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Chrysomèle 1 - Monsanto 0

Biodiversité  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com

Six années… C'est le temps nécessaire au chrysomèle, un insecte vorace friand de maïs, pour parer les défenses mises en place par Monsanto et son maïs OGM.

Traditionnellement, les agriculteurs américains luttaient contre les chrysomèles par la rotation des espèces cultivées et le recours à certains pesticides. Malgré la mise en œuvre de ces solutions, cet insecte a su s'adapter, leur permettant ainsi de rester sur les mêmes champs en permanence.

En 2003, afin d'éradiquer les attaques de ce petit coléoptère qui porte le nom latin Diabrotica virgifera, la firme américaine avait mis au point le premier grain OGM. Ce dernier était capable de produire lui-même une toxine grâce à un gène transplanté d'une bactérie, Bacillus thuringiensis (Bt). Cet OGM devait normalement venir en aide aux agriculteurs, impuissants face à ce nuisible.

Mais, des chercheurs de l'université de l'Iowa viennent de publier une étude dans la revue PLoS One mettant en évidence la présence de chrysomèles, dès 2009, capables de prospérer dans des champs transgéniques. Des recherches ont, par ailleurs, prouvé que cette résistance était transmise de génération en génération. Des experts estiment également que ces insectes résistants, s'ils devaient proliférer, provoqueraient un recours intensif aux pesticides. Un point de vue inquiétant, sachant que 45 % des cultures de maïs aux Etats-Unis était de Bt.

Pour Aaron Gassmann, chercheur à l'université d'Iowa State, une des causes de la prolifération de ce nuisible est aussi l'insuffisance de refuges, zones de cultures non modifiées génétiquement qui doivent normalement concentrer ces insectes et les empêcher de muter. En effet, seulement la moitié des surfaces plantées respecte cette disposition, pourtant réglementaire.

Malgré la prise en compte de ces résultats, Monsanto, quant à lui, se veut rassurant et recommande de ne pas changer de semences. Pour le géant de l'agrochimie, son grain OGM “continue à offrir des rendements exceptionnels aux cultivateurs, et ce, sur plus de 99 % des surfaces plantées”. Il précise également qu'il commercialise également des variétés de grains combinant la toxine défaillante et une autre efficace utilisée par ses concurrents.

En France, l'association France Nature Environnement (FNE) préconise avant tout la rotation des cultures et non l'utilisation d'options génétiques et chimiques. Dans son communiqué de presse du 23 août dernier, la FNE rappelle “qu'en décembre 2010, les services de l'État ont modélisé l'évolution des populations de chrysomèles sur le maïs en France en comparant plusieurs scénarios de rotation, allant du maïs un an sur deux, à cinq ans sur six. Cette modélisation conclut à l'explosion de la chrysomèle dès lors qu'on cultive du maïs plus de deux années consécutives sur trois”.

Réactions1 réaction à cet article

 

Vous avez écrit : « Malgré la prise en compte de ces résultats, Monsanto, quant à lui, se veut rassurant et recommande de ne pas changer de semences. Pour le géant de l'agrochimie, son grain OGM “continue à offrir des rendements exceptionnels aux cultivateurs, et ce, sur plus de 99 % des surfaces plantées”. »

Ben, oui... C'est la réalité. La désinformation fait croire au béotien que la chrysomèle est devenue résistante en tout lieu, ce qui est tout à fait faux.

Wackes Seppi | 15 octobre 2011 à 00h55
 
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