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La Commission mondiale sur l'économie et le climat plaide pour un nouveau modèle de croissance

Combiner des mesures telles que la tarification du carbone, la conversion des infrastructures et la densification des villes pourrait apporter prospérité et résilience, estime un rapport sur la nouvelle économie climatique.

Gouvernance  |    |  Agnès SinaïActu-Environnement.com

C'est maintenant ou jamais, estime la Commission mondiale sur l'économie et le climat. Selon sa dernière livraison publiée le 5 septembre, le rapport "Développer un nouveau modèle de croissance inclusive pour le XXIe siècle : Accélérer l'action climatique dans un contexte d'urgence", la fenêtre d'opportunité se déroule dans les trois prochaines années. C'est d'ici 2020 qu'il faudrait instaurer ce nouveau modèle de croissance auquel les dirigeants de l'économie mondiale sont prêts, estiment les auteurs.

Créé en 2013, cet aréopage rassemble une trentaine d'anciens chefs d'Etat et de gouvernement du Sud et du Nord, des ministres des finances ainsi que des représentants du monde de l'entreprise, tels que le PDG d'Unilever Paul Polman, et de la finance, comme le directeur exécutif de HSBC John Flint. Elle est présidée par l'ancien président du Mexique Felipe Calderon et compte parmi ses membres le professeur d'économie Nicholas Stern.

Le contexte a évolué. Les grandes entreprises énergétiques, les investisseurs et les analystes du marché estiment que le pic de demande de charbon, de pétrole et de gaz au cours des 20 prochaines années (à commencer par le charbon au cours des 5 à 10 prochaines années) est ''plausible''. Ceci a conduit à un changement majeur dans l'allocation du capital dans le secteur de l'énergie au cours des dernières années et à une alliance de plus de 60 gouvernements, entreprises et organisations signataires de ''Powering Past Coal'', une déclaration en faveur de la sortie du charbon adoptée lors de la COP 23. Quelque quarante pays se sont engagés à supprimer les subventions aux énergies fossiles.

Une économie de la promesse

La ''nouvelle'' économie climatique combine des ingrédients connus : fixation d'un prix du carbone d'au moins 40 à 80 dollars d'ici 2020 par les principales puissances économiques mondiales, suppression des subventions aux énergies fossiles et aux exploitations agricoles polluantes, communication des impacts des actifs financiers des grandes entreprises sur le climat, grand programme de soutien à des infrastructures durables partout dans le monde grâce à de nouveaux canaux de financements (90.000 milliards de dollars d'ici à 2030). Quelque 65 millions d'emplois à faible intensité carbone pourraient être créés d'ici à 2030 grâce à une tarification immédiate du carbone et au déploiement massif d'infrastructures durables.

Cinq systèmes économiques sont visés : l'énergie, les villes, le traitement de l'eau, les secteurs industriels (transports, chimie, bâtiment), l'agriculture et l'utilisation des terres. La restauration de 160 millions d'hectares de terres dégradées pourrait rapporter à l'économie jusqu'à 84 milliards de dollars par an. Les peuples autochtones ne sont pas en reste car ''assurer la sécurité foncière des terres forestières indigènes en Amazonie pourrait générer jusqu'à 10.000 USD par hectare en avantages écosystémiques''.

A la clé, des promesses de prospérité. ''Plus de 26.000 milliards de dollars et une planète soutenable sont en jeu'', clame le rapport, qui aligne des prédictions de gains économiques astronomiques en cas de basculement de la croissance vers ce nouveau modèle. La pleine participation des femmes pourrait faire augmenter le PIB mondial de 28.000 milliards de dollars par an en 2025. Une réforme des subventions et de la tarification du carbone pourrait assurer une hausse des recettes publiques estimée à 2.800 milliards de dollars par an en 2030, soit l'équivalent du PIB actuel de l'Inde. Les banques multilatérales de développement devraient doubler leurs investissements collectifs en infrastructures et veiller à ce qu'ils soient durables. Objectif : investir au moins 100 milliards de dollars par an d'ici 2020 et créer les conditions de la résilience au changement climatique.

''Au cœur de cette nouvelle approche de la croissance se trouvent des villes vivables et compactes, dotées d'un dynamisme économique susceptible d'attirer les talents créatifs, les entreprises et les capitaux, tandis que les densités plus élevées permettent de fournir des services moins coûteux.'' Ces métropoles plus concentrées, connectées et coordonnées pourraient générer jusqu'à 17.000 milliards de dollars d'économies cumulées d'ici 2050.

La nouvelle économie climatique se veut ''inclusive'' : ''Alimenter la nouvelle croissance sera abordable. Des systèmes énergétiques propres et plus productifs peuvent élargir l'accès à l'énergie à plus d'un milliard de personnes qui en sont dépourvues, à l'image de la généralisation de l'accès à la téléphonie mobile''. Le rapport présente une multitude d'exemples d'initiatives : téléphérique desservant les bidonvilles de Medellin en Colombie, drones offerts par Bill et Melinda Gates pour surveiller les cultures en Ouganda, industrie du ciment à basse émission en Inde, stratégie européenne sur le plastique ... Remplacer une croissance par une autre, la recette semble simple. Mais il n'est pas sûr que l'économie ait le dernier mot.

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