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Actu-Environnement

Classement des cours d'eau : l'étonnante censure du Conseil constitutionnel

Une grande partie des arrêtés de classement des cours d'eau ont été pris sur un fondement inconstitutionnel. Mais le Conseil constitutionnel les rend pourtant intouchables.

Eau  |    |  Laurent Radisson Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°338 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°338
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Le Conseil constitutionnel a rendu ce vendredi 23 mai sa décision relative à la question prioritaire de constitutionnalité (QPC) portant sur le classement des cours d'eau.

Cette décision ne va pas ravir France Hydro Electricité à l'origine de la demande qui voit dans ces classements, établis en application de la directive cadre sur l'eau afin de garantir la continuité écologique des cours d'eau, la condamnation des trois-quarts du potentiel hydroélectrique français.

Les sages reconnaissent en effet l'inconstitutionnalité de la disposition du code de l'environnement sur la base de laquelle a été prise une partie des arrêtés de classement. Mais, la remise en cause de ces arrêtés ayant des conséquences "manifestement excessives", ils décident que ces textes ne peuvent être contestés sur le fondement de cette inconstitutionnalité.

L'inconstitutionnalité reconnue…

France Hydro Electricité qui représente les petits producteurs d'électricité avait posé la QPC à l'appui d'un recours en annulation dirigé contre deux arrêtés préfectoraux portant classement des cours d'eau du bassin Seine-Normandie. Le syndicat professionnel estimait que l'article L. 214-7 du code de l'environnement sur la base duquel sont pris les arrêtés de classement des cours d'eau méconnaissait le principe de participation du public contenu dans la Charte de l'environnement.

Le Conseil constitutionnel lui donne raison pour la période antérieure au 1er janvier 2013. Mais le législateur a remédié à cette inconstitutionnalité à compter de cette date par la loi du 27 décembre 2012 relative à la mise en œuvre du principe de participation du public. Il considère donc qu'il n'y a pas lieu de prononcer l'abrogation des dispositions contestées.

… mais la contestation rendue impossible

Restait le problème des arrêtés de classement pris avant 2013 sur le fondement d'une disposition législative jugée inconstitutionnelle. Constatant qu'à cette date, les arrêtés avaient déjà été pris pour les bassins Loire-Bretagne, Seine-Normandie, Artois-Picardie et Rhin-Meuse, le Conseil constitutionnel estime que "la remise en cause des effets que ces dispositions ont produits avant le 1er janvier 2013 entraînerait des conséquences manifestement excessives". Il en conclut que ces textes ne peuvent être contestés sur le fondement de cette inconstitutionnalité.

Les partisans du développement de l'hydroélectricité ont perdu une bataille, à la grande satisfaction de ceux qui y voient une menace pour la préservation des dernières rivières sauvages de France.

Réactions75 réactions à cet article

 

Toujours cette INCOHERENCE écologique entre ceux qui ne veulent jamais rien voir bouger dans leur monde et ceux qui défendent les Energies Renouvelables, hydroélectrique en l'occurence.
Voila comment l’Écologie réussit a ne jamais gagner l'assentiment des citoyens qui voient a longueur d'année ces incohérences.
Il ne faut pas se voiler la face cette énergie naturelle que nous n'aurons pas devra être compensée par une énergie fossile. Sans compter que non seulement la production est condamnée, mais au moins aussi grave LE STOCKAGE hydroélectrique pourtant indispensable avec toutes les nouvelles installations d'EnR INTERMITTENTES ne pourra pas se faire. Bref on perd sur deux tableaux.
La continuité écologique des cours d'eau c'est pour permettre aux poissons de frayer là ou ils ont l'habitude. Mais pourquoi ne pourraient-ils pas le faire ailleurs? Aidés naturellement par l'Homme.

ami9327 | 23 mai 2014 à 23h42
 
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Bonjour,
Conclusion assez consternante, car avec le concept de « transition énergétique » ce sont tous les français qui devraient être « partisans du développement de l’hydroélectricité ». N’est-ce pas l’hydroélectricité qui a contribué à l’essor de la France au 19ème ? L’énergie nucléaire sera-t-elle irréprochable au 21ème siècle?
Une « rivière sauvage », c’est un oued pendant 6 mois et des inondations les 6 mois suivants.
C’est un choix de gestion l’eau. On la regarder filer vers l’océan quand elle est excédentaire et on prend des arrêtés préfectoraux pour en réduire l’usage quand elle est déficitaire.
Cordialement
Cedepa

cedepa | 24 mai 2014 à 10h58
 
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C'est pourtant un excellent moyen d'améliorer notre taux d'énergie renouvelable.
Du temps où ces rivières étaient équipées de roues à aube on trouvait ces moulins charmant et les poissons avaient trouvé les moyens de faire avec. Nos campagnes sont pleines de reliques de ces biefs qui offraient aux poissons des successions de zone calmes et de zones vives.
Là c'est du moderne, donc nécessairement pour le public du moche,
du dangereux, du polluant.
Au fait, qui s'oppose au développement de l'hydroélectricité?

VD69 | 25 mai 2014 à 10h22
 
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La question fondamentale est celle du bon état des eaux, et vu la dégradation actuelle de la ressource en qualité et bientôt en quantité il faut se dire et de répéter que pour simplement exister nos descendants boiront de l'eau, pas de l'électricité. Vous pouvez équiper tout ce qui reste de rivière encore en bon état, vous n'arriverez même pas à l'équivalent d'une seule tranche nucléaire, à un seul grand barrage, à un seul parc éolien offshore.
Que vous ayez envie de faire turbiner de l'argent, on le comprend. Mais comprenez aussi que l'enjeu collectif de l'eau et de tout ce qui participe à son bon état (variété des morphologies, biodiversité) est plus important que les profits privés déguisés en énergie "verte", couleur des eutrophisations qu'elle génère.

petite bête | 26 mai 2014 à 10h06
 
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Ces charmants moulins sont également dans le collimateur de FNE et des fonctionnaires de l'ONEMA au profit de poissons qui ne sont jamais venus dans les eaux dont il faut protéger la continuité et pendant ce temps là la France est condamnée pour la mauvaise qualité de cette eau. De qui se moque t-on?

En colère | 26 mai 2014 à 10h55
 
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Il n'y a généralement aucun problème avec les moulins qui respectent leurs devoirs (j'en suis un), seulement parfois des adaptations à faire : les cours d'eau ne sont plus ce qu'ils étaient en débit comme en qualité, et cela va s'aggraver.
Par contre il y a de gros problèmes avec les propriétaires qui brandissent leurs droits - quand ils en ont - en ayant oublié les devoirs qui vont avec, et encore plus de problèmes avec les associations censées les représenter, qui ne visent que leur propre extension et puissance.

petite bête | 26 mai 2014 à 11h48
 
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On se rapproche quand même dangereusement de la république bananière... Une disposition législative relative à l'environnement est reconnue comme non constitutionnelle car n'ayant pas sollicité la participation des citoyens lors de son élaboration, mais elle est validée malgré tout car il serait trop compliqué de l'abroger. Il ne faut pas s'étonner de la très grande colère des riverains et des élus, qui se voit imposer des dispositions totalement aberrantes sans avoir été informés de leurs fondements, des preuves de leur bien-fondé et des effets réels sur la qualité de l'eau. Mais ce n'est que partie remise, puisque les pouvoirs publics ont obligation légale de justifier et motiver sur chaque seuil de moulin les mesures de police qu'ils entendent imposer. Pas de motivation complète de la mesure (impact environnemental + analyse cout-avantage) => pas d'aménagement.

Hydrauxois | 26 mai 2014 à 21h21
 
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Comme environnementaliste, j'aurais tendance à répondre à cette désinformation et ce manque de connaissance par : "Allez vous faire...". Mais comme propriétaire de moulin et habitué à des échanges avec l'ONEMA ou les agences de l'eau, je constate que ce sont toujours des solutions raisonnables qui sont prises, en accord avec les propriétaires. Simplement, le problème se pose avec ceux qui s'imaginent que leur moulin pourrait turbiner du fric, et écoutent béatement les promesses insensées des marchands de turbines.
La totalité de la petite hydroélectricité représente 0,25 % de l'énergie produite en France, et beaucoup moins en matière d'énergie consommée. Doit-on détruire ce qui reste de rivières encore à l'état naturel pour obtenir -peut-être - 0,5 % ?
On ne parle que de bénéfices financiers (payés par la collectivité) liés à la production mais pas des pertes financières de la destruction de l'environnement, parce qu'on se refuse à voir les bénéfices gratuits apportés par un milieu en bon état.
Mais à quoi bon discourir? On ne peut pas réveiller quelqu'un qui fait semblant de dormir.

petite bête | 27 mai 2014 à 11h24
 
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inconstitutionnel mais intouchable ! ...Ou allons nous?
Un pas de plus vers la décroissance ,mais heureusement on pourra regarder couler l' eau dans des rivières sauvages !...

balxha | 27 mai 2014 à 12h17
 
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@petite bête : désolé, mais vous êtes particulièrement peu crédible pour toute personne travaillant dans le milieu associatif de la petite hydro. 90% des moulins français ne turbinent rien (ni eau ni fric), à mon grand regret, ce qui n'empêche pas leurs propriétaires de refuser la destruction du bien qu'ils ont acquis, la mise à sec de leur bief et la perte de leur droit d'eau. Un moulin qui turbine rapporte annuellement 500 euros (en moyenne) par kW installé et comme la puissance médiane des moulins de France se situe vers 20 kW, cela ne va pas bien loin. Quant à l'argument "cela fait si peu d'énergie, ah quoi bon", c'est que ce nous répètent à l'envi les lobbyistes du fossile ou du nucléaire pour déconsidérer chaque ENR prise isolément. Le potentiel de la très petite hydro (50.000 moulins, sans aucune création de site en rivière "sauvage", juste l'équipement de l'existant) est équivalent à un réacteur nucléaire, ce n'est pas si mal. Enfin, puisque vous vous dites "environnementaliste", je suppose que vous admettez l'influence très secondaire des seuils de moulins sur la qualité des milieux aquatiques en comparaison des autres causes de dégradation. La continuité écologique, c'est la poudre aux yeux du Grenelle pour faire semblant d'agir sans remettre en question les problèmes connus depuis 30 ans (poids ahurissant de l'agriculture intensive, retard des collectivités sur l'assainissement, etc.) et pour faire plaisir aux pêcheurs (qui s'y connaissent en dénaturation...)

Hydrauxois | 27 mai 2014 à 14h36
 
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La décroissance de quoi? Doit-on continuer à fumer pour faire vivre les buralistes, à être malades pour enrichir les pharmaciens ? A avoir des accidents pour le secteur automobile? Il faut sortir de la religion du "Progrès" née au XIXème siècle, et comprendre que les enjeux du futur ne sont pas ceux d'hier, que la science nous révèle que l'eau, ce n'est pas seulement un problème du tuyauterie, de trucs qui se remplissent et se vident comme dans les problèmes de math en classe primaire. Mais on peut toujours aller passer ses vacances dans une zone industrielle, si on tient à cette vision de la "croissance". Parce qu'en attendant, c'est la population qui croît et les ressources qui décroissent.

petite bête | 27 mai 2014 à 14h40
 
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@ petite bête : trop souvent ce sont les droits et non les devoirs qui sont retenus, pourtant ils sont là et bien là !
Des sociétés qui ne pensent qu'à refourguer du matériels en faisant croire que des profits seront à la clé SI … n'est pas rare, c'est aussi le cas pour les éoliennes perso ou les pompes à chaleur ; un installateur a essayé de me faire croire que j'allais économiser plus que je ne dépensais actuellement, et d'un air grave, sérieux, sans rire. Moi j'en ai bien ris !

Maurice | 28 mai 2014 à 07h24
 
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Pour Hydrauxois (ou OCE?)
Peu crédible? Comme vous y allez! On dit toujours qu'une erreur est d'autant plus dangereuse qu'elle contient plus de vérité, et il y a beaucoup de vérités dans ce que vous dites, et d'autant plus d'erreurs. En imaginant qu'il y aurait 50.000 moulins en France encore en état d'être équipés, ce qui est totalement invraisemblable, ils se trouvent sur des cours d'eau qui n'ont ni le même débit, ni la même qualité d'eau que ce qui leur permettait de fonctionner autrefois sans dommage pour les milieux aquatiques. Et même si l'âge d'or des moulins est aussi celui des contentieux, tout ce petit monde fonctionnait en synergie de l'amont vers l'aval, quelques heures par jour et quelques jours par semaione. En remettant tout cela en route dans les mêmes conditions "patrimoniales", comment imaginer qu'ils puissent être rentables, même en turbinant 24 heures sur 24, ce qui n'est guère "patrimonial". C'est vrai aussi que ce n'est pas de la faute des moulins si l'eau qui leur arrive de l'amont est polluée. Et alors? Est-ce une raison pour "faire comme si" et aggraver le phénomène par la stagnation même relative de l'eau dans les biefs, qui augmente l'eutrophisation. Et puis qui parle de "détruire les moulins", ou plutôt qui tente de le faire croire pour faire des adhérents et donner de la force à sa vraie revendication : turbiner de l'argent du contribuable?

petite bête | 28 mai 2014 à 09h13
 
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Pour Maurice :
Effectivement il y a beaucoup de filous dans cette histoire. Mais aussi de bonnes pistes d'économie d'énergie et de production réelle, le fond du problème étant le stockage de l'électricité. Ce que peuvent faire les grands barrages et qui les légitime malgré leurs impacts très négatifs.
Ce n'est pas de la faute des propriétaires de moulins, dont je suis (étang d'un hectare, 7 m de chute, deux turbines à l'arrêt depuis 1962), si durant soixante ans l'administration a été absente à leur faire respecter leurs devoirs, mais c'est bien de leur responsabilité d'en prendre conscience, et s'adapter à une situation nouvelle et impérative. Le simple respect des devoirs qui seuls légitiment les droits est susceptible de résoudre la quasi-totalité des problèmes. Il ne s'agit pas de détruire, c'est au cas par cas, et lorsqu'on explique, tout se passe bien. C'est ce que ne veut pas faire le lobby "Turbinator".

petite bête | 28 mai 2014 à 09h34
 
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@ petite bête : je ne comprends pas. Vous me dites avoir un moulin, c'est bien plus écologique (et simplement logique) de produire de l'énergie avec l'eau qu'avec tout autre chose. Et si vous produisez, vous entretenez le bien, ce ne sera pas de l'eau stagnante avec 2 mètres de vase au fond, juste pour un beau paysage de miroir d'eau. Sur le fond, je n'ai lu aucune démonstration scientifique sérieuse de l'impact des petits moulins par rapport aux autres causes de dégradation de l'eau et des milieux aquatiques. C'est comme si vous me disiez : les toitures noires contribuent au réchauffement (ce qui est vrai), prenons une mesure d'interdiction totale des toitures noires (ce qui est bête). C'est une mesure coûteuse et absurde si les toitures représentent 0,1% de la hausse des T en surface, alors que les mesures prioritaires devraient concerner les 99,9%. De surcroit et dans le cas de la continuité, que la DDT et l'ONEMA arrêtent de faire pression pour des passes à poissons entre 50 et 100 k€ le mètre de chute, et il y aura des solutions pour améliorer les choses. Les propriétaires de moulins ne refusent pas d'aménager leur bien, ils refusent d'être poussés à les détruire parce qu'on les menace en alternative de travaux très coûteux et peu subventionnés. Par exemple vous personn, qu'avez vous fait? Combien avez-vous payé de votre poche (et combien de l'Agence + Syndicat) pour quel dispositif de montaison et dévalaison sur combien de mètres de chute réelle au droit du lit mineur?

Hydrauxois | 28 mai 2014 à 17h59
 
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d'une part, ne vous affolez pas, pas besoin de d'hydroelec en france, cas nous n'avons pas de problème d'énergie pour les prochains milliers d'années.
nous aurons bientôt le petit frere de SUPERPHENIX nommé ASTRID en version 600Mwe puis 1200Mwe...
Bienvenue dans l'ère du bon Plutonium....

D'autre part, ne vous affolez lors de la future catastrophe nucléaire française, tout le monde donnera carte blanche à l'hydroelec pour turbiner 100% de la ressource sans se soucier des poissons (plus une seule goutte d'eau dans les rivières) ....

Astrid | 28 mai 2014 à 19h12
 
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Vous ne comprenez pas parce que vous ne voulez pas comprendre, et parce que vous laissez croire que les moulins sont encore gérés, ce qui est faux pour la quasi-totalité d'entre eux.
1 J'ai vidé l'étang parce que le ruisseau qui l'alimentait a quasiment disparu
2 Où avez-vous lu qu'il s'agissait de détruire les moulins?
3 Pourquoi n'avez-vous pas lu tout ce qui concerne la dégradation de la qualité de l'eau du fait de son ralentissement et de sa stagnation.
Mais il est vrai qu'on ne peut réveiller quelqu'un qui fait semblant de dormir.

petite bête | 28 mai 2014 à 22h49
 
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La question ne concerne pas le développement de l'hydroélectricité, quasiment tous les sites potentiels (96%) ayant été équipés (Cf carte de France des obstacles sur cours d'eau : http://carmen.carmencarto.fr/66/ka_roe_current_metropole.map) mais le développement de la pico-hydroélectricité dans les têtes de bassin, des zones de 1ère catégorie piscicole où se concentrent les frayères. Pour tout aménagement, il faut faire une analyse coût/bénéfice : coût environnemental et impact socio-économique avec les autres usagers contre bénéfice économique et trancher parfois pour si le bénéfice économique est réel mais ce n'est pas le cas ici. Le potentiel pour la Côte d’Or par exemple, un département très intéressant, est estimé à l’équivalent de la consommation électrique de 8 000 personnes. Bref des bénéfices minimes, sur de petits sites, pour quelques investisseurs privés comme Hydrauxois mais des conséquences environnementales sans commune mesure pour tous. Comme toujours c'est l'intérêt privé contre l'intérêt public.

Gaet | 29 mai 2014 à 13h21
 
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Petit rappel :
Au milieu du 18ème siècle, les nombreux petits ouvrages présents, type seuils de moulin, n'ont pas encore affecté l'aire de répartition des salmonidés migrateurs. Les constructions d’alors n’étaient pas aussi sophistiqués et avaient une hauteur réduite (le plus souvent de 1 à 1,5 mètres), avec par ailleurs des débits détournés peu importants et un fonctionnement discontinu. Plusieurs facteurs expliquent leur régression comme la pollution (phénomène relativement récent) ou la surpêche mais le facteur premier de disparition sera plus tard l'édification de grands ouvrages hydrauliques au milieu du 20ème siècle (inaccessibilité et ennoiement des frayères), les impacts de tous les ouvrages s'accumulant alors.

Gaet | 29 mai 2014 à 13h24
 
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Le principal problème avec les quelques 80 000 seuils en France, soit un tous les 10 km, est qu'un nombre important de propriétaires sont des particuliers en résidence secondaire. Malgré un cadre législatif avec obligation d'entretien, ils sont aujourd'hui quasi-tous à l'abandon. Et quelques générations après, il n'y a plus de propriétaires pour les entretenir et c'est les collectivités qui doivent payer ! Pour les passes à poissons, on est dans le même cas de figure : le manque d’entretien s’avère l’un des problèmes majeurs rencontrés sur le terrain. D’après une étude de LOGRAMI et de l’Université de Rennes, plus de la moitié des dispositifs de franchissement sont laissés à l’abandon par leurs propriétaires alors que dans le même temps 90% exigeraient un entretien régulier.

De plus, aucun obstacle n'est 100% transparent, il y a toujours un pourcentage de blocage et au bout d'un certain nombre d'obstacles, même équipés, on arrive à 0% perméabilité pour les espèces. Il y a trop d'obstacles sur le parcours de remontée des salmonidés migrateurs et lorsque quelques-uns parviennent en tête de bassin, ils tombent sur des reliquats d'espaces de reproduction. Il persiste trop d'aménagements (avec un effet seuil qui peut s’étendre sur plusieurs kilomètres) où l’écoulement homogène ne permet pas le tri granulométrique indispensable à la présence de frayères.

Gaet | 29 mai 2014 à 13h34
 
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Mais il n'y a pas que le problème des obstacles piscicoles, le principal problème est celui des biefs et du transit sédimentaire. L’état des lieux des SDAGE a montré que le principal obstacle à l’atteinte des objectifs fixés à la France par la DCE est justement le caractère trop cloisonné des cours d'eau, qui stockent les polluants et empêchent leur épuration naturelle.

Outre un impact que la qualité de la ressource, les biefs ont un impact sur la quantité : en réchauffant l'eau et de par leur surface couverte, ils augmentent l'évaporation. Or dans un contexte de changement climatique, le dernier rapport de l'ONEMA sur l'évolution des débits des rivières en France sur les quarante dernières années fait état d'une aggravation des tensions d'usage (démographie, demandes agricole et énergétique, urbanisation), surtout dans les têtes de bassin.
Bref, il vaut mieux développer les énergies renouvelables sur le solaire, l’éolien et la géothermie hautes couches, d’un impact environnemental moindre. LES COURS D'EAU DOIVENT ETRE DES FOURNISSEURS D'EAU POTABLE AVANT D'ETRE DES CENTRALES ELECTRIQUES.

Gaet | 29 mai 2014 à 13h43
 
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- Hydrauxois est une association loi 1901, pas un investisseur !

- L'électricité pour 8000 personnes en Côte d'Or, ce n'est pas négligeable à l'heure de la transition. L'Ademe la soutient d'ailleurs. Notez que c'est l'hypothèse basse "aménagement de l'existant", on pourrait aussi créer de nouveaux sites ou surélever certains.

- L'usage de l'eau par l'hydro n'empêche nullement l'usage en potabilisation (c'est transparent, 100% de l'eau turbinée est restituée, et d'ailleurs il y a souvent double usage des lacs de retenue comme ici à Saint-Agnan et VNF commence à équiper)

- Réchauffement de l'eau : le facteur de premier ordre du réchauffement d'une masse d'eau est le rayonnement solaire et IR, avez-vous une seule étude qui quantifie par modèle la manière dont une rivière se réchauffe ?? En raison du réchauffement précisément, le conseil scientifique de l'agence de l'eau SN a récemment demandé une réflexion supplémentaire avant de supprimer les bief et retenues (fonction de soutien d'étiage et réserve d'eau).

- Qui parle de détruire, demandez-vous (petite bête) ? Nous avons une centaine d'adhérents sur une dizaine de rivières, nous menons une veille nationale sur la question, alors ne venez pas me raconter qu'il n'y a pas une forte pression pour détruire les seuil set barrages plutôt que les aménager ! Je rappelle que nous sommes tout à fait favorables à l'aménagement écologique des ouvrages, en proportion de leur impact réel et à des coûts qui ne soient pas exorbitants.

Hydrauxois | 02 juin 2014 à 10h01
 
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Gaet, suite :

- bien sûr, une rivière aménagée n'est pas une rivière naturelle et n'aura jamais 100% de sa fonctionnalité. Il reste que la dénaturation de la rivière ne vient pas uniquement du plus visible (le barrage et son remous) mais d'une multitude de causes. Pour avoir un modèle correct d'altération, il faut faire de la science un peu plus robuste que l'existant (peu de réalisme physico-chimique et biologique sur ce qui se passe dans l'eau).

- en effet, hélas, nombre de propriétaires ne sont pas assez présents. Nous ne cessons de leur rappeler les devoirs / servitudes des meuniers et usiniers, et la nécessité d'automatiser / videosurveiller leurs ouvrages s'ils n'y sont pas présent tout le temps. Mais comme vous le rappelez, il existe un cadre règlementaire et une police de l'eau, donc pourquoi a-t-on laisser pourrir la situation pendant 30 ans ?

- qu'appelez-vous "épuration naturelle de l'eau"? Vous sous-entendez qu'on peut continuer comme aujourd'hui à balancer n'importe quoi dans l'eau pourvu que les seuils et barrages disparaissent, tout ira bien? Ce discours flatte l'irresponsabilité collective, et n'apporte aucune intelligibilité sur le cycle des pollutions. Les barrages ont des effets positifs sur certaine substances, négatifs sur d'autres, ce que l'ONEMA a reconnu dans une récente synthèse (après le CNRS et leurs travaux du programme PIREN Seine des années 1980 et 1990).

Hydrauxois | 02 juin 2014 à 10h18
 
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Bonjour,

En tant que propriétaire d'une pico-centrale de 8 KW équivalent à deux nombreux petits moulins je m'insurge contre la campagne de destruction des seuils des moulins et cela sous couvert d'écologie.

Comment peut on accuser les moulins d'obstacle à l'écologie alors qu'ils sont un plus pour le bienfait écologique de nos ruisseaux et rivières.
Leur rénovation et restauration est un bienfait pour nos vallées ou alors préférez vous que ces vallées reviennent à l'état sauvage peuplées de loups et de bête en tout genre?
Si problème il y a, il n'est pas à chercher coté moulins mais côté pollution chimique.
l'ensemble des moulins et sites encore aménageables en hydroélectricité représente plusieurs centrales nucléaires cela on se garde de le dire!
Lorsque on parle d'énergies renouvelables on ne parle jamais d'hydroélectricité POURQUOI?

Si ceux qui prônent la destructions des moulin et seuils avaient connu l'hiver 1956 ils changeraient d'avis.
Cet hiver là on se disputait la place au cantou avec chiens et chats pour ce chauffer!
Alors même un tout petit KW aurait été apprécié et d'ailleurs de nombreux vieillards sont mort de froid.
Le confort de l'humain passe avant celui des poissons.

La nouvelle ministre de l'écologie a dit" l'écologie ne doit pas être une écologie punitive" et elle a raison.
Mais pour la petite hydroélectricité l'écologie est affreusement punitive !!!

KW12 | 02 juin 2014 à 12h37
 
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Je trouve consternant autant d'opposition alors que nous oeuvrons pour le même interêt: la transition énergétique donc in fine la préservation de notre environnement.
L'hydroéléctricité présente les plus faibles bilans carbone de toutes les ENR. Elle participe à la régulation des crues et à la gestion du niveau aval.
De plus cette energie est toujours disponible et n'a aucun besoin de stockage contrairement aux autres i compris le nucléaire.
La gestion des rivières en bon père de famille est possible, il suffit qu'il y est une véritable volonté de réunir tous les acteurs et d'établir un plan d'équilibre au lieu de se monter les uns contre les autres.
Quelles sont les rivières sauvages? Les rivières encore non impactées par l'homme certes mais pour les autres une vraie réflexion sur la remise en route des moulins doit être abordée sérieusement.
Quelle est la nature des polluants? Nous le savons, il s'agit principalement de pesticides et du ruissellement des des hydrocarbures de nos routes. Quelles sont les mesures prises?...
D'autre part n'est-il pas préférable de récupérer les polluants flottants via les moulins plutôt qu'ils n'aillent se désagréger au milieu des océans..."Loin des yeux loin du coeur" dit l'adage mais je doute que les poissons partagent cette opinion....
Même si la pico-électricité est infinitésimale (ce dont je doute), c'est toujours une part d'énergie fossile non brulée.

alexb | 02 juin 2014 à 22h08
 
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Je pense qu'il vaudrait mieux améliorer les rendements du matériel afin de produire autant voire plus tout en laissant les débits réservés, travailler au fil de l'eau sur les basses chutes, aménager le plus de rivières de contournement possible tout en favorisant le maintien de berges végétal.
Profitons de toutes les ENR disponibles mais n'oublions pas que la seule énergie capable de lisser notre consommation est soit hydroélectrique soit thermique, soit nucléaire. Pour ma part j'ai choisi.
Pour conclure une eau saine n'est pas incompatible avec l'hydroélectricité, il suffit de regarder nos voisins d'Europe du Nord pour s'en rendre compte.
PS: Sans énergie électrique comment nos enfants feront pour pomper de l'eau ? ....
Un écologiste convaincu sans volonté de retourner à l'âge de pierre

alexb | 02 juin 2014 à 22h28
 
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L'eau est la 1° source d'énergie utilisée par l'homme depuis la nuit des temps.
Mais nos anciens ne se doutaient pas de l'effroyable danger que cette activité allez faire subir a la vie des poissons et a la qualité de l'eau. Heureusement, des gens intelligents et instruits ont compris le danger et vont régler cette catastrophe en détruisant ces coupables seuils.
Ils pourraient représenter "seulement" la puissance de 2 réacteurs nucléaires mais les biens pensants préfèrent l'atome, rouler en 4*4 diesel et fermer les yeux sur la pollution chimique de nos rivières en sachant que le soleil et le vent c'est l'avenir.
Mon grand père et ses parents avant lui, ne se doutaient du mal qu'ils provoquent aujourd'hui.
J'espère que les décideurs actuels ne commettent pas la même erreur que nos anciens.
On vit une époque formidable.

bv | 03 juin 2014 à 10h28
 
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@ Petite bête , Gaet et consorts:
Il est exact que la micro-hydraulique ne pourra pas à elle seule être la solution aux défis de la transition énergétique (bien qu'elle y contribue d'une manière extrêmement efficace).

Cependant, si on suit votre raisonnement (qui est: ça ne produit pas beaucoup donc on supprime) et que votre but est réellement la sauvegarde de la faune aquatique, il y a un moyen beaucoup plus efficace, qui ne coute rien, et qui ne détruit pas le patrimoine laissé par nos anciens:
Il suffit d'interdire la pratique de la pêche et de sanctionner sévèrement les braconniers. En effet la pêche en rivière ne compte pour rien dans l’approvisionnement alimentaire du pays tout en ayant un impact environnemental désastreux.

Je connais un riverains qui a appliqué localement cette méthode suite aux abus de certains pêcheurs totalitaristes, avec un résultat extrêmement efficace . Des comptages avant / après ont montré une nette amélioration de l'état du milieu aquatique dans le tronçon concerné.

Personnellement, je ne suis pas favorable à cette méthode et ne l'appliquerais pas chez moi car elle priverait aux pêcheurs la possibilité de s'adonner à leur passion.
En retour j’espère que la communauté des pêcheurs comprendront qu'il y a des gens qui ont la passion de restaurer leurs moulins et de le faire tourner. Merci de votre compréhension.

Herv12 | 03 juin 2014 à 12h22
 
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Que dire de l'incohérence de ces directives qui cassent la petite hydroélectricité.
Nos seuils seraient néfastes à la vie aquatique, faut il encore le prouver par des études scientifiques sérieuses et indépendantes!
Pendant des centaines d'années l'énergie de l'eau à été exploité sans la moindre détérioration du milieu aquatique.
Les seuils se comptaient par centaine de mille.
Il faut ajouter aussi les seuils fabriqué par les agriculteurs de l'époque qui utilisaient l'eau chargé de limons en période de crue pour arroser les prés bordant les rivières.
Les poissons pullulaient de partout.( c'est vrai il n'y avait pas d'engrais ou pesticides à ces époques)
En parlant d'incohérence que va t- on faire des seuils naturel, je parle des multiples cascades atteignant plusieurs mètres de haut présente naturellement dans nos cours d'eau et empêchant la libre circulation des poissons? Il va falloir pourtant les détruire si on veut être cohérent avec la destruction des seuils de moulins? Qui va payer pour amener les engins dans ces lieux inaccessibles?
Le contribuable! on a d'autres chats à fouetter non!
Autre incohérence on à classé un petit ruisseau en "très bon état écologique" sur lequel tourne depuis 25 ans une installation hydroélectrique, et on pas classé un ruisseau voisin plus grand et tout autant poissonneux?
Cherchez l'erreur!
Pourquoi tout cela c'est fait sans concertation!!!! on aurait pu écouter le point de vue des propriétaire et des locaux.

KW12 | 03 juin 2014 à 12h31
 
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@KW 12,
Tout est basé sur le fait que Dame Nature a tout bien fait, et que ce salaud d'humain détruit tout. L'homme moderne serait particulièrement destructeur et je suis surpris que dans cette discussion on y inclut aussi l'homme des temps modernes sinon du Moyen Age.
Pour le bien de la Nature, faut-il combler les étangs des Dombes, faut-il détruire les marais salants de Guérande, faut-il replanter la foret sur la Beauce?
Je n'ai jamais vu la moindre information étayée impliquant les biefs alimentant les moulins séculaires, au contraire, ils incluent dans le cours des rivières des milieux diversifiés favorables aux poissons.
Que les barrages de haute chute sur des fleuves importants, doivent nécessiter des aménagements, bien sûr, mais ce n'est pas la problématique de la micro hydroélectricité.

VD69 | 03 juin 2014 à 16h33
 
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Pour le bien de l'humanité, il faudrait que certains humains arrêtent de dire des inepties, l'ignorance de l'hydromorphologie me paraissant être chez certains aussi séculaire que les moulins. Prêter aux défenseurs de la nécessaire réhabilitation de la continuité écologique les exagérations et délires inverses des siens, c'est mettre en lumière qu'on est soi-même dans l'exagération et le délire.

petite bête | 04 juin 2014 à 09h52
 
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Fussent-il que "les défenseurs de la nécessaire réhabilitation de la continuité écologique" aient des connaissances en hydromorphologie ainsi (et surtout) qu'un minimum d’honnêteté, car faire peser les conséquences des diverses pollutions, de mesures d'introduction ou de protection de certaines espèces prédatrices, sans parler des pratiques de certains pécheurs... sur les seuils des moulins est tout simplement scandaleux.
Dans cette affaire on se trompe de cible. La destruction des seuil multicentenaire dans le but de régler un problème apparu récemment est la manifestation de l'impuissance des pouvoirs publics, c'est purement de la gesticulation politique. Du grand n'importe quoi en somme.

Herv12 | 05 juin 2014 à 01h14
 
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Surtout que bon, en hydromorphologie, il y a ceux qui ont publié et qui ont un discours assez modéré (JR Malavoi par exemple) et puis certains zélotes qui rabâchent sans esprit critique, essentiellement parce que l'Agence de l'eau promet un chèque si la pelleteuse efface le maximum de seuils.

En hydromorphologie stricto sensu, on ne voit pas trop en quoi les alternances d'écoulement sont un drame pour la physiologie de la rivière. On a un remous liquide et solide amont avec effet d'accumulation, un déficit de charge de fond aval avec effet de chenalisation, un ressaut hydraulique au milieu avec dissipation et moindre puissance érosive, OK et donc? C'est une simple répartition différentielle de puissance et de charge solide, proportionnée à la hauteur de l'obstacle (donc généralement très modeste et localisé en linéaire, pour les 50.000 seuils de moulin sans rapport avec la grande hydro d'énergie, d'irrigation ou d'eau potable). Certains prennent donc un air catastrophé parce que trois brouettes de sables et de galets recouverts d'un peu de limon restent en amont d'un seuil en attendant la prochaine crue qui les transportera vers l'aval. Cela n'a rien de grave pour les milieux aquatiques, et il paraît probable qu'une rivière étagée avec des faciès d'écoulement et des substrats différenciés aurait une biomasse et une biodiversité totales plus importantes qu'une autre, à condition de ne pas avoir d'altération chimique ou thermique majeure, et des seuils noyés en hautes eaux.

Hydrauxois | 05 juin 2014 à 09h44
 
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Pour Hervé12, que je cite : " La destruction des seuil multicentenaire (sic) dans le but de régler un problème apparu récemment est la manifestation de l'impuissance des pouvoirs publics, ..."
Mais OU avez-vous vu qu'il s'agit de détruire les seuils de moulins? A part les agitateurs qui, soit veulent faire des cotisants d'associations de "défense", soit voudraient que perdure le non-respect des devoirs liés aux droits, soit veulent vendre de la turbine, personne n'a jamais envisagé de détruire tous les seuils. Et si vous parlez de l'impuissance des pouvoirs publics, c'est vrai : ils ont été impuissants durant des décennies à faire respecter le droit des moulins dans son volet "respect des devoirs".
Quant à Hydrauxois, son discours apparemment scientifique parle chute, volumes, puissance et transfert de charges, dissipation d'énergie etc.., ce que les scientifiques savent faire aussi. Mais il occulte ou traite à la marge tout l'aspect milieux aquatiques, biodiversité et qualité de l'eau, ce que les scientifiques qui travaillent sur le sujet et qui ont élaboré cette nouvelle réglementation ont fait, eux. Il nous permet de vérifier une nouvelle fois qu'une idée simple mais fausse a toujours plus d'impact qu'une idée vraie mais complexe. Il est caractéristique que son "OCE" ait vanté dans l'étude sur l'Armançon, la capacité des moulins à gérer les crues. C'est la rivière du bassin Seine Normandie qui a été la plus dévastée par les crues de 2013!

petite bête | 05 juin 2014 à 11h35
 
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@ petite bête : "Mais OU avez-vous vu qu'il s'agit de détruire les seuils de moulins?"

Ben PARTOUT en rivière classée 214-17 C env, ma chère petite bête, c'est la raison pour laquelle j'ai dit plus haut que vous n'étiez pas très crédible comme propriétaire de moulin !

La direction de l'eau au ministère, les agences de l'eau, l'Onema et donc les DDT(-M) ainsi que les EPIC-EPTB financés par Agences donnent aujourd'hui priorité à l'effacement (arasement / dérasement) des seuils par rapport aux aménagements. Ils exercent donc une pression systèématique en ce sens. Tout le monde le sait, tout le monde le subit, tout le monde peut le lire dans leurs plaquettes, dans leurs décisions en CLE ou comité de bassin, dans les briefing faits aux BE, dans les échnages sur site, etc. Donc vous essayez vaguement de faire croire que votre expérience personnelle est représentative, elle ne l'est pas.

Sur la crue du bassin de Seine : soyez un peu rationnel, OCE demande une simulation par bassin versant des écoulements avec ou sans obstacles à l'écoulement. C'est bien le moins, non, puisqu'on est si sûr que tout ira mieux, on doit pouvoir le montrertrès facilement par modèle 2D sur chaque BV ? Il va de soi que seuils et barrages n'empêchent pas les crues et inondations (ni par ailleurs les sécheresses à étiages sévères), la question est de savoir si leur régime change - notamment dans le cadre des PPI / PAPI où il est strictement interdit d'aggraver tout risque en ce domaine.

Hydrauxois | 05 juin 2014 à 12h35
 
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Pour petite bête

Ne soyez pas de mauvaise fois , la destruction des seuils et bien une réalité , je suis propriétaire d une petite usine de 70kwh démantelée il y a trente ans je ne fait partie d aucune association je suis aussi un écologiste convaincu , très sensibilisé au problème environnementaux.
Mais je ne comprend pas votre discourt alors expliqué moi, VOUS le "sachant " en hydromorphologie a quelle pourcentage d altération du milieu aquatique attribué vous les seuils; 2/100 peut être 10/100.
En rapport au bien fait général sur notre environnement ce n est peut être pas si cher payé.
Peut être y aurait il d autre chose a faire avant : repousser les limites des terre cultivé jouxtant les rivières,installation de bac a hydrocarbure sur le ruissellement de nos chaussé , interdire le sel de déneigement ...Bref que les pouvoirs publique nous montre la voix , puis faite de nouvelle mesure.
Comparez le bilan carbone d un parque éolien offshore qui devra être couplé a une centrale thermique pour faire fonctionné en continu une central géothermique basse température .
J exagère volontairement, mais sincèrement comparez les différent bilan carbone des ENR en incluant leur recyclage "sur notre sol".
Je ne dis pas qu il n y a aucune impacte des seuils mais plutôt que de Stopper la remise en route il vaudrais mieux aider a la remise au norme .
Vanne a sédiment PAP grille fine limite sacrement l impacte .
Qualité de l eau peut ce conjuguer avec hydroélectricité

alexb | 05 juin 2014 à 13h22
 
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Oui, effectivement, quelqu’un qui écrit : peut difficilement être propriétaire d'un moulin en France quand on voit comment on est surveillé.

Vous accusez les propriétaires de moulins de ne pas remplir leurs devoirs? Faudrait-il qu'il en aient la possibilité. La réglementation est tellement vérouillante qu'il est difficile de faire des travaux d'entretien dans un cours d'eau sans devoir vendre la maison.

Et je ne parle pas de la restauration du moulin dans le but de rétablir son fonctionnement. La c'est un "parcours du combattant administratif" qui nécessite d'avoir une volonté en carbure de tungstène qui commence par miser 15000€ à la loterie administrative "on te donne ou pas ton autorisation". A partir de la la plupart des propriétaires d'ancien moulins sont forcés de contempler les vestiges des installations qui ont fait vivre leurs aïeux.
Alors aller se ruiner à construire une passe a poisson qui doit laisser passer des espèces qui n'ont souvent jamais été présentes dans leur rivière, on peut aussi comprendre qu'ils ne le fassent pas...

Hervé | 05 juin 2014 à 13h47
 
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Pour ceux qui pensent que les moulins, seuils, barrages, Pico et microcentrales sont néfastes pour la vie aquatique vous feriez mieux de vous occuper de la pollution des cours d'eau.
Les propriétaires de ces retenues vous diront la quantité de bouteille ou autre, au contenu inconnu qu'ils récupèrent et mettent hors de nuire grâce aux seuils.
Quand à vos théories sur les sédiments c'est à dormir debout! depuis qu'on ne drague plus les cours d'eau les rivières en sont saturées de sables et de sédiments.
AH! soit disant qu'il ne faut pas bousculer la vie aquatique, parlez en à ceux qui subissent des inondations répétées depuis qu'on à interdit de draguer les rivières ils vous diront ce qu'ils en pense.
On bouffe des centaines de millions pour ces dégâts à cause de théories irresponsables.
Quand à ceux qui accusent les propriétaires de moulins et centrales de s'enrichir ils se trompent aussi, ce sont des années de labeur qu'ils ont mis pour arriver à leur projet et des entreprises qu'ils ont fait travailler.
Alors de la jalousie n'en jetez plus le vase déborde !!
L'écologie je ne suis pas contre, mais une écologie lucide, responsable non rétrograde et surtout non punitive.
Vous avez tort de taper sur les moulins la coupe est pleine.

KW12 | 08 juin 2014 à 07h56
 
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Votre intervention, pleine d'enseignement, fonctionne comme une sorte de boussole. Mais une boussole qui indiquerait le sud.. S'appuyer sur le passé complètement fantasmé pour justifier un présent qui en est la caricature ou la négation, c'est de la désinformation. Comment peut-on asséner comme vérités tout ce que les études contredisent? Jamais les moulins n'ont empêché les migrateurs de passer? Je pourrais saturer internet avec des vidéos montrant des saumons s'abîmant en vain à essayer de franchir des déversoirs de crue qui déversent sans crue, (et c'est une infraction) parce que les vannages sont fermés, bloqués, ou absents. Pendant des siècles les manœuvres fréquentes (et coordonnées!) des moulins en activité, l'arrêt fréquent des roues et "l'effet de masse" des cohortes de poissons ont permis aux migrateurs de rejoindre leurs frayères, mais l'abandon du moulinage coïncide avec le déclin de ces populations. Et si c'est une chose pas trop difficile, même vannage fermé, de passer une roue à l'arrêt, c'en est une autre que de ne pas pouvoir passer par une turbine. Ajoutez-y la pollution agricole, la diminution des débits, et vous avez la situation actuelle.
Il va y avoir une "Charte des moulins" avec le concours des associations de propriétaires. Elle va faire hurler tous ceux qui voudraient bien voir perdurer le non-respect de leurs devoirs, que le laxisme des autorités a laissé s'installer. Verrez-vous plus loin que le bout de votre bief?

petite bête | 16 juin 2014 à 17h10
 
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@ petite bête : un seuil est un seuil, avec ou sans manoeuvre des roues / des vannes, le problème de la montaison reste entier. Le saumon, comme l'esturgeon, fait partie des espèces dont le déclin est d'ailleurs documenté sur certaines rivières à partir du XIXe siècle – c'est-à-dire à l'époque où les moulins sont actifs et pour la plupart sans turbine (ici, il devient déjà très rare sur les bassins Cure et Cousin après 1850-1870). Il ne s'agit pas de nier que les seuils ont des effets, mais de savoir si l'on juge ces effets graves et si les choix actuels sont proportionnés aux problèmes de qualité de l'eau, tels qu'ils sont notamment définis par la DCE 2000 (une directive très loin du petit bout de la lorgnette française et de ses jeux de lobby que vous persistez à nier).

Si vous voulez une population piscicole partout conforme à des rivières sans influence humaine, eh bien... il faut par définition faire disparaître partout l'influence humaine ! Admettez-vous que cette vision est extrémiste, et ne correspond pas spécialement aux souhaits des riverains? Le problème est donc dans le caractère équilibré des mesures : qu'il y ait certains corridors biologiques et zones protégées, c'est très compréhensible ; qu'on généralise massivement le classement, c'est absurde. Accessoirement, il n'est pas rare de trouver des ZNIEFF, des Natura2000, des réservoirs biologiques ou des tronçons à IPR excellent avec plein de moulins sur leur linéaire. Ce qui est assez bizarre, non?

Hydrauxois | 16 juin 2014 à 19h15
 
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Petite bête,
je vous ai posé des questions directes qui auraient peut-être permis d'avancer sur ce sujet. Vous n'avez pas dénié répondre.
Soit vous n'avez aucune analyse des enjeux énergétiques, des ENR, de leurs bilans carbone, de leurs impacts à long terme, soit vous êtes un Rouge déguisé en Vert.
Équiper les sites pour faciliter la migration des poissons est une chose à laquelle peu d'usinier s'oppose, faudrait-il encore que les études et les passes à poissons soient à des prix plus abordables, et/ou que les millions réservés à la destruction des seuils soient plutôt engager à la mise en conformité de ces derniers et/ou que le Kw se vende à 0,34€ comme pour le photovoltaïque.
Je constate régulièrement des travaux de voirie canalisant l'eau vers les mares et rivières, je vois l'eau ruisseler des cultures céréalières pourtant rien n'est fait...
Alors il y a sûrement d'autres choses à faire avant de tirer sur les moulins.
Il est triste de constater que des saumons s'abîment à vouloir passer des seuils mais n'est il pas insupportable de voir des japonais condamnés autour de Fukushima ! Ces japonais aujourd'hui victimes ont eu pour seul tort de croire les discours ventant le nucléaire comme une énergie propre !
La transition énergétique passe par quelques sacrifices, en premier notre mode de consommation mais l'hydroélectricité jouera son rôle et il ne sera pas des moindres.
Aucune source d'énergie renouvelable ne doit être écartée, elle doit simplement être adaptée.
AlexB

alexb | 16 juin 2014 à 21h34
 
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Soyons objectifs:
Pourquoi ce vent de colère de la part des propriétaires de moulins et d'installation Hydro-électriques?
1- lors de l'élaboration de cette loi, il y a t-il eu concertation avec les propriétaires et les élus locaux NON!
2- Pour les classements on à fait du n'importe quoi!
3- On veut imposer des aménagements de PAP à des prix exorbitants de façon manifeste à décourager les propriétaires de centrales et moulins.
Par cette méthode le propriétaire est obligé d'abandonner tout projet.
Alors qui va payer? l'état! il n'a pas un rond!!
Arrêtons de faire payer le contribuable pour faire plaisir à quelques lobbies partisans du retour à la bougie.

Concernant les saumons il ne faut pas dire du n'importe quoi! je n'en ai jamais vu qui remonte nos petits ruisseaux du massif central! et les truites et autres s'en moquent des obstacles s'il ne peuvent remonter ils font en descendant.
Les barrages sur les petits ruisseaux favorisent les auto-alevinages sur l'ensemble du ruisseau.
Et on peut certifier preuve à l'appui que l'aval des retenues est aussi poissonneux que l'amont.
La preuve ! Après 20 ans de présence d'une retenue alimentant une pico-centrale sur un petit ruisseau, on classe ce ruisseau en très bon état écologique.
Alors ou est la nuisance?
Et on ne classe pas un ruisseau voisin qui est pourtant aussi en très bon état écologique.
Si les lobbies veulent que je m'efface d'accord! mais à ce moment là qu'ils vienne me payer à vie ma note d'électricité point barre.

KW12 | 17 juin 2014 à 06h26
 
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@ alexb : en effet, les enjeux énergétiques nous commanderaient de fortement encourager l'énergie hydraulique, et en particulier le ré-équipement de l'existant puisque cette solution a le meilleur bilan carbone et matière première, ainsi qu'une bonne rentabilité économique par rapport à certaines alternatives. De surcroit, cette solution a aussi l'approbation majoritaire des riverains du point de vue paysager et patrimonial. "Petite bête" considère que certains propriétaires de moulin ne s'occupent pas suffisamment de leur bien sous l'aspect hydraulique / hydrologique : eh bien justement, tous les moulins qui produisent de l'énergie sont attentifs à la rivière car c'est elle qui commande. Encourager l'équipement des ouvrages, et la gestion coordonnée de la rivière sur son bassin versant, c'est donc améliorer l'impact écologique tout en soutenant la transition énergétique et le développement des territoires ruraux.

Sur l'état des rivières, la manière dont on se focalise sur les moulins (cette discussion le montre) reste un mystère. La concentration des effluents agricoles, domestiques, industriels, médicamenteux, etc. a augmenté d'un facteur 3 à 10 à partir des années 1960, en même temps que bon nombre de berges boisées ont été rasées en milieu rural ou bétonnées en milieu urbain. Ce sont évidemment les facteurs de premier ordre pour la qualité de l'eau, et les facteurs que l'Europe demande à la France de traiter en priorité (ce qu'elle ne fait pas).

Hydrauxois | 17 juin 2014 à 09h53
 
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Sur les saumons en Massif Central, vous vous trompez. Lisez par exemple Vazeilles, qui relate la présence de saumons ne pouvant même pas se retourner dans de tout petits rus, affluents du Chapouillet ou de la Rimeize, et cela peu avant la construction du barrage de Grandval sur la Truyère. Quant à "remonter en descendant", ce n'est même pas la peine de commenter...
Pour les "preuves à l'appui", je vous recommande le document établi pour l'Agence de l'Eau Loire-Bretagne, réalisé à partir de mesures sur l'ensemble du bassin, donc sur des cours d'eau très variés. Il établit le rapport entre le "taux d'étagement" (hauteur cumulée des obstacles en regard de la dénivelée naturelle) et l'indice d'abondance des espèces piscicoles. Résultat : plus le taux d'étagement est élevé, moins il y a d'abondance.
Arrêtez de prendre vos arguments pour des réalités. Vous n'avez apparemment aucune qualification pour décider de ce qui est ou n'est pas en "bon état écologique", votre logique étant apparemment "paysagère" et tournée vers un passé mythifié.
Je préfère lire Hydrauxois. Je ne suis pas d'accord avec lui, mais au moins ses arguments sont logiques, même s'il s'agit d'une logique que je conteste.

petite bête | 17 juin 2014 à 10h04
 
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la petite bête aime se faufiler comme une anguille , se gardant bien de répondre aux questions gênantes.
Après les énergies fossiles et nucléaire ont fait quoi ?
Comment lisse-t-on notre production avec des ENR intermittentes ?
Les seuils ne sont qu'une infime partie du problème et offrent l'avantage de produire une énergie propre alors concentrez vos effort sur les véritables sources de pollution.
La tache ne sera pas facile, il risque d'y avoir quelques tracteurs dans la capitale mais à coups de subventions auxquelles nous n'avons pas le droit les choses rentreront dans l'ordre .
La question de la transition énergétique demande à prendre un peu de hauteur, toutes les ENR ont leurs avantages et leurs inconvénients, le mix de toutes ces sources couplé à des efforts drastiques d'économie d'énergie nous permettront d'atteindre le but fixé.
Alors levez le nez de nos biefs et vous constaterez que si notre environnement global se porte mieux la vie piscicole suivra le même courant.
Alexb

alexb | 17 juin 2014 à 16h18
 
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Après les énergies fossiles et le nucléaire on fait quoi? Personne ne peut répondre à cette question pour l'instant, pas plus vous que moi. Il semble que la production et le stockage d'hydrogène soient une voie assez prometteuse. Mais le potentiel de la micro-électricité est risible, alors que les conséquences environnementales sont bien réelles. Pour exemple, le potentiel estimé par l'agence de l'Eau Loire-Bretagne pour tout le bassin (le plus vaste de France) est équivalent à ... 22 éoliennes. Il faut être un peu sérieux, et nos successeurs ne boiront pas de l'électricité mais de l'eau à condition qu'elle soit encore potable.
Et il n'y a pas d'énergie "propre". Toute production d'énergie génère des contraintes environnementales, et nous devons l'accepter de façon raisonnable. D'accord avec la fin de votre intervention.

petite bête | 17 juin 2014 à 16h56
 
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Un petit ajout. L'énergie hydraulique des grands barrages, malgré leurs impacts négatifs qu'il est inutile de rappeler ici, a au moins le mérite de permettre de "lisser" la production globale. Mais la micro-électricité ne le peut pas car elle est au fil de l'eau, sans stockage d'énergie : déjà là en période de surproduction, mais déjà là aussi quand il en faudrait plus. Et je ne parle pas des pertes en ligne sur de la moyenne tension. Mais si vous voulez que la petite hydro ne fonctionne que lors des demandes fortes, nous somme preneurs.

petite bête | 17 juin 2014 à 17h02
 
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@ petite bête : si vous avez en tête l'étude Pöyri pur l'AELB, faite au moment du SDAGE de mémoire, ce n'est quand même pas une méthodo très sérieuse. Quand il est payé par une Agence de l'eau, le bureau d'études quel qu'il soit met rarement en avant l'hydro-électricité ces temps-ci :-)

Il y a eu conférence de consensus entre le ministère et l'UFE sur le potentiel des sites à plus de 100 kW, ayant rendu sa copie en 2013 :
http://www.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_synthese_potentiel_hydroelectriquev1.pdf

Elle aboutit à env. 2400 MW en création de site et env. 260 MW en aménagement de l'existant.

Mais cette étude – dont le ministère a refusé de nous communiquer les données primaires, soit dit en passant – exclut en réalité l'essentiel des sites français, puisque 80 à 90% des seuils en rivières identifiés par le ROE de l'ONEMA ont moins de 100 kW.

Aujourd'hui, je rencontrais des interlocuteurs sur Semur-en-Auxois (21). La ville est bâtie sur 30 m de dénivelé de rivière, taux d'étagement 90%, mais fractionné en 11 moulins et usines. Avec le débit, cela fait environ 500 kW de puissance, ce qui compte tenu du bon facteur de charge de l'hydraulique est très loin d'être négligeable pour une commune de 5000 habitants. La même Commune, interdite d'éolien pour cause de classement paysager, dépense son argent pour mettre 100 kWe crête de solaire sur des toits de gymnase... pourquoi diable n'équipe-t-elle pas ses seuils ? Vu du terrain, les choses sont plus complexes!

Hydrauxois | 18 juin 2014 à 00h30
 
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L’énergie Hydrau au fil de l'eau est régulière, ce qui permet de l'utiliser comme source principale d’énergie. On est nombreux a alimenter nos maisons, (chauffage,...) avec nos moulins avec un taux de couverture dépassant souvent 90%. Avec le vent ou le soleil, c'est quasi impossible, sans appoint fossile important, à part peut être en bord de mer dans le sud. Toutes les techniques de stockage en sont au stade expérimental et n'ont pas de débouchés économiquement viables actuellement. La seule technique de stockage utilisée à grande échelle est la technique de la station de transfert par pompage (donc encore une fois l’énergie hydraulique).
Quant aux pertes en lignes, la production régulière et permanente favorise la conso locale contrairement aux éoliennes qui produisent par saccades donc parfois beaucoup, parfois peu, ce qui introduit des mouvements importants d’énergie pour un productible relativement faible. Nos voisins Allemands se sont cassé les dent sur ce détail technique... Sur ce critère aussi l'hydraulique fil de l'eau est très supérieure aux autres ENR. C'est la plus intéressante a développer en priorité, efficace peu coûteuse en subventions.

Je vous rappelle aussi que la plupart des moulins participent à l’équilibre offre demande car leur production est maximale en hiver, ils pourraient y participer plus, en jouant sur la hauteur de leur bief lors des pointes, (fonctionnement en éclusée, très utilisé à l'époque mais formellement interdit actuellement)

Herv12 | 18 juin 2014 à 01h35
 
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Oui, bon, j'ai compris : quand ce sont les agences de l'eau qui font des études, vous ne les jugez pas sérieuses. Quand c'est le lobby électricité, c'est tout bon. C'est logique : l'hydroélectricien s'intéresse à la production (potentiel, distribution -et rémunération) alors que les agences s'intéressent à la qualité de l'eau. Ce n'est pas la même logique.

petite bête | 18 juin 2014 à 15h16
 
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@ petite bête : je suis aussi critique vis-à-vis de l'estimation des électriciens, je l'ai d'ailleurs signalé à l'un des syndicats ayant participé au processus. Quand on estime un potentiel hydro-électrique, on n'observe pas le critère "qualité de l'eau" : ne mélangeons pas les différents exercices. C'est comme si vous demandiez à un BE d'estimer l'amélioration de la qualité hydrobiologique actuelle et future d'une rivière en lui disant au départ que ses conclusions ne doivent de toute façon pas remettre en question le principe d'exploitabilité de 100% du linéaire par des centrales. Vous seriez le premier à dire que c'est un biais qui va contraindre les conclusions du BE. Ben l'Agence de l'eau fait un peu pareil dans sa méthodo, elle commence déjà par poser toutes sortes de conditions sur la définition du "potentiel mobilisable" ou sur la puissance minimale à prendre en compte. Et se gargarise ensuite pour dire : "vous voyez, l'analyse montre qu'il n'y pas tant de potentiel hydro que cela"… Ben voyons.

Enfin, vous dites que les Agences s'occupent de la qualité de l'eau. Trouvez-vous qu'elles s'en occupent bien ? Parce que bon, l'Europe n'est pas de cet avis (condamnations nitrates, ERU, etc.), ni les rapports d'évaluation de la politique de l'eau menés en 2013 (Lesage, Levrault) ni l'ancien rapport de la Cour des comptes. Ni, tout simplement, les mesures de qualité de l'eau depuis 1964!!
https://www.actu-environnement.com/ae/news/rapport_cour_comptes_politique_eau_9578.php

Hydrauxois | 18 juin 2014 à 16h29
 
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Petite bête je sent comme de la mauvaise foi
Que les seuils influent la vie piscicole ça peut s'entendre mais ils n engendrent pas de pollution et n'impactent pas sur la qualité de l eau
"A l'heure actuelle nous n'avons pas de solution pour la transition énergétique" ... alors détruisons les seuils et après nous verrons...
C'est tout le problème de la politique française, de "l'action" mais aucune réflexion à long terme . Faire et défaire peut importe il faut que ça se voit .
Je ne vous ai jamais dit que la micro électricité pouvait lisser l'énergie en surproduction mais elle peut servir de base constante dans un système globale avec des pertes limitées car elle est présente sur tout le territoire.
Quant au potentiel, tout dépend des moyens que l'on y met, les turbines ichtyocompatibles pourraient trouver de nombreuses places au fil de l'eau.
Visiblement nous ne partageons pas la même vision de l écologie et cela ne m'étonne pas que vous n'ayez plus de crédibilité aux yeux des Français...quel gâchis!

alexb | 18 juin 2014 à 18h55
 
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Bien sûr que les agences de l'eau (en l'occurrence un cabinet privé après appel d'offres) ne parle que du potentiel mobilisable dans le respect des conditions environnementales. Prôneriez-vous autre chose?
Vous avez raison pour ce qui est du peu d'effets des SDAGE, mais ne confondez pas agences de l'eau (administration qui applique ) et comités de bassins (élus 40%, usagers 40%, représentants des ministères 20%), qui décident et où le lobby de l'agro-business et de l'industrie est très largement majoritaire, ceci expliquant cela. Étant représentant associatif dans un comité de bassin, je sais pourquoi cela ne marche pas, mais ce n'est pas aux agences elles-même qu'il faut s'en prendre.

petite bête | 18 juin 2014 à 19h23
 
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Alexb, je sens (avec un"s") que vous n'avez pas beaucoup de connaissances en matière de milieux aquatiques, parce que toute la réalité et les mesures disent le contraire de vos affirmations. Justement et même si elles ne les génèrent pas, les retenues concentrent et augmentent les effets néfastes des pollutions : ralentissement du courant, augmentation de la température et de l'évaporation, diminution de l'oxygène dissous, pertes d'habitats par ennoiement ou assèchement des frayères, et indépendamment de l'aspect purement paysager et apparent, perte de variété morphologique du cours d'eau lorsque les seuils se succèdent. Le potentiel mobilisable dans le respect de l'environnement est risible, et sans respect aussi : on passerait de 0,25 à un maximum de 0,5% de l'énergie produite . Un exemple parmi beaucoup d'autres : pour équivaloir à la seule production du barrage d'Eguzon (sur la Creuse), qui n'est pas colossal, il faudrait 350 microcentrales du type de la plus importante installée (et en infraction) sur cette même rivière, celle de Fontgombault. Il faut arrêter de rigoler, et ce n'est pas en tuant ce qui reste de rivières à l'état à peu près naturel qu'on résoudra le problème de l'énergie. Pour ce qui est des turbines ichtyophiles, elles ont de bons résultats à la dévalaison pour les anguilles argentées, mais très médiocres à la montaison pour toutes les espèces : elles aiment les poissons, mais les poissons ne les aiment pas. Et leur prix est colossal.

petite bête | 19 juin 2014 à 09h36
 
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Pour le lissage de la production, le stockage et l'avenir de l'énergie, il n'y a pas que les STEP et les projets absurdes comme Redenat.
Voir le Projet H2BER station-service hydrogène de Berlin-Schoenefeld
Où l'on voit que pendant que certains essayent de "perfectionner la bougie" avec des solutions irréalistes et nocives pour l'environnement tel qu'il est actuellement et non tel qu'il a pu être il y a des siècles, d'autres innovent réellement.

petite bête | 19 juin 2014 à 10h01
 
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@ petite bête : la notion de "respect des conditions environnementales" pour l'estimation d'un potentiel n'a pas trop de sens, c'est à ce stade de réflexion le respect des conditions légales. Le but de ce potentiel est de donner une information énergétique aux élus, décideurs et citoyens, afin de comparer les avantages et inconvénients liées aux choix que nous faisons pour nos rivières. J'avais calculé que l'on exploite seulement 5 % du potentiel hydro-énergétique total de la France métropolotitaine (en prenant le hauteur moyenne par rapport à la mer et tout le débit pluviométrique terminant dans les cours d'eau). Ce n'est pas vraiment une "surexploitation" à mon sens.

Sinon, en (très) petite hydraulique, il faut partir des faits : entre le XIe et le XVIIIe siècle, plus de 100.000 moulins ont été construits sur les rivières françaises et à en juger par le ROE de l'Onema comme par les enquêtes locales, environ 75.000 sont encore présents aujourd'hui en état suffisant pour représenter une hauteur de chute exploitable. L'ordre de grandeur de la puissance de ce génie civil *existant* (j'insiste, ce n'est pas un vague projet, ce sont des ouvrages que l'o voit sur les rivières ci et maintenant) c'est 1000 MW, un réacteur nucléaire. Et comme le facteur de charge est bon, le productible équivaut (par exemple) à 2000 éoliennes de 2 MW. Le choix pour les 50 prochaines années me paraît : on détruit et décourage l'équipement de ces moulins, on les aménage et encourage leur équipement.

Hydrauxois | 19 juin 2014 à 10h33
 
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@ petite bête : sur les milieux aquatiques, les exercices de contorsionnistes de certaines associations environnementalistes m'amusent, quand elles reconnaissent du bout des lèvres des qualités à la grande hydro mais tapent férocement sur les petits moulins. On en voit la trace dans vos propos, ce doit être la fréquentation excessive des industriels et hauts fonctionnaires en comité de bassin qui pousse à ces incohérences. Parce que bon, protéger les frayères, équilibrer la morphologie, OK, mais dans ce cas on démantèle tout de suite la part de la grande hydro qui soutient les pointes par éclusée et qui est contrainte à des rétentions / lâchers de crues proportionnés au volume de retenue.

Sur l'impact de la petite hydraulique, il faudrait que je reprenne chacune de vos assertions. Le lieu ne s'y prête pas, je constate hélas! les dommages que provoque la vulgarisation très orientée des sciences hydrologiques. En fait, il suffit de constater que la quantification n'est presque jamais au rendez-vous, on a plus d'adjectifs que de chiffres. Réchauffement des eaux ? OK, de combien, à quel gradient de profondeur, dans quelle proportion par rapport aux autres causes, où sont les sorties de modèles à ce sujet ? Et idem pour le reste. On nous promet certaines études (D. Salgues devait analyser le rapport IPR / étagement sur un échantillon bien plus large que le travail de Chaplais), on les attend toujours. Et du coup, on reste trop souvent dans l'idéologie et la caricature.

Hydrauxois | 19 juin 2014 à 11h02
 
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@ petite bête : dernière chose, votre saillie sur "certains essayent de "perfectionner la bougie". En vrac :

- récupérer une vieille turbine en chambre d'eau, c'est souvent de l'écologie bien comprise, aux antipodes de l'ère du tout-jetable. Et c'est mécaniquement passionnant ;

- il y a énormément d'innovations en hydro, on est à l'ère de la simulation par CFD, de l'impression 3D de certaines pièces, etc. c'est absurde de présenter cela comme d'un autre siècle ;

- au demeurant, on atteint en hydro des rendements entre 70 et 90%, ni le thermique, ni le solaire ni l'éolien ne peuvent y prétendre ;

- l'hydrogène que vous citez en contre-exemple "innovant" (sauf qu'on en parle depuis 150 ans, cf Schonbeim, mais passons) demande préalablement l'électrolyse. Cela tombe bien nos bonnes vieilles centrales hydrauliques ringardes sont disposées à cela. :D A moins que vous préfériez une électricité primaire au lignite, comme nos voisins "modèles" et "innovants" en produisent si bien dans leurs mines géantes à ciel ouvert... ou l'électricité au nucléaire, qui est si discrètement mais si manifestement présente à tous les niveaux de décision en France, y compris la politique de l'eau.

Quand on creuse les "solutions miracles" pour la transition, on s'aperçoit dans 90% des cas que c'est de la communication commerciale pour industriels en quête de financement. Croyez-moi, l'énergie de l'eau est utilisée depuis 2000 ans, elle le sera encore dans un paquet de siècles

Hydrauxois | 19 juin 2014 à 14h09
 
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Petite bête
Excusez les fautes je n ai pas fait vos études mais cela ne m empêche pas de réfléchir .
" les retenues concentres et augmentent les effets néfastes des pollutions" Parfait détruisons les seuils et laissons les polluants rejoindre l océan ... c est tellement plus simple que de régler le problème en amont .
Les rivières que je connais on toutes des zones profondes donc plus lentes et des radiers doit on boucher tous les trous pour éviter la surchauffe ?
Pour un canal de 6000 m3 alimenté par 5 m3/s il faut 20min pour changer le volume je doute que la température ne monte beaucoup mais je ferrais les mesures.
Concernant l oxygénation, les chutes ne participent elles pas a l amélioration de l oxygénation .
Comme vous me l avez gentiment fait remarqué je n ai pas votre niveau de connaissance mais les turbines ithyocompatible ne sont pas faite pour la montaison mais bien pour la dévalaison et ne dispense pas de passe a poisson ; a cet ensemble ajoutons une vanne a sédiment avec un débit réservé et nous obtenons un système respectueux et durable.
En ce qui concerne le potentiel hydroélectrique je comprend que vous ne vouliez pas le voir mais il existe.
Retirez vos œillère et arrêtez de déplacer le problème...
Si les polluants ne sont plus dans les rivières ils sont dans les océans et ces derniers n en peuvent plus.

alexb | 19 juin 2014 à 17h37
 
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@ alexb : sur la température, notre association va également faire des mesures (faut qu'on trouve des sondes pas trop chères pour du simultané) à différentes profondeurs de retenue, en zone éclairée / ombragée, etc. Je vous encourage à le faire et à diffuser les résultats, ainsi que tous les propriétaires d'ouvrages. Car cette histoire de réchauffement des eaux par les moulins traîne dans le discours de la plupart des associations hostiles à la petite hydro, voire de certains syndicats, mais je n'ai jamais lu des mesures convaincantes ni trouvé de modèle thermique des obstacles à l'écoulement.

Par ailleurs, rappelons les ordres de grandeur. On a 75.000 obstacles à l'écoulement. Admettons (très généreusement!) un remous liquide/solide amont de 0,5 km en moyenne. Cela fait une influence sur 37.500km de linéaire. Or, le linéaire total des rivières françaises a été estimé à 505.000 km. Donc l'ensemble des influences (supposées) morphologiques et sédimentaires concerne 15% des lits mineurs – plus probablement moins. Seule la propagande de l'Etat et des lobbies pollueurs peut transformer cette présence souvent pluricentenaire des seuils en un facteur de premier ordre pour la dégradation de la qualité de l'eau et des milieux. Le pourcentage des linéaires affectés par au moins une pollution chimique est nettement plus élevé, à ma connaissance.

Hydrauxois | 19 juin 2014 à 19h23
 
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@ Petite Bête: Vous citez le H2BER de Mcphy. C'est une Technologie qui permettrait de valoriser les nombreux surplus éoliens en produisant de l’hydrogène. Cet hydrogène serait utilisé pour faire fonctionner des voitures...
Tout ça c'est bien, y a qu'un seul truc qui n'est pas précisé c'est combien ça coute. Et pour cause! c'est carrément hors de prix, Ces systèmes commenceront à être viables quand le prix des énergie aura été multiplié par 10.

McPhy ne vit que de subventions et ces systèmes n'existent que parce qu'ils sont copieusement subventionnés:

Comptes de McPhy:
Clôture CA Résultat
31/12/2013 514 000 € -8 538 000 €
31/12/2012 393 642 € -5 215 151 €
31/12/2011 263 305 € -3 887 156 €
31/12/2010 4 100 € -1 498 592 €

Pour le moment ces projets sont du rêve expérimental qui n'ont pas d'avenir financier immédiat. Et même sans cela, seule leur mise en place à grande échelle serait compliquée et longue.
C'est bien parti pour faire comme la bagnole à air comprimé , ça fait 15 ans qu'elle doit sortir dans 6 mois, on attends...encore ... et encore...


Pendant ce temps, ma "bougie" m'éclaire, me chauffe,... ainsi que mes voisins. Le tout sans emmerder les truites car dans mon cas, il n'y a quasiment aucun impact, même au contraire, mon bief est un des endroits ou on en trouve le plus dans le ruisseau. Araser mon seuil serait une catastrophe.

Herv12 | 19 juin 2014 à 19h34
 
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je suis surpris de lire que les moulins réchauffent l'eau????
au contraire, ils l'a refroidissent,
il est bien évident que les turbines captent l'énergie potentiel de l'eau pour la transformer énergie mécanique qui sera plus tard utilisé en dehors du milieu aquatique .
cette énergie potentiel, sur un ruisseau qui n'est pas équipé, se libère pas dégagement de chaleur sous forme de frottement d'une part entre les molécules d'eau elles mêmes et d'autre part sur le fond de la rivière, (ce qui crée l'érosion par absorption de son énergie cinétique.
cela s'appelle le principe de conservation de l’énergie mécanique

djan | 20 juin 2014 à 09h55
 
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@ djan : le bilan thermique d'une rivière n'est pas simple. Ce n'est pas un système fermé, les échanges convectifs et radiatifs sont à intégrer. De ce point de vue, le facteur de premier ordre de réchauffement des eaux sera le réchauffement climatique global (échange eau-air avec les couches réchauffées en surface + IR). La présence ou non d'une ripisylve est aussi un facteur-clé, puisque cela conditionne la quantité de rayonnement entrant dans les fréquences visibles. Sur le bilan cinétique / thermique par friction, vous avez raison de souligner que le volume d'eau turbiné est (par définition) ralenti.

@ Herv12 : merci des précisions. Eh oui, les conseillers ne sont pas les payeurs. Dans le domaine énergétique, tout ou presque est possible, on peut payer nos 3 millions de chômeurs à pédaler. Mais il faut voir a) la quantité produite ; b) le coût de revient du kWh. Et là, les nombreux candidats "théoriques" se révèlent tout à fait inadaptés aux capacités d'investissement des ménages, des entreprises ou des Etats. Je crains d'ailleurs que ce ne soit le cas pour une bonne part des énergies marines, mises en avant par le MEDDE comme contrepoint supposé vertueux des énergies hydrauliques fluviales. Mais il n'y a pas de miracle, une hydrolienne ne récupèrera que l'énergie cinétique (et non pas aussi une énergie de position et de pression), elle sera soumise à la limite de Betz, sa pose / dépose, maintenance, entretien seront plus complexe en raison du milieu, etc. Quel coût?

Hydrauxois | 20 juin 2014 à 12h21
 
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Concernant les mesures de température, c'est assez difficile car les différences mesurées souvent de l'ordre de quelques centièmes de degrés, et sont souvent inférieures à la précision des sondes. Il faut une procédure rigoureuse faite par un technicien expérimenté dans la mesure de haute précision. A mon travail on pratique souvent ce exercice pour mesurer des puissances thermiques sur l'eau.

Concernant la remarque de djan, l'eau a une capacité calorifique d'environ 4.2Kj/Kg, La chute de 1m de 1Kg d'eau donne à peu prés 10J, donc l’échauffement de l'eau due à l'énergie de sa chute est assez faible: 0.0025°K/m. C'est seulement sur les installations hautes chute que l'effet positif est détectable (sous 100m de chute, la centrale fait baisser de 0.2°C environ).

Comme le dit Hydrauxois, c'est souvent dans le lit que tout se passe. Le problème du réchauffement additionnel du a l'exploitation hydrau ne concerne que les Biefs ou la surface du cours d'eau est fortement augmentée par la présence du bief ou que l'exposition à l'environnement est fortement modifié.
L'évaporation dont nous parle petite bête est aussi un facteur important, car si elle induit une perte d'eau, elle rafraîchit beaucoup. l’enthalpie de l'eau est d'environ 2.5Mj/Kg. Ce n'est donc pas forcément
une nuisance.
L'impact d'un bief doit donc s'étudier au cas par cas, il est souvent infime, il peut être négatif, ou positif. Dans le cas de mon installation, son fonctionnement rafraîchit l'eau en été.

Herv12 | 21 juin 2014 à 13h36
 
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Concernant les biefs de grande taille, il doit être possible de régler le problème de l’échauffement très facilement en faisant en sorte que l'eau circule sur le fond du bief.
Dans un réservoir d'eau calme, l'eau chaude a tendance à rester en surface. Par exemple dans une piscine, si on n'active pas la pompe, les 20cm sous la surface sont du bouillon mais le dessous reste froid.
C'est pareil pour le gulf stream, l'eau froide circule en profondeur.

Pour un bief, il suffit de prélever le débit en bas de barrage, et d’empêcher la crête du barrage de couler. Si la température de la surface du bief reste chaude, l’échauffement amont aval de la rivière sera faible voire même moins élevé que si le barrage est effacé.

Herv12 | 21 juin 2014 à 13h49
 
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Enfin des réponses intelligentes et surtout exactes. Cela nous change des affirmations gratuites et des anathèmes.

petite bête | 23 juin 2014 à 11h34
 
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@ Herv12 : je réfléchis à un protocole de mesure simultanée sur une même rivière, amont non impacté, retenue, aval du seuil, avec comme variables sur chaque point la profondeur et l'ensoleillement. Le gradient thermique sera forcément plus marqué quelques centièmes de degré dans l'évolution de ce système au cours d'une journée. Et en effet, la stratification thermique m'intéresse (je pense déterminer d'abord la thermocline de la retenue pour savoir à quelle profondeur mesurer ensuite), ainsi que l'influence de la turbidité sur cette stratification. Mon gros souci c'est le coût du dispositif, les sondes thermiques un peu pro et bien étalonnées avec système d'enregistrement et stockage de la mesure coûtent terriblement cher!

Hydrauxois | 23 juin 2014 à 14h56
 
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@Hydrauxois
"Car cette histoire de réchauffement des eaux par les moulins traîne dans le discours de la plupart des associations hostiles à la petite hydro, voire de certains syndicats, mais je n'ai jamais lu des mesures convaincantes ni trouvé de modèle thermique des obstacles à l'écoulement. "


Il serait temps de vous mettre a jour niveau biblio car la littérature est riche sur le très important impact termique des seuils. Par exemple (2003!!) :

https://www.msu.edu/~hayesdan/PDF/lessard.pdf

+2.7°C en moyenne sur le mois le plus chaud entre l'amont et l'aval du seuil, et un seul site seulement où la température n'augmente pas. Les effets tres négatif sur les populations de salmonidés et la composition de l'entomofaune sont tres bien démontrée dans cette étude.

Quand on essaie de venir sur le terrain scientifique, encore faut il faire avec de vraie connaissance du domaine. Dans le cas contraire, on perd toutes crédibilités.

J

John78 | 23 juin 2014 à 15h56
 
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@John78 : merci de la référence mais... vous l'avez lue ?? Cela ne correspond justement pas au besoin expliqué ci-dessus, à savoir analyser le gradient thermique réel dans une retenue. Chez Lessard et al 2003, la méthodo est 3 points de mesure amont et 3 points aval sans aucune spécification sur l'emplacement des sondes, et avec une moyenne des 3 pour définir le gradient amont-aval (pas franchement convaincant, je ne suis pas spécialement surpris que l'eau soit en moyenne plus chaude à l'aval qu'à l'amont et a minima, j'attends une description plus fine de chaque hydrosystème : ripisylve, nature du substrat, etc.). Pour rappel sur la modélisation thermique Caisse 2006 (voir le § sur les réservoirs, qui n'est qu'un des facteurs et qui n'est pas spécialement fourni en littérature, et encore moins méta-analyses ou en modélisations sur le sujet)

Quant à la conclusion de Lessard et al 2003 (indépendamment de leur méthodologie donc), elle est décoiffante : "Downstream communities responded to warming below dams with shifts in the macroinvertebrate community, increased fish species richness, and reductions in brown trout, brook trout and slimy sculpin population densities." On a pas les mêmes insectes, un peu plus de biodiversité mais un peu moins de truites. Quelles graves altérations...

Hydrauxois | 23 juin 2014 à 17h45
 
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PS à John78 : ah, l'url n'est pas passée. La référence était Caissie 2006, The thermal regime of rivers: a review, Freshwater Biology, Volume 51, Issue 8, pages 1389–1406, August 2006. Une autre référence plus récente (review) que l'on trouve en pdf aussi : Recent advances in stream and river temperature research, Bruce W. Webb et al , Hydrological Processes, Volume 22, Issue 7, pages 902–918, 30 March 2008

Mais ce que je cherche, et si cela existe je vous en serai reconnaissant, c'est une étude de la variabilité des T à différentes échelles spatiales et temporelles dans une rivière avec la modélisation des facteurs anthropiques /naturels qui vont déterminer cette variabilité (et donc bien fitter les données empiriques observées). Je ne trouve pas cela. J'ai été intéressé par le sujet en critiquant une analyse de BE qui utilisait justement la même méthode que Lessard 2003, ce que j'ai trouvé tout sauf convaincant par ce qu'un delata T en gradient longitudinal ne nous dit pas grand chose sans l'analyse des facteurs confondants (hors les seuils) et la modélisation du comportement thermique non forcé. Dans les biefs que j'observe, je ne m'attends pas à la même T à 2 m de profondeur et en surface, en zone de bord ombragée et au milieu ensoleillé, sur les lignes de courant et dans les recirculations, etc. Je me trompe peut-être, il se peut qu'on ait un équilibre thermique assez uniforme, mais je voudrais le vérifier, ou lire des chercheurs qui l'ont vérifier.

Hydrauxois | 23 juin 2014 à 20h45
 
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à titre indicatif durant la canicule 2003 sur mon plan d'eau de 4000 m2
traversé par ruisseau débitant 3 L/s à cette période très chaude, la partie aval du ruisseau n'a pas été perturbé, la vie aquatique est resté la même.Il n'y a eu aucune truite fario de morte dans le lac et en aval dans le ruisseau.
Comme la très bien dit Herv12 il faut prélever le débit dans le fond de la retenue.
De plus si le débit est faible l'eau est immédiatement refroidi au
contact du lit du ruisseau.

Quand le débit est élevé (exemple passage dans une turbine) le taux d'oxygène augmente pour le bienfait de la vie aquatique.
Les seuils ne perturbent en aucun cas les truites, je précise que d'ailleurs la truite fario résiste bien à une augmentation de température le point clé est surtout le taux d'oxygène.
Pour les lac un traitement à la craie coccolithique permet de limiter l'eutrophisation conserver le taux d'oxygène et de tasser les vases.

Se sont des observations réelles et confirmés, alors arrêtons de dire que les seuils de moulins et barrages sont néfastes il est possible qu'il y ait une très légère influence mais pas au point de faire une campagne de bannissement à la quelle on assiste!!!!
Il y a une grande différence entre les observations réelles et des études scientifiques.

KW12 | 23 juin 2014 à 21h04
 
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@ Hydroxois
Vous avez parfaitement raison sur la position des sondes. Pour info, avant de faire des mesures de précisions, j'ai pour habitude de contrôler mon matériel, à savoir mettre toutes les sondes dans un environnement homogène et vérifier qu'elles donnent le même résultat. Et bien un bol plein d'eau n'est pas un environnement homogène. On arrive à avoir 0.5°C d'écart entre des sondes à 5cm l'une de l'autre. On touille et toutes les valeurs sont alors semblable à moins du dixième d'erreur.

Sans méthodologie, vous faite vite dire n'importe quoi à vos mesures.

Pour vous fournir du matériel, oui pourquoi pas. J'ai déja réalisé des petites centrales d'aquisition. L'ennui je suis un peu débordé actuellement.
Si on veut faire dans le précis bon marché, le mieux est d'utiliser des CTNs de précision (cout entre 2 et 10€ la sonde selon le fournisseur et la quantité). ça permet de faire des centrales acquisition précises et peu onéreuses avec beaucoup de voies. En triant les sondes, ... on est au 1/10°. Combien il vous faut d'entrées?

Herv12 | 25 juin 2014 à 18h20
 
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@KW12
Je suis a peu prés d'accord avec ce que vous écrivez, c'est vrai que tout doit être regardé. L'impact peut être négatif ou positif. De simples détails font passer de l'un a l'autre (présence de haies en bordure de bief, déflecteur sur le débit réservé pour améliorer l’oxygénation...)

Il y a qu'un truc dit sur les moulins comme effet positif que je ne comprends pas, c'est cette histoire d'oxygénation par les turbines. J'avoue ne pas bien comprendre. Ok pour une roue ou une pelton, mais par exemple une kaplan, pas sur que ça fasse qq chose.

Herv12 | 25 juin 2014 à 18h38
 
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A partir du moment ou on brasse de l'eau on crée des microbulles chargées en oxygène.
C'est également ce qui se passe sur les cascades des petits ruisseaux ou l'eau est très agité au pied des cascades cela explique l'attroupement des truites au pied des chutes.
De même sur les biefs de moulin la partie dérivé qui déborde du bief est favorable à cette oxygénation, plus le bief sera haut, et meilleure sera l'oxygénation.
Les Kaplan à partir du moment ou elles brasse l'eau favorisent l'oxygénation aussi.
Concernant le bilan thermique des bief de moulins je suis persuadé qu'ils influencent très peu la température et la vie aquatique vu le temps de séjour faible de l'eau.
Il en est autrement sur un lac de grande surface avec faible débit.
Pourtant comme je l'ai dit plus haut dans mon cas et malgré un temps très chaud en 2003 température de l'eau en surface du lac + de 30 ° aucun dégât aquatique ni dans le ruisseau.
Une fois de plus les bras m'en tombe quand on parle de détruire les biefs de moulins sous prétexte de nuisances.
Quand l'application de la loi aura fait cette lourde erreur, les pêcheurs en payeront les conséquences.
Qu'on s'occupe de la pollution qui elle OUI! joue un rôle très néfaste sur l'oxygénation.
Qu'on laisse les moulins et centrales tranquille point barre.

KW12 | 26 juin 2014 à 11h48
 
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Je suis tout a fait d accord avec ce qui a était dit précédemment.
Que l on arrête de tourné en rond le problème c est la pollution il n y a qu a lire les récentes études qui classe nos rivières comme des poubelles remplient de pesticide et d hydrocarbure.
les moulins n y sont pour rien , sur les grandes retenu il peut y avoir une légère augmentation de la température , certes les ouvrages doivent bénéficier de passe a poisson, mais l avantage de cette énergie, son faible bilan carbone, sa régularité et sa présence sur tout le territoire en font une énergie de premier choix .
Au effaceur de seuils, qu ils retirent leur oeilleres et prennent le problème dans son ensemble, les enveloppes dédiées a l arasement serraient bien plus utiles e a l aménagement de ces derniers

alexb | 26 juin 2014 à 12h36
 
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