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Actu-Environnement

Mal contrôlée, la combustion de biomasse est une importante source de pollution atmosphérique particulaire

Les feux de cheminée, feux agricoles et feux de jardins sont responsables de 50 à 70% de la pollution carbonée hivernale en Europe. Tels sont les résultats du programme européen Carbosol, coordonné par le CNRS.

Energie  |    |  Carine SeghierActu-Environnement.com
Selon les résultats du programme européen Carbosol, coordonné par le CNRS, la combustion mal contrôlée de biomasse (c'est à dire par les feux de cheminée, les feux agricoles ou les feux de jardin) est responsable en hiver de 50% à 70% de la pollution carbonée particulaire hivernale en Europe,

Ce programme, lancé en 2001 qui rassemblait des chercheurs français (CNRS / Université de Grenoble 1), allemands (Institut für Umweltphysik, Heidelberg, Max Planck Institute for meteorology, Hambourg), autrichiens (Université technique de Vienne), portugais (Université d'Aveiro), hongrois (Université de Veszprém) et norvégiens (Institut météorologique norvégien, Oslo), devait établir un état des lieux de la quantité et de la composition des aérosols carbonés à l'échelle de l'Europe mais également d'en déterminer les sources. ll s'agissait notamment de définir les parts respectives des combustibles fossiles (transport, industrie, chauffage au fioul et au gaz) et de la biomasse (chauffage au bois, feux de végétaux) à cette pollution, explique le CNRS dans un communiqué.

Pour relever sans ambiguïté les émissions dues à la combustion de biomasse, le programme, coordonné par Michel Legrand*, directeur de recherche CNRS au Laboratoire de glaciologie et de géophysique de l'environnement (LGGE) de Grenoble, a utilisé des traceurs chimiques et notamment le levoglucosan, sucre produit lors de la combustion de la cellulose et l'isotope radioactif du carbone, le C14, qui se désintègre trop vite (sa demi-vie est de 5700 ans) pour se trouver dans les combustibles fossiles, mais qui est présent dans la biomasse.

Résultat : la combustion mal contrôlée de biomasse (combustion incomplète due à l'humidité des bûches des cheminées par exemple) est une importante source de pollution atmosphérique particulaire puisque les chercheurs ont établi qu'en hiver, 50 à 70% de la masse des aérosols carbonés provient de la combustion de biomasse. Et ceci est valable partout en Europe et aussi bien pour les masses d'air étudiées près du sol qu'en altitude. Les sites de mesure allaient en effet de la côte portugaise à la Hongrie, en passant par les observatoires du puy de Dôme (1400 m) et du Mont Blanc (4300 m), précise le CNRS.

Les mesures effectuées dans le cadre de Carbosol confirment des observations plus locales et notamment celle réalisées en 2004 en Suisse, qui a montré que la combustion de biomasse est responsable d'au moins 40% de la pollution en particules carbonées, rappelle le CNRS. Ces mesures corroborent également une étude conduite dans les métropoles françaises au cours de l'hiver 2007 par l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (INERIS).

Pour lutter efficacement contre la pollution particulaire carbonée, cette nouvelle étude préconise de s'attaquer principalement à la combustion de biomasse par des évolutions technologiques et une réglementation sévère limitant ses modes d'utilisation. De quoi favoriser le remplacement de matériels existant peu performants par de nouvelles chaudières à bois modernes.
De telles mesures sont d'autant plus nécessaires, que de récentes études épidémiologiques ont souligné la similarité des effets sur la santé entre les fumées de combustion de biomasse et les produits pétroliers (Diesel), tant dans la nature que dans la fréquence des troubles engendrés (affection respiratoire, cancer du poumon...), signale le CNRS.

L'étude complète va paraître le 15 décembre dans The Journal of Geophysical Research.

*Legrand, M. and H. Puxbaum, Summary of the CARBOSOL project: Present and Retrospective State of Organic versus Inorganic Aerosol over Europe, J. Geophys. Res., 112 (D23), doi:1029/2006JD008271, 2007.

Réactions13 réactions à cet article

 
Plus de détails, svp

On aimerait avoir plus de précisions, car, nous le savons, tout pollue, y compris la cuisson des steaks, pour ceux qui en mangent du moins.
Quelle est la proportion bois de chauffage / brûlis agricoles / feux de jardin ?
Feux de cheminées / diesel? Feux d'hiver / incendies d'été?
Et surtout, quelles sont les remèdes? Cela permettrait de passer du sentiment de culpabilité (sans effet écologique!) à des actions efficaces pour l'environnement :)

Anonyme | 14 décembre 2007 à 16h50
 
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Kyoto-Bali ???

Malgré le débat sur le réchauffement climatique et le protocole de Kyoto , Deux sociétés ont déposer un dossier en vue d’ouvrir sur les communes de Lucenay les Aix et Cossaye(Nièvre) une mine de charbon + centrale thermique. Projet soutenu par les élus socialistes et communistes locaux en dépit d’un rapport alarmiste réalisé par SOFREMINES en 2003 à la demande du conseil régional mais non publié à ce jour.

Jean V.-58380 Lucenay les Aix | 15 décembre 2007 à 22h16
 
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il nous faut des broyeurs de branches

Un certain nombre d'incendies sont occasionnés par les écobuages et le brûlage stupide des branches et feuillages que nécessitent les débroussaillages obligatoires.Pour éviter ces accidents et les brûlages des résidus des branches il est nécessaire de disposer de broyeurs qui pulvérisent le bois avant de le transformer en copeaux qui feront de l'humus ou en combustible raisonnable. Pourquoi pas une aide financière pour procurer aux particuliers ou aux communes ces machines nécessaires mais onéreuses.Leur travail n'est pas rentable, mais leur fonction est économe de pollution et d'incendies accidentels donc finalement de pollution.

pcak | 17 décembre 2007 à 17h36
 
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Financement de l'Etude?

L'étude a été réalisée par des universitées, mais sur quels financements ?

Gérard | 20 décembre 2007 à 22h01
 
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feux de jardins

il serait souhaitable, maintenant que des déchétteries existent presque partout, que les communes interdisent les feux de jardins, ce qui favoriserait la fabrication de compost au lieu de rajouter des polluants dans l'atmosphère. Idem pour les chantiers ou dans les feux brûlent fréquement des matières plastiques, polystyrènes ou goudronneuses en plus de chutes de bois de coffrage ou de charpente pas sec. Il n'y a pas qu'aux constructeurs automobile à faire des efforts pour nos poumons! Mais qui contrôle ou intervient lors de pollutions personelles par "feu sauvage" ?

jm | 22 décembre 2007 à 08h07
 
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Re:Plus de détails, svp

tout à fait d'accord avec cette proposition.
à chaque enquete sur ce sujet d'actualité on a l'impression que le résultat pointe du doigt une categorie de citoyens dans le but non avoué de dédoiner une autre catégorie de cytoyens afin de preserver leur activité.....
A.M

AM | 23 décembre 2007 à 21h37
 
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Re:il nous faut des broyeurs de branches

Entièrement d'accord. on pourrait même organiser des "chantiers" de débroussaillage, des forêts péri-urbaines sous forme de "camps de jeunes".
Comme peine de substitution pour les jeunes délinquants (je suis persuadé que vivre dans la nature pendant quelques semaines serait une bien meilleure thérapie que l'enfermement dans des prisons sordides) mais aussi pour le "fun" pour des étudiants, scouts etc. moyennant une petite rémunération… Ce qui manque le plus à nos élus et technocrates, c'est l'imagination… et le courage d'innover.

anti-gazole | 23 décembre 2007 à 22h30
 
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Re:feux de jardins

Entièrement d'accord, il y a un énorme effort à faire pour informer les gens, qui sont prêts à faire des efforts et à changer de comportement.
C'est le rôle des élus, collectivités locales d'impliquer et de guider les citoyens et, pour l'instant, ça ne bouge pas beaucoup.
Quand on regarde le "Plan climat" que vient d'adopter Paris à l'unanimité gauche/droite, on s'aperçoit que rien n'est prévu dans le domaine de la communication et de l'incitation auprès des particuliers et des entreprises.
Pourtant, c'est eux qui détiennent la solution et non pas la Mairie dont les projets, bien qu'extraordinairement coûteux, ne vont impacter la situation du territoire qu'à hauteur de 1% du problème. (ceci en raison du conformisme des propositions comme le solaire photovoltaïque et autres bobo-écologeries non prioritaires).

anti-gazole | 23 décembre 2007 à 22h47
 
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Re:feux de jardins

Enfin briser le tabou du bon feu de bois ! Vivre dans les villages de campagne l'hiver devient vite insupportable, quand chacun y va de son petit feu de cheminée, de son feu de jardin, de broussailles etc... On respire l'odeur acre de fumée des semaines entières et pratiquement en permanence 3 ou 4 mois de l'année. Pas question de faire sècher sa lessive au grand air ou d'aérer fréquemment les maisons quand il ne faut pas en cas de fumées importantes fermer les aérations des VMC.
Qui doit décider l'interdiction des feux de jardins, de l'utilisation de cheminées à foyer fermé, de l'obligation d'aller aux déchetteries (assez nombreuses maintenant) à une époque ou on nous parle tant de comportement citoyen ?
En résumé je m'aperçois que l'on respire mieux dans la ville moyenne distante de 6 km qu'à la campagne, un comble, non ?

Anonyme | 06 février 2008 à 13h57
 
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Définiton

Quelle est la définition exacte de pollution particulaire carboné?

iamthebest | 19 février 2008 à 09h46
 
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Re:Re:feux de jardins

Bonjour,
Nous vivons dans le hameau d'un petit village de montagne...
et effectivement, c'est l'enfer pour nos poumons !
La qualité de l'air est devenue horrible toute l'année, en raison majoritairement de nouvelles constructions de maisons : les feux de cheminée (presque toute l'année), les écobuages (printemps et automne), les feux de jardin (toute l'année aussi !), une décharge sauvage qui brule toute l'année, et des brulis entretenus par des particuliers ou des agriculteurs !
Ces derniers jours, nous venons encore, en plein mois d'août, de subir plusieurs journées de pollution durant lesquelles nous n'avons pas pu aérer la maison, ni sortir le linge !
Une petite précision : il n'y a pas grande différence entre un foyer ouvert ou fermé. Seule une question de rendement.
Mais les rejets toxiques s'échappent directement par le conduit de cheminée, quelque soit le style de foyer !
Il faut trouver le moyen de faire réagir le gouvernement français.
une LOI réglementant l'usage du bois de chauffage, avec pose de filtres sur chaque installation de chauffage au bois devrait être votée d'urgence.
L'étude CARBOSOL révèle la gravité du problème.
Une loi Evin pour les fumées de cheminée serait salutaire.
Écrivons à nos députés : ils sont là pour défendre les intérêts et la santé des citoyens.
Affaire à suivre...
On prépare un dossier pour le gouvernement.

PLANETE BLEUE | 13 août 2010 à 23h47
 
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L’article signale la « combustion incomplète due à l'humidité des bûches des cheminées ».
Le bois humide est évidemment à proscrire, mais même en brûlant du bois sec une cheminée (ouverte) pollue considérablement (environ 10% de rendement, jusqu’à 30% avec des récupérateurs de chaleur, ce qui est encore très insuffisant). Contrairement aux systèmes fermés, les gaz secondaires ne sont pas brûlés et partent dans la nature.

La combustion complète du bois bûche, combustible solide, est difficile à réaliser. Un article des Techniques de l’Ingénieur rapporte l’explication fournie par un scientifique ayant justement contribué au programme Carbosol : « Plus les molécules sont grosses, plus elle polluent ; dans ces conditions, le bois (sous forme de bûches) est donc le plus mauvais combustible car le feu entraîne une combustion incomplète, pyrolytique au niveau du cœur spécialement, qui libère de grosses molécules. À titre de comparaison, la combustion de 1kg de bois de cheminées pollue autant que la combustion d’une tonne de diesel pour automobiles ».

vivarais | 16 novembre 2012 à 16h51
 
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Bonjour, je voudrais savoir si en France comme à Genève, il existe un organisme d'état ou reconnu , à faire passer qui puisse "constater" une cheminée de boulangerie au feu de bois qui pollue intensément l'environnement dans une commune depuis un quart de siècle (Fumée bien noire, bien épaisse, bien âcre et dégoutante, véritable putréfaction notamment aux allumages) En France il semble qu'il y ait bien des lois(hauteur réglementaire cheminée en fonction du débit de la fumée et des nombreux toxiques s'en échappant) et personne pour vérifier si elles sont appliquées en matière de combustion du bois .Ayant fait des recherches, n'ai encore rien trouvé.

Qui prévenir et ou s'adresser? Merci beaucoup.

Mireille | 19 mars 2014 à 16h09
 
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