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Climat : des objectifs chiffrés attendus au sommet du G8

À six mois de la conférence de Copenhague, les dirigeants du G8 et des pays émergents, réunis du 8 au 10 juillet en Italie, sont attendus pour des objectifs chiffrés en matière de réduction des émissions de GES et d'aide aux pays en développement.

Gouvernance  |    |  Rachida BoughrietActu-Environnement.com
   
Climat : des objectifs chiffrés attendus au sommet du G8
Objectif de l'iceberg de Greenpeace sur la Seine : marquer les esprits
   
Le sommet du G8 qui regroupera les quatre pays européens (France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni), ainsi que les États-Unis, la Russie, le Canada et le Japon, se tiendra du 8 au 10 juillet à L'Aquila en Italie. Dans la capitale des Abruzzes sinistrée par un tremblement de terre en avril dernier, les dirigeants du G8 discuteront pendant trois jours, de l'économie mondiale qui fait face à la crise, des négociations sur le changement climatique, du développement de l'Afrique et de la sécurité alimentaire alors que plus d'1 milliard d'êtres humains sont victimes de la faim, selon un dernier rapport de la FAO.

Mais cette année, à moins de six mois de la conférence des Nations Unies sur le climat de Copenhague (Danemark) qui doit aboutir à un nouveau traité post-Kyoto, les dirigeants du G8 et des principales économies mondiales sont aussi attendus pour des objectifs chiffrés en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) et d'aide aux pays en développement.

Si les huit pays membres du G8 totalisent à eux seuls 40% des émissions de GES pour 13% de la population mondiale, l'Union européenne s'est engagée à réduire de 20% ses émissions en 2020 par rapport à 1990. Pour le Président de la Commission européenne José Manuel Barroso qui participera demain au G8 aux côtés de la Suède, présidente du Conseil européen, si le sommet se déroule dans un contexte particulièrement difficile, il représente l'occasion de prendre de nouveaux engagements. Nous devons mettre rapidement en œuvre la réforme du système financier mondial. Nous devons prendre des mesures décisives contre le changement climatique. Et nous devons réaffirmer et respecter nos engagements à l'égard des plus pauvres de ce monde, a-t-il déclaré le 6 juillet dans un communiqué. Pour la chancelière allemande Angela Merkel, le G8 doit réaffirmer très clairement l'objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C d'ici à la fin du siècle.

Rappelons qu'en 2008, les Etats du G8 s'étaient mis d'accord au Japon sur une perspective de réduction de moitié des émissions de gaz à effet de serre en 2050, objectif minimal recommandé par le Groupe d'Experts Intergouvernemental sur l'Evolution du Climat (GIEC) pour contenir le réchauffement global en deçà de 2°C. Mais l'Inde ou la Chine réclament aux pays industrialisés de réduire leurs émissions de 40 % d'ici à 2020 par rapport à 1990.
Jeudi à L'Aquila, les grandes économies émergentes (Afrique du Sud, Brésil, Chine, Inde, Mexique) ainsi que l'Australie, l'Indonésie et la Corée du Sud aborderont de nouveau la question de la lutte contre le changement climatique, dans le cadre d'une réunion du Forum des économies majeures (MEF), qui réunira les 17 Etats représentant 80% de la consommation énergétique mondiale et 80% des émissions de gaz à effet de serre de la planète.
Devenue premier émetteur mondial de GES en valeur absolue devant les Etats-Unis, la Chine ne peut plus invoquer la position américaine pour justifier son statut d'exemptée, puisque l'administration Obama, dont ce sera le premier G8, s'est engagée à réduire ses émissions de 17% en 2020 mais par rapport à 2005, soit seulement -4% comparé à 1990. Un effort de Barack Obama jugé insuffisant par l'Union européenne : José Manuel Barroso a déclaré hier qu'il allait faire pression au G8 sur les Etats-Unis et encourager les grand pays émergents à ne pas dépasser une hausse des températures de 2°C. Le Président de la Commission européenne a indiqué qu'il appellera les participants à réaffirmer l'objectif consistant à réduire d'au moins 50 % les émissions mondiales d'ici à 2050. Tous les pays développés doivent être prêts à réduire leurs émissions d'au moins 80 % dans le même délai et à faire un premier pas sérieux dans ce sens en parvenant à une réduction substantielle à mi-parcours, en consentant des efforts comparables, a-t-il souligné.

Sarkozy, Brown : des engagements communs

La position de José Manuel Barroso semble être partagée par le Président français Nicolas Sarkozy et le Premier ministre britannique Gordon Brown qui ont affirmé le 6 juillet à Evian qu'ils se battraient pour que le G8 fixe des objectifs à moyen terme en matière de lutte contre le réchauffement. Nous appelons à un accord global ambitieux, non seulement pour ce qui est de la réduction des émissions de CO2 à Copenhague en décembre 2009 mais également en ce qui concerne la solidarité avec les pays les plus vulnérables pour faire face au changement climatique en cours, ont déclaré Nicolas Sarkozy et Gordon Brown. La France et le Royaume-Uni exhortent ainsi officiellement à tous les pays industrialisés d'approuver un objectif de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre de 80 % d'ici à 2050 par rapport à 1990. Les deux pays demandent également l'adoption d'un objectif intermédiaire pour 2020, ambitieux et crédible, conforme à ce que préconise la science, soit une réduction comprise entre 25 et 40 % par rapport à 1990, ont-ils précisé.

Les deux hommes politiques appellent en outre à une coopération accrue avec les pays les plus pauvres pour les aider à s'adapter aux changements climatiques. Gordon Brown a déjà fait un pas en appelant pour la première fois la semaine dernière à la création d'un fonds international de 100 milliards de dollars (70 milliards d'euros) par an d'ici 2020 pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique alors que les 27 ministres européens des finances, réunis au Conseil Ecofin, n'étaient pas parvenus le 9 juin à se mettre d'accord sur l'aide financière promise. Un montant dévoilé par le Royaume-Uni proche de celui fixé par les ONG qui chiffrent notamment à 110 milliards d'euros par an les financements nécessaires.

Les politiques au G8, un iceberg sur la Seine

Rappelons que Greenpeace et plusieurs autres ONG parmi lesquelles le WWF ou encore Germanwatch ont présenté le 8 juin à Bonn (Allemagne) leurs propositions en vue d'un accord à Copenhague. Dans ce texte intitulé ''Traité de Copenhague sur le Climat'', les ONG appellent notamment les pays riches à réduire d'au mois 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport à 1990 et d'au moins 95% en 2050.

Pour marquer les esprits à la veille du Sommet du G8, Greenpeace France a installé ce matin sur la Seine, à Paris, un iceberg ''grandeur nature'' (16 mètres de hauteur sur une base de 12 mètres sur 22 mètres) afin d'interpeller le Nicolas Sarkozy et les leaders des pays industrialisés sur le changement climatique. Si le Président français doit rencontrer aujourd'hui les ONG au Palais de l'Elysée, pour discuter du développement, du climat, et de la crise économique qui seront abordés en Italie, Greenpeace lance un ultimatum aux dirigeants du G8 et les invite à prendre la tête du combat contre le changement climatique à travers des engagements concrets et ambitieux. Il leur revient d'imaginer et de trouver une voie de sortie à la crise climatique annoncée, a déclaré au cours d'une conférence de presse Pascal Husting, directeur de Greenpeace France.

Cet iceberg est une illustration de l'appel Ultimatum Climatique lancé le 25 mai par Greenpeace et dix autres ONG écologistes, humanitaires ou de défense des droits de l'homme parmi lesquelles Oxfam France, FIDH et le WWF à l'adresse du Président français. Les ONG qui espèrent collecter 1 million de signatures d'ici le sommet de Copenhague, invitent les citoyens à signer l'ultimatum climatique.
Tous les droits de l'homme sont concernés par le changement climatique - droits économiques, sociaux, droit à l'eau, droit à la santé, a rappelé Isabelle Gourmelon, chargée de mission au sein de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH), présente à la conférence de presse.

Le coût humain du changement climatique

Nous sommes d'autant plus demandeurs vis-à-vis de Sarkozy que le niveau de ses discours sur le climat est à la hauteur. Mais il faut encore les traduire par des avancées, des actes et des euros, a de son côté souligné Luc Lamprière, directeur général d'Oxfam France, la branche française de l'association qui regroupe 13 organisations de même sensibilité au niveau international. Selon son rapport intitulé le coût humain du changement climatique publié le 6 juillet, le nombre de catastrophes naturelles pourrait tripler d'ici à 2030. 150 milliards de dollars sont nécessaires chaque année pour financer la réduction des émissions et limiter les impacts des sécheresses, inondations et événements extrêmes sur l'alimentation et la santé des pays du sud, a prévenu l'organisation humanitaire.

Le changement climatique risque de réduire à néant 50 ans de lutte contre la pauvreté, a averti Luc Lamprière. Si le système d'aide humanitaire n'est pas réformé, les ONG risquent d'être dépassées par l'explosion du nombre des victimes du changement climatique d'ici 2015. Selon l'organisation, les crises climatiques pourraient affecter plus de 375 millions de personnes chaque année d'ici 2015 (contre 250 millions aujourd'hui), soit une augmentation de 54% des victimes, alors que 26 millions de personnes ont déjà dû se déplacer pour cause des changements climatiques. Selon l'ONU, les conditions météorologiques extrêmes, la baisse des réserves d'eau et la dégradation des terres agricoles pourraient causer le déplacement forcé de 250 millions de personnes d'ici 2050.

Toutes les études, tous les rapports mènent à la même constatation : l'enjeu est énorme. La question est donc de savoir si les participants au G8 en auront pleinement conscience.

Réactions4 réactions à cet article

 
desacords

"fixer des objectifs a moyen terme"??, je croyais qu'il ne nous restait plus que 7 ans pour agir ??? Il faudrait peut etre les prevenir!!!

lionel | 08 juillet 2009 à 18h29
 
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Périmé

Le G8 est périmé.

Vive le G20

Mais sans trop d'illusions surtout

Sprikritik | 09 juillet 2009 à 08h05
 
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Coordinateur FAMS

Le changement climatique semble être discuté au niveau des politiques c'est qui est bon pour un engagement ferme. Il reste aux décideurs de matérialiser les actions sur trrain et approcher les pauvres par l'éducation, la formation , l'information et le renforcement des capacités des organisation nationales dans les Etats du SUD.
Dans ce contexte, je veux bien parler de l'Est dans le Sud sud de la RDC où les populations ont fui la guerre , mais dès leur rapatriement par le HCR en 2006-2007, c'est le deplacement massif des populations qui été vécu de suite au changement climatique. Ils parlent de la secheresse, mais en réalité le facteur "mauvaise exploitation" des ressources naturelles a été à la base de cette catasstrophe. Donc la crise climatique n'est plus à projeter dans les 20 ans à venir, mais il faut agir tout en projettant des des solutions durables face au GES et faiblesse de politiques dans les Etats "faibles".

Cleo BYOBAS | 09 juillet 2009 à 11h48
 
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recyclage du co2 par réhydratation de la terre

Les spécialistes du climat prônent la réduction des émissions de co2 pour lutter contre les changements climatiques.
Les émissions de co2 ne sont pas la seule raison de l'augmentation du co2 dans l'atmosphère.
En effet le co2 se recyle de moins en moins à cause de la sécheresse qui aggrave la désertification.
Ce facteur est faussement mis sur le dos des émissions de co2 alors que l'action humaine a une responsabilité directe sur ce phénomène d'asséchement. Les responsables voudraient faire croire le plus longtemps possible que les émissions de co2 sont seules responsables de l'ensemble des modifications.
On peut noter au passage que comme par hasard cela fait la promotion de l'énergie nucléaire ( fermons la parenthèse )

L'activité humaine agit directement sur le cycle de l'eau dans le sens de l'asséchement des sols. La déforestation, le drainage, l'endiguement des cours d'eau , l'imperméabilisation des sols, la surexploitation des eaux souterraines par pompage de plus en plus profond.

Si on continue dans l'erreur à se polariser sur les émissions de co2 en ne faisant rien sur pour restaurer le cycle de l'eau , c'est à dire réhydrater les continents , le changement climatique va continuer et s'aggraver.

Il y a assez d'eau sur terre pour la répartir et non la rarifier pour faire des bénéfices.... en la vendant à ceux qui peuvent l'acheter et en laissant les autres mourir de soif ou de maladies.

jeandb | 09 juillet 2009 à 12h46
 
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