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Collecte sélective et tri : la capacité de traitement réduite de 40 %

Quelque 59 % des capacités de tri des déchets ménagers restent en activité. La situation se rétablit progressivement, mais d'importantes disparités géographiques persistent. Cette chute des capacités de tri justifie l'essentiel des arrêts de collecte.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Collecte sélective et tri : la capacité de traitement réduite de 40 %

Depuis le début de la crise sanitaire causée par le coronavirus, les capacités de traitement des déchets d'emballages issus de la collecte sélective ont chuté de plus de 40 %. Toutefois, la situation se rétablit lentement, explique Citeo. L'éco-organisme en charge de la filière de responsabilité élargie des producteurs (REP) pour les emballages ménagers note une progression hebdomadaire de 6 à 7 % des capacités théoriques disponibles.

Au 27 mars, 54 % de la capacité totale des centres de tri français (3,28 millions de tonnes) étaient disponibles. Cinq jours plus tard, un point bas était atteint, avec une capacité de traitement réduite à 52 %. Depuis, à la date du 15 avril, elle est remontée à 59 %, selon les données compilées par Citeo dans son état des lieux de la collecte sélective des emballages et des papiers, publié le 17 avril.

51 centres de tri à l'arrêt

Le 15 avril au soir, 51 des 176 centres de tri français étaient à l'arrêt du fait de la crise sanitaire. Ces sites représentent une capacité de traitement totale de 870 200 tonnes, soit 27 % du global. La protection des salariés est la raison avancée par « plus des trois quarts » des centres, explique Citeo, ajoutant que « plusieurs exploitants (…) ont fait part de leur volonté de redémarrer leur équipement, et ce, dès réception de masques à destination du personnel ». Techniquement, les centres de tri « procèdent à la mise en sécurité de leur centre en vidant le stock amont, afin de limiter les risques d'incendie », précise l'éco-organisme. À ces 51 centres à l'arrêt du fait du Covid-19, s'ajoutent trois centres à l'arrêt pour cause de travaux (80 000 tonnes supplémentaires indisponibles).

Parmi les 122 centres en fonctionnement, 39 ont une activité réduite par rapport à la situation habituelle. Ces sites totalisent une capacité de traitement de 853 000 tonnes. Deux raisons expliquent cette réduction d'activité. La principale est la diminution des quantités entrantes du fait de l'arrêt de la collecte sélective sur certains territoires. La seconde est la réduction du débit de production induit par les règles de distance de sécurité entre salariés. Ces règles imposent une réduction du nombre de salariés sur les tapis de tri et, parfois, une modification des flux triés, détaille Citeo.

Finalement, 83 sites fonctionnent normalement, pour un total de 1,47 million de tonnes (45 % de la capacité française).

L'Île-de-France, les Hauts-de-France et l'Occitanie, très touchées

 
Parmi les 122 centres en fonctionnement, 39 ont une activité réduite par rapport à la situation habituelle. Ces sites totalisent une capacité de traitement de 853 000 tonnes.  
 
Citeo apporte aussi des précisions sur la répartition géographique des centres de tri à l'arrêt. L'Île-de-France est la région la plus touchée, avec seulement cinq sites en fonctionnement sur les dix-sept normalement disponibles. La capacité de traitement francilienne est ainsi réduite de près de 75 %. Les régions Hauts-de-France et Occitanie voient près de la moitié de leurs centres de tri à l'arrêt. À l'opposé, « les centres de tri sont très largement ouverts » en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Corse, Bourgogne Franche-Comté, et en Auvergne Rhône-Alpes. Enfin, s'agissant des autres régions, « environ un quart des centres de tri sont fermés », indique l'éco-organisme.

La reprise des activités est globalement « assez homogène quelle que soit la région ». Deux régions se démarquent toutefois avec une légère chute des capacités de traitement disponibles : Pays de la Loire et Normandie.

72 % des collectivités maintiennent une collecte sélective

L'éco-organisme apporte aussi des informations sur le maintien de la collecte des emballages ménagers, sur la base d'une enquête menée auprès de 88 collectivités représentant plus de 35 millions d'habitants, soit plus de la moitié de la population française. « Il est important de noter qu'une partie des collectivités maintiennent la collecte, mais le traitement en centre de tri n'est que partiellement ou pas effectué », explique Citeo. L'entreprise signale ainsi qu'« une dizaine de collectivités suivies » incinèrent ou enfouissent des déchets d'emballages et des papiers issus de la collecte sélective. Onze pour cent des collectivités de l'échantillon éliminent l'ensemble de leur collecte sélective, auxquels s'ajoutent 7 % qui ont totalement arrêté leur collecte sélective, et 4 % qui demandent aux usagers de conserver temporairement leurs emballages ménagers.

Globalement, 72 % des collectivités interrogées maintiennent leur collecte des emballages légers et papiers pour les diriger vers un centre de tri. Par ailleurs, 6 % des collectivités ont mis en place une collecte partielle des bacs jaunes, qui se traduit par un arrêt de la collecte en porte-à-porte (et une poursuite en point d'apport volontaire), ou par l'arrêt de la collecte sur certains secteurs en fonction de la disponibilité des opérateurs qui y interviennent.

Citeo fait aussi un point sur la collecte du verre. L'éco-organisme note que 91 % des collectivités interrogées assurent leur collecte du verre. Par ailleurs, 7 % supplémentaires conservent une collecte partielle.

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