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Projet Cigeo : FNE refuse de participer à un pseudo débat public tronqué

Déchets  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Mercredi 15mai, France Nature Environnement (FNE) a annoncé refuser de participer au débat public relatif au centre industriel de stockage géologique de déchets nucléaires (Cigeo) à Bure (Meuse) lancé le même jour. "FNE est décidée à ne pas perdre un temps précieux dans un pseudo débat public et invite l'ensemble des participants à boycotter un débat tronqué par avance", indique l'association.

"La raison fondamentale, ou plutôt la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, est le refus de retarder de quelques mois ce débat", explique FNE qui estime que le refus de repousser le débat de six mois pour un projet qui va s'étendre sur plus d'un siècle, "prouve à l'évidence que la qualité du débat n'est pas le souci premier quand il s'agit du nucléaire".

Une décision actée en 2006

"Les débats concernant l'énergie nucléaire ont un point commun : les décisions sont prises à l'avance et il n'est pas question de discuter de l'opportunité du projet", critique la fédération, rappelant que l'enfouissement des déchets nucléaires les plus dangereux est décidé depuis 2006. Et de rappeler que la loi avait prévu trois laboratoires afin de retenir le meilleur site. Las, "les trois laboratoires sont devenus un seul et unique site qui est donc parfait « par définition » puisqu'il n'y en a pas d'autres".

Par ailleurs, FNE déplore que "la liste [des déchets destiné à Cigeo] n'est pas arrêtée, ni en quantité, ni en qualité", une situation qui découlerait du fait que le creusement va continuer pendant l'enfouissement. "Je creuse, j'enfouis, je creuse, j'enfouis...", ironise l'ONG.

La réversibilité en question

Par ailleurs, l'ONG doute du caractère réversible du stockage géologique. Rappelant que le débat public de 2005 sur la gestion ultime des déchets nucléaires avait plutôt conclu vers un entreposage réversible de longue durée, les tenant de l'enfouissement géologique "ont fini par convaincre les parlementaires de voter ce projet d'enfouissement en le qualifiant de « réversible »". Un choix qui "laisse un peu rêveur au regard de ce qui se passe dans la mine de sel de Asse en Allemagne (déchets nucléaires enfouis en 1967 et qui baignent dans l'eau) ou à Stocamine en France (incendie à 500 m sous terre dans des déchets chimiques hyper toxiques)", juge FNE. Et de regretter que la notion de réversibilité ne soit pas validée par le Parlement avant deux ans.

Réactions7 réactions à cet article

 

Décidément il n'y aura jamais de consensus! Pendant ce temps là la montagne de déchet s'accroit d'autant plus vite que des opérations (pilotes) de démantèlement sont en cours. Sans qu'on sache vraiment ou emporter les déchets (!!) Un stockage réversible signifie que d'une manière ou d'une autre les déchets seront à la merci d'actes de malveillance (=terrorisme). Et aussi réversible pourquoi faire? Puisqu'on SAIT déjà qu'il n'y aura PAS de solution (pour TOUS les produits). La seule solution qu'on connait est de retirer le Plutonium pour en faire un combustible nucléaire. Pour les actinides mineurs (=les autres atomes plus gros que l'Uranium) il y a une posibilité théorique mais pour les atomes plus légers (issus de la fission ou de l'activation radioactive des matériaux) il n'y a pas de solution.
FNE demande 6 mois de délai et explique que depuis 2006 tout est déjà finalisé.
Il y a une incohérence totale entre s'opposer au nucléaire et s'opposer aussi aux méthodes qu'il faut bien trouver pour stocker l'existant en sécurité.
Etablir une comparaison entre un stockage en mine de sel et celui dans les couches d'argiles n'a aucun sens. Les infiltrations d'eau dans du sel sont ce que redoutent le plus les exploitants: le solide disparait et c'est du liquide qui remplace. Avec l'argile tout ça est impossible.

ami9327 | 17 mai 2013 à 00h59
 
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En réaction au commentaire de l'ami9327...
Il n'y aura pas de consensus tant qu'il n'y aura pas de processus démocratique sérieux. De ce côté là, ce débat publique est une arnaque et FNE l'explique très bien. La montagne de déchets grandira tant qu'on continuera à en produire. CIGEO ne résout en rien ce problème puisqu'il prévoit l'accumulation de déchets et la prolongation de nos centrales jusqu'à 50 ans de vie...Il n'y a pas de solution à l'heure actuelle pour le MOX usé et l'Uranium de retraitement, ils ne sont pas comptabilisés dans l'inventaire CIGEO...CIGEO n'a rien à voir, comme c'est écrit ci dessus, avec "Les méthodes qu'il faut bien trouver pour stocker l’existant en sécurité", CIGEO est l'unique solution que nous impose l'industrie électronucléaire pour pouvoir tirer un maximum de profit économique de ses installations au détriment de la sécurité et de la démocratie.
Enfin, les stockages dans d'autres formations géologiques n'ont pas été étudiés en France alors qu'elles auraient du l'être. L'eau a un effet redoutable également sur l'Argile et le fluage, de plus, des nappes sédimentaires fissurées seront traversées par les ouvrages, ce qui augmente le risque d'infiltrations et de dégagement de gaz explosif par radiolyse.

stopcigeo | 17 mai 2013 à 17h05
 
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Je vous écris de l'autre côté de la planète, du Japon, où nous suivons avec intérêt l'évolution du débat sur l'enfouissement des déchets en France. Le lobby nucléaire japonais voudrait l'imposer aussi dans ce pays à l'activité sismique ....débordante, et tout ce qui se passe en France sera suivi, analysé et probablement imité par les Japonais. Tant du côté de ce que fait la CIGEO que du côté de ce que font les militants.
Alors j'ai une question pour FNE : puisque qu'elle ne participera pas aux débats, comment va-t-elle occuper son temps en attendant que ça se passe ? Je propose l'apprentissage du tricot, qui pourra s'avérer très utile pendant les années de confinement qui suivront un accident nucléaire, des fuites et des explosions sur le site. Et c'est un savoir-faire facile à enseigner aux jeunes. Nous, ici, au Japon, on tricote déjà pas mal.
Au moment où je vous écris, on est secoués par un séisme... Ambiance. Va falloir peut-être se mettre au crochet et à la broderie, après le tricot.

JanickEnDirectDuJapon | 18 mai 2013 à 07h51
 
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@StopCigEO

Il semble que vous faites parti de ces gens qui nous disent que l'électronucléaire est plus antidémocratique que les autres formes d'énergies. Or je vous rappelle que les subventions accordées aux électroENR ne le sont pas plus. Pas plus que le prix des carburants que nous mettons tous dans nos réservoirs et cuves de fioul. Crier au lobbys est donc inutile lorsque l'on ne regarde pas la poutre dans son œil. D'ailleurs les provisions pour démantèlement de ces inepties ultra trop chères et peu productives ne sont pas non plus a la hauteur. L’extraction des matières premières utilisées pour les aimants des éoliennes est aussi très polluante et destructrices de grandes surfaces...Même chose pour l'indium. Sans même parler des mines de charbon qui tuent des milliers de personnes.

Le seul but de FNE est de gagner du temps. D'ailleurs la dame responsable de cette ONG l'a clairement dite devant le conseil de l'OPCEST : "venir a cette assemblée est chronophage et même inutile"
Gagner du temps politique, c'est augmenter le risque. Nous ne sommes pas les seuls a envisager l'enfouissement, les finlandais aussi. même les américains l'envisage depuis des décennies.
Si CIGEO n'est pas a 'abri des terroristes selon vous, qu'en sera t-il s'ils sont en surface ? Ce serait moins sécurisé dans CIGEO qu'en surface alors même qu'il n'y aurait qu'un accès plus que limité dans CIGEO ? La comparaison avec le mine de sel est toute faite, il suffit de regarder l'exemple allemand...

Atomicboy44 | 18 mai 2013 à 15h21
 
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@StopCigEO

En lisant tous ces commentaires anti CIGEO un peu partout (pas que sur ce site), je constate une chose commune a toutes les ONG antinucléaires : un principe qui suppose de tout trouver pour faire monter le prix de l’électronucléaire par rapport aux électroENR fatales et intermittentes ultra trop chère, surtout lorsqu'est inclus le cout des palliatifs comme le stockage (qui est pour l'instant inexistant ou presque, sauf si un danger majeur est accepté pour une bonne efficacité).
Alors, ces ONG évoquent le principe démocratique pour arriver a convaincre, mais oublient de dire qu'aucune forme d'énergie n'est en fait démocratique. Seul l’appât du gain est utilis pour développer toutes les énergies, quelles qu'elles soient. C'est clairement visible avec les éoliennes qui poussent dans les champs au gré des communes en recherches de taxe professionnelle...
Le marché est-il démocratique ? Pas si sûr.
L'eau a un effet redoutable en effet, mais c'est la première source d'ENR dans le monde après le bois.Et puis les études de l'ANDRA montrent qu'il faut tout de même 10 000 ans pour percer par piquetage l'acier inoxydable (première couche, et plus de 100 000 ans pour atteindre le verre. A ce moment les déchets que vous dites "non traitables" auront une activité radiobiologique fortement décrue. Il faudrait encore 300 000 ans pour qu'ils remontent a la surface au delà des couches d'argile.

Atomicboy44 | 18 mai 2013 à 15h36
 
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Stopcigeo écrit : " CIGEO est l'unique solution que nous impose l'industrie électronucléaire pour pouvoir tirer un maximum de profit économique de ses installations au détriment de la sécurité et de la démocratie." Ce point est à l'évidence contestable car il serait dans l'intérêt financier de l'industrie nucléaire d'éviter les coûts du retraitement du combustible usé, de séparation chimique et de vitrification des résidus les plus dangereux et enfin celui du stockage en formation géologique.

MNK32 | 19 mai 2013 à 09h49
 
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Il serait temps de démanteler toutes ces organisations mafieuses qui tapent sans arrêt sur le nucléaire (au profit de quels lobbies, je vous laisse deviner). Il s'agit de la seule source d'énergie viable actuellement, et aussi de la plus sûre et de la plus écologique (comparer aux milliers de morts / an en Chine dans l'extraction du charbon, aux dégâts du pétrole et à tous les rejets de CO2 des énergies du carbone, à la pollution énorme générée par la fabrication de panneaux solaires impossibles à recycler, etc). Il n'y a qu'à voir leur exemple à la mode, Fukushima, ZERO victime alors que le raz de marée en a fait plus de 20 000, dont la mémoire est honteusement recouverte par les cris des anti-nucléaires.

Flo | 30 mai 2013 à 20h21
 
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