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Citychlor : pour une gestion intégrée de la pollution urbaine aux solvants chlorés

Les résultats du projet européen Citychlor ont permis de réaliser un guide de bonnes pratiques pour la dépollution de sites urbains contaminés aux solvants chlorés. Ce dernier comble un manque de retour d'expérience en la matière.

Aménagement  |    |  Dorothée Laperche  |  Actu-Environnement.com
Citychlor : pour une gestion intégrée de la pollution urbaine aux solvants chlorés

"Citychlor a montré que nous avions intérêt à aborder, dès le départ, un projet dans son ensemble, ne pas rester cloisonné entre disciplines : lier la caractérisation au traitement, à la communication, aux aspects socio-économique, etc.", pointe Julien Michel, ingénieur d'étude et de recherche, coordinateur pour l'Ineris de ce projet d'étude dela pollution chlorée en milieu urbain.

Lancé en 2010 pour une durée de 3,5 ans, le programme Citychlor a suivi différents sites pilotes en Europe et analysé leurs retours d'expérience.

Contaminants parmi les plus fréquemment retrouvés dans les sols et les nappes phréatiques, les solvants chlorés s'avèrent difficiles à caractériser et dépolluer.

Leur densité plus élevée que l'eau les amène en effet à se répartir de façon hétérogène dans le sol avec une accumulation dans les couches les moins perméables.

Le contexte du milieu urbain complexifie également la tâche : présence d'usagers (riverains, travailleur, etc.) et de bâtiments au dessus des sources de pollution, contexte hydrogéologique complexe (remblais, déblais, réseaux souterrains, pompages d'eau, etc.), mélange avec d'autres polluants (hydrocarbures, métaux, autres sources de COHV, etc.).

Concernant tout d'abord l'étape de caractérisation, l'Ineris a testé lors de Citychlor des échantillonneurs passifs pour différents milieux dont les eaux souterraines.

" C'est une technique, très utilisée aux Etats-Unis, qui permet de prélever des échantillons d'eau souterraines sans purge, développeJulien Michel, en France, les bureaux d'études attendent des retours d'expérience avant de les utiliser ".

Les échantillonneurs passifs, moins onéreux

   
introduction d'un échantillonneur passif (PDB : polyethylene diffusion bag) dans un piézomètre © Ineris
 
   
Les échantillonneurs passifs  se sont révélés, lors du test, être des techniques de prélèvement des eaux souterraines faciles à installer et à retirer, moins onéreux que la technique de prélèvement conventionnelle.

"Les résultats observés étaient cohérents avec ceux que nous pouvions obtenir avec la technique classiquement employée : la purge de l'ouvrage avec une pompe puis le prélèvement d'un échantillon d'eau avec une pompe ", note Julien Michel.

Les scientifiques recommandent toutefois d'utiliser les échantillonneurs passifs sur des sites pour lesquels les familles de polluants présents sont connus : ces outils sont en effet spécifique d'une catégorie de contaminants.

Une autre technique testée pour la caractérisation, la Direct push technology (DPT), permet de collecter des informations au fur et à mesure que la sonde pénètre dans le sol.

"Cette technique permet d'être très réactif sur le site et de mieux délimiter les zones sources de pollution ainsi que les panaches, explique Julien Michel, les ouvrages permanent pour le prélèvement des eaux et gaz du sol sont installés de manière plus appropriée".

Une étude de l'atténuation naturelle

Aujourd'hui, la dépollution des sites passe essentiellement par l'excavation ou le pompage/traitement des fluides.

Oxydation chimique in-situ (ISCO), utilisation de la biodégradation, stripping, venting, barbotage in-situ, ou utilisation de tensio-actifs : différentes techniques peuvent toutefois être employées.

Dans le cadre de Citychlor, l'Ademe et l'Ineris se sont penchés sur l'atténuation naturelle. Cette technique peut être envisagée lorsqu'il s'avère impossible de supprimer des polluants (ou qu'il n'apparaît pas souhaitable de poursuivre plus en avant les opérations de dépollution). Elle s'opère toutefois seulement si les niveaux résiduels de pollution sont compatibles avec les usages constatés ou envisagés des milieux. Elle implique également une surveillance des milieux.

Les sols contaminés notamment par du perchloroéthylène et trichloroéthylène (PCE et TCE) peuvent en effet bénéficier de la dégradation de la pollution par des micro-organismes, selon les conditions physico-chimique.

 
La pollution aux solvants chlorés en France Garages, imprimeries, certains ateliers de nettoyage à sec : les pollutions aux solvants chlorés sont associées aux entreprises de petites tailles en milieu urbain. Les industries de peinture et de métallurgie constituent une autre source de pollution.

Selon l'Ineris, environ 200 sites en France seraient contaminés par du trichloroéthylène et 900 par des solvants halogénés (qui comprennent, outre les solvants chlorés, les dérivés fluorés et bromés)
 

"Pour gérer un site par atténuation naturelle, il faut dans un premier temps maîtriser et gérer la source de pollution, puis nous évaluons la faisabilité de l'atténuation, détaille Julien Michel, ensuite un suivi de la qualité des eaux souterraines est mis en place pour montrer que l'atténuation fonctionne".

Le projet Citychlor s'est attaché à appliquer cette démarche sur un site en grandeur nature afin de bénéficier d'un retour d'expérience pour les bureaux d'études.

"Un essai sur site en Belgique a également testé la réduction par les nanoparticules de fer, ajoute Julien Michel, nous nous sommes rendu compte que nous n'arrivions pas à traiter une zone étendue, cette technique nécessite en effet beaucoup de points d'injections : les particules ne migraient pas loin, elles sont retenues rapidement par les sols".

10 facteurs clefs pour une bonne gestion des sites

Des expérimentations de Citychlor a découlé un guide méthodologique européen des bonnes pratiques pour la gestion intégrée de sites urbains contaminés par des solvants chlorés.

Ce derniera identifié dix facteurs clefs pour une approche intégrée. Un élément essentiel à tous les stades du processus, se dégage toutefois : la communication.

" Un goulot d'étranglement se matérialise dans la collaboration par les différents langages utilisés par disciplines impliquées : urbanistes, designers, architectes, promoteurs du projet, etc. mais aussi les parties prenantes comme les politiciens, les habitants, les propriétaires, etc. ", souligne le guide. Et ce manque de communication conduit, selon le document à adopter des solutions non optimales.

Le guide propose d'impliquer dès le début toutes les parties concernées et d'identifier leurs intérêts et leurs objectifs. Il considère également comme prioritaire une analyse de la faisabilité qui prenne en compte les dimensions économiques et sociales de toutes les phases du projet.

Autre facteur clef : la recherche d'objectifs communs. "Envisager toutes les activités et les intérêts concernés dans la région et ne pas hésiter à élargir la zone", note le guide.

Evolution des accords en fonction des phases de développement, maîtrise des procédés, suivi des connaissances et des innovations techniques, anticipation sur du long terme, implication des administrateurs ou encore une conformité avec la législation font également parti des points de vigilance listés par le document.

Réactions2 réactions à cet article

 

utiliser un peu d'eau de javael dans les travaux ménagers (WC ; lessive) fait-il courir un risque à l'environnement ?

Mado | 03 avril 2014 à 17h21
 
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L'utilisation d'UN PEU d'eau de javel pour le ménage ne pose pas de problèmes.
D'un point de vue plus général 'l'Eau de javel peut agir de 2 façons sur les matières organiques: par oxydation et là c'est bien ou par chloration est alors ce n'est pas bien. Souvent les molécules organiques chlorées sont mal biodégradables.
Il est difficile de donner des conseils précis pour favoriser l'oxydation plutot que la chloration: ça dépend des molécules au départ.
La désinfection de l'eau potable par le Chlore est la seule solution pérenne, il existe d'autres moyens mais leur efficacité ne se prolonge pas au delà du traitement.

ami9327 | 23 octobre 2014 à 09h59
 
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