

L'objectif n'est donc pas de tendre à une absence totale de trace du pesticide dans l'alimentation, compte tenu de la pollution des milieux qui reste par ailleurs très mal cartographiée, mais à l'absence de trace détectable dans les seuls circuits contrôlés. Tout dépend, comme le rappelle la mission, du seuil de détection propre à la méthode utilisée par les laboratoires pour analyser une denrée. Or, ces seuils font le grand écart. Pour les analyses de sols, ils varient de 0,1 microgramme par kilo (µg/kg) à 3,3 µg/kg. Les hauts fonctionnaires préconisent de concilier, d'une part, la position de l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) qui estime inopérant de baisser les limites maximales de résidus (LMR) du fait de l'importance des consommations issues de circuits informels et, d'autre part, la non-acceptation des LMR par les habitants, en particulier en Martinique.

Il revient maintenant aux ministres de prendre en compte ces recommandations dans le quatrième plan chlordécone qui doit débuter « au plus tard le 1er janvier 2021 ». Dans un communiqué commun publié en réaction au rapport très critique de la commission d'enquête parlementaire de décembre 2019, les représentants du Gouvernement avaient annoncé « un réel changement d'échelle » avec le nouveau plan. Il leur reste maintenant à mettre en œuvre ce changement.

Réactions3 réactions à cet article

 

En son temps aussi, la chlordécone (quel nom de pesticide prédestiné !) ne présentait que des atouts aux yeux de ses fabricants et de ses utilisateurs. Il n'y avait donc aucune raison de s'en méfier et encore moins de s'en passer, bien au contraire.

Pégase | 25 août 2020 à 22h25
 
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Sidérant de lire qu'il est inopérant de baisser les limites maximales quand on constate une consommation non contrôlée !
Il est vrai que l'on ignore l'ampleur du désastre .On a pu lire dans un passé récent que la pollution serait présente dans les sols pendant un siècle .

sirius | 26 août 2020 à 11h06
 
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"[...] la pollution serait présente dans les sols pendant un siècle" : mais c'est ça, le développement durable façon grands groupes de la chimie !

Pégase | 26 août 2020 à 21h55
 
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