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Chrysomèle du maïs : les méthodes de lutte contre le coléoptère font débat

En pleine crise de la chrysomèle du maïs en France, les associations environnementales et plusieurs élus dénoncent l'épandage aérien de pesticides pour éradiquer le coléoptère et optent pour une rotation des cultures plutôt que le maïs OGM.

Agroécologie  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Chrysomèle du maïs : les méthodes de lutte contre le coléoptère font débat
Chrysomèle : Diabrotica virgifera
© Tom Hlavaty USDA Agricultural Research Service, United States
   
Arrivée pour la première fois en Europe en 1992 près de l'aéroport de Belgrade en Serbie et repérée en 2002 à proximité des aéroports parisiens, la chrysomèle (Diabrotica virgifera virgifera), est un coléoptère originaire des Etats-Unis dont les larves grignotent les racines du maïs. Cet insecte particulièrement voyageur et ravageur provoque de graves dégâts aux cultures, estimés à un milliard de dollars par an dans le monde.

Depuis 2002, les champs de maïs français ont déjà été exposés à la chrysomèle notamment en Rhône-Alpes et en Alsace. Mais depuis le début de l'été, l'Hexagone fait face à une ''invasion''. Ce coléoptère a été piégé dans plusieurs régions de France, inquiétant la filière agricole qui redoute son impact sur les récoltes. Sa présence peut en effet entraîner une perte de rendement de 80 %.

Le 13 août, la préfecture de Savoie annonçait la découverte de plusieurs foyers. La chrysomèle a également été détectée en juillet en Rhône-Alpes, notamment dans le département de l'Ain, mais aussi en Bourgogne, en Saône et Loire et fin août en Franche-Comté, où trois foyers ont été respectivement détectés dans des champs en Bresse et au Jura.

Mais c'est l'Alsace qui est particulièrement touchée, avec plus de 200 coléoptères piégés dans neuf foyers contre 14 en 2008, selon les derniers chiffres de la préfecture. Des chiffres jamais atteints qui pourraient en partie s'expliquer par les conditions climatiques actuelles en Europe où l'on observe beaucoup plus d'insectes cette année, avait indiqué à l'AFP Sophie Winninger, de la Direction régionale d'Alsace de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (DRAAF). Plusieurs individus ont en effet été capturés cette année loin des zones où l'on avait pourtant l'habitude de retrouver la chrysomèle (aéroport, axes routiers), avait précisé Jean-Paul Bastian, président de la Chambre régionale d'agriculture et chargé du dossier chrysomèle à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA).

En 2009, la chrysomèle a également été repérée en Slovaquie, Italie, Autriche et en Allemagne. Alors que la recrudescence du coléoptère effraie les agriculteurs, ces derniers pourraient cette année disposer de la caisse de solidarité nationale, qui devrait en partie éponger leurs pertes. Mais en cas de présence massive et durable de la chrysomèle, la filière craint que les mesures d'aide ne suffisent plus.

Pour lutter contre le coléoptère, l'épandage aérien de deltaméthrine, un puissant insecticide, prévu par l'Etat, reste le moyen le plus utilisé par les préfectures, alors que l'article 31 de la loi Grenelle 1 du 3 août 2009 prévoit de généraliser des pratiques agricoles durables avec pour objectif la réduction de moitié de l'usage des pesticides d'ici 2018.

Des épandages aériens de deltaméthrine ont notamment eu lieu le 21 août sur les champs de maïs de Leyment dans l'Ain, malgré l'opposition du maire de la commune Marilyn Bottex. Jean-Jack Queyranne, Président de la Région Rhône-Alpes, avait également saisi le Ministre du développement durable Jean-Louis Borloo et le Ministre de l'agriculture sur les dangers de cette méthode. Des épandages aériens ont par ailleurs eu lieu le 27 août à Saint-Didier-en-Bresse en Saône-et-Loire.

Egalement opposées à ce type de traitement, plusieurs associations environnementales (France Nature Environnement, Alsace Nature, la Fédération Rhône-Alpes, WWF-France ou le MDRGF) dénoncent l'emploi de la deltaméthrine qui s'avère toxique pour les coccinelles et les abeilles mais aussi pour les riverains des champs traités. Multiplication des invasions parasitaires, sur-consommation et pollution des eaux, menace pour les pollinisateurs, il est grand temps de remettre en cause une bonne fois pour toutes la monoculture de maïs, a souligné France Nature Environnement (FNE).

Rotation des cultures ou maïs transgénique, nouvelles méthodes de lutte ?

   
Larve de Chrysomèle © Scott Bauer, USDA Agricultural Research Service, United States
 
   
Les associations proposent des mesures alternatives pour lutter contre la chrysomèle. La lutte chimique n'a rien prouvé sur les campagnes puisque la chrysomèle gagne toujours du terrain. L'agriculture se borne à une dépendance chimique alors que des solutions agronomiques alternatives existent, ont indiqué le WWF-France et le MDRGF.

A l'instar de Jean-Jack Queyranne, les associations demandent de mettre en œuvre la rotation des cultures plus efficace- consistant à ne pas planter d'une année sur l'autre du maïs - pour éviter la prolifération des insectes ravageurs.

Du côté des producteurs, si la rotation des cultures est un bon moyen de lutte pour Christian Schneider, vice-président du syndicat agricole FDSEA du Bas-Rhin, ce dernier estime que les produits phytosanitaires, appliqués avec raison, sont incontournables.

Et selon Agrapresse, les maïsiculteurs et semenciers proposent une autre solution et souhaitent pouvoir utiliser les Organismes génétiquement Modifiés (OGM) et les traitements de semences (Cruiser). Si la rotation culturale est un moyen de réduire l'impact de l'insecte, en ''cassant'' son cycle, il existe aussi d'autres moyens efficaces de lutte utilisés dans de nombreux pays d'outre-Atlantique et d'Europe centrale, les OGM, les traitements de semences…, mais dont la France a la singularité de se priver, a déploré le 20 août l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), alors que le maïs transgénique MON 863 de Monsanto est cultivé depuis 2003 par les agriculteurs américains pour combattre le coléoptère.

Le GNIS (Groupement national interprofessionnel des semences et des plants) a pour sa part estimé le 21 août que l'Europe se devait d'accélérer les procédures d'homologation des plantes résistantes à la chrysomèle (…) face à la menace qui pèse sur le maïs en France et aux conséquences économiques.

Le contenu du plan de lutte 2010 contre la chrysomèle sera déterminé cet automne, à l'issue d'un nouveau bilan de la situation en France attendu en octobre. Les associations demandent au Ministère de l'Agriculture d'imposer la rotation de la culture de maïs sur l'ensemble du territoire national pour la campagne 2010. La Directrice générale de l'alimentation du Ministère de l'agriculture a déclaré le 19 août qu'elle souhaitait encourager cette méthode plutôt que celle de l'usage de pesticides. Le recours aux OGM n'a pas été évoqué.

Réactions7 réactions à cet article

 
Mono-culture de subventions

La culture est trop importante pour être confiée aux seuls agriculteurs. Cela fait trente ans qu'ils ne font que chasser et cultiver des subventions année après année sans s'intéresser à la durabilité de leurs méthodes, le résultat est une mono culture de maïs accompagnée de l'épuisement des ressources en eau et de la contamination de la plupart des eaux de surface de profondeur et aussi celle de la mer par des pesticides et des excès d'engrais etc. Les rotations sont devenues quasi inexistantes et quand on met en culture plus du tiers de la surface avec la même culture cela n'offre pas beaucoup de possibilités réelles. Ce qu'il faut c'est d'abord supprimer les subventions directes et indirectes pour le maïs ainsi que les surfaces en cultures de maïs. Beaucoup de problèmes s'amélioreront avec la diminution de cette culture polluante et non durable.

Alain H. | 04 septembre 2009 à 10h18
 
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Introduction accidentelle?

Depuis 2002, l'expension de ce coléoptère dans certaines régions de France et sa capacité de colonisation posent question. Certains responsables sous entendent, mais en se gardant bien de le déclarer officiellement, que son arrivée ne serait pas si accidentelle. L'introduction volontaire de ce type d'insecte est techniquement réalisable.
A qui profite le crime, au moment où l'opinion publique est globalement favorable à l'abandon des pesticides?
Par ailleurs, on a pu voir récemment sur des chaînes câblées, des documentaires américains financés par de grandes firmes diabolisant les insectes et faire l'éloge des produits phytosanitaires...

petit scarabée | 10 septembre 2009 à 09h54
 
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Re:Mono-culture de subventions

Vous avez raison Monsieur H., celà est particulièrement vrai, et vous le savez bien, dans le Val de Durance où l'arboriculture est reine alors qu'on nous dit depuis des années que la pomme ne se vend plus. Heureusement, il reste quelques secteurs épargnés, comme la Drôme provençale, leader de l'agriculture biologique aujourd'hui en France et très riche en espèces d'insectes (notamment en papillons...).

petit scarabée | 10 septembre 2009 à 10h11
 
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Re:Introduction accidentelle?

Entièrement d'accord, je trouve ca louche. la plante transgénique à été introduite aux USA en 2003...

ric | 10 septembre 2009 à 10h49
 
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Comme c'est curieux!

Quand je lis "Des chiffres jamais atteints qui pourraient en partie s'expliquer par les conditions climatiques actuelles en Europe où l'on observe beaucoup plus d'insectes cette année", je me demande comment il se fait que là où j'habite, en Sologne trés exactement, le nombre d'insectes est cette année insignifiant. Chaque année qui passe montre une diminution régulière de la population insectes+oiseaux. Le temps où l'on était envahi par les mouches et les moustiques est passé. Une autre denrée qui a disparu est l'eau. Mon vieux puits me le montre maintenant chaque été. N'y aurait-t'il pas un rapport avec les cultures de mais avoisinantes en plein développement qui "justifient" les forages et l'assèchement des étangs pour les arroser, et l'usage de pesticides divers?

Onésime | 11 septembre 2009 à 09h29
 
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comme c'est bizarre !

et pourrions nous savoir qui fait partie de ces grands groupes agrapresse et GNIS, de petits agents des grandes firmes comme Monsanto par exemple ? tous là pour venir aider les pauvres agriculteurs victimes de la chrysomèle,
Rotation des cultures , et moins de mais un point c'est tout !

corazonelo | 15 septembre 2009 à 09h06
 
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salut par quel produit pourais je combatre les coleoptere dans mon chant des cocotier aviez des formation du genre sui ir phytothec
nicien au ministere de l agriculture au congo kinshasa

guy kambala | 06 juin 2012 à 10h40
 
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