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Réchauffement climatique : seize mesures pour gagner 0,7 °C d'ici 2040

Afin de ralentir le changement climatique, l'Onu a publié un rapport dans lequel elle définit plusieurs mesures à prendre pour réduire les émissions de noir de carbone et de méthane, gaz connus sous le terme de forceurs climatiques de courte durée.

Gouvernance  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com
   
Réchauffement climatique : seize mesures pour gagner 0,7 °C d'ici 2040
   

Sauver 2,5 millions de vies par an, éviter les pertes de culture de 32 millions de tonnes par an et réduire le réchauffement climatique d'environ un demi-degré d'ici 2040. Tels sont les principaux bénéfices de l'application intégrale d'un ensemble de seize mesures proposées par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) dans un rapport publié vendredi 25 novembre, à deux jours de l'ouverture de la conférence Climat de l'Onu à Durban. Relativement simples à mettre en place, ces mesures visent "à diminuer les agents de forçage du climat de courte durée (SLCF) que sont les émissions de noir de carbone, un des principaux composants de la suie, le méthane ainsi que l'ozone troposphérique".

Financé par le gouvernement de Suède, ce rapport se base sur plusieurs années de recherche, et notamment sur les évaluations récentes réalisées par le Pnue et l'Organisation météorologique mondiale (OMM) en juin dernier. "Les arguments scientifiques en faveur d'une action rapide sur ce que l'on appelle les “agents de forçage du climat de courte durée de vie” ont été développés de façon suivie durant plus de dix ans", souligne Achim Steiner, directeur exécutif du Pnue, ajoutant que ce rapport "propose des moyens et des politiques permettant aux nations, en agissant à l'échelle nationale, régionale et mondiale, d'obtenir des gains remarquables en termes de transition à court terme vers une économie verte à faibles émissions et utilisant les ressources de manière efficiente".

Diminution de 77 % de noir de carbone en 2030

Devant apportées d'importants bénéfices pour la santé et l'environnement, neuf mesures prioritaires ont été identifiées afin de réduire les émissions de noir de carbone, "une des causes majeures de décès prématurés résultant de la pollution extérieure et intérieure" selon le rapport. Elles concernent quatre secteurs : le transport, le résidentiel, l'industrie et l'agriculture. Parmi ces solutions, le remplacement de cuisinières traditionnelles à biomasse par des modèles plus efficients équipés de ventilateurs ou par des fours fonctionnant au biogaz et au gaz de pétrole liquéfié offrirait "le plus grand potentiel de réduction des émissions en Afrique, dans la région Asie-Pacifique et, dans une certaine mesure, en Amérique latine et dans les Caraïbes". En Europe et en Amérique du Nord, le rapport préconise la mise en place de poêles et chaudières à granulés à la place des poêles à bois domestiques. Concernant le secteur agricole, les feux à ciel ouvert de résidus issus des cultures devront être interdits.

Selon le Pnue, l'ensemble de ces mesures permettrait d'atteindre environ 77 % du potentiel de réduction des émissions de noir de carbone en 2030, par rapport à la valeur de référence calculée en 2000. Par ailleurs, ces actions ont également un effet important sur un nombre de précurseurs d'ozone comme le monoxyde de carbone ou les composés azotés, diminuant ainsi les concentrations d'ozone troposphérique.

Récupérer et valoriser le méthane

Au niveau du méthane, le rapport de l'Onu évoque sept solutions qui sont censées réduire les émissions de ce gaz de 38 % en 2030. Ces mesures portent principalement sur la diminution des émissions provenant des process de production et de transport du charbon, du pétrole ainsi que du gaz. Par exemple, la mise en place de systèmes de récupération et de valorisation des gaz formés lors de ces opérations pourrait ainsi éviter l'émission de plus de 30 millions de tonnes de méthane en 2030. D'après le rapport, "à l'échelle mondiale, près de la moitié du potentiel de réduction du méthane est réalisable grâce à des mesures qui accroîtront les économies réalisées pendant la durée de l'investissement", le méthane récupéré pouvant servir d'énergie propre.

En outre, une meilleure gestion des déchets municipaux, avec séparation et traitement de la part biodégradable, pourrait contribuer au potentiel de réduction et aider au développement de la filière biogaz. Le traitement efficace des eaux usées diminuerait également les émissions de méthane, tout en améliorant l'assainissement et la qualité de l'eau.

Testées et éprouvées dans différents pays et à divers niveaux, ces seize mesures pourraient diminuer de façon significative le réchauffement de la Terre de 0,7 °C d'ici à 2040, entraînant d'importants effets pour la biodiversité et l'élévation générale du niveau des mers. Mais, le rapport précise quand même que ces actions sur les SLCF ne permettront pas "de maintenir l'augmentation des températures mondiales en deçà de l'objectif de 2 °C, à moins que les gouvernements n'agissent de façon décisive sur le principal gaz à effet de serre, le dioxyde de carbone". Par ailleurs, les bénéfices climatiques de ces mesures sont souvent mis en avant, mais d'autres avantages en matière de sécurité alimentaire et sanitaire résultent aussi de la réduction de ces agents de forçage du climat.

Réactions3 réactions à cet article

 

L'homme a le choix, écouter ses compatriotes, regarder en face les problèmes et mettre en place les vraies solutions pour le bien être futur de l'humanité.
Ou bien aller à Durban dans les hotels 5 étoiles, s'en mettre plein l'estomac, passer des soirées sympathiques et arrosées (voire plus si affinités), récolter des air miles pour les futurs voyages gratos et éventuellement, mais seulement pour sauver la face, s'occuper du climat.
D'après vous, quelle va être l'option choisie par la plupart des délégués? Sans parler de l'influence considérable des lobbies qui vont tout faire pour que RIEN ne change.

arthur duchemin | 01 décembre 2011 à 10h12
 
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Des rapports, toujours des rapports?? A quand des actions motivées, des vraies??

S971 | 01 décembre 2011 à 10h56
 
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C'est bien de parler des autres avantages que ceux concernant le climat! Qui dit moins d'émissions d'origine anthropique dit moins de pollution. Sachant aussi que l'EPA a reconnu certains des GES comme étant néfastes pour la santé humaine...

Fifou | 01 décembre 2011 à 15h30
 
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