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Climat : les pays en développement ne peuvent pas assurer seuls la réduction supplémentaire d'émissions de CO2

Demander aux pays en développement d'élargir leurs engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre à tous les secteurs de leurs économies ne permet pas de respecter l'Accord de Paris. Les pays développés devront relever leurs efforts.

Gouvernance  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
Climat : les pays en développement ne peuvent pas assurer seuls la réduction supplémentaire d'émissions de CO2

Les pays ayant ratifié l'Accord de Paris rehausseront-ils leurs engagements de réduction d'émissions de gaz à effet de serre (GES) pris en 2015 lors de la COP 21 ? Tel est l'un des principaux enjeux des échanges en cours dans le cadre du dialogue Talanoa qui vise à évaluer l'effort collectif des Parties à l'Accord de Paris pour limiter la hausse de la température à long terme à 2°C, voire 1,5°C, et à préparer les futures contributions nationales (NDC).

Dans une note publiée le 21 août, les services du ministère de la Transition écologique dressent un bilan nuancé d'une des stratégies en discussion : l'élargissement du périmètre des NDC à de nouveaux secteurs et GES. De prime abord, cette approche semble pertinente puisque "seulement 15% des contributions affichent une couverture complète en secteurs et gaz". Mais, elle ne représente en réalité qu'un gisement de 3,5 milliards de tonnes équivalent CO2 (GtCO2e), alors que le "fossé d'émissions" identifié par les Nations Unies pour respecter l'objectif de long terme est de 10 à 15 GtCO2e, voire de 20 GtCO2e. Cette stratégie n'exonère donc pas les principaux pays émetteurs de relever leurs objectifs de lutte contre les changements climatiques, prévient le Commissariat général au développement durable (CGDD).

Les pays en développement ciblés

En 2020, les Etats doivent communiquer ou réviser leurs engagements de réduction des émissions de GES. L'objectif est clair : réduire le "fossé d'émissions", c'est-à-dire l'écart entre la trajectoire d'émissions prévue par les contributions nationales et celle compatible avec une limitation du réchauffement global. Pour combler ce fossé, il faut réduire d'ici 2030 de 11 à 13 GtCO2e les émissions pour atteindre l'objectif de 2°C et de 16 à 19 GtCO2e pour respecter l'objectif de 1,5°C, selon le Programme des Nations Unies pour l'environnement (Pnue).

Une des stratégies consiste à élargir le périmètre des NDC en ajoutant des GES et des secteurs non couverts. Cette option "a souvent été évoquée à la convention-cadre des Nations Unies sur les changement climatiques (Ccnucc)". En effet, les NDC des pays développés (dits "annexe 1") doivent couvrir l'ensemble de l'économie alors que ceux des pays en développement ne doivent le faire que progressivement. "C'est donc sur ces 153 pays [en développement], représentant 60% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (hors secteur des terres) que se concentre la réflexion." En effet, seulement 23 des 153 pays concernés affichent une couverture complète en secteurs et en gaz.

Un potentiel réduit et limité à deux pays

Mais, "cette approche occulte le fait que la plupart [de ces] pays n'ont pas inclus certains secteurs dans leur NDC pour la simple raison qu'ils ne disposent pas d'information à ce sujet", relativise le CGDD, rappelant qu'"à court terme (…) il est plus pertinent de s'intéresser aux émissions issues de secteurs et de gaz pour lesquels des données sont déjà disponibles". Si l'on tient compte de la réalité des inventaires de GES, alors 62 pays présentent des NDC couvrant l'ensemble des secteurs et gaz renseignés. "Cela dresse un portrait plus positif de la qualité des NDC des pays en développement, mais suggère aussi un gisement d'ambition supplémentaire plus réduit." Celui-ci ne serait que de 3,5 GtCO2e, soit 14% des émissions des pays en développement.

L'analyse fait aussi ressortir le rôle clé de deux Etats : la Chine et l'Inde. A eux deux, ils cumulent les trois quarts du gisement identifié. La note cite notamment la Chine dont le NDC ne couvre que les émissions de CO2 et laisse de côté cinq gaz à effet de serre (et notamment le méthane, le protoxyde d'azote et les gaz fluorés). Cette lacune offre un potentiel de réduction de 2 GtCO2e. Mais "la Chine a [déjà] pris des engagements supplémentaires sur les gaz non-CO2, qui pourraient être traduits dans une version révisée de la NDC en 2020", rapporte le CGDD.

L'extension de la couverture des NDC "peut certes jouer un rôle significatif, mais (…) elle serait très insuffisante", conclut le CGDD. Il pourrait notamment être judicieux d'inclure l'agriculture et le secteur industriel dans certains NDC, tout en améliorant la transparence des inventaires nationaux d'émissions de GES. Pour autant, cette approche "ne permettra pas aux principaux émetteurs (notamment les pays développés) d'éviter l'adoption de cibles de réductions d'émissions plus ambitieuses"

Réactions1 réaction à cet article

 

Cette focalisation sur les pays en développement est odieuse. C'est d'abord à nous, qui continuons à les piller allègrement, et qui avons les moyens financiers, de faire le maximum d'efforts. Quand verra t'on l'Europe se lancer dans un bannissement du charbon ?!

dmg | 23 août 2018 à 13h35
 
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