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Négociations de Copenhague : l'analyse de Jean-Louis Borloo

Le ministre d'Etat à l'Ecologie a exposé mardi, devant la Commission parlementaire du développement durable et de l'aménagement du territoire, les différentes pistes de négociations envisagées à huit semaines du sommet de Copenhague.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Négociations de Copenhague : l'analyse de Jean-Louis Borloo
   
''A huit semaines du processus, si la plupart des dirigeants est convaincue des enjeux, l'appréhension gagne tout le monde', analyse Jean-Louis Borloo. Copenhague, c'est une histoire invraisemblable. Rien n'est fait pour que ça marche. Les négociations se poursuivent et doivent aboutir dès mi-novembre sur des ententes. Si nous tardons, Copenhague aboutira à un accord entre dix pays…'' Ni optimiste, ni pessimiste, le ministre d'Etat se dit plutôt réaliste devant l'immensité de la tâche à accomplir.
Il a décliné devant les parlementaires de la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire les différentes pistes envisagées pour satisfaire l'ensemble des négociateurs et parvenir à un accord. Engagements unilatéraux pour certains, fonds de soutien pour d'autres, financements innovants font partie des solutions proposées.

Un accord compatible avec les spécificités de chacun

''Il ne faut pas se créer de contraintes culturelles. Adapter les objectifs à chaque situation ne constitue pas un recul mais une avancée. Ce qui peut nous tuer, c'est la méthode ! justifie Jean-Louis Borloo. S'il est clair que les signataires de Kyoto annexe 1 seront à nouveau dans un système contraignant, avec un objectif de 25 %, il faut accepter que pour certains, l'engagement soit différent. Nous avons des problèmes de fonds et de formes complexes''.
Les Etats-Unis, les premiers, devraient bénéficier d'un régime spécifique : ''il n'y a pas de traité possible avec les Etats-Unis. De même qu'avec une économie à 22 ou 23 t de CO2 émis par habitant et par an, nous devons être conscient que ce sera plus long et plus complexe pour eux. Nous devons trouver un système dans lequel l'exécutif s'engage à travailler d'un point de vue législatif sur ces questions. Il faut que ce dispositif soit mesurable, évaluable et révisable.''
Pour la Chine, ''nous devons trouver également un engagement évaluable mais pas sous forme de traité. Il s'agit de réfléchir à un engagement unilatéral. La Chine est très engagée aujourd'hui et avec une économie à 3 tCO2/hab/an, l'effort à consentir n'est pas le même. Les Chinois seront certainement les leaders de l'économie low carbon de demain.
L'Inde, la Corée du Sud, l'Australie bénéficieraient également d'un régime unilatéral : ''ces Etats se sont engagés sur un calendrier précis avec des objectifs et des délais.

Un pouvoir de sanction ?

Kyoto, seuls 11 pays l'ont respecté. A quoi servent les engagements s'ils ne sont pas atteints ? Aujourd'hui, au niveau international, l'OMC est la seule instance de régulation à la fois toute puissante et impuissante. Le fait qu'on n'ait pas un organisme international de l'environnement vers lequel on puisse se tourner est impensable. On ne peut pas signer tous les traités du monde sans sanctions. Il faut des mécanismes pertinents et ce, dès 2011. Est-ce que ce doit être une filiale de l'ONU, une institution indépendante ? Nous devons réfléchir à ces questions.''

Le financement des fonds de soutien

''Tout le monde confond le coût de la transition et les problèmes d'adaptation et d'atténuation. Pour la transition, nous devons trouver une articulation des financements entre secteur privé et public. Pour l'aide aux pays les moins avancés, cela doit provenir des fonds publics. Les fonds du marché ETS doivent quant à eux être réservés aux grands émergents, qui ont des problématiques différentes. Nous partons aujourd'hui sur la proposition mexicaine d'un fonds vert mondial. Les prélèvements seront basés sur un calcul articulant les émissions historiques, les émissions actuelles et le PIB. Tous les pays y contribueront, mis à part les PMA. Ensuite il faudra trouver des financements innovants. Quatre pistes sont envisagées aujourd'hui : la taxe sur le CO2, la taxe sur le pétrole, la taxe sur les transactions financières et la taxe sur le transport maritime. Pour parvenir à 20 Mds de dollars par an, il suffirait de taxer à 0,0015 % les transactions financières ou à 1 dollar le baril de pétrole ou encore de 10 % le transport maritime qui est aujourd'hui intégralement détaxé. Nous pouvons y arriver. En revanche, il faut que ces sommes soient affectées à des fonds adaptés de manière automatique.''
Jean-Louis Borloo, qui se rendra vendredi à Adis Abeba pour discuter avec le premier ministre éthiopien chargé par l'Union africaine de représenter l'Afrique dans les négociations, est convaincu : il ne peut pas y avoir de Copenhague s'il n'y a pas de rattrapage. Il faut un plan de justice climat à destination des pays les moins avancés. Pour le ministre d'Etatce plan ne doit en aucun cas se substituer à l'aide au développement. Il faut que l'Afrique puisse dire ce qu'elle veut à Copenhague. Il ne s'agit pas de parler de chiffres mais de projets. Il faut établir un programme global et un calendrier. Nous devons et nous pouvons faire de l'Afrique un continent autonome en énergie, à l'aide des énergies renouvelables.''

Réactions1 réaction à cet article

 
Espérons

Que dire d'autre ? Que espérons que tout cela ce discute !
Je ne suis pas rassuré, car j'ai peur d'un dialogue de sourd entre les partis politique et non entre les moyens et les (bonnes) intentions.
J'y crois à ce Copenhague, mais ai-je le choix ?
A titre individuelle, déjà. Vous pouvez agir en vous renseignant avec l'ADEME.fr
0810 060 050

Goulven | 20 octobre 2009 à 00h38
 
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