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Climat : les moyens consacrés à l'adaptation des pays du Sud restent trop faibles

La planification de l'adaptation à l'échelle des États et la mise en œuvre des projets enregistrent quelques progrès. Mais le manque de soutien financier accordé au pays en développement reste criant. La crise sanitaire n'a pas amélioré cette situation.

Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Climat : les moyens consacrés à l'adaptation des pays du Sud restent trop faibles

Ce jeudi 4 novembre, le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) a présenté son rapport sur l'adaptation aux impacts des changements climatiques. Intitulé « la tempête qui se prépare : s'adapter aux changements climatiques dans un monde post-pandémie », il constate que les financements consacrés à l'adaptation des pays du Sud restent bien maigres. Aujourd'hui, les besoins sont cinq à dix fois supérieurs aux financements proposés. Le Pnue constate aussi que la crise sanitaire a ralenti certains travaux et que les plans de relance associés n'ont que peu abordé le sujet.

Ce rapport est publié alors que « de nouvelles preuves suggèrent que l'objectif ambitieux de l'Accord de Paris visant à limiter l'élévation moyenne de la température mondiale à 1,5 °C sera probablement manqué », explique le Pnue. Le programme onusien s'appuie notamment sur le fait que les contributions déterminées au niveau national (NDC, pour Nationally Determined Contribution), formulées dans le cadre de l'Accord de Paris, nous mènent vers un réchauffement global de 2,7 °C d'ici la fin du siècle.

D'immenses besoins

Premier constat du Pnue : « Le financement nécessaire à la mise en œuvre des plans d'adaptation est encore loin d'avoir atteint ce qu'il devrait être. » Les besoins sont immenses, puisque le Pnue évalue les coûts de l'adaptation des seuls pays en développement à près de 300 milliards de dollars par an d'ici à 2030 et à près de 500 milliards d'ici à 2050. Ces évaluations constituent le haut des fourchettes de coûts estimées en 2016.

Le Pnue explique que cette évaluation à la hausse des coûts de l'adaptation tient notamment au fait qu'aujourd'hui les stratégies couvrent un panel de secteurs plus large. Et d'ajouter que quatre d'entre eux expliquent les trois quarts de la facture : l'agriculture, l'eau, les infrastructures et la gestion des risques.

 
Les preuves disponibles indiquent que l'écart de financement de l'adaptation se creuse  
Rapport du Pnue
 
En comparaison, en 2019, le financement climatique versé aux pays en développement a atteint 79,6 milliards de dollars. Or cette enveloppe comprend aussi les soutiens à l'atténuation. Concrètement, le Pnue considère que seulement 10 à 20 % des besoins pour l'adaptation des pays du Sud sont actuellement couverts. Pire, « les preuves disponibles indiquent que l'écart de financement de l'adaptation se creuse ».

S'agissant de l'impact de la crise sanitaire, le rapport s'est penché sur les plans de sortie de crise adoptés par quelque 66 pays. Moins d'un tiers de ces plans de relance tiennent compte des risques climatiques. C'est « une occasion manquée », regrette le rapport, qui rappelle que quelque 16 700 milliards de dollars ont été mis sur la table pour relancer des économies mises à mal par la Covid. Le Pnue regrette d'autant plus la faiblesse des dispositions en faveur du climat que l'avenir pourrait être plus difficile : « Le coût accru du service de la dette, combiné à une diminution des recettes publiques, peut entraver les futures dépenses publiques d'adaptation, en particulier dans les pays en développement », craint-il.

Les États se dotent d'outils

Pour autant, le rapport comporte aussi de bonnes nouvelles. Les pays semblent se mettre en ordre de marche pour s'adapter. Ainsi, environ 79 % des États ont déjà adopté au moins une loi, une stratégie ou un plan consacré à l'adaptation au niveau national. Cette proportion a progressé de sept points en un an. En outre, 65 % des pays disposent d'un ou plusieurs plans sectoriels et 26 % d'un ou plusieurs instruments de planification infranationaux.

Ce bon résultat est enregistré, malgré la pandémie qui a perturbé l'élaboration de ces outils, en particulier parmi les pays les moins avancés. Le rapport précise aussi que 9 % des pays qui ne disposent pas d'instrument de planification de l'adaptation sont en train d'en développer un.

Autre constat : la mise en œuvre des projets d'adaptation progresse. Au total, plus de 2 600 projets ont été financés entre 2010 et 2019 par les dix principaux bailleurs de fonds. Avec le temps, ces projets prennent de l'ampleur, attirant de plus en plus des financements supérieurs à 10 millions de dollars.

Enfin, s'agissant de la répartition sectorielle, environ 30 % des projets sont multisectoriels, environ 20 % concernent le secteur agricole et 20 % se concentrent sur les écosystèmes. Sont aussi bien représentés les projets liés à l'eau et aux infrastructures. Pour le Pnue, cette répartition traduit le fait que les projets soutenus sont globalement bien alignés avec les besoins exprimés par les pays.

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