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Climat : le Mexique s'engage à limiter la hausse de ses émissions

Le Mexique est le premier pays du Sud à s'engager. Il propose de réduire de 25% ses émissions de CO2 en 2030 par rapport à un scénario au fil de l'eau. Les émissions de GES mexicaines devraient néanmoins croître jusqu'en 2026.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com

Le 28 mars, le Mexique a soumis sa contribution officielle dans le cadre des négociations internationales sur le climat à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (Ccnucc). Il s'engage inconditionnellement à réduire de 22% ses émissions de gaz à effet de serre (GES) en 2030 par rapport au scénario au fil de l'eau. En ajoutant l'effort complémentaire d'une réduction de 51% des émissions de carbone suie (black carbon), l'effort global mexicain atteint une réduction de 25% de ses émissions par rapport au scénario au fil de l'eau.

En cas d'accord international, le pays se dit prêt à porter son effort global de réduction de ses émissions à 40% en 2030, toujours par rapport au scenario au fil de l'eau. Il pose toutefois quelques conditions concernant le contenu de l'accord. Il devra aborder "des sujets importants, tels que le prix du carbone à l'échelle internationale, les mécanismes d'ajustement aux frontières contre les fuites carbone, la coopération technique, l'accès à des ressources financières à bas coût et le transfert de technologie, le tout à une échelle à la hauteur des enjeux climatiques".

Le Mexique est le quatrième pays, ou groupe de pays, à avoir présenté sa contribution intentionnelle déterminée au niveau national (INDC, pour Intended Nationally Determined Contribution), après la Suisse, l'Union européenne et la Norvège. En décembre dernier, les négociateurs internationaux, réunis à Lima (Pérou), avaient "invité" les Etats à communiquer "bien en avance" de la conférence de Paris leur contribution officielle. Idéalement, elles devaient être présentées avant la fin du premier trimestre 2015 "pour les pays prêts à le faire", selon l'accord conclu à Lima.

Croissance des émissions jusqu'en 2026

La contribution mexicaine précise que selon le scénario au fil de l'eau, les émissions de GES devraient atteindre 1.110 millions de tonnes de CO2 équivalant (MtCO2eq) en 2030, contre 640 MtCO2eq en 2006, selon les dernières données fournies par le pays à la Ccnucc.

A noter que le document envoyé au secrétariat de la Conférence-cadre ne précise pas clairement dans quelles mesures les volumes d'émissions évoquées incluent l'utilisation des terres, aux changements d'affectation des sols et à la foresterie (LULUCF, selon l'acronyme anglais). Pour le Mexique, la prise en compte des puits carbone et des sources d'émission associées à l'usage des sols n'est pourtant pas négligeable : l'usage des sols représentait un solde d'émissions positif de 71 MtCO2eq en 2006, portant les émissions globales du pays à 712 MtCO2eq.

Si certains paramètres de l'INDC du Mexique restent à préciser, une chose semble néanmoins certaine : les émissions de GES du pays continueront à croître pendant au moins une décennie. En effet, le pays n'envisage pas de réduction de ses émissions en valeur absolue avant 2026, date annoncée pour le "pic des émissions".

Rapporté à la croissance économique, l'objectif mexicain vise un découplage des émissions de sorte à réduire de 40% l'intensité carbone de l'économie entre 2013 et 2030.

Favoriser les co-bénéfices

Par ailleurs, le pays annonce s'engager inconditionnellement sans tenir compte des mécanismes de marché existants ou à venir, ce qui sous-entend un effort national plutôt qu'un effort basé sur le financement de mesures dans d'autre pays en contrepartie de crédits carbone. En revanche, "l'atteinte de l'objectif conditionnel nécessitera des mécanismes de marché bilatéraux, régionaux et internationaux totalement opérationnels", prévient le document.

Quant à la stratégie mexicaine de réduction des émissions, elle s'appuiera sur l'application de la loi générale sur les changements climatiques d'avril 2012. Celle-ci "impose une obligation claire de donner la priorité aux actions de réduction des émissions les moins coûteuses qui permettent parallèlement des co-bénéfices en termes de santé et de bien-être pour les Mexicains", rappelle le document. C'est pour cette raison qu'une partie de l'effort mexicain sera réalisée grâce à une réduction des émissions de carbone suie, qui n'est pas suivi comme un GES par la Ccnucc mais qui a un effet favorable sur le climat et la santé.

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