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Actu-Environnement

Climat : les associations refusent tout financement du nucléaire

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Alors que la série de négociations de Barcelone, dernière conférence préparatoire avant le sommet de Copenhague de décembre, a été engagée hier, les associations environnementales font entendre leur voix.

Dernière opposition en date : la question du nucléaire, qui a ressurgi en octobre dernier lors des négociations de Bangkok. Le Canada, les Etats-Unis, le Japon, le Mexique, l'Inde, l'Afrique et la France défendraient en effet l'idée de financer cette source d'énergie dans le cadre des actions de réduction des émissions de gaz à effet de serre des pays en développement.

Dans un communiqué de presse commun, le réseau Sortir du nucléaire, le réseau Action climat (RAC), Greenpeace, les Amis de la terre et Agir pour l'environnement dénoncent cette proposition et ''en particulier l'égoïsme de la position française, qui privilégie ses intérêts industriels à l'intérêt général. Si le nucléaire devenait éligible aux financements par ce biais, l'industrie nucléaire trouverait ainsi une source de subvention publique majeure''.

''Trop coûteux, exigeant des infrastructures trop lourdes, le nucléaire est particulièrement inadapté aux pays en développement. S'il est inclus dans l'accord de Copenhague, il absorbera des fonds considérables, et privera les pays en développement de financement cruciaux pour limiter leurs émissions via les vraies solutions (énergies renouvelables, efficacité énergétique, lutte contre la déforestation...)'', rappelle pour sa part Morgane Créach du RAC.

En 2008, 439 réacteurs nucléaires étaient en service. 36 réacteurs sont en construction et une centaine d'autres sont en projet.

Réactions4 réactions à cet article

 
pessimisme

je veux pas être trop pessimiste mais si le nucléaire est financé, c'est la fin !

Lud | 04 novembre 2009 à 09h08
 
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Le nucléaire rejette moins de CO2 qu'une éolienne

Il n'y a pas à être pessimiste quant au nucléaire, c'est une technologie bien maîtrisée aujourd'hui et avec laquelle on ne plaisante pas sur les mesures de sécurité.
Si on veut réduire les émissions de gaz, je suis désolé... mais le nucléaire est une solution ! Les centrales ne rejettent pas un seul gramme de CO2... comme l'éolien par exemple. Sauf que si on prend en compte le cycle de vie du produit (Construction, fonctionnement, démantèlement), une éolienne rejette plus de CO2 qu'une centrale (à régime équivalent). Une usine de charbon est plus radioactive qu'une centrale également.... Essayez donc de fournir Paris en électricité avec des éoliennes et des panneaux solaires ! Le nucléaire permet de produire une grosse quantité d'énergie pour les grosses villes ou entreprise. Les énergies renouvelables ne peuvent pas fournir autant d'énergie actuellement. Ne nous passons pas encore du nucléaire, on a le temps de trouver d'autres solutions !

pierre | 04 novembre 2009 à 09h43
 
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optimisme

... oui, la fin d'un air irrespirable en ville, car on pourra recharger les batteries du tout électrique.
De plus, développer le nucléaire tendra à pousser la recherche sur la fusion, plutôt que tout stopper : l'homme aime les modes, si le nucléaire est dénigré, bye bye la fusion car ça ne sera plus "tendance".

optimisme | 04 novembre 2009 à 10h05
 
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Réaction à :

Bonjour,
Je vais tenter de répondre à Pierre, en grande partie à partir d'une synthèse de ces rapports:
The World Nuclear Industry Status Report 2009, Mycle Schneider et alii http://www.bmu.de/files/english/pdf/application/pdf/welt_statusbericht_atomindustrie_0908_en_bf.pdf
Les cahiers de Global Chance, Nuclear power, the great illusion. Promises, setbacks and threats
Nucléaire : la grande illusion – Promesses, déboires et menaces: http://www.global-chance.org/IMG/pdf/GC25.pdf , et son résumé (anglais): http://www.global-chance.org/spip.php?article89#summary

ainsi que d'autres lectures.Je vous invite à lire ces rapports passionnants, bien construits, pas partisans (pas de slogans ni d'impératifs) mais défendant avec des arguments solides et référencés une position.
J'étais moi-même sceptique sur la possibilité de se passer de nucléaire, mais il m'est maintenant clair que le nucléaire n'est pas une solution aux changements climatiques, car elle n'est pas généralisable, et qu'elle laisse l'impression de la possibilité de poursuivre "business as usual", quand des changements radicaux dans la considération des ressources, des intrants économiques, sont indispensables à un développement qui puisse durer et être transmis.
Je serais ravie de continuer ce débat, donc n'hésitez pas à répondre, je ferais de mon mieux pour préciser et élargir mes perspectives.

1) sécurité
"Il n'y a pas à être pessimiste quant au nucléaire, c'est une technologie bien maîtrisée aujourd'hui et avec laquelle on ne plaisante pas sur les mesures de sécurité."
Non, on ne plaisante pas avec les incidents , mais ils n'en existent pas moins pour autant. La preuve par 3exemples
- Dans l'actualité courante, les problèmes de sécurité rencontrés sur le chantier de l'EPR en Finlande montrent que la sécurité n'est justement pas parfaitement maitrisée. Voir le rapport de l'autorité gouvernementale finlandaise pour l'industrie nucléaire, qui ne mâche pas ses mots sur les lacunes d'AREVA en matière de sécurité: (en anglais)http://www.stuk.fi/stuk/tiedotteet/2006/en_GB/news_419/_files/76545710906084186/default/investigation_report.pdf , , plus court, un article du NY Times: http://www.nytimes.com/2009/05/29/business/energy-environment/29nuke.html?_r=1
- Un autre exemple au Japon, en 1999: un accident sur une centrale a causé directement deux morts, et a affecté plus de 400personnes d'une douche de neutrons pendant 18h. C'est une des raisons pour lesquelles le Japon, pays pourtant expert en technologies de précisions, a abandonné le projet de sa centrale d'Ashihama.
- Le nombre d'incidents en France est d'environ 700 par an; "seulement" une petite centaine sont enregistrés annuellement selon l'International Nuclear and Radiological Event Scale (INES), parce que le critère majeur de gravité est l'immédiateté du danger pour la santé/l'environnement. Or, les dangers les plus courants sont à long terme (cancer, stérilité, etc. Voir le procès en cours pour la reconnaissance des dommages subis par des citoyens algériens lors des essais français dans les années 70).

Pour résumer, L'accumulation de 300 000t de combustibles irradiés, ainsi que les collatéraux contaminés pose la question du risque de leur détournement dans le but d'alimenter le nucléaire militaire (prolifération). Les incidents et accidents lors du cycle de fonctionnement lui-même constituent aussi un sujet d'inquiétude, dans les pays déjà équipés mais aussi dans les pays hors OCDE qui seraient à équiper. La gestion des déchets, laissée à la charge des générations futures en l'absence du développement massif des surgénérateurs, et en l'absence actuelle de connaissances techniques pose aussi un problème d'équité intergénérationnelle.
En effet, l'exploitation présente ses dangers, mais la gestion des déchets en présente d'autres, peu voire pas pris en compte dans l'évaluation du risque pris lors du choix de construction: un débat présentant les arguments des deux positions disponible ici: http://www.debatpublic-dechets-radioactifs.org/docs/pdf/verbatims/tableronde1-0810.pdf.
Mais la sécurité n'est qu'un des points pour qualifier le nucléaire comme une stratégie de DD:

2)la participation du nucléaire à la réduction des émissions de CO2
"Si on veut réduire les émissions de gaz, je suis désolé... mais le nucléaire est une solution ! Les centrales ne rejettent pas un seul gramme de CO2... comme l'éolien par exemple. Sauf que si on prend en compte le cycle de vie du produit (Construction, fonctionnement, démantèlement), une éolienne rejette plus de CO2 qu'une centrale (à régime équivalent)."
C'est exact: une centrale émet peu de gaz à effet de serre. cependant, l'implantation du nucléaire impose une stratégie énergétique "tout électricité", qui ne peut être alimentée par les seules centrales. En effet, l'énergie nucléaire fournit de l'énergie tout le temps, dite "de base", alors que la consommation réelle est irrégulière et connaît des pointes, qui ne peuvent être satisfaites par le seule nucléaire. Cette énergie est ainsi relayée par des énergies fossiles: charbon, gaz et pétrole. Donc une perspective complète sur les émissions totales d'une installation nucléaire, qui comprendrait les besoins collatéraux en production d'électricité par des énergies fossiles, fait monter les émissions d'une STRATEGIE nucléaire est bien plus élevée.
Donc la solution n'est pas de remplacer les centrales par des éoliennes (et autres), comme le suggère Pierre, mais bien de limiter les besoins en électricité induits par une politique nucléaire.
- D'abord les ECONOMIES DE CONSOMMATION sont possibles, et les scenarii, pro comme anti-nucléaire, s'accordent sur la possibilité de baisser très facilement de 25% la consommation sans changement de confort, juste par de meilleures isolation, de meilleurs matériaux... Voire l'étude de McKinsey http://www.iddri.org/Activites/Conferences/090512_Amory_Lovins_Presentation.pdf . sur l'efficacité énergétique et la rentabilité des économies réalisées pas des buildings de NY)
- et ensuite l'électricité n'est pas la seule possibilité (La France est le seul pays à gaspiller tant d'argent et d'énergie dans des chauffages électriques), mais,par exemple pour le chauffage, cogénération pour de la production de chaleur et d'énergie des bien plus efficace, réseaux de chaleur, bois étant les plus évidents (à compéter).

3): Un peu du n'importe quoi
"Une usine de charbon est plus radioactive qu'une centrale également...
Alors ça c'est un argument fumant, du pur marketing slogan: tous les élements sont radioactifs , et ma main est plus radioactive qu'un mur d'une centrale si vous commencez ce calcul. Ce n'est pas la radioactivité des usines mais des ressources et des déchets qui est à prendre en compte. Pierre, si vous insistez sur les dangers de la radioactivité, faites le sérieusement car c'est une question importante.

4) Conclusion sur la faisabilité en France: pas le point de l'article, mais tant pis, on y va
" sayez donc de fournir Paris en électricité avec des éoliennes et des panneaux solaires ! Le nucléaire permet de produire une grosse quantité d'énergie pour les grosses villes ou entreprise. Les énergies renouvelables ne peuvent pas fournir autant d'énergie actuellement. Ne nous passons pas encore du nucléaire, on a le temps de trouver d'autres solutions !"
Déjà répondu: il n'y a pas que l'électricité , comme le montre chacun des pays du monde autres que la France.
De plus, la problématique soulevée par l'article était celle de l'intégration du nucléaire dans les Mécanismes de Développement Propre de Kyoto, pas celle d'aller ou non casser les centrales existantes et d'exiger du jour au lendemain, dans la nuit, un changement de politiques énergétiques. Ceci est évidemment impossible. Par contre les nouveaux investissements nous lient pour des décennies à une stratégie obsolète pour un changement de perspective sur le développement des sociétés et de leur impact sur l'environnement en tant que ressource et cadre de vie, sur la prise en compte des ressources et des production de déchets dans le paradigme économique et politique, ainsi que sur l'héritage à laisser: des déchets nucléaires ou des solutions énergétiques viables localement et partout?

Donc non, on ne peut encore se passer de nucléaire dans les pays qui ont pris cette voie, et la France en est le modèle: cependant, sommes-nous alors destinés à être les retardataires éternels de nouvelles voies énergétiques à cause de décisions prises dans les années 70-80, ou pouvons-nous , grâce à la sérénité actuelle apportée par l'approvisionnement en électricité organiser une nouvelle stratégie d'approvisionnement et d'équipement en énergie ? Et on peut aussi aller voir la sérénité au Niger, un des pays exportateurs d'uranium, parce que c'est aussi une ressource non renouvelable...
Ha oui, dernier argument, donné par EDF lui-même: on a de l'uranium pour 70ans d'exploitation à utilisation moyenne actuelle: http://www.iddri.org/Activites/Seminaires-reguliers/bouttes_intervention.pdf
Beaucoup d'infos, donc allez consulter tranquillement un des rapports cités plus haut, avec des chapitres et des moments de pause.

Bonne journée

Alexia | 09 novembre 2009 à 14h40
 
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