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Climat : les Européens refusent de chiffrer leur contribution à l'aide nécessaire aux pays pauvres

Gouvernance  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
À l'issue du Conseil européen, vendredi 30 octobre, et dans la perspective du Sommet mondial sur le climat qui se tiendra en décembre à Copenhague, les chefs d'Etat européens se sont positionnés sur le financement des actions à mettre en œuvre par les pays en développement pour lutter contre les changements climatiques.

Une position commune de l'UE mais pas d'engagements financiers

Les leaders européens se sont ralliés au principe d'un financement public international qui pourrait se monter à 50 milliards d'euros par an mais ont en revanche refuser de chiffrer la contribution de l'Union européenne à cette enveloppe.
Les 27 Etats membres se sont ainsi mis d'accord pour défendre un objectif global de réduction de 50% des émissions de CO2 par rapport à celles de 1990 d'ici 2050. L'UE estime que cet objectif sera de -80 à -95% par rapport au niveau de 1990 pour les pays industrialisés. ''Ces objectifs devraient à la fois représenter l'idéal à atteindre et servir de référence pour fixer des objectifs à moyen terme, qui feraient l'objet d'une évaluation scientifique périodique'', précise la déclaration finale, présentée vendredi 30 octobre 2009, à Bruxelles. Les 27 chefs d'État et de gouvernement ont également approuvé l'enveloppe d'aide globale à apporter aux pays pauvres à 100 milliards d'euros par an d'ici 2020 dont 22 à 50 milliards par an par les pouvoirs publics. Mais l'UE ne s'est toujours pas prononcée sur le montant de sa contribution et prévoit de le faire qu'à l'issue des négociations de Copenhague.

Réactions

Les associations environnementales et les élus écologistes ont regretté le non engagement chiffré de l'UE. L'eurodéputé Jannick Jadot (Verts-ALE) dénonce un ''sommet de l'hypocrisie'' et estime que les dirigeants européens souhaitent répartir la facture internationale en fonction des émissions de chaque pays et pas de leur richesse pour diviser par trois la part européenne de l'effort mondial (et passer de 30 % à 10 %). Tandis qu'à l'échelle européenne, un mécanisme inverse fondé sur la prise en compte de la richesse a été privilégié, de manière à satisfaire les exigences des pays de l'Est. Corinne Lepage, eurodéputée et vice-présidente de la commission Environnement du Parlement européen (ALDE), juge, quant à elle, la position du Conseil ''frileuse'' et ''incompatible vis-à-vis de l'enjeu climatique'' tout en consentant que ''l'attitude des Etats-Unis et de la Russie est à ce jour clairement irresponsable''. ''L'Union Européenne doit cesser de se cacher derrière les Etats-Unis et la Chine. Elle devra mettre ses cartes sur la table dès le début des négociations à Copenhague si elle veut continuer à prétendre qu'elle est à la pointe du combat contre le changement climatique'', commente Corinne Lepage.

Greenpeace France regrette que l'Europe ne joigne pas le ''geste à la parole et demande'', comme d'autres organisations de la société civile, un financement public européen d'au moins 35 milliards d'euros par an d'ici à 2020, sur une contribution de 110 milliards d'euros de l'ensemble des pays industrialisés. ''La semaine dernière, le Parlement européen a préconisé un engagement européen de 30 milliards d'euros, et une contribution internationale de 100 milliards d'euros.''Reste que, selon l'organisation, ''il représente moins de la moitié des ressources qu'il faudrait mettre sur la table pour empêcher une dérive climatique catastrophique''.

Le WWF-international a, de son côté, dénoncé les messages «vagues» du Conseil ''diminuant encore les espoirs d'un leadership européen fort dans la lutte contre le changement climatique''. Enfin France Nature Environnement (FNE) considère que ''les bonnes intentions ne suffisent plus. Il faut se donner les moyens de ses ambitions et arrêter de jouer à cache cache entre pays dits développés. L'Europe a manqué aujourd'hui l'occasion de devenir leader sur le climat. N'oublions pas que ne pas lutter contre le dérèglement climatique coûtera bien plus cher que de s'engager dès aujourd'hui'', a rappelé Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE).

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